Critique de Henry Hazlitt sur la Théorie Générale de Keynes

L’ouvrage phare de Hazlitt “The Failure of the New Economics” s’attèle à démystifier tous les sophismes keynésiens présentés dans la Théorie Générale. Ce post se contentera d’énumérer quelques unes des nombreuses erreurs keynésiennes.

Chapter II

POSTULATES OF KEYNESIAN ECONOMICS

2. Wage-Rates and Unemployment

Wide variations are experienced in the volume of employment without any apparent change either in the minimum real demands of labor or in its productivity. Labor is not more truculent in the depression than in the boom — far from it. Nor is its physical productivity less. These facts from experience are a prima facie ground for questioning the adequacy of the classical analysis (p. 9).

Keynes commet ici une erreur flagrante. L’absence de variation de productivité physique est totalement indépendante des taux de salaires nominaux. Ce qui importe réellement dans une économie est la valeur de productivité, or la valeur de productivité est exprimée, bien évidemment, en termes monétaires. Si la productivité marginale du travailleur est une unité donnée d’une marchandise qui a été vendue précédemment pour 10 $, et le prix de cette unité est maintenant tombé à 5 $, alors la valeur de productivité marginale de ce travailleur, même s’il fait tourner le même nombre d’unités, a diminué de moitié. Si nous supposons que cette baisse des prix fut générale, et que cela représente la baisse moyenne, alors le travailleur qui insiste sur le maintien de son ancien taux de salaire nominal est effectivement en train d’insister sur une augmentation de 100% de son taux de salaire réel. Que le travailleur soit “truculent” ou non est tout à fait à côté du sujet. Si les prix baissent de 50%, et que les syndicats acceptent une réduction de salaire, mais pas à plus de 25%, alors les syndicats sont effectivement en train d’exiger une augmentation du taux de salaire réel de 50%. La seule façon dont ils pourraient l’obtenir, et de conserver ainsi le plein emploi, consiste en une augmentation de 50% dans leur productivité marginale physique (ou valeur “réelle”) pour compenser la baisse du prix de l’unité individuelle de la marchandise qu’ils aident à produire. [Hazlitt, 1959, p. 20]

3. No “General Level” of Wage-rates

Le mot “salaire” est parfois utilisé dans le sens du “taux de salaires” et parfois dans le sens du “revenu salarial” ou de “masse salariale”. Aucun avertissement n’est donné au lecteur quant au changement du sens que prend le mot “salaire” le cas échéant, et Keynes lui-même n’en savait apparemment rien. Cette confusion se dissémine dans toute la Théorie Générale, et donne naissance à une multitude de confusions et de sophismes. [Hazlitt, 1959, p. 26]

4. “Non-Euclidean” Economics

La définition du “chômage involontaire” selon Keynes se lit comme suit :

Men are involuntarily unemployed if, in the event of a small rise in the price of wage-goods relatively to the money-wage, both the aggregate supply of labor willing to work for the current money-wage and the aggregate demand for it at that wage would be greater than the existing volume of employment. (His italics, p. 15.)

Il serait difficile d’imaginer une définition encore plus compliquée. Hazlitt l’a lu un nombre incalculable de fois, et la seule signification qu’il peut en donner est la suivante : “Men are involuntarily unemployed if an increase in prices relatively to wage-rates would lead to more employment”. Cette déclaration de Keynes néglige le fait qu’une telle hausse de l’emploi aurait pu être provoquée aussi bien par une réduction des taux de salaires nominaux, avec des prix constants des produits de base. Mais reconnaître cette possibilité, cependant, nous forcerait à reconnaître que le taux de chômage n’était pas involontaire. [Hazlitt, 1959, p. 30]

Chapter IV

OVERTURE

1. “Effective Demand”

La notion de “demande effective” est, aujourd’hui, soit un non-sens soit une confusion totale. Les économistes modernes n’ont nul besoin de l’adjectif “effective” suivi de “demande”. La demande est effective par définition. Si elle n’est pas effective, on ne l’appellerait pas demande mais besoin, désir, ou souhait. Le terme “demande” implique le désir requis avec le pouvoir d’achat requis. Si Keynes voulait dire “demande globale” alors c’est l’adjectif qu’il aurait dû utiliser. S’il voulait dire “demande globale monétaire” ou “pouvoir d’achat monétaire” alors ce sont les termes qu’il aurait dû utiliser si c’était ce qu’il voulait dire.

Les confusions dans sa terminologie ne font qu’aggraver les confusions dans sa pensée. Immédiatement après l’équation et la définition que Hazlitt vient de citer, Keynes nous dit : “This is the substance of the General Theory of Employment” (p. 25). [Hazlitt, 1959, p. 48]

2. The Propensity to Consume

L’équilibre, en un mot, n’existe que lorsque les conditions d’équilibre sont remplies. Une de ces conditions est le plein emploi. Et le plein emploi existe toujours, en permanence, quand l’équilibre est atteint.

Donc, lorsque Keynes parle, comme ici et ailleurs, d’un “équilibre” avec un sous-emploi, il associe deux termes tout à fait inconciliables. Il s’agit d’une contradiction dans les termes, comme de parler d’un “chaos ordonné” ou d’un “cercle triangulaire”. Lorsque Keynes parle, en bref, d’un équilibre de sous-emploi, il ne parle pas, à dire vrai, d’une position d’équilibre mais de quelque chose de bien différent. Il parle d’une situation “figée”, un déséquilibre “figé”, une situation dans laquelle des prix, taux d’intérêts, taux de salaires, ont été entravés, soit par contrat, soit par résistance syndicale, soit par l’intervention gouvernementale, pour les empêcher de s’adapter à un niveau d’équilibre.

Cette utilisation impropre et flagrante des termes est une des erreurs centrales de l’ensemble du système keynésien. Lorsque cette erreur est détectée, tout son système s’écroule. [Hazlitt, 1959, p. 52]

Chapter VIII

INCOME, SAVING, AND INVESTMENT

4. Keynesian Paradoxes

Keynes soutient l’argument que l’épargne et l’investissement ne sont pas seulement toujours égaux mais sont aussi “merely different aspects of the same thing”. Pourtant, il continue à déplorer l’épargne tout en louant l’investissement. C’est pourquoi il doit affirmer que l’épargne réduit le revenu alors que l’investissement augmente le revenu bien que “they are necessarily equal in amount” et “merely different aspects of the same thing” (p. 74).

“The error lies in proceeding to the plausible inference that, when an individual saves, he will increase aggregate investment by an equal amount. It is true, that, when an individual saves he increases his own wealth. But the conclusion that he also increases aggregate wealth fails to allow for the possibility that an act of individual saving may react on someone else’s savings and hence on someone else’s wealth” (pp. 83-84).

En somme, ce que nous devons comprendre serait que si l’épargne et l’investissement sont “necessarily equal” et “merely different aspects of the same thing” … l’épargne réduit l’emploi et les revenus alors que l’investissement augmente l’emploi et les revenus. [Hazlitt, 1959, p. 90]

Il existe encore un autre paradoxe keynésien de l’épargne (bien qu’elle soit “necessarily equal” à l’investissement et “merely different aspects of the same thing”) :

Though an individual whose transactions are small in relation to the market can safely neglect the fact that demand is not a one-sided transaction, it makes nonsense to neglect it when we come to aggregate demand. This is the vital difference between the theory of the economic behavior of the aggregate and the theory of the behavior of the individual unit, in which we assume that changes in the individual’s own demand do not affect his income (p. 85).

La seule façon dont nous pouvons donner le moindre sens à tout ce passage autrement déconcertant est de supposer que lorsque Keynes utilise le mot “saving”, il pense simplement à l’acte négatif de ne pas acheter des biens de consommation, tandis que lorsqu’il utilise le mot “investment”, il pense seulement à l’acte positif de l’achat de biens d’équipement. Et il tombe dans cette erreur primaire parce qu’il oublie son insistance précédente sur le fait que “saving” et “investment” sont “necessarily equal” et “merely different aspects of the same thing”. En fait, dans chaque cas, il ne pense que d’un seul côté de la transaction : “saving” est simplement égal à l’acte négatif de ne pas acheter des biens de consommation; “investment” est simplement égal à l’acte positif de l’achat ou la fabrication de biens d’équipement. Pourtant, ces deux actes sont les deux parties du même acte. Le premier est nécessaire pour le second. [Hazlitt, 1959, p. 91]

Keynes s’est lui-même empêtré dans une sorte d’interprétation naïve et unilatérale des deux termes, l’épargne et l’investissement, qui font si souvent trébucher l’homme de rue quand il parle des problèmes économiques. Nous en avons une confirmation de cela lorsque Keynes écrit :

In the aggregate the excess of income over consumption, which we call saving, cannot differ from the addition to capital equipment which we call investment. . . . Saving, in fact, is a mere residual. The decisions to consume and the decisions to invest between them determine incomes. (My italics, p. 64.)

Pourquoi l’épargne devrait être un “mere residual” (quoi que cela puisse signifier), c’est difficile dire. Mais la phrase mise en italique révèle le sous-jacent de la pensée de Keynes. Ce n’est pas la production qui détermine le revenu, ce n’est pas le travail qui détermine le revenu, c’est “la décision de consommer et la décision d’investir”.
Il pourrait être difficile d’imaginer Robinson Crusoé comme un keynésien, mais si cela avait été le cas, lorsqu’il serait retourné en Angleterre, et que les journalistes l’avaient interviewé à l’embarcadère, la conversation ressemblerait à quelque chose comme ça :
“Comment expliquez-vous votre gros revenu lorsque vous étiez sur l’île ?” les journalistes auraient pu demander.
“Très simple,” répondrait Crusoé. “J’ai décidé de consommer énormément, et ce que je n’ai pas consommé, j’ai décidé de l’investir, et résultat, bien sûr, mon revenu a augmenté, encore et encore.”
“N’est-ce pas votre revenu qui était déterminé par ce que vous avez produit ?” qu’aurait pu demander un journaliste perplexe.
“Produit ? Travaillé ?” répondrait Robinson Crusoé Keynes, “Quelle absurdité ! Nous avons changé tout cela !” [Hazlitt, 1959, p. 92-93]

5. Can Savings be Printed?

L’épargne, nous dit-on, “is the act of the individual consumer” alors que l’investissement “is the act of the entrepreneur”.

Maintenant, la définition d’un acte, pouvons-nous supposer, serait exprimée uniquement en termes de l’acte lui-même, sans l’introduction non pertinente de ‘qui’ le fait. Quand un “consommateur individuel” épargne, nous devons apparemment comprendre qu’il s’est simplement abstenu “negativement” de dépenser. Pourtant, il est évident qu’il investit aussi, et nécessairement, dans les espèces ou les dépôts bancaires. Quand un entrepreneur “investit” il fait, selon Keynes, quelque chose de “positif” même s’il ne fait qu’ajouter à son “capital liquide” – c’est-à-dire, en faisant précisément la même chose que le consommateur qui se borne à s’abstenir de dépenser tout son revenu. [Hazlitt, 1959, p. 95]

Chapter X

“THE PROPENSITY TO CONSUME”: II

2. The Fear of Thrift

The influence of changes in the rate of interest on the amount actually saved is of paramount importance, but is in the opposite direction to that usually supposed. For even if the attraction of the larger future income to be earned from a higher rate of interest has the effect of diminishing the propensity to consume, nevertheless we can be certain that a rise in the rate of interest will have the effect of reducing the amount actually saved. For aggregate saving is governed by aggregate investment; a rise in the rate of interest (unless it is offset by a corresponding change in the demand-schedule for investment) will diminish investment; hence a rise in the rate of interest must have the effect of reducing incomes to a level at which saving is decreased in the same measure as investment (p. 110). [And Keynes goes on to conclude further that therefore] saving and spending will both decrease (p. 111).

Combien de sophismes et d’inversions Keynes peut emballer dans un tout petit espace, et surtout combien de sophismes, tel un ensemble de boîtes chinoises, il peut emballer à l’intérieur d’autres sophismes, personne ne peut le savoir.

Une hausse du taux d’intérêt, selon Keynes, ne conduira pas normalement à une augmentation de la quantité de l’épargne, mais à une diminution. Pourquoi ? Parce qu’un taux d’intérêt supérieur pourrait encourager une plus grande épargne privée, mais il découragerait également les emprunts. C’est vrai. Néanmoins, cela est tout aussi vrai, non seulement pour le prix des fonds prêtables, mais aussi pour le prix de n’importe quelle autre chose. Un prix plus élevé pour une marchandise quelconque permettra de réduire le montant exigé à moins que la courbe de demande soit également plus élevée. Mais s’il peut en être ainsi, c’est précisément parce que la demande pour ce produit a augmenté que le prix a connu une hausse en premier lieu. Par conséquent, un prix plus élevé ne provoquera pas une réduction du montant exigé pour la simple et bonne raison que c’est la hausse de la demande qui a fait monter les prix, en premier lieu. Si la hausse des taux d’intérêt a été elle-même causée par une augmentation de la “courbe de demande pour l’investissement” alors la hausse des taux d’intérêt reflète simplement l’ajustement à une hausse de la “courbe de demande pour l’investissement”. [Hazlitt, 1959, p. 131-132]

Chapter XI

“THE MULTIPLIER”

1. The Magic of It

Essayons de découvrir, dans un langage plus clair, ce que Keynes avait, ici, à dire : “It follows, therefore, that, if the consumption psychology of the community is such that they will choose to consume, e.g. nine-tenths of an increment of income, then the multiplier k is 10; and the total employment caused by (e.g.) increased public works will be ten times the primary employment provided by the public works themselves” (pp. 116-117).

Ce que Keynes est en train de dire, entre autres choses, c’est que : plus une communauté dépense son revenu, et moins il épargne, et plus rapide sera l’accroissement de son revenu réel. Si une communauté ne dépense rien de son revenu supplémentaire mais épargne et économise tout, alors les travaux publics ne donneront que l’emploi supplémentaire dont ils ont effectivement fourni, et c’en sera la fin. Mais si une communauté dépense la totalité du revenu supplémentaire fourni par les travaux publics, le multiplicateur devient infini. Cela voudrait dire qu’une faible dépense sur les travaux publics entraînerait un accroissement sans limite des revenus, à condition seulement que la communauté n’ait pas été empoisonnée par la présence des épargnants.

Keynes n’hésite pas à accepter cette déduction, mais seulement sous une forme particulière. “If, on the other hand, they [the community] seek to consume the whole of any increment of income, there will be no point of stability and prices will rise without limit” … Mais comment les prix peuvent-ils augmenter ? La “propension à consommer” et “le multiplicateur”, que Keynes nous avait assuré jusqu’à présent, sont exprimés en termes d’unités de salaires, “wage-units” (i.e., relation entre la consommation et le revenu mesurée en termes réels). Or, Keynes a affirmé que cela se désigne simplement en terme “réel” et non en terme “monétaire”. [Hazlitt, 1959, p. 137]

3. “Saving” and “Investment” Again

Un sophisme du “multiplicateur” qui est à lui seul suffisant pour le discréditer complètement est l’hypothèse selon laquelle la fraction entière du revenu d’une communauté qui n’est pas “consommée” est thésaurisée; qu’aucune partie de ce revenu non consommé n’est investie. En bref, la “propension à consommer” détermine le “multiplicateur” sur la seule hypothèse que ce qui n’est pas consacré à la consommation n’est pas dépensé, et ce, sur quoi que ce soit. Si la propension à consommer est de 7/10, ou 8/10 ou 9/10 ou n’importe quelle fraction inférieure à 10/10, la machine économique s’arrêtera, à moins que “l’investissement” se précipite pour combler le “déficit” laissé par “l’épargne”. [Hazlitt, 1959, p. 146]

Chapter XII

“THE MARGINAL EFFICIENCY OF CAPITAL”

2. Interest Rates Embody Expectations

“The expectation of a fall in the value of money stimulates investment”, Keynes déclare, “and hence employment generally, because it raises the schedule of the marginal efficiency of capital, i.e. the investment demand-schedule; and the expectation of a rise in the value of money is depressing, because it lowers the schedule of the marginal efficiency of capital” (p. 141-142) … peut être aisément vu comme l’équivalent de dire que l’inflation, et plus encore, la menace d’une inflation supplémentaire, est une bonne chose parce qu’elle stimule l’investissement et l’emploi. [Hazlitt, 1959, p. 160]

3. Effects of Expected Inflation

Keynes soutient même l’argument que le taux d’intérêt ne peut pas augmenter sous les conditions qu’il suppose, parce que si c’était le cas, cela affaiblirait sa théorie sur l’effet “stimulant” de l’anticipation d’une inflation supplémentaire :

The stimulating effect of the expectation of higher prices is due, not to its raising the rate of interest (that would be a paradoxical way of stimulating output — insofar as the rate of interest rises, the stimulating effect is to that extent offset), but to its raising the marginal efficiency of a given stock of capital. If the rate of interest were to rise pari passu with the marginal efficiency of capital, here would be no stimulating effect from the expectation of rising prices. For the stimulus to output depends on the marginal efficiency of a given stock of capital rising relatively to the rate of interest. (His italics, p. 143.)

Les déclarations de Keynes ici sont, certes, tout à fait correct. “If the rate of interest were to rise pari passu with the marginal efficiency of capital, there would be no stimulating effect from the expectation of rising prices”. Mais pour quelle raison Keynes supposerait que le taux d’intérêt n’augmenterait pas avec l’efficacité marginale du capital ? Il se trouve dans son hypothèse que “l’efficacité marginale du capital” incarne les anticipations, alors que cela ne fonctionne pas pour le taux d’intérêt. L’efficacité marginale du capital, selon ordre de Keynes, est entrée dans le domaine de l’économie “dynamique”, mais le taux d’intérêt, selon ordre de Keynes, est maintenu fermé dans le domaine de l’économie “statique”.

Si l’efficacité marginale du capital incarne les anticipations, il en ira de même pour le taux d’intérêt. Penser autrement supposerait que les entrepreneurs sont influencés par leurs attentes et anticipations, mais pas les prêteurs. Et, selon Keynes, les prêteurs seront parfaitement satisfaits de cette situation. Ils ne vont pas exiger un taux d’intérêt plus élevé comme “prime d’assurance” contre les dollars dépréciés avec lesquels ils s’attendent à être remboursés. [Hazlitt, 1959, p. 163-164]

4. Does Lending Double the Risk?

Lord Keynes nomme ici deux types de risque :

Now the first type of risk is, in a sense, a real social cost. . . The second, however, is a pure addition to the cost of investment which would not exist if the borrower and lender were the same person. [My italics.] Moreover, it involves in part a duplication of a proportion of the entrepreneur’s risk, which is added twice to the pure rate of interest to give the minimum prospective yield which will induce the investment (pp. 144-145).

Ceci, encore une fois, n’a strictement aucun sens. Le risque n’est pas “dupliqué” ou “additionné”. Le risque est simplement partagé. Dans la mesure où l’entrepreneur assume les risques, le prêteur en est soulagé; le prêteur assume un risque uniquement dans la mesure où l’entrepreneur ne parvient pas à l’assumer. Supposons que l’entrepreneur E emprunte $ 10 000 au prêteur L pour démarrer une petite entreprise. Supposons que l’entrepreneur perd la totalité de ses $ 10 000. Il s’ensuit qu’un total de $ 10 000 est perdu, pas $ 20 000. Si l’entrepreneur essuie une perte de ses propres poches, le prêteur ne sera pas affecté. Si l’entrepreneur fait faillite, ou quitte la ville, sans même rembourser le prêteur, alors le prêteur perd $ 10 000. Mais l’emprunteur E n’a rien perdu de sa poche, il a tout simplement gaspillé les $ 10 000 de L. Si l’emprunteur est en mesure de faire un bon usage de $ 6000, mais est contraint “à faire défaut” sur le reste, alors une perte de $ 4000 sera enregistrée pour le prêteur, pas plus. [Hazlitt, 1959, p. 166-167]

5. Confusions About “Statics” and “Dynamics”

The schedule of the marginal efficiency of capital is of fundamental importance because it is mainly through this factor (much more than through the rate of interest) that the expectation of the future influences the present. The mistake of regarding the marginal efficiency of capital primarily in terms of the current yield of capital equipment, which would be correct only in the static state where there is no changing future to influence the present, has had the result of breaking the theoretical link between today and tomorrow. Even the rate of interest is, virtually, a current phenomenon; and if we reduce the marginal efficiency of capital to the same status, we cut ourselves off from taking any direct account of the influence of the future in our analysis of the existing equilibrium. The fact that the assumptions of the static state often underlie present-day economic theory, imports into it a large element of unreality (pp. 145-146).

Même un court passage de Keynes peut encore être plus arbitraire et confus. Un boom et une récession, qu’on nous dit à la page 144, doivent être “described and analyzed in terms of the fluctuations of the marginal efficiency of capital relatively to the rate of interest”. Alors maintenant nous devons comprendre que, tandis que l’efficacité marginale du capital doit être traitée comme un concept “dynamique”, le taux d’intérêt doit être traité comme un concept “statique”. L’efficacité marginale du capital reflète les attentes concernant l’avenir, mais pas le taux d’intérêt. [Hazlitt, 1959, p. 168-169]

Chapter XIV

“LIQUIDITY PREFERENCE”

3. Interest Is Not Purely Monetary

Mais à choisir entre les deux, la préférence pour le cash est de bien loin préférable à la préférence pour la liquidité, non seulement parce que le terme est moins vague, mais aussi parce que cela n’entraine pas, comme la préférence pour la liquidité, la doctrine de Keynes à s’auto-contredire. Car si un homme détient ses fonds sous la forme de dépôt à terme ou des T-Bonds à court terme, il reçoit quand même des intérêts; par conséquent, il obtient des intérêts et de la “liquidité” également. Qu’en advient-il, alors, de la théorie keynésienne selon laquelle l’intérêt est la “récompense” pour “se séparer de la liquidité” ? [Hazlitt, 1959, p. 193]

Chapter XVI

CONFUSIONS ABOUT CAPITAL

1. On Going Without Dinner

Moreover [Keynes continues], the expectation of future consumption is so largely based on current experience of present consumption that a reduction in the latter is likely to depress the former, with the result that the act of saving will not merely depress the price of consumption-goods and leave the marginal efficiency of existing capital unaffected, but may actually tend to depress the latter also. In this event it may reduce present investment-demand as well as present consumption-demand (p. 210).

Même Keynes, pourrait-on supposer, aurait dû s’arrêter à ce stade pour réexaminer soit sa prémisse soit sa conclusion paradoxale. Ce qu’il dit, c’est que l’épargne et l’investissement quand bien même ils sont “necessarily equal” un accroissement de l’épargne peut signifier que l’investissement a diminué. [Hazlitt, 1959, p. 218]

Moreover, in order that an individual saver may attain his desired goal of the ownership of wealth, it is not necessary that a new capital-asset should be produced wherewith to satisfy him. The mere act of saving by one individual, being two-sided as we have shown above, forces some other individual to transfer to him some article of wealth old or new. Every act of saving involves a “forced” inevitable transfer of wealth to him who saves, though he in turn may suffer from the saving of others. These transfers of wealth do not require the creation of new wealth — indeed, as we have seen, they may be actively inimical to it. (His italics, p. 212.)

Cet argument n’a ni queue ni tête. Chacune des phrases semble fausse. Un acte d’épargne nette par toute personne que ce soit doit impliquer la création d’une nouvelle immobilisation. Si tel n’est pas le cas, ce n’est en fait qu’un simple transfert d’une immobilisation existante (par exemple une action ou une obligation), alors la seule raison pour laquelle cela ne conduit pas à la création d’une nouvelle immobilisation, c’est qu’il doit être compensé par un acte équivalent de désépargne de la part d’un autre individu – soit la personne qui vend à l’épargnant l’immobilisation existante, soit une autre personne. Mais s’il n’y a pas, ailleurs, un acte de désépargne, comme compensation, alors un ajout net d’épargne par quelconque individu doit impliquer la création d’une nouvelle immobilisation.

Il est, par ailleurs, impossible de voir comment un épargnant peut “forcer” un autre individu à transférer une part de richesse, ancienne ou nouvelle. Un homme qui gagne un salaire de $ 100 par semaine et en épargne $ 10 n’a pas “forcé” son employeur à lui transférer cette somme de $ 10. Il l’a gagné grâce à ses services; il a produit une valeur équivalente en retour. [Hazlitt, 1959, p. 223]

2. Saving, Investment, and Money Supply

La façon dont “the banking system can make it possible for investment to occur, to which no saving corresponds” est plus facile à décrire, et nous allons commencer avec cela. Un grand fabricant se présente à sa banque avec une proposition de mettre en place une nouvelle usine, et la banque, parce qu’elle a foi en son jugement et partage son optimisme, lui avance $ 1 000 000. Elle crédite son dépôt de $ 1 000 000 contre lequel il est libre de tirer. Ainsi $ 1 000 000 de pouvoir d’achat monétaire a été nouvellement créé. Supposons qu’il constitue un nouvel ajout à l’offre exceptionnelle de monnaie et de crédit bancaire. Cette somme est investie dans l’usine. “L’investissement” a augmenté de $ 1 000 000. Cette augmentation est représentée par un actif physique, que nous supposons être un ajout net de l’offre de valeurs mobilières. L’augmentation des “investissements” est ainsi réel. Mais il devient aussi tout d’un coup $ 1 000 000 de “cash” supplémentaire. Est-ce une épargne véritable ? Keynes insiste sur le fait que c’est le cas :

The notion that the creation of credit by the banking system allows investment to take place to which ‘no genuine saving’ corresponds can only be the result of isolating one of the consequences of the increased bank-credit to the exclusion of the others. . . . The savings which result . . . are just as genuine as any other savings. No one can be compelled to own the additional money corresponding to the new bank-credit, unless he deliberately prefers to hold more money rather than some other form of wealth (pp. 82-83).

En somme, de l’aveu même de Keynes, la banque crée une encaisse monétaire par une simple écriture comptable. Elle devient ainsi une nouvelle épargne “just as genuine as any other savings” sous prétexte que quelqu’un doit forcément détenir cette nouvelle encaisse. De cette définition, nous créons de “nouvelles” épargnes “as genuine as any other savings”, simplement en élargissant l’offre de crédit. Sur le même raisonnement, nous pouvons créer n’importe quelle quantité de nouvelles “épargnes” que nous souhaitons, simplement en imprimant du papier-monnaie, parce que quelqu’un devra nécessairement détenir ce papier-monnaie. [Hazlitt, 1959, p. 226-227]

4. Abundance Unlimited

Keynes va ensuite spéculer sur ce qui se passerait dans “a society which finds itself so well equipped with capital that its marginal efficiency is zero and would be negative with any additional investment” (p. 217). Et ceci n’est pas simplement une hypothèse dans le but de déduire des conséquences hypothétiques, ni même une hypothèse qui n’est pas supposée être réalisée dans un avenir indéfiniment éloigné. Si …

State action enters in . . . to provide that the growth of capital equipment shall be such as to approach saturation point at a rate which does not put a disproportionate burden on the standard of life of the present generation . . . I should guess that a properly run community equipped with modern technical resources, of which the population is not increasing rapidly, ought to be able to bring down the marginal efficiency of capital in equilibrium approximately to zero within a single generation (p. 220). [And, going further:] If I am right in supposing it to be comparatively easy to make capital-goods so abundant that the marginal efficiency of capital is zero, this may be the most sensible way of gradually getting rid of many of the objectionable features of capitalism (p. 221).

Le non-sens ne pouvait guère être poussé plus loin. Le problème central avec lequel l’économie traite, le problème avec lequel l’humanité a connu des difficultés depuis la nuit des temps, est le problème de la rareté, et ce problème est pris en charge, en quelques mots, sans soucis. Il est “comparatively easy to make capital-goods so abundant that the marginal efficiency of capital is zero”.

Cette réplique est peut-être la perle la plus rare jamais trouvée dans les oeuvres de Lord Keynes. Est-ce que Keynes s’est-il arrêté un instant pour penser à ce que cela impliquerait ? Cela impliquerait que les biens d’équipement seraient si abondants qu’ils n’auraient aucune valeur d’échange. Et s’ils n’ont aucune valeur d’échange, ils seraient gratuits et illimités, comme l’air que nous respirons.

Ils n’en vaudraient la peine pour personne d’entretenir ces biens d’équipement (à moins qu’il n’en coûte rien, pas même la main d’oeuvre, pour les entretenir). Il n’y aurait même pas de problème de remplacement. Car dès qu’un problème de remplacement apparaît, cela signifierait que les biens d’équipement, une fois de plus, avaient une certaine valeur et possédaient un coût de production.

Par ailleurs, si l’efficacité marginale du capital était égale à zéro, cela signifie aussi que les biens de consommation n’auraient ni rareté, ni prix, ni valeur d’échange. Aussi longtemps que les biens de consommation auraient partout échoué à atteindre le point de satiété, et avaient un prix ou une valeur, alors le capital qui aide à produire ces biens de consommation aurait un rendement marginal au dessus de zéro.

Une efficacité marginale du capital de zéro entraînerait, en bref, une telle abondance de toutes choses, de sorte que ni les biens d’équipement, ni les biens de consommation, n’auraient de rareté, de prix, ou de valeur d’échange. [Hazlitt, 1959, p. 231-232]

Chapter XVII

“OWN RATES OF INTEREST”

1. Speculative Anticipations are not “Interest”

“Let us suppose” écrit Keynes, “that the spot price of wheat is £100 per 100 quarters, that the price of the ‘future’ contract for wheat for delivery a year hence is £107 per hundred quarters, and that the money-rate of interest is 5 per cent; what is the wheat-rate of interest?” (p. 223). Après un léger calcul, il conclut que dans ce cas “the wheat-rate of interest is minus 2 per cent per annum”. Et il ajoute, dans une note de bas de page, “This relationship was first pointed out by Mr. Sraffa, Economic Journal, March, 1932” (p. 223).

Le taux d’intérêt négatif est en soi une conception dépourvue de sens car il est impossible d’imaginer une personne saine d’esprit prêter n’importe quelle quantité de blé, de monnaie ou n’importe quelle autre chose dans le but de faire une perte prévue à l’avance. Le terme “taux d’intérêt” encore une fois implique que quelque chose est prêtée par l’une des parties de la transaction et empruntée par l’autre, et que la somme principale est retournée par l’emprunteur au prêteur à la fin de la période contractuelle. [Hazlitt, 1959, p. 238]

2. Impossible Miracles

Keynes, en illustrant sa propre théorie du taux de l’intérêt, écrit: “To illustrate this let us take the simplest case where wheat, one of the alternative standards, is expected to appreciate at a steady rate of a per cent per annum in terms of money” (p. 224). L’illustration est à la fois absurde et impossible. Jamais dans l’histoire le blé n’a été “expected to appreciate at a steady rate of a per cent per annum in terms of money”. Il est impossible d’imaginer sans contradiction aucune les conditions sous lesquelles une telle anticipation pourrait exister. Une serait l’anticipation d’une valeur “objective” à fixité absolue pour un boisseau de blé chaque année (mois, jour et heure) combinée à une dépréciation régulière annuelle (également mensuelle, hebdomadaire, quotidienne) de la valeur de l’unité monétaire. Une telle anticipation, si elle fut générale, serait falsifiée parce que les transactions spéculatives l’anticiperaient immédiatement. Une autre condition serait celle dans laquelle la valeur du dollar pourrait s’attendre à rester absolument fixe tandis que la valeur d’un boisseau de blé est estimée à s’apprécier à un rythme régulier chaque année (et probablement mensuel, hebdomadaire, quotidien). Pour qu’une telle anticipation existe, nous devrions imaginer une situation dans laquelle tout le monde anticiperait miraculeusement l’augmentation de la demande de blé avec une complète régularité (sans anticipation spéculative) tandis que l’offre pour des raisons tout aussi miraculeuses serait restée rigide, ou il faudrait imaginer une baisse de la production de blé pour rendre possible une appréciation régulière de sa valeur au même taux uniforme. Il faudrait imaginer une anticipation universellement partagée sur laquelle aucun spéculateur, aucun acheteur ou vendeur, n’ait agi. [Hazlitt, 1959, p. 242-243]

6. “Equilibrium” of an Ice Cube

I had, however [in the Treatise on Money], overlooked the fact that in any given society there is, on this definition, a different natural rate of interest for each hypothetical level of employment. And, similarly, for every rate of interest there is a level of employment for which that rate is the “natural” rate, in the sense that the system will be in equilibrium with that rate of interest and that level of employment. . . . I had not then understood that, in certain conditions, the system could be in equilibrium with less than full employment (pp. 242-243).

Tout ce passage est une pure absurdité. Il est absurde, encore une fois, de parler d’un “equilibrium with less than full employment” parce qu’il s’agit d’une contradiction dans les termes. L’absence du plein emploi nie la notion même d’équilibre. [Hazlitt, 1959, p. 251]

Néanmoins, toute économie vivante est toujours en “transition”. Une économie qui aurait atteint complètement “l’équilibre stable” serait une économie qui aurait non seulement cessé de croître, mais aurait cessé de progresser. [Hazlitt, 1959, p. 252]

Chapter XVIII

THE GENERAL THEORY RESTATED

1. Economic Interrelationships

Within the economic framework which we take as given, the national income depends on the volume of employment, i.e. on the quantity of effort currently devoted to production, in the sense that there is a unique correlation between the two (p. 246). Our present object is to discover what determines at any time the national income of a given economic system and (which is almost the same thing) the amount of its employment (p. 247).

Le revenu national n’est certainement pas la même chose que le montant de l’emploi. Il n’y a pas non plus de “corrélation unique” entre eux. Les Etats-Unis avec un chômage élevé aurait un revenu immensément supérieur, soit total ou par habitant, que l’Inde ou la Chine avec le plein emploi. Et même au sein de la même nation, disons les États-Unis, l’emploi et le revenu ne montent ni ne descendent nécessairement de façon proportionnelle. A mesure que l’emploi est ‘plein’, la production par homme employé tend à baisser. Comme le chômage augmente, la production par homme employé tend à augmenter. C’est en partie parce que, lorsque le chômage s’élève, ce sont les travailleurs les moins efficaces qui ont tendance à d’abord mis à pied, et lorsque l’emploi augmente, ce sont les moins efficaces (que ceux déjà employés) qui doivent être engagés. En outre, lorsque l’emploi est assuré, et les autres emplois faciles à obtenir, il y a une tendance à un relâchement de l’effort de la part des travailleurs, alors que lorsque les emplois sont précaires, il y a une augmentation de l’effort individuel.

Encore une fois, que ce soit l’insistance sur des taux de salaires excessifs, ou de nouvelles inventions et améliorations, peut forcer la substitution des travailleurs au profit des machines. Dans un cas il peut y avoir une baisse temporaire de l’emploi sans aucune baisse correspondante de la production (ou revenu total). Dans l’autre cas il peut n’y avoir aucun changement net dans l’emploi, mais une augmentation significative de la production (et du revenu réel). Le “volume de l’emploi” ne signifie pas nécessairement “la quantité de l’effort actuellement consacré à la production.” Une partie de “l’effort consacré à la production” consiste à l’amélioration du capital, une meilleure gestion, un meilleur équilibre de la production, etc. Le “plein emploi” peut cacher les lacunes les plus flagrantes de la production, malinvestment, production non équilibrée des biens de consommation, et laxisme. Tout ce que Keynes ignore systématiquement.

“Changes in the rate of consumption are, in general, in the same direction (though smaller in amount) as changes in the rate of income.” (Keynes’s italics, p. 248.) En d’autres termes, lorsque le revenu d’un homme augmente, il consomme plus; plus son revenu augmente, plus il tend à consommer; et lorsque le revenu d’un homme baisse, il consomme moins! Immense découverte, qui mérite tous les italiques que Keynes peut lui donner. [Hazlitt, 1959, p. 256-257]

3. The Demand for Labor is Elastic

“When there is a change in employment, money-wages tend to change in the same direction as, but not in great disproportion to, the change in employment; i.e. moderate changes in employment are not associated with very great changes in money-wages” (p. 251).

Il s’agit d’un exemple typique de l’inversion de Keynes de la cause et de l’effet. La chose importante, dans la plupart des situations, est l’effet des variations des taux de salaires sur l’emploi. Vu de ce côté-ci, l’emploi tend, bien sûr, à changer dans le sens opposé à partir des taux de salaire. S’il y a eu un chômage de masse prolongé, comme résultat de l’insistance des syndicats sur des taux de salaires horaires excessifs (par rapport aux prix et à la productivité marginale du travail), alors une baisse de ces taux de salaire vers le point d’équilibre se traduira par une hausse de l’emploi. Si, bien sûr, ce sont les prix plutôt que les taux de salaire qui étaient au dessus du niveau d’équilibre, ou si pour une raison quelconque les taux de salaires sont temporairement tombés en dessous du niveau d’équilibre, alors une augmentation de la demande de biens en raison d’une baisse de prix, ou tout autre changement, ou une augmentation de la demande de main-d’œuvre en raison d’un faible taux de salaire, entraînera une augmentation à la fois de l’emploi et des taux de salaire. Dans ce cas particulier la relation indiquée ci-dessus par Keynes tiendrait. Mais cette situation est relativement rare et de courte durée. Beaucoup plus souvent, c’est un ajustement à la baisse des taux de salaire (ou une augmentation progressive de la productivité homme-machine-heure) qui entraînera une augmentation de l’emploi. [Hazlitt, 1959, p. 259-260]

Chapter XIX

UNEMPLOYMENT AND WAGE-RATES

3. “Elasticity” of Demand for Labor

Lorsque nous traitons avec le chômage, par exemple, nous devons supposer qu’il y avait une raison pour le chômage. La raison la plus probable serait que les taux de salaires soient trop élevés, c’est-à-dire au dessus du point d’équilibre. Même si ce n’est pas la seule variable à influencer le chômage, elle est de loin la plus importante. Keynes ne l’a jamais considéré. Ses exemples supposent tacitement que les taux de salaires sont déjà au point d’équilibre, ou même en-dessous. Seulement sur cette hypothèse pourrait-il arriver à la conclusion qu’une réduction du taux de salaires entraînerait une réduction des revenus salariaux, soit en n’augmentant pas l’emploi le moins du monde, soit en le réduisant davantage. [Hazlitt, 1959, p. 272] (sur les conséquences du salaire minimum)

4. Fallacies of “Aggregative” Economics

Commençons, ici, par examiner de nouveau la notion keynésienne de “demande effective”. Nous avons vu précédemment qu’il n’y a nul besoin de cet adjectif. Il implique qu’il existe deux sortes de demande – “effective” et ineffective. Une demande ineffective ne peut alors seulement désigner que le désir non accompagné du pouvoir d’achat monétaire. Mais les économistes n’ont jamais appelé cela “demande”. Le terme “demande” tel qu’il est utilisé par les économistes a toujours signifié “demande effective” et rien d’autre. Insérer cet adjectif, alors, n’ajoute rien, si ce n’est la confusion. [Hazlitt, 1959, p. 274]

Chapter XXI

PRICES AND MONEY

3. What Theory of Prices!

Keynes use en permanence de tautologie. Quelques exemples : “They may also have different elasticities of supply in response to changes in the money-rewards offered” (p. 302). Mais puisque “elasticities of supply” signifie “response” ceci aurait pu être écrit plus brièvement, plus simplement et plus clairement : “The response of their supply to changes in price may also be different”. Encore une fois, “the elasticity of effective demand in response to changes in the quantity of money” (p. 305) aurait pu être raccourci et clarifié par “the response of demand to changes in the quantity of money”. Et de nouveau, “the elasticity of money-prices in response to changes in effective demand measured in terms of money” (p. 285) aurait pu être formulé tout simplement “the response of prices to changes in demand”. On se demande si ce n’est pas sur ces pléonasmes prétentieux que la réputation de Keynes semble reposer. [Hazlitt, 1959, p. 305]

6. Sacrosanct Wage-Rates, Sinful Interest Rates

Quand Keynes fait la déclaration que “the price-level . . . will depend partly on the cost-unit” (p. 302), il dit que la moyenne de tous les prix est déterminée et causée par un prix unique. La théorie économique moderne a clairement démontré non seulement que les “coûts” sont eux-mêmes des prix, mais que les “coûts” et les “prix” se déterminent l’un l’autre. [Hazlitt, 1959, p. 314]

Chapter XXII

THE “TRADE CYCLE”

1. A “Sudden Collapse” of the “Marginal Efficiency of Capital”?

“A more typical, and often the predominant, explanation of the crisis is,” déclare Keynes, “not primarily a rise in the rate of interest, but a sudden collapse in the marginal efficiency of capital” (p. 315).

La vérité ou l’importance que nous attachons à cette déclaration dépend une fois de plus de l’interprétation que nous donnons au terme ambigu de Keynes : “l’efficacité marginale du capital”. S’il désigne simplement les perspectives de bénéfices des entreprises (ce n’est pas ce qu’il semble vouloir dire dans ce contexte) c’est vrai mais c’était évident. Un effondrement des perspectives de bénéfices des entreprises est, à son tour, un autre nom pour définir un effondrement de la confiance. Un effondrement de la confiance est, bien sûr, une partie, un effet inhérent de la crise. Mais cela soulève simplement la question : quelle est la cause de l’effondrement de la confiance ? Quelle est la cause de l’effondrement des perspectives de bénéfices ? Qu’est-ce qui a introduit l’effondrement soudain de “l’efficacité marginale du capital” ?

Il s’agit simplement d’une illustration supplémentaire des confusions dans lesquelles s’empêtre Keynes à travers l’ambiguïté de ses propres termes. Si “l’efficacité marginale du capital” désigne le rendement attendu des immobilisations (comme Keynes le dit souvent), alors il y a une anticipation, un phénomène psychologique, dépendant de la perspective générale des bénéfices des entreprises dont les hommes d’affaires ont estimé cette perspective, correctement ou incorrectement. Si “l’efficacité marginale du capital” désigne (comme il semblerait à première vue) la productivité physique actuelle des immobilisations, il est clair que ce n’est précisément pas ce qui s’effondre dans la crise, en tant que cause ou en tant que conséquence. Si, enfin, “l’efficacité marginale du capital” désigne la valeur monétaire actuelle des marchandises que les actions ou valeurs mobilières contribuent à produire, alors un effondrement de cette valeur monétaire peut provoquer un effondrement de l’efficacité marginale du capital. Mais le lien de causalité n’est pas l’inverse.

En somme, l’explication keynésienne de la crise comme un effondrement soudain de l’efficacité marginale du capital est soit un truisme inutile soit une erreur évidente, selon l’interprétation que nous donnons à l’expression “efficacité marginale du capital”. [Hazlitt, 1959, p. 321-322]

2. When Governments Control Investment

It is of the nature of organized investment markets, under the influence of purchasers largely ignorant of what they are buying and of speculators who are more concerned with forecasting the next shift of market sentiment than with a reasonable estimate of the future yield of capital-assets, that, when disillusion falls upon an over-optimistic and over-bought market, it should fall with sudden and even catastrophic force (pp. 315-316). It is not so easy to revive the marginal efficiency of capital, determined, as it is, by the uncontrollable and disobedient psychology of the business world. It is the return of confidence, to speak in ordinary language, which is so insusceptible to control in an economy of individualistic capitalism. (My italics, p. 317.)

Un point essentiel mis en évidence dans ce passage est qu’il étend l’expression “efficacité marginale du capital” au point où elle signifie “in ordinary language” simplement la confiance. [Hazlitt, 1959, p. 323]

4. A Policy of Perpetual Inflation

Thus the remedy for the boom is not a higher rate of interest but a lower rate of interest! For that may enable the so-called boom to last. The right remedy for the trade cycle is not to be found in abolishing booms and thus keeping us permanently in a semi-slump; but in abolishing slumps and thus keeping us permanently in a quasi-boom (p. 322).

Keynes propose pour ce faire une politique d’inflation perpétuelle afin de maintenir un taux d’intérêt bas par une expansion constante de l’offre de monnaie et de crédit. Pas une seule fois il ne semble s’être demandé ce qui se passerait si les taux de salaires, dans ce boom de plein emploi, avaient commencé à rattraper les prix en anéantissant les marges bénéficiaires. Pas une seule il n’a expliqué ce qu’il fallait faire pour empêcher ce phénomène. Son “remède” consiste à maintenir le boom économique en encourageant le sur-investissement et le mal-investissement, et ensuite, lorsque le boom s’effondre, de le soutenir en diminuant davantage le taux d’intérêt pour encourager encore plus le mal-investissement. Il a refusé de reconnaître le taux d’intérêt comme un paiement pour quelque chose de réel. Il a omis de reconnaître que le taux d’intérêt est un phénomène de marché comme un autre. [Hazlitt, 1959, p. 330-331]

Chapter XXIII

RETURN TO MERCANTILISM?

3. Wise Mercantilists, Stupid Economists

“For in an economy subject to money contracts and customs more or less fixed over an appreciable period of time, where the quantity of domestic circulation and the domestic rate of interest are primarily determined by the balance of payments . . .” (p. 348). Nous avons ici, une fois de plus, une confusion évidente de la cause et de l’effet. La balance des paiements est elle-même fortement influencée et largement déterminée par les taux d’intérêt relatifs dans les différents pays, par rapport aux changements nationaux dans la quantité de monnaie, et aux changements relatifs dans les prix moyens nationaux, ou plutôt, dans les prix spécifiques. La balance des paiements est, en vérité, bien plus souvent la conséquence d’un ou plusieurs de ces autres changements que l’inverse. [Hazlitt, 1959, p. 344]

Chapter XXIV

KEYNES LETS HIMSELF GO

2. The Euthanasia of the Rentier

Lorsque Keynes nous dit que “the scale of effective saving is necessarily determined by the scale of investment” il oublie que le lien de causalité primaire est l’inverse. L’épargne détermine l’investissement. Sans épargne, il n’y a rien à investir. Même sur les propres définitions de Keynes, l’investissement ne peut pas voir le jour sans épargnes équivalentes. Dire que “the scale of investment is promoted by a low rate of interest” revient à regarder la question du seul point de vue de l’emprunteur, et d’oublier le point de vue du prêteur.

Supposons que nous ayons appliqué le dicton de Keynes à l’achat et la vente. Nous aurions eu à écrire quelque chose comme ceci : “Buying is not determined by purchasing power, but effective purchasing power is determined by the scale of buying; and the scale of buying is promoted by low prices”. Ce serait immédiatement reconnu comme un non-sens. [Hazlitt, 1959, p. 377]

3. Robbing the Productive

[He goes on] Thus we might aim in practice (there being nothing in this which is unattainable) at an increase in the volume of capital until it ceases to be scarce, so that the functionless investor will no longer receive a bonus; and at a scheme of direct taxation which allows the intelligence and determination and executive skill of the financier, the entrepreneur et hoc genus omne (who are certainly so fond of their craft that their labor could be obtained much cheaper than at present), to be harnessed to the service of the community on reasonable terms of reward (pp. 376-377).

En réponse, il peut être souligné que le capital cesse d’être “rare” seulement s’il cesse d’avoir de la valeur, de sorte que tout le monde sera prêt à le céder. Il cessera d’avoir de valeur uniquement lorsqu’il n’en coûte rien à produire, ou lorsque son application cesse de réduire les coûts (y compris le temps) de production de toute chose, ou lorsque les biens de consommation qu’il contribue à transformer eux-mêmes cessent d’être “rares” et d’avoir une valeur. Toutes ces conditions sont impossibles. [Hazlitt, 1959, p. 383]

Keynes conclut cette section en écrivant : “It would remain for separate decision on what scale and by what means it is right and reasonable to call on the living generation to restrict their consumption, so as to establish, in course of time, a state of full investment for their successors” (p. 377).

Mais les gens ont déjà tranché cette question en tant qu’individus, et volontairement, et non par la contrainte collective (sauf par l’intermédiaire de l’impôt progressif sur le revenu et sur les successions et le soi-disant “investissement” d’état). Ayant rejeté la solution volontaire, Keynes est obligé de chercher une solution par la contrainte, comme celle effectuée par les gouvernements totalitaires.

“Plein investissement” est une phrase dénuée de sens. Elle ne parvient pas à reconnaître les améliorations illimitées qui sont toujours qualitativement possibles, et elle est basée sur des hypothèses purement statiques. Que devient “le plein investissement” pour une machine particulière lorsque, disons, une machine ou un procédé nouveau est inventé pour rendre l’ancien obsolète ? [Hazlitt, 1959, p. 384]

4. The Socialization of Investment

If we suppose the volume of output to be given, [Keynes continues] i.e., to be determined by forces outside the classical scheme of thought, then . . . private self-interest will determine what in particular is produced, in what proportions the factors of production will be combined to produce it, and how the value of the final product will be distributed between them (pp. 378-379).

Ce passage est une évidente auto-contradiction. Si l’État détermine combien d’argent sera investi, à quel taux d’intérêt, et précisément où, il détermine nécessairement ce qui est produit en particulier et avec quels facteurs. Le plan de Keynes serait de tout prendre des mains du privé. Il refuse simplement de reconnaître les conséquences de ses propres propositions. [Hazlitt, 1959, p. 386]

Chapter XXVI

“FULL EMPLOYMENT” AS THE GOAL

I. Is It Definable?

Commençons par la question de la définition. L’homme de rue a peu de doutes à ce sujet. “Le plein emploi” signifie que “tout le monde” a un emploi. Cela signifie des “jobs for all the people all the time”. [...] Dans la Théorie Générale, Keynes nous donne deux définitions, dont aucune ne semble avoir de relation. À la page 15, il donne une définition complexe du chômage “involontaire” qui est invalide (revoir page 30 de Hazlitt). De cela, il postule un état des affaires en l’absence de chômage “involontaire” : “This state of affairs we shall describe as ‘full’ employment, both ‘frictional’ and ‘voluntary’ unemployment being consistent with ‘full’ employment thus defined” (p. 16). En d’autres termes, le “plein emploi” est un état dans lequel il peut y avoir à la fois du chômage “frictionnel” et “volontaire”. Le plein emploi n’est pas “plein”. [Hazlitt, 1959, p. 399, 401-402]

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12 comments on “Critique de Henry Hazlitt sur la Théorie Générale de Keynes

  1. Raoul says:

    Bon travail.

  2. yoananda says:

    Keynes as eu du bol.
    Il est arrivé dans une période très particulière.
    Après le pic charbon/vapeur en 1913 on est passé (quelques troubles sociaux plus tard) a l’économie pétrolière. Pour relancer la machine économique il a fallu mettre en place plusieurs “inventions” : le marketing, l’obsolescence programmé, l’industrie pétrolière et … pour amorcer la pompe, une relance keynésienne, sous forme de new deal ou bien de course a l’armement.

    Il faut bien comprendre que dans les années folles, avec l’arrivée des frigo/machine a laver/ampoules, etc… toute une industrie est née. Mais a l’époque, ils produisaient des machines qui duraient des décennies. Après les avoir produites, plus personne pour acheter, car tout le monde était équipé.

    Il a donc fallu inventer la société de consommation moderne, acheter de la merde qui change de couleur chaque année.

    Sans ca, pas de consommation, donc pas de production, donc pas de travail, et donc pas de consommation : cercle vicieux.
    Pour mettre en place le système inverse “vertueux” la relance keynésienne est tombée a pic.

    Aujourd’hui la relance keyneisienne a la Hollande par de la “croissance subventionnée” est juste une hérésie, car le contexte n’est plus du tout le même. On va se prendre le mur très fort avec eux.

    Mais bon, les imbéciles auront eu raison un peu plus longtemps comme ça.

  3. 猛虎 says:

    J’avoue avoir des réserves sur la théorie de l’obsolescence programmée. Econoclaste a écrit un bon billet l’année dernière, avec des commentaires assez trash.

    http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2011/03/07/1773-le-mythe-de-l-obsolescence-programmee

    Si je pense leurs commentaires bien sentis, je pense qu’ils n’ont pas tout à fait dissipé le doute concernant la puce epson. Ça fait quelques semaines que je suis en train de rédiger un article comme complément de celui d’Econoclaste, mais entre mes lectures et articles sur le QI, le keynésianisme etc. ça risque de prendre du temps.

    Disons, rapidement, que théoriquement la théorie ne semble pas tenir. Si une entreprise dégrade délibérément son produit pour augmenter ses ventes personnelles, elle devra augmenter sa production et par conséquent sa demande en facteurs de production, càd les biens d’équipement (et éventuellement les matières premières). Le coût de production rattrapera les prétendus bénéfices d’une “politique” d’obsolescence programmée. Ce n’est pas parce qu’il existe une obsolescence qu’elle est nécessairement “programmée”. C’est un raccourci un peu naïf.

    Le keynésianisme a probablement peu à voir avec la prétendue obsolescence programmée. Les gouvernements peuvent, en prétextant la politique keynésienne, accroître incessamment leurs dépenses publiques. Elles sont aujourd’hui plus élevées qu’elles ne l’étaient autrefois, en % du PIB.

  4. yoananda says:

    entre parenthèse :

    http://medicaldaily.com/news/20120619/10362/religion-hell-belief-society-crime.htm

    Je reviens au sujet :
    oui l’obsolescence n’est peut-être pas programmée, mais elle est effective. C’est peut-être multifactoriel, et a combiner avec les effets du marketing et de la sur consommation. C’est peut-être une dérive vers la fragilité, parce que fragile = coûte moins cher (en général).

    cependant, collectivement, si on voulait faire des produits durables, on pourrait le faire. Le problème, c’est qu’on n’aurait plus assez de travail a fournir aux masses laborieuses. Et ça, il me semble que ça été théorisé (mais évidement, on n’en fait pas la publicité) … par contre, je lis trop de choses, et je ne me souviens plus si je l’ai lu ou déduis, ni ou …

    cependant, ça m’intéresse de lire les contre arguments. J’irais jeter un oeil.

  5. 猛虎 says:

    Oui, on pourrait, si les consommateurs le désiraient réellement. Dans le cas contraire, il n’y a pas d’obsolescence “programmée”. Pourquoi n’y aurait-il plus assez de travail ? Sans l’obsolescence il y aurait moins de main d’oeuvres consacrées à la production de ce genre de produits. La main d’oeuvre ainsi que les autres facteurs de production seront libérés et redirigés vers d’autres secteurs d’activité. Si une ou plusieurs activités déclinent, d’autres activités vont prendre forme. Je vous conseille de lire cet article.

    http://analyseeconomique.wordpress.com/2010/10/10/le-chomage-fatalite-ou-necessite-cahuc-et-zylberberg/

    P.S. Sur le lien entre criminalité et croyance au diable/enfer il faut comprendre d’abord que les individus religieux sont moins criminels. Donc logiquement on devrait s’attendre à ce qu’il y ait une corrélation inverse entre croyance en Dieu et croyance au Diable. Je crois me souvenir qu’il existe des sondages de ce genre, sur les données du GSS. J’irais jeter un oeil pour vérifier.
    (bon apparemment j’ai mal lu : c’est la croyance en l’enfer qui diminue le crime et la croyance au paradis qui l’augmente, non l’inverse)

    • yoananda says:

      Oui je comprends les objections a l’obsolescence programmée, mais il faut se replacer dans le contexte post années folles …
      Quand au “secteurs d’activités libérés” dans un monde idéal oui, dans la pratique, il y a 1 siècle le niveau d’éducation des gens était faible et ils ne pouvaient pas se reconvertir si facilement, pas plus qu’aujourd’hui pour toute une partie de la population peu qualifiée.

    • 猛虎 says:

      Se reconvertir est pourtant très simple, si tant est que les marchés du travail sont flexibles. Je vous recommande de lire ma revue du livre de Cahuc et Zylberberg. Le non-diplôme n’est pas le problème. Il n’y a jamais de marché “bouché” dans une économie libre. Simplement des prix relatifs qui divergent d’un secteur à l’autre.

      http://analyseeconomique.wordpress.com/2010/10/10/le-chomage-fatalite-ou-necessite-cahuc-et-zylberberg/

      J’ai, sinon, fini de rédiger l’article évoquant le lien entre criminalité et croyance en l’enfer. Allez le voir.

    • yoananda says:

      Oui mais le marché parfait n’existe pas, l’économie libre on en est/était loin… et les peurs des gens les empêchent de se reconvertir si facilement.

      “En théorie il n’y a pas de différence entre la théorie et la pratique, mais dans la pratique il y en a”.

  6. 猛虎 says:

    Merci en tout cas pour le lien. Je vais écrire un article dessus, puisque je lis leur étude en ce moment.

    • yoananda says:

      Oui mais alors ce qui m’intrigue c’est :
      corrélation inverse entre QI / religiosité
      corrélation inverse en QI / Violence
      on serait en droit de s’attendre a une corrélation positive entre religiosité et violence, au lieu d’avoir l’inverse … (pour ma part croire en l’enfer me semble relié a une croyance religieuse …)

      c’est la ou je ne comprends pas trop.

  7. Natrép says:

    yoananda :
    Ce n’est pas parce que X (le QI) est corrélé à Y (la non-religiosité) et que X est corrélé à Z (la non-violence) que Y et Z sont nécessairement corrélés entre eux ; il peut très bien y avoir un lien extérieur entre Y et Z qui change la donne (ce qui est le cas en l’occurrence, semble-t-il : la religiosité a un fort effet en soi sur la violence, malgré l’association de la première à une plus faible intelligence).

    Pour le dire en termes mathématiques et de manière concise, la relation de corrélation n’est pas transitive.

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