Natural Monopoly and the Question of the Factors of Production

Many economists wrongly believe that a natural monopoly would emerge through price-cutting war in a free market. The cut-throat competition is a process by which a big firm can definitely (according to the theory) drive out the other competitors through price-cutting wars. They argue that this is possible simply because big firms experience lower costs of production than smaller firms due to large-scale production. When all the remaining competitors are out of the game, no one can challenge the monopoly anymore. Apart from Rothbard’s comments, there are some additional serious problems with the theory of natural monopoly.

What happens exactly when a natural monopoly chooses to decrease its supply of goods ? We would have to consider the response of prices of factors of production when a large firm reduces its supply of consumer goods in order to increase prices. If this happens, its own demand for factors of production, necessary for the production of consumer goods, will decrease. Eventually, the prices of factors of production would decline, providing an opportunity for competing firms which can now reduce their production costs. They are thus able to lower their prices and challenge the monopoly (in a cut-throat competition).

Even imagining an unrealistic scenario where the monopoly substitutes for the competitors to the purchase, on a regular basis for preventing the prices from falling, of all the factors of production in excess, the accumulation of those ‘idle’ productive resources is a great loss because such amount exceeds what he needs to replace his existing capital goods. It would be far more advantageous to increase its production to capture a larger market share, which will tend to diminish the prices anyway, especially when in fact an increase in production will reduce the average cost of production, making a big-scale production more profitable.

45 comments on “Natural Monopoly and the Question of the Factors of Production

  1. RJ Miller says:

    Meng Hu (if that is your name),

    I just subscribed to your other blog via email and I can tell I will enjoy much of what you have to post. It just so happens that I began reading “The Bell Curve” not too long ago (that book was not the book I expected it to be) and I am glad you have plenty of information posted related to it. While I cannot say for sure that I agree with all the book’s conclusions just yet, I do believe the book has been badly misrepresented. Very glad to see bloggers such as yourself who have understood what the book entails.

    Keep the good material coming!

  2. 猛虎 says:

    In fact, I’m currently writing on something big about the race and IQ debate. And TBC will be indeed referenced many times, as well as Baker’s Race, Plomin’s books, and Sesardic. I will also plan to scan Jensen’s 1998 book, The g Factor, when I will receive it.

  3. Raoul says:

    Maintenant, je vois un peu mieux ce que vous vouliez dire. Vous vous placez dans l’hypothèse d’un “monopole naturel”, c’est-à-dire quand les coûts décroissent. Ainsi, si le monopoliste réduit sa production, sauf à garder des ressources oisives, non seulement il fera baisser le coût des facteurs de production pour les concurrents, mais en plus il augmentera ses propres coûts. Fallait y penser.

    Inversement, pendant la période de “guerre des prix”, les concurrents pourront réduire leur volume de production, afin de réduire leurs coûts. Comme l’écrit Bork (qui ne se place pas dans l’hypothèse d’un “monopole naturel”),

    “Losses during a price war will be proportionally higher for the predator because he faces the necessity of expanding his output at ever higher costs, while the victim not only will expand output but has the option of reducing it and so decreasing his costs.”

    Bork conclut, après avoir évoqué tous les risques pris par qui voudrait s’engager dans une politique de “prix prédateurs”, “It looks as if the best method of predation is to convince your rival that you are a likely victim and lure him into ruthless price-cutting attack.

  4. Raoul says:

    En fait, je me demande s’il n’y a pas une faille dans votre raisonnement. En effet, vous écrivez “If this happens, its own demand for factors of production, necessary for the production of consumer goods, will decrease. Eventually, the prices of factors of production would decline…“.

    Cependant, la “demande” pour un bien ne doit pas être considérée du point de vue physique (nombre d’unités vendues), mais du point de vue monétaire (quel prix offert pour telle quantité vendue ?). Or, par hypothèse, le monopoliste augmente ses revenus en restreignant sa production. Cela ne le conduira-t-il pas à être obligé de donner plus d’argent pour une quantité réduite de facteurs ? Comment le monopoliste pourra-t-il éviter que le revenu de monopole finisse par être imputé aux facteurs de production ? Rothbard soutient que les gains de monopole finissent toujours par être imputés aux facteurs de production — ou, plus exactement, aux facteurs de production spécifiques (voyez MES, p 677-680). L’effet que vous soulignez sera-t-il limité aux facteurs non spécifiques ? Notez que je n’affirme rien. La question est ouverte. En tout cas, votre réflexion est intéressante.

  5. Raoul says:

    Bon, après avoir fait le contre, puis le pour, puis à nouveau le contre, je vais encore faire le pour : dans l’hypothèse d’un “monopole naturel”, il n’y pas de “facteur spécifique de monopole”. Ou, pour le dire autrement, le seul “facteur spécifique de monopole”, c’est la taille. Par conséquent, le revenu de monopole ne peut être imputé qu’à la firme elle-même.

  6. 猛虎 says:

    Je ne suis pas complètement sûr de savoir où vous voulez en venir, mais de ce que je comprends ici, vous posez l’hypothèse que dans la mesure où le monopole charge un prix de monopole, il obtiendra plus de revenues lui permettant d’enchérir le prix des facteurs. Il faut comprendre que si le prix des facteurs augmente, cela ne pourrait se faire qu’à la condition où la demande des facteurs dépasse l’offre, donc finalement ce qu’il se passe, c’est que le monopole va simplement acquérir plus de facteurs. Il devra de toute manière les mettre en action pour ne pas les laisser à un état oisif, dans lequel il n’aurait rien à gagner.

    J’ignore si j’ai répondu à votre question.

  7. Raoul says:

    J’ignore si j’ai répondu à votre question.” Je l’ignore aussi… Cependant, mon argument n’était pas tant que les revenus de monopole permettraient au monopoliste de payer plus cher les facteurs, mais qu’ils l’y obligeraient : si le vendeur des facteurs se rend compte que l’utilité marginale du facteur a augmenté pour le monopoliste, il pourra lui demander un prix plus élevé. Le problème étant que l’utilité marginale des facteurs pour les autres entreprises intéressées n’aura pas augmenté, et que ceux-ci ne pourront donc payer un prix plus élevé. De plus, si un vendeur des facteurs essaie de demander un prix plus haut, le monopliste pourra se tourner vers d’autres vendeurs. Pour que le prix augmente, il faudrait donc que les vendeurs de facteurs soient concentrés. Bref…, je ne suis pas très clair.

    Mais peut-être pourriez m’expliquer avec vos propres mots pourquoi l’imputation du revenu de monopole (celle visée par Rothbard) ne s’effectuera pas ?

    Sinon, autre question : de quelle sorte de “monopole naturel” parlez-vous exactement ? J’ai l’impression que l’on range plusieurs sortes de choses dans cette catégorie…

  8. 猛虎 says:

    En relisant vos précédents commentaires, je crois comprendre maintenant où est la confusion. Vous partez dans l’idée que j’ai insinué que le monopole naturel parvient à charger un prix de monopole, mais il n’est nulle question de ça. Je dis que dans une guerre des prix où une ou plusieurs grandes firmes parvenaient à écarter définitivement les petites firmes, ils ne pourraient jamais tenter de charger un prix de monopole, car il faut bien que quelqu’un achète les facteurs de production restants. Que ce soit le monopole naturel ou les concurrents, la production ne pourra pas chuter, car ces facteurs seront mis en action. Dans ce contexte, je ne vois pas où est l’augmentation de l’utilité marginale du facteur. En outre, même dans le cas où le monopole charge un prix de monopole, il ne pourra le faire qu’en réduisant sa production, et donc l’utilité marginale du facteur diminuera à mesure qu’il achète des facteurs. Donc il n’en achètera pas, et le prix des facteurs diminuera, comme dans mon scénario.

    Je vais relire les pages de Rothbard que vous indiquez pour m’assurer d’avoir bien compris où vous vouliez en venir.

    (P.S. Vous posez toujours de bonne question. C’est stimulant de discuter avec vous. C’est rare, des gens comme vous.)

    • Raoul says:

      Merci pour la “bonne question”. Je vous renvoie le compliment. Mais c’est pour ça que je vous suggérais de poster un billet à ce sujet vous savez où. Ca permettrait de voir quels sont les autres, là-bas, qui posent de “bonnes questions”, et de pouvoir discuter avec eux.

  9. Raoul says:

    « En relisant vos précédents commentaires, je crois comprendre maintenant où est la confusion. Vous partez dans l’idée que j’ai insinué que le monopole naturel parvient à charger un prix de monopole, mais il n’est nulle question de ça. »

    Je ne crois pas avoir commis de confusion ici. Je pense que nous utilisons la même méthode, à savoir postuler que l’entreprise réduit sa production (i.e., fixe un prix de monopole), mais seulement pour en déduire les contradictions que cette situation implique. En revanche, nous utilisons cette même technique d’une manière un peu différente.

    Vous, vous dites que la réduction de la production nécessaire pour atteindre le prix de monopole conduirait à une baisse des prix des facteurs et faciliterait ainsi l’entrée des concurrents, ce qui constituerait un obstacle important – quoique indirect – à la réalisation (ou, plus exactement, au maintien) d’un prix de monopole.

    Quant à moi, je commence de la même façon, à savoir que je postule l’existence d’un prix de monopole pour en déduire les contradictions inhérentes à cette situation. Seulement, alors que, dans votre cas, l’obstacle venait du comportement des concurrents, dans le mien, il résulte de la réaction du producteur des facteurs.

    Le cas que j’envisage est, je l’admets, assez peu réaliste. Ainsi, supposons que le producteur (P) des facteurs de production utilisés par le monopoliste naturel (MN) soit lui aussi en situation de monopole (pas forcément de monopole naturel ; disons qu’il est le seul propriétaire de ressources rares). Tant que MN ne réduit pas sa production, il obtient le même taux de revenu que les concurrents C1, C2, C3, etc… Par conséquent, P lui fait payer le même prix que les autres pour le facteur de production.

    Si MN arrive, au moyen d’une « guerre des prix » à chasser tout ou partie des C’s, il pourra réduire sa production afin d’obtenir un rendement supérieur (provisoirement). Cette situation ne conduira pas nécessairement à une baisse du prix des facteurs (et donc à un retour des C’s) dans la mesure où, du fait de ce rendement supérieur, P pourra facturer à MN un prix supérieur (un prix total supérieur à ce que MN payait avant, alors même que dorénavant il achète un volume moindre). P pourra éventuellement proposer des prix différents aux C’s. Par conséquent, le revenu de monopole ne sera que transitoire.

    Néanmoins, je le répète, ce cas est nécessairement rare à l’égard des « monopoles naturels », c’est-à-dire de ceux qui résultent d’économies d’échelle. En effet, il me semble que ces monopoles-là ne reposent pas sur l’utilisation d’un « facteur de monopole » particulier (goodwill, privilège légal…). Par conséquent, excepté lorsque le fournisseur de l’un des divers facteurs de production dont ils ont besoin est lui-même un monopoliste, leur « revenu de monopole » ne peut être imputé en arrière. Ce serait sans doute très différent pour les monopoles non-naturels.

  10. Raoul says:

    PS : semblerait que mon com’ précédent se soit enspamé.

  11. 猛虎 says:

    Effectivement, l’hypothèse d’un seul producteur des facteurs de production est assez irréaliste, dans la mesure où la concurrence s’applique aussi dans les secteurs d’activité en amont de la structure de production (càd, les stades éloignés de la consommation finale).

    Juste une mise au point, d’abord. Il faut savoir que lorsque MN réduit sa production, c’est que celui-ci “tente” de charger un PM (prix de monopole). Or, je dis qu’avant de pouvoir charger PM, il existera sur le marché un excès des FPs (facteurs de production). Mais selon vous, lorsqu’il existe un MN pour les FPs, le MN qui vend des biens de consommation devra payer plus cher les FPs en dépit du fait qu’il en demande moins. Pourtant, dans la mesure où la demande totale des FPs diminue, le MN des FPs ne pourra pas vendre plus cher les FPs, même temporairement, parce qu’il doit écouler son stock. Il n’est pas certain que le MN des FPs interprétera la baisse de demande en FPs comme le signe d’un établissement d’un MN sur l’approvisionnement d’un ou plusieurs biens de consommation nécessitant ces FPs pour être produits. Même si c’était le cas, il doit écouler son stock. Si donc MN refuse d’en acheter, le MN des FPs est condamné à vendre tous les FPs. Les prix vont quand même baisser. À court terme, comme à long terme.

    Ceci dit, maintenant, je comprends mieux ce que vous vouliez dire par “l’imputation du revenu”. Néanmoins, en quoi cette phrase … “Par conséquent, excepté lorsque le fournisseur de l’un des divers facteurs de production dont ils ont besoin est lui-même un monopoliste, leur « revenu de monopole » ne peut être imputé en arrière.” … pose problème par rapport à ce que je dis ?

    En tout cas, grâce à vous, je vais pouvoir améliorer ma thèse.

  12. Raoul says:

    1°Je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous sur la nécessité « d’écouler son stock » et sur ses conséquences. D’une part, la nécessité d’écouler le stock est plus ou moins pressante selon que le bien considéré est ou non périssable. Dans certains cas, si le produit est peu périssable et que la limitation de la production est modérée, le ralentissement du rythme d’écoulement n’aura pas d’effet négatif sur la valeur du stock. D’autre part, il est parfaitement possible que le « profit de monopole » fasse plus que compenser la perte de valeur du stock.

    2° Certes, on ne peut exclure que le vendeur des FPs n’interprète pas la baisse de demande comme le signe de l’établissement d’un prix de « prix de monopole », mais on ne peut exclure l’hypothèse inverse. Cette dernière me paraît même bien plus probable. En effet, si le vendeur des FPs, qui a nécessairement noté la baisse de demande des FPs, constate par ailleurs que le prix des biens finaux augmente, cela lui donne un indice intéressant, sinon une certitude, de ce qu’un « prix de monopole » est atteint.

    3° Effectivement, quand j’ai écrit “Par conséquent, excepté lorsque le fournisseur de l’un des divers facteurs de production dont ils ont besoin est lui-même un monopoliste, leur « revenu de monopole » ne peut être imputé en arrière.”, ce n’était pas pour contredire votre thèse, mais pour affaiblir mon précédent argument contredisant votre thèse.

    4° Vous me dites : « Mais selon vous, lorsqu’il existe un MN pour les FPs, le MN qui vend des biens de consommation devra payer plus cher les FPs en dépit du fait qu’il en demande moins. ». Je conviens que cela peut sembler paradoxal, mais c’est pourtant le principe général qui prévaut. D’ailleurs ce n’est pas moi, mais Rothbard, qui le dit. Lorsqu’un monopoliste augmente son revenu en réduisant sa production, la valeur des facteurs des facteurs de production monopolisés augmente, puis celle des facteurs de production d’ordre plus élevé, etc. (Voyez les références données plus haut.) De là, deux possibilités. Soit Rothbard a faux. Ce n’est pas impossible. Mais dans ce cas-là, faudrait montrer en quoi il a tort. Soit le principe dont parle Rothbard connaît une exception quand le monopole en cause repose, non sur la possession d’un facteur de production spécifique, mais sur des économies d’échelle atteintes par une firme de grande dimension. La seconde hypothèse me semble plus crédible.

  13. 猛虎 says:

    1° Ma théorie ne dépend pas de la périssabilité du stock. La raison fondamentale pour laquelle le MN des FPs n’attendra pas pour écouler le stock, c’est l’incertitude quant au choix de la méthode de production. Si le MN voit le prix des FPs augmenter, il peut changer de stratégie et opter pour d’autres méthodes de production ne nécessitant pas ces FPs. Le MN pourrait par exemple opter pour une méthode de production moins intensive en capital. Si effectivement le capital coûte plus cher, la main d’oeuvre devient relativement moins chère, et sera plus demandée. Rappelez vous de l’effet Ricardo. Hayek disait à ce propos : “with high real wages and a low rate of profit investment will take highly capitalistic forms: entrepreneurs will try to meet the high costs of labour by introducing very labour-saving machinery — the kind of machinery which it will be profitable to use only at a very low rate of profit and interest.” Ici, nous avons l’effet inverse. Une hausse du prix des machines entraine une hausse de demande en main d’oeuvre, et une baisse de demande en machines.

    2° Le vendeur des FPs ne peut pas induire d’une hausse des prix des biens finaux comme une indication d’un état de monopole naturel, car une hausse des prix peut signifier qu’il rencontre justement des difficultés sur le marché. Rothbard disait : “Leeman also demonstrates that the big firm could not keep new, small firms out by a mere threat of cutthroat competition. For (a) new firms will probably interpret the high price charged by the “monopolist” as a sign of inefficiency, providing a ripe opportunity for profits; and (b) the “monopolist” can demon­strate his power satisfactorily only by actually selling at low prices for long periods of time”. Nous ne pouvons pas non plus considérer une hausse des prix comme une unique conséquence d’un établissement d’un MN. Imaginez un choc de production, où un accident pulvérise toutes les récoltes, alors que la demande du public n’a pas diminué. Résultat : les prix montent, mais l’intensité de la concurrence n’a pas diminué. Le MN des FPs n’a aucun moyen de le savoir.

    3° Ok.

    4° Rothbard parle bien d’une économie en rotation perpétuelle (une situation qui n’existera jamais) où profit et pertes tombent à zéro. Dès lors, le gain de monopole est imputé aux facteurs, non aux biens finaux. Pourtant, dit-il, même ces facteurs doivent être produits par des outils et machines, et donc, des facteurs. Aucun monopoleur ne peut retirer un quelconque gain de monopole. Sauf aux facteurs de travail ou immobilier (càd, ressources naturelles). Le 1er cas est sans importance, mais pas le 2nd visiblement. Néanmoins, je ne vois pas pourquoi le point relevé par Rothbard est pertinent. L’ERE est une situation idyllique. C’est pour cela que je n’ai pas cité ce passage dans mon billet sur le chapitre 10 de MES.

  14. Raoul says:

    1° Il me semble que la possibilité que les acquéreurs des FPs changent de méthode de production si le prix de ceux-ci devient excessif pour eux doit être effectivement pris en compte dans la « détermination » du prix de méthode. C’est de toute évidence un élément dont le monopoliste doit tenir compte. Mises avait déjà souligné que même le monopoliste ayant réussi à fixer des « prix de monopole » demeurait soumis aux consommateurs, dans la mesure où, par hypothèse, au-delà du prix de monopole, la demande redevenait élastique.

    Cependant, je ne vois de rapport direct entre ceci et la nécessité d’écouler les stocks. De plus, et surtout, même si ce n’est pas très clair dans le texte de Rothbard, l’imputation se fait sur les facteurs de production sur lesquels s’appuie spécifiquement le monopole. Par conséquent, dans notre exemple, le monopoliste de second niveau ne pourrait changer de méthode de production sans perdre sa position de monopoliste. J’en déduis que le monopoliste de premier niveau (celui qui produit les FPs) pourra « pressurer » le monopoliste de second niveau tant que les profits de celui-ci resteront au-dessus du taux moyen de rendement dans l’économie ou au-dessus des profits offerts par les autres méthodes de production disponibles.

    Au passage, Mises avait détruit nettement la thèse de « l’effet Ricardo ». Une augmentation du coût du facteur travail ne peut conduire à un recours accru aux biens de capital, dans la mesure où la hausse du coût du travail en tant que telle ne peut accroître le stock de biens de capital disponible. Seule une hausse de l’épargne peut faire cela. Par conséquent, une hausse du coût du travail aura « simplement » pour effet de déplacer artificiellement le capital dans l’économie, i.e. de le déplacer vers des secteurs où, en l’absence des hausses des revendications salariales, le besoin de capital aurait été moins pressant.

    2° Il est parfaitement vrai qu’une hausse des profits finaux peut aussi signifier autre chose que l’obtention d’un « prix de monopole ». J’avais bien précisé que le monopoliste de premier degré ne pouvait avoir aucune certitude, seulement des indices. Mais il pourra tout de même faire des conjectures, et agir en fonction de la supposition la plus vraisemblable. L’incertitude n’interdit pas l’action.

    De même, je pense que la citation de Rothbard va plutôt dans mon sens. Elle montre que les « new firms » vont être capables, sans pour autant disposer d’une information parfaite, de détecter une « opportunity for profits » dans le comportement du monopoliste (mais si, dans notre cas, ce ne sera pas forcément la conséquence d’une « inefficiency »). Or, dans notre exemple, le monopoliste de premier niveau dispose d’informations que les « new firms » dans l’exemple de Rothbard n’ont pas, à savoir le niveau et l’évolution de la demande de FPs par le monopoliste de second niveau, et le comportement des concurrents.

    Accessoirement, le monopoliste de premier niveau est capable de faire une enquête sur les autres causes possibles ; si un accident « pulvérise toutes les récoltes », il pourra peut-être parvenir à le découvrir. De surcroît, de nos jours, en France, il pourra consulter le bilan du monopoliste de second degré sur infogreffe, ou, si ce dernier est coté, prendre connaissance dans la presse des dividendes versés.

    En revanche, je suis tout à fait d’accord avec cette phrase de Rothbard-Leeman, qui rejoint d’ailleurs un peu la conclusion de votre billet : « the “monopolist” can demon¬strate his power satisfactorily only by actually selling at low prices for long periods of time.»

    4° Sur ce coup-là, je ne suis pas du tout d’accord. Rothbard ne dit pas qu’aucun monopoliste ne peut « retirer un quelconque gain de monopole » ; il dit simplement que ce gain, à long terme, ne durera pas. De surcroît, il donne une indication de ce que sera ce « long terme » : « as the machines were replaced » (p678). Ce n’est pas parce que l’imputation complète de tous les profits de monopole n’aurait lieu que dans l’ERE que celle-ci ne commencera pas à prendre place dans la vie réelle. Qui plus est, certains profits de monopole (sinon tous) pourront être totalement imputés. Il en est ainsi pour tous les profits, qu’ils soient ou non de monopole. Ce n’est pas parce que l’existence des profits ne cesserait totalement que dans l’ERE que ceux-ci ne sont pas continuellement évincés dans la vie réelle.

    • Raoul says:

      La première phrase de mon com’ du 25-10 à 16h33 n’est pas correcte. Il faut lire :

      1° Il me semble que la possibilité que les acquéreurs des FPs changent de méthode de production si le prix de ceux-ci devient excessif pour eux doit être effectivement prise en compte dans la « détermination » du prix des FPs..” (et non : “dans le prix de méthode”).

  15. 猛虎 says:

    1° Je pense que vous vous méprenez sur l’effet Ricardo (je ne pense pas du tout que Mises l’ait détruit). Il ne s’agit pas de dire que l’offre de biens de capital augmente. Je dis ici que la hausse des prix des FPs conduira le MN à opter pour une autre stratégie moins intensive en capital. Puisque MN a une solution de rechange, le propriétaire des FPs ne peut pas le “pressuriser” car il n’a aucun pouvoir de monopole sur lui. S’il tente néanmoins, ce sera à ses risques et périls. En outre, le propriétaire des FPs n’a aucun moyen de savoir si le prix pratiqué par MN est un prix de monopole, et d’ailleurs, il ne peut en aucun cas déterminer une position de monopole en se basant juste sur les prix. Parce que j’ai l’impression que vous raisonnez comme si le MN des FPs était “omniscient” ou que les prévisions étaient si faciles à faire. L’économie est extrêmement complexe.

    2° Même si l’incertitude n’interdit pas l’action, dans la mesure où l’accroissement de la production signifie toujours une baisse des coûts de production, il réalisera qu’il sera plus avantageux de vendre davantage de FPs pour profiter des économies d’échelles. Cela lui permettra en outre d’assurer encore plus sa position de monopole. Quand, ensuite, je parle d’un accident qui réduit la production, c’est un exemple pour illustrer le fait qu’à chaque fois que l’efficience de productivité diminue, pour quelque raison que ce soit, la production diminuera aussi. Il existe de multiples exemples. Les ouvriers tombent malades. L’offre du biens de consommation en question dépendant de la saison, ce qui fait varier les prix à la baisse ou à la hausse. Ou alors il y a une hausse soudaine de la demande à cause de la chute de demande d’un autre bien de consommation substituable à celui que vend le MN. Une dépréciation des biens d’équipements qui n’ont pu être remplacés ou compensés faute d’investissement suffisant (soit de par sa propre négligence, soit de par une réglementation et/ou taxes réduisant les incitations à investir). Les explications ne manquent pas. Comme je le dis, il n’y a aucun moyen de savoir même avec une expertise très minutieuse.

    Je ne vois pas, sinon, en quoi la citation de Rothbard appuie vos propos, car ce n’est visiblement pas le cas. En outre, vous affirmez que le monopoliste possède des informations que les nouvelles firmes ne possèdent pas. Admettons. Mais, en quoi cela dissuaderait les nouveaux concurrents de pénétrer le marché ? Rothbard a été clair. Le seul moyen pour un monopole d’envoyer le signal aux concurrents potentiels qu’une guerre des prix n’est guère faisable, c’est en diminuant les prix en deçà du seuil maximum pouvant être supporté par les concurrents potentiels. Personne ne peut savoir pourquoi un prix augmente : baisse d’efficience productive, hausse soudaine de la demande (due à la saison ou chute de productivité d’un autre bien substituable, ou un simple effet de mode). Même chose lorsque le prix diminue.

    4° Vraiment, je ne vois pas comment nous pourrions appliquer son exemple à la réalité si dans l’ERE, les profits et pertes sont nuls. Dans la réalité, il n’y a rien de tel, juste une tendance vers l’ERE, sans jamais l’atteindre toutefois. Vous affirmez que ce n’est pas systématiquement le cas, mais j’attends une explication.

  16. Raoul says:

    1° L’effet Ricardo lui-même (par opposition à l’analogie que vous en tirez) est attaqué par Mises au chapitre XXX, section 3, de l’Action humaine. Rothbard reprend la démonstration de Mises dans MES, pp718 et suivantes.

    Cela dit, l’argument de Mises ne met pas en cause votre propre argument. En effet, Mises reconnaît parfaitement que, dans un secteur donné, l’augmentation des revendications salariales peut conduire à recours accru au capital.

    En revanche, je ne peux être d’accord avec vous quand vous dites que le propriétaire des FPs n’a « aucun » moyen de savoir si le prix pratiqué est un « prix de monopole ». D’ailleurs, il ne s’agit pas à proprement parler de savoir si le MN pratique un « prix de monopole » ; il s’agit seulement de déterminer s’il obtient un taux de rendement supérieur à celui de ses concurrents.

    Tout le problème pour le propriétaire des FPs est de savoir quel prix le MN pourrait accepter de payer. Ce problème est le même que celui qui se présente à tout opérateur économique : essayer de deviner quel prix maximisera son propre revenu. Pour cela, il faut essayer de savoir quelle est l’utilité marginale de la chose vendue pour l’acheteur. C’est une tâche difficile, mais ce n’est ni plus ni moins celle à laquelle est confrontée tout commerçant.

    Je crains que vous n’utilisez ici l’argument de la « complexité » de manière nihiliste (Arghhh ! Meng Hu passé du côté lachmanien de la force…!!). La complexité sape le fondement de toute tentative de régulation étatique de l’économie, mais elle ne peut empêcher les opérateurs économiques de dresser des conjectures et de prendre des décisions sur la base de ces conjectures (contrairement à ce que voudrait faire croire Keynes dans le chapitre 12 de la TG).

    2° Vous écrivez que « dans la mesure où l’accroissement de la production signifie toujours une baisse des coûts de production, il réalisera qu’il sera plus avantageux d’en vendre davantage de FPs pour profiter des économies d’échelles. ».

    Je pense effectivement que cette stratégie sera (le plus souvent) la plus opportune pour le monopoliste naturel, mais c’est là une autre question. Mon point (ainsi que le vôtre, initialement) était d’envisager la façon dont serait affecté le prix des facteurs de production si le MN réduisait sa production. Là, vous me donnez un autre argument (argument, je le répète, que je pense correct) pour montrer que, de toute façon, le monopoliste n’aura pas intérêt à réduire sa production.

    3° Les propos de Leeman cités par Rothbard vont dans mon sens car ils montrent que, des entreprises, sans être omniscientes, et malgré la complexité de l’économie, vont pouvoir interpréter la fixation de hauts prix comme une opportunité de profits.

    J’ajoute que, dans notre hypothèse, cette tâche sera facilitée pour le vendeur des FPs par le fait qu’il dispose d’informations que les concurrents lambda considérés par Leeman n’ont pas (à savoir, l’évolution des commandes de FPs). De surcroît, le vendeur des FPs pourra aussi, je me répète encore, consulter les comptes du MN.

    4° Vous écrivez aussi : « En outre, vous affirmez que le monopoliste possède des informations que les nouvelles firmes ne possèdent pas. Admettons. Mais, en quoi cela dissuaderait les nouveaux concurrents de pénétrer le marché ? ».

    Je crois que vous mélangez deux choses. Quand je parle des informations particulières possédées par le vendeur des FPs, c’est pour dire que, si les agents économiques considérés par Leeman sont capables de repérer une occasion de profits, le vendeur des FPs, dans mon exemple, à plus forte mesure, le pourra aussi, car il dispose d’informations supplémentaires. C’est sans rapport avec la question de l’entrée de nouveaux concurrents dans notre exemple. Je faisais seulement une analogie avec l’argument de Leeman cité par Rothbard, sur la possibilité d’interpréter le comportement d’un monopoliste. Peut-être que mes propos n’avaient pas été suffisamment clairs sur ce point-là.

    5° Vous écrivez « Vraiment, je ne vois pas comment nous pourrions appliquer son exemple à la réalité si dans l’ERE, les profits et pertes sont nuls. Dans la réalité, il n’y a rien de tel, juste une tendance vers l’ERE, sans jamais l’atteindre toutefois. ».

    Dans le monde réel, les sources de profit, une fois repérées, sont complètement éliminées. La différence avec l’ERE réside dans le fait que, dans le monde réel, de nouvelles sources de profit apparaissent continuellement. C’est pour cela que l’on dit qu’il y aura toujours des profits dans le monde réel. Mais cela n’empêche pas que, même dans le monde réel (j’insiste lourdement sur ce point), chaque source de profit particulière finira par être effacée. Y compris les profits de monopole.

    Comment ce principe universel s’applique-t-il à notre situation ? D’une manière un peu différente que d’habitude. En fait, il faut se poser la question : par qui les profits seront-ils chassés ? Ordinairement, cela se passe de manière horizontale. Ce sont surtout les concurrents qui, en s’engouffrant dans la brèche, finissent par supprimer les profits. A l’inverse, si un monopoliste parvient à tenir à l’écart ses concurrents, la suppression des profits se fera de manière verticale. D’abord, les facteurs spécifiques sur lesquels repose le monopole renchériront (disons les FP n°1), puis ce seront les facteurs de production ayant servir à produire les facteurs de production sur lesquels repose le monopole (disons les FP n°2) qui deviendront plus chers, et ainsi de suite. De nouveaux profits de monopole pourront apparaître ailleurs, mais chaque source particulière de profits de monopole finira par être tarie.

    (Je vous rappelle, au cas où, que Rothbard réfléchit en termes de « fonction catallactique ». Il est possible que cette « imputation » des revenus de monopole bénéficie au monopoliste lui-même, s’il est également propriétaire des facteurs de production originaires.)

  17. Raoul says:

    Encore en spam…

  18. 猛虎 says:

    1° J’ai bien relu le passage en question. Comme je m’en doutais, Mises n’a pas attaqué l’effet Ricardo dans le sens où l’a utilisé Huerta de Soto, et dans le sens où je l’ai moi même utilisé. H de Soto estime que lorsque la préférence temporelle diminue, du crédit supplémentaire viendra gonfler les investissements dans les stades éloignés de la consommation, ce qui conduira à une réduction de la production vers les stades proche de la consommation et donc à une baisse des prix des biens finaux, d’où une hausse réel des taux de salaires “of workers employed in all stages of the productive structure”. Ceci dit, ce phénomène n’est pas indépendant à la baisse de la préférence temporelle. L’effet Ricardo dans ce contexte vient juste renforcer la demande des capitalistes pour plus de machines, cette hausse de demande ayant d’abord été initiée par une hausse d’épargne. Tel que Mises a présenté l’effet Ricardo, il semblerait que Ricardo considérait l’effet Ricardo comme indépendant de la préférence temporelle, ce qui est bien évidemment très faux. Comme Mises l’a bien fait remarqué, Ricardo a confondu la cause et l’effet.

    En ce qui concerne le prix de monopole, je rappelle qu’il s’agit d’un prix chargé supérieur au prix chargé dans un marché concurrentiel. Le prix supérieur au taux concurrentiel équivaut à un gain de monopole. C’est indissociable du prix de monopole.

    2° Ok.

    3° & 4° Les concurrents potentiels (et tout agent économique de façon générale) ne seront pas en mesure de détecter l’opportunité de profit pour la simple et bonne raison qu’il n’existe aucune façon de saisir toutes les informations contenues dans les prix. Pourquoi baissent-ils, pourquoi montent-ils. S’ils ne peuvent pas définir la nature même des fluctuations des prix, ils n’ont aucun moyen de savoir si cette fluctuation est exogène à la volonté du MN. Il est dès lors impossible d’interprêter le comportement du MN. Alors, me direz-vous, comment se fait-il que les concurrents continuent à défier le monopole ? Justement parce qu’ils n’ont aucune garantie qu’il exerce un réel pouvoir de monopole. La seule indication d’un tel pouvoir, c’est lorsque le prix chargé par MN ne peut pas être supporté par les concurrents. Dans tout autre cas, les concurrents potentiels considèrent ce marché comme tout aussi concurrentiel que n’importe quel autre marché concurrentiel.

    5° Quand vous dites que la concurrence tend à supprimer le profit, je préfère plutôt employer le terme “diminuer”. Car soyons honnête. Le profit ne sera jamais supprimé. Il y aura simplement une tendance vers l’homogénéisation des profits. Ce processus peut prendre plus ou moins de temps, mais il est certes toujours en action. Comme je le dis, une théorie qui repose sur l’ERE ne peut pas nous apprendre comment fonctionnerait une véritable économie de marché, même si c’est certes utile comme point de comparaison et surtout comme aide à la compréhension de la théorie autrichienne. Dans l’ERE, ce n’est pas seulement le profit qui est “supprimé”. C’est l’incertitude qui est également supprimé. Parce qu’il n’y a pas d’erreur de prévision. Jugez Rothbard lui-même : “In an evenly rotating economy, where errors are barred by definition, there would be no destruction, since optimum stocks for the attainment of money income would be produced in advance.” Ou encore Mises : “There are in its frame no price changes whatever; there is perfect price stability. … there is no choosing and the future is not uncertain as it does not differ from the present known state”.

  19. Raoul says:

    1° Evidemment, si chacun a une acception différente du concept d’effet Ricardo, il est difficile de se comprendre.

    2° Vous écrivez : « En ce qui concerne le prix de monopole, je rappelle qu’il s’agit d’un prix chargé supérieur au prix chargé dans un marché concurrentiel. Le prix supérieur au taux concurrentiel équivaut à un gain de monopole. C’est indissociable du prix de monopole ».

    Pas nécessairement. Le « prix de monopole » est seulement défini comme celui qui résulte d’une « restriction » de la production destinée à augmenter le revenu du monopoliste.

    Ainsi, d’une part, cela ne requiert pas nécessairement que le rendement obtenu soit supérieur à celui atteint dans d’autres secteurs de l’économie. Mises cite ainsi le cas des secteurs en déclin qui parviennent à minimiser leurs pertes en « réduisant » la production.

    D’autre part, et surtout, la « réduction de la production » n’est qu’un moyen parmi d’autres d’obtenir un rendement supérieur à la moyenne. Par exemple, il est possible de faire d’importants profits en étant le premier à commercialiser une innovation. Pas besoin de « réduire » la production pour cela.

    Or, dans mon exemple, tout ce que le vendeur des FPs a besoin de savoir, c’est que son client, le MN, obtient un rendement plus élevé et pourrait donc accepter de payer plus cher les Fps. Que ce rendement accru résulte d’une réduction de la production ou d’un autre facteur, qu’il soit exogène ou non à la volonté du MN, de toute façon, en tant que tel, cela n’intéresse pas le vendeur des FPs.

    Il ne faut pas appréhender la situation avec les lunettes des fonctionnaires en charge de l’antitrust. Seuls ces derniers s’occupent des « prix de monopole » en tant que tels ; les opérateurs économiques, eux, ne recherchent que les occasions de profits, quelle que soit leur cause. C’est pour ça que je répète que le vendeur des FPs peut aussi bien se contenter de consulter le bilan du MN ou de prendre connaissance dans la presse du montant des dividendes versés.

    Cela dit, le vendeur des FPs pourra s’interroger sur l’existence d’une « restriction » de la production, s’il a des éléments pour cela, dans la mesure où cette « restriction » pourrait être le signe que le MN est en passe d’obtenir un rendement plus important qu’auparavant.

    3° Vous écrivez : « Les concurrents potentiels (et tout agent économique de façon générale) ne seront pas en mesure de détecter l’opportunité de profit pour la simple et bonne raison qu’il n’existe aucune façon de saisir toutes les informations contenues dans les prix. Pourquoi baissent-ils, pourquoi montent-ils. »

    De nouveau, je ne peux pas être d’accord avec vous, mais je n’ai pas grand-chose à ajouter par rapport à ce que j’ai écrit dans mes com’ précédents.

    Toutefois, je veux tout de même revenir sur un point.

    Vous souvenez-vous du commentateur appelé « Lio » qui était intervenu sur mon blogue il y a quelques semaines, et qui défendait l’empirisme ? Il avait écrit : « En fait, ce que je reproche à la plupart des « autrichiens », c’est de penser que parce que les théories et modèles ne sont pas parfaits, que les techniques de mesure ne sont pas parfaites, bref que nos outils et notre connaissance ne sont pas parfaits il faudrait s’abstenir de toute recherche en vue de faire progresser notre connaissance (pas de maths, pas de modèles, pas de stats etc). Il y a un coté négatif ou nihiliste que je n’approuve pas. ».

    J’avais considéré, et je considère toujours, qu’il avait tort de me qualifier de « nihiliste » sous prétexte que je jugeais les méthodes économétriques inadaptées pour établir ou confirmer les lois de l’économie. En effet, en théorie économique, on dispose de méthodes apodictiques qui ne pourraient être qu’affaiblies par le recours à des techniques aussi hasardeuses que les méthodes économétriques.

    Cependant, ce raisonnement n’est pas transposable au comportement des entrepreneurs. Ceux-ci, en effet, d’une part, ne peuvent recourir à des raisonnements apriori (car les entrepreneurs sont intéressés par les quantités et que les raisonnements apriori ne sont pas quantitatifs), et d’autre part, ils ne prétendent pas gouverner le comportement des tiers et sont eux-mêmes sélectionnés par le processus de marché.

    C’est pourquoi, sous un autre post, j’approuvais Daniel Kuehn d’avoir dit que « Quants on Wall Street are comparable to local weather forecasters in what they do. They are forecasting complex systems. That’s a fool’s errand. We’re probably good enough at that sort of thing to use the information to decide whether we take an umbrella with us or not. We are not good enough at it to justify using it to direct trillions of dollars over the long term. ».

    Ma conclusion : autant la complexité et la non-régularité des phénomènes interdit le recours à l’empirisme en théorie économique, autant il serait nihiliste de penser que ces mêmes facteurs empêchent les entrepreneurs de faire des prévisions valides et utiles.

    4° J’utilise le mot « profit » au sens de Mises (et de Rothbard), i.e. le revenu résultant du processus d’ajustement dans un monde incertain, par opposition à l’ « intérêt originaire », qui, seul, persistera dans l’ERE. C’est une question de vocabulaire. Dans ce sens-là, la tendance, dans le monde réel, va vers la suppression des sources de profit et non vers une simple homogénéisation des profits. En revanche, je ne suis pas du tout d’accord quand vous dites qu’ « une théorie qui repose sur l’ERE ne peut pas nous apprendre comment fonctionnerait une véritable économie de marché », mais c’est un autre débat.

  20. 猛虎 says:

    2° & 3° L’innovation a beau accroitre les profits, l’avantage donnée à l’entreprise novatrice n’est juste que temporaire, parce qu’elle peut indiquer l’arrivée imminente de la concurrence. Lorsque je parlais des prix de monopole, je parlais des prix qu’on fixe à long terme. Le MN des FPs ne pourra de toute façon pas interprêter adéquatement la réduction de production. Comme je l’ai dit, ce peut être à cause d’une baisse d’efficience de productivité, pouvant être causée par de multiples raisons. Il n’a aucun moyen de le savoir, car il s’agit de forces que le MN lui-même ne contrôle pas. En ce que vous dites que le MN des FPs n’est intéressé que par le rendement du MN, là encore, il faudrait obtenir toutes les informations contenues dans les prix. Ni l’intensité de la concurrence, ni même la hausse des prix n’est synonyme d’un pouvoir de monopole. Il est possible qu’il soit seul, parce que la demande est justement très faible, et qu’il n’y a pas de profit à faire. Dans le cas où les profits sont élevés, en présence d’un MN, cela ne peut signifier qu’une seule chose : l’arrivée imminente d’une concurrence féroce pour capturer les profits. Ainsi, le MN va bientôt devoir augmenter sa production, conduisant à une réduction des profits, et une moindre capacité à acheter des FPs. Le MN des FPs ne peut donc pas avoir une identification claire du prix de monopole. La difficulté est encore aggravée quand nous considérons que la concurrence peut être exercée indirectement, dans la mesure où le produit vendu par le MN d’un bien de consommation peut avoir son substitut ailleurs. Le propriétaire de FPs peut néanmoins essayer de deviner l’état de marché (même si cela est impossible), mais encore une fois, il ne peut pas identifier le prix de monopole. Le vendeur des FPs ne répondra pas comme si le prix de monopole était établi, mais plutôt comme s’il y avait une indication qu’il existe toujours une ‘concurrence potentielle’. Dans la mesure où la concurrence s’est intensifiée, ou le sera bientôt, pourquoi le vendeur de FPs n’augmentera pas ses prix ? S’il le fait, la rentabilité du secteur va diminuer, donc la demande en FP aussi. Et si les profits restent faibles, cela veut dire que le MN des FPs ne va pas pouvoir charger un prix supérieur. S’il le fait de toute façon, le MN du bien de consommation aura tôt fait de fermer ses portes.

    Quant au fait que le MN des FPs puisse consulter le bilan du MN, je répète que je ne suis pas convaincu. Rappelez vous du texte d’Alexandre Padilla sur les délits d’initié. Dans un marché libre, l’entreprise stipule quelles informations sont disponibles au public, et lesquelles seront strictement confidentielles. Dans un marché réglementé, c’est pire. Souvenez vous d’Enron et de ses manipulations comptables. Le vendeur des FPs ne pourra jamais considérer “son” information comme fiable pour faire ses prévisions quel que soit le degré de liberté du marché.

    Surtout, le plus important, vous oubliez de prendre en compte dans votre analyse les changements de méthodes de production dans la stratégie du MN des FPs. Plus celui-ci augmentera son prix, plus la demande en FPs diminue, au profit de la demande en main d’oeuvres et autres méthodes productives dont le MN des FPs n’a pas le contrôle. Si le MN des FPs veut s’assurer de maximiser son profit, il doit éviter de voir s’accumuler son stock de FPs, car cela peut être le signal qu’il est actuellement moins demandé. Par exemple, justement, à cause d’une innovation qui rend complètement désuet ce FP. Car c’est là le dilemme de tout monopole. Il réduit sa production en veillant à ce que le stock ne s’accumule pas. Auquel cas, le doute quant à la viabilité d’une telle stratégie va doucement faire son chemin. Et abandonnée.

    4° Quand Mises écrivit :

    “On the market agitation never stops. The imaginary construction of an evenly rotating economy has no counterpart in reality. There can never emerge a state of affairs in which the sum of the prices of the complementary factors of production, due allowance being made for time preference, equals the prices of the products and no further changes are to be expected. There are always profits to be earned by somebody. The speculators are always enticed by the expectation of profit.

    The imaginary construction of the evenly rotating economy is a mental tool for comprehension of entrepreneurial profit and loss. It is, to be sure, not a design for comprehension of the pricing process. The final prices corresponding to this imaginary conception are by no means identical with the market prices. The activities of the entrepreneurs or of any other actors on the economic scene are not guided by consideration of any such things as equilibrium prices and the evenly rotating economy. The entrepreneurs take into account anticipated future prices, not final prices or equilibrium prices. They discover discrepancies between the height of the prices of the complementary factors of production and the anticipated future prices of the products, and they are intent upon taking advantage of such discrepancies. These endeavors of the entrepreneurs would finally result in the emergence of the evenly rotating economy if no further changes in the data were to appear.”

    Cela ne souffre d’aucune ambiguité d’après moi.

  21. Raoul says:

    1° Vous écrivez : « L’innovation a beau accroitre les profits, l’avantage donnée à l’entreprise novatrice n’est juste que temporaire, parce qu’elle peut indiquer l’arrivée imminente de la concurrence. Lorsque je parlais des prix de monopole, je parlais des prix qu’on fixe à long terme. »

    Le profit né d’une innovation sera éliminé à plus ou moins long terme. C’est certain. Mais rien n’empêche le vendeur des FPs de n’augmenter le prix de ces FPs que pendant la seule période où ces profits persistent. De surcroît, la définition misésienne ne prescrit rien à l’égard de la durée des gains de monopole. Comme vous l’avez souligné vous-même plusieurs fois ci-avant, si un monopoliste ne fait pas preuve de modération dans la détermination du « prix de monopole », il risque d’accélérer la recherche et la production de produits pouvant remplacer le produit monopolisé. L’élasticité de la demande s’accroît avec le temps. Les manuels néoclassiques s’échinent d’ailleurs à formaliser le calcul des « prix limites ».

    2° Vous écrivez : « Dans le cas où les profits sont élevés, en présence d’un MN, cela ne peut signifier qu’une seule chose : l’arrivée imminente d’une concurrence féroce pour capturer les profits. »

    Je me répète, mais tout dépend du niveau de « prix de monopole ». Si le monopoliste envisage le moyen ou long terme, il fera preuve de modération. Il choisira un prix qui sera supérieur à celui qu’il aurait fixé en l’absence de « restriction », mais qui restera inaccessible à ses concurrents potentiels et qui n’obligera pas le MN à fermer ses portes (et qui lui permettra éventuellement d’obtenir un profit supérieur à celui qu’il aurait pu gagner ailleurs). Si les coûts obtenus par le monopoliste sont de 10 et ceux accessibles à la concurrence sont de 20, il pourra par exemple se contenter d’augmenter son prix de 5. C’est une question de stratégie.

    Pour ce que vous dites de l’incapacité du vendeur des FP’s à interpréter adéquatement la réduction de la production, je trouve que c’est du nihilisme, mais je n’ai rien à ajouter par rapport à ce que j’ai déjà écrit.

    3° Vous écrivez : « Souvenez vous d’Enron et de ses manipulations comptables. Le vendeur des FPs ne pourra jamais considérer “son” information comme fiable pour faire ses prévisions quel que soit le degré de liberté du marché. »

    Certes, il existe des fraudes. Certes, il n’est pas possible de considérer des comptes comme 100 % fiables. Mais cela ne doit pas empêcher de tenir compte de cet élément pour se forger une opinion. De plus, les « fraudeurs » sont pris entre deux feux : s’ils déclarent de faux bénéfices, ils se feront taxer sur ce qu’ils n’auront pas gagné, et s’ils omettent de déclarer des bénéfices pour échapper aux taxes, ils pourront plus difficilement se distribuer des dividendes.

    4° Pour ce qui concerne l’ERE, vous commettez une « mis(es)understanding », si vous me passez l’expression. L’ERE est une construction imaginaire et non un modèle. Sa fonction n’est pas de représenter la réalité, au contraire. Tout son intérêt réside dans les différences qui la distinguent du monde réel, et qui permettent, par contraste, de comprendre ce dernier. On imagine la certitude pour comprendre l’incertitude. Voyez à ce sujet le dernier billet sur mon blogue.

  22. 猛虎 says:

    1° Même s’il tente réellement de charger un prix de monopole, ce dernier n’a aucune signification si ce “prix” ne peut substituer à long terme. Ça n’aurait aucun sens de parler d’un prix de monopole qui n’est durable qu’à très court terme. Cette idée réfute en elle-même la notion d’un tel prix de monopole.

    2° Ce n’est pas le niveau du prix du monopole qui intéresse la concurrence potentielle, mais les marges de profits (rapport revenues/coûts). Vous semblez oublier que le seul prix qui restera à jamais inaccessible pour les concurrents est le prix qui ne génère pas suffisamment de profits – c’est la seule situation où les concurrents interpréteront ce marché comme étant inaccessible. Tant qu’il substituera un profit, le MN sera constamment sous pression. Ceci est encore plus vrai lorsqu’un prix de monopole est chargé. Tant que les concurrents potentiels continueront à défier le MN, ce dernier est certain de ne pas pouvoir charger le prix de monopole sous peine de rendre service à la concurrence. Pour ce faire, il doit être certain que la concurrence ne puisse plus créer aucune menace. Or, il sait probablement que ceci est peu probable. Dans la mesure où il gère lui-même un business profitable, il sait que la concurrence va bientôt s’intensifier. Il apparaît alors peu probable qu’il ait l’idée de charger un gain de monopole, aussi faible soit-il, tant qu’il sait que la concurrence persistera.

    En ce qui concerne le coût de production, le MN ne pourra jamais estimer ou calculer celui des concurrents potentiels. Car il n’existe pas qu’un seul moyen de produire un bien. Il n’agira jamais comme si le marché lui était “donné” mais plutôt comme constamment “disputé”. Donc sa stratégie considérera toujours l’imminence d’une concurrence potentielle. De toute évidence, le coût de production serait éventuellement plus élevé pour les concurrents qu’à la seule condition où le MN des FPs ne baisse pas ses prix, ce dont je doute sérieusement.

    3° Justement, vous dites qu’il n’est pas possible considérer cette information comme étant extrêmement fiable. Mais cela prouve que le MN des FPs n’a aucune indication que la meilleure stratégie possible consiste à charger lui aussi un prix de monopole. De toute façon, ce cas de figure n’a que très peu d’importance puisque je raisonnais dans un contexte de marché libre, où les informations confidentielles restent secrets (à l’intérieur de la firme). Aussi, l’idée que le MN des FPs va aller se mettre à fouiller dans le bilan comptable d’une entreprise qui ne lui fait même pas concurrence est en elle-même un peu tirée par les cheveux. Il doit lui-même veiller à la concurrence potentielle dans son propre secteur, veiller aussi à l’amélioration de ces facteurs, au prix du matériel que lui-même paie pour produire ces facteurs. Il lui serait tellement plus facile d’augmenter simplement sa production pour tirer profit des économies d’échelles.

    4° Je le sais très bien. Mais je ne vois toujours pas comment vous pouvez avancer l’idée de l’imputation aux facteurs, que Rothbard imaginait dans un cadre imaginaire, alors que mon raisonnement ne repose absolument pas sur un cadre imaginaire.

  23. Raoul says:

    1° Vous écrivez : «Même s’il tente réellement de charger un prix de monopole, ce dernier n’a aucune signification si ce “prix” ne peut substituer à long terme. Ça n’aurait aucun sens de parler d’un prix de monopole qui n’est durable qu’à très court terme. Cette idée réfute en elle-même la notion d’un tel prix de monopole. »

    Je ne peux être d’accord avec vous.

    A titre préliminaire, je rappelle que le vendeur des FPs n’est pas intéressé par l’existence de « prix de monopole » en eux-mêmes ; il cherche simplement à déterminer s’il va pouvoir augmenter ses prix.

    Mais, même pour ce qui concerne le concept de « prix de monopole » lui-même, je ne pense pas que votre argument soit fondé. Que le surplus de revenu résultant d’une « restriction » de la production dure plus ou moins longtemps n’enlève rien au concept. Ce qui importe de savoir, c’est si un profit est dû ou non à une « restriction » de la production.

    Je ne vois pas en quoi le fait que ce profit soit plus ou moins durable pourrait nuire au concept. D’ailleurs, si le simple fait qu’un phénomène soit transitoire devait nous conduire à traiter ce phénomène comme quantité négligeable, eh bien, le concept de « profit » (par seulement celui de « profit de monopole ») serait également injustifié.

    2° Je pourrais difficilement ignorer que (pour reprendre vos mots) «Ce n’est pas le niveau du prix du monopole qui intéresse la concurrence potentielle, mais les marges de profits (rapport revenues/coûts), puisque c’est précisément ce que je répète ici depuis plusieurs jours !

    En revanche, il me semble que vous continuez à verser dans le nihilisme. En effet, vous parlez du «seul prix qui restera à jamais inaccessible pour les concurrents », alors qu’il n’y a aucune nécessité que l’obtention d’un prix “à jamais inaccessible” soit le but du monopoliste. En effet, si ce dernier doit choisir entre gagner un profit important à court terme et récolter un profit moindre à plus long terme, rien ne l’empêche d’opter pour la première option (et ce, d’autant plus que les gains de long terme subiront une décote du fait de la préférence temporelle). C’est une question d’arbitrage.

    De même, vous écrivez que « En ce qui concerne le coût de production, le MN ne pourra jamais estimer ou calculer celui des concurrents potentiels. Car il n’existe pas qu’un seul moyen de produire un bien. Il n’agira jamais comme si le marché lui était “donné” mais plutôt comme constamment “disputé”. »

    Là, je suis désolé, mais vous poussez vraiment le nihilisme trop loin. « Ne pas pouvoir estimer », c’est presque une contradiction dans les termes, un peu comme « ne pas pouvoir essayer ». Et pourtant, c’est ce que font chaque jour des milliers d’hommes d’affaires ! Ils ont en effet besoin de se faire une idée de la production des concurrents pour fixer leur propre production ; or, comment pourraient réaliser cette tâche sans faire des conjectures sur les coûts marginaux des concurrents ?

    Vous écrivez également que le monopoliste « doit être certain que la concurrence ne puisse plus créer aucune menace ». Mais, encore une fois, non ! Si les entrepreneurs avaient besoin de certitude pour agir, ils n’agiraient jamais… De même « aucune menace » est un concept bien trop absolu : les entrepreneurs sont toujours menacés de tous côtés, mais cela ne les empêche pas de prendre des risques…

    3° Dans un contexte de marché libre, les entrepreneurs ne sont pas obligés de déposer leurs comptes, c’est évident. Mais cela n’empêche pas que beaucoup publieront volontairement des informations comptables, pour attirer des actionnaires ou placer leurs obligations. Et il n’y aurait rien de « tiré par les cheveux » à ce que le vendeur des FPs se mette à « fouiller » dans les comptes d’une autre entreprise, sous prétexte que celle-ci ne serait pas une rivale. Ce serait dépourvu de sens s’il n’avait aucun lien avec l’entreprise en cause, mais, dans notre exemple, tel n’est pas le cas, puisque cette entreprise est un client. Qu’un fournisseur demande des informations comptables à un client est une pratique courant dans le monde des affaires.

    4° Je vous assurer que vous comprenez mal la façon dont Rothbard (et Mises) utilisent l’ERE. Au moyen de cette construction imaginaire, Rothbard étudie le monde réel, et rien d’autre ; il est parfaitement clair sur ce point. Mises aussi l’était. L’imputation s’opère dans le monde réel. Comme je l’avais rappelé ci-avant, Rothbard précise même le moment où elle s’effectue : à savoir, dès que les facteurs de production doivent être remplacés. Or, nul ne saurait nier que ce remplacement se produit dans le monde réel…

  24. 猛虎 says:

    1° Au contraire, cela enlève absolument tout au concept. Parce que le gain de court terme va envoyer un signal à la concurrence. Le “profit du monopole de court terme” n’est pas un “profit de monopole”. C’est juste un profit. Dans le concept du prix de monopole, le monopole n’est pas contesté. Aucun économiste ne raisonne sur le court terme. De la même façon, aucun économiste un tant soit peu sérieux ne définirait un monopole comme une firme dont la puissance sera incessamment contestée. Ainsi, un profit de monopole est un profit permanent.

    En ce qui concerne l’intérêt du MN des FPs pour l’augmentation des prix du MN, je rappelle une nouvelle fois que toute hausse des prix n’est pas synonyme d’une situation de monopole, et qu’aucune indication ne lui est donnée pour lui suggérer qu’il y a un monopole.

    2° Vous mésinterprétez complètement mes propos. Je n’ai jamais prétendu que les entrepreneurs avaient besoin de certitude pour agir. J’ai dit qu’ils n’avaient aucune indication (ce que j’entendais par “certitude” – celle d’avoir une indication claire, et non une certitude que la stratégie est bonne) que la stratégie qui consiste à restreindre la production ou augmenter les prix au dessus du niveau concurrentiel soit la meilleure. Aucune indication n’existe pour leur souffler l’idée que cette stratégie pourrait être la meilleure. Les chances qu’il adopte cette stratégie ne sont pas plus élevées que les chances de ne pas l’adopter. Même s’il s’y prend néanmoins, le gain ne serait que temporaire dans le pire des scénarios.

    Si, comme vous le dites, le but du monopoliste est de capter des profits de court terme, alors ce n’est pas une stratégie de monopole. Et donc votre argument s’effondre totalement.

    3° Il y a des informations que les firmes souhaitent protéger des délits d’initiés. Et à n’en pas douter, les informations “protégées” seraient d’une importance capitale. Je doute que les informations rendues publiques soient suffisantes à cet effet. Mais c’est tout ce dont le MN des FPs disposera.

    4° J’ai très bien compris. Mais vous ne répondez toujours pas à ma question. Vous appliquiez l’exemple de Rothbard, imaginé je le répète encore une fois dans une situation de l’ERE, alors que mon cas ne s’applique pas à l’ERE. Si le raisonnement de Rothbard s’opère hors cadre de l’ERE, il ne devrait pas s’appliquer à l’ERE.

  25. Raoul says:

    1° Je crains que vous n’inversiez la causalité quand vous dites que le « gain de court terme va envoyer un signal à la concurrence ». C’est parce qu’il y a des concurrents que le gain sera de court terme, et non l’inverse. Mais passons.

    Vous affirmez que « Dans le concept du prix de monopole, le monopole n’est pas contesté. » Je suis désolé, mais c’est totalement faux. Le critère qui définit le « prix de monopole », c’est celui de « la restriction », pas celui de la « contestabilité ».

    Par exemple, un innovateur qui a fabriqué dix produits pour un coût unitaire de 10 € pourra, si ces produits plaisent beaucoup aux consommateurs et qu’il n’a encore aucun concurrent, les vendre à 20 € l’unité, ce qui lui assurera un gain de 100 €. Ce sera un « profit » simple, et si le marché est « contestable » (comme il le sera le plus souvent), ce profit sera vraisemblablement de court terme.

    Si ce même innovateur préfère ne vendre que 7 produits au prix unitaire de 30 € et détruire les 3 autres, il fera un gain de 110 €. Ce gain – de court terme, également – se divisera entre un profit « simple » (disons, de 100) et un profit « de monopole » (disons, de 10). Cet exemple simple démontre qu’il est possible d’obtenir un « profit de monopole » même quand le marché est « contestable » – même à court terme.

    Vous écrivez aussi « Aucun économiste ne raisonne sur le court terme. » Je crains que cette formulation ne soit fallacieuse. Elle insinue que j’aurais dit que les « profits de monopole » sont nécessairement de court terme, ce qui n’est absolument pas le cas. J’ai dit qu’ils pouvaient l’être. De surcroît, cette affirmation est erronée en plus d’être fallacieuse. Le propre d’un véritable économiste est de négliger ni le court terme, ni le long terme, ni aucun des termes intermédiaires.

    Comme l’écrivait Mises (mais peut-être me direz-vous que ce n’est pas un économiste « sérieux » ?), « Les économistes ont souvent commis des erreurs, en négligeant l’élément de temps. Prenons par exemple la discussion portant sur les effets de changements dans la quantité de monnaie. Certains ne se souciaient que des conséquences à long terme, c’est-à-dire du prix final et de l’état final de repos. D’autres ne voyaient que les effets à court terme, c’est-à-dire les prix dans l’instant qui suit le changement de données. Les uns comme les autres se fourvoyaient et leurs conclusions étaient faussées d’autant. Beaucoup d’autres cas d’une erreur analogue pourraient être cités. »

    Du reste, ce que vous dites ici du court terme est totalement contradictoire avec les « critiques » que vous formulez par ailleurs contre l’ERE. S’il fallait négliger le court terme, il faudrait se résigner à n’étudier que l’ERE, c’est-à-dire à se réfugier dans un monde imaginaire… ! Inversement, ne pas s’intéresser au court terme reviendrait à ne pas traiter de la question des profits et pertes. Faut-il donc éliminer des livres d’économie les chapitres consacrés aux profits, sous prétexte que ces derniers ne concernent que le court terme ?

    2° « Certitude » a un sens bien défini en français. Si vous pensez qu’il n’exprime correctement pas ce que vous vouliez dire, vous avez le droit de reformuler votre pensée, mais vous ne pouvez certainement pas affirmer que je « mésinterprète complètement vos propos ». Pour le reste, je suis au regret de constater que vous ne faites que ressasser pour la énième fois des arguments que j’ai déjà réfutés n fois. Je vois donc difficilement comment ces arguments pourraient affaiblir le moins du monde mon raisonnement.

    3° Décidément, j’ai bien peur que la signification et le rôle des constructions imaginaires ne vous échappent totalement. C’est malheureusement le risque que vous courez à ne parcourir que certains chapitres au lieu de lire le livre en entier : celui de commettre de sérieux contre-sens.

    Le raisonnement de Rothbard à propos de l’imputation des profits de monopole exactement le même que celui consacré aux profits et pertes ordinaires. Dans les deux cas, Rothbard a recours à l’ERE pour les besoins de la démonstration. Dans les deux cas il parle du monde réel.

    Je ne vois pas ce que je pourrais rajouter pour vous aider à saisir cela. Je ne peux que vous recommander d’aller lire ou relire les chapitres en cause. Vous pourriez également poser votre question sur un forum spécialisé, mais je suppose que l’on vous y répondra comme je l’ai fait ici.

    Pour ce qui est de votre « question » (qui est en fait une simple demande d’explication), je considère y avoir déjà exhaustivement répondu dans mes commentaires des 25 et 26 octobre. Mais si des éléments précis de ma réponse vous perturbent, indiquez-moi lesquels.

  26. 猛虎 says:

    1° Non, car vous sortez la phrase du contexte. Relisez bien. Quand je parlais des gains de court terme, je faisais allusion aux gains de monopole, ou profit de monopole. C’est ce gain là qui est de court terme, ce pourquoi un tel concept n’a aucun sens. Sur la question de la restriction comme critère de monopole, vous faites erreur. Et cela, en plus d’ignorer mes précédents commentaires. Une restriction de production n’est pas synonyme de stratégie monopoliste. Alors votre critère ne peut s’appliquer.

    Je n’insinue pas que vous aviez jamais dit que les profits de monopole seraient nécessairement de court terme. C’est vous qui insinuez que je l’ai insinué. Quoi qu’il en soit, vous dites qu’ils peuvent l’être, mais j’ai expliqué en quoi c’était faux. Vous n’y avez pas répondu, que je sache. Je répète qu’un prix de monopole de court terme n’est pas une crainte, donc aucun monopole n’est jamais à craindre. Aucun économiste à ma connaissance ne considère un monopole comme un statut éphémère. Autrement dit, l’objection que vous m’aviez initialement adressée se retourne d’elle-même. Ce n’est pas le ‘monopole’ que les économistes anti-marché cherchent à combattre. Le monopole qu’ils souhaitent combattre est le monopole dont le marché lui-même ne parvient pas à ‘corriger’ via la concurrence.

    Quant à la citation de Mises, vous vous en servez simplement comme d’un argument d’autorité. C’est du mépris à ce niveau là. Et ceci ne répond pas à ma question : pourquoi devons nous craindre un profit de monopole de court terme ? J’attends toujours une réponse.

    Quand vous dites ensuite que ma remarque implique que nous devrions cesser d’analyser toutes sortes de fluctuations, plus exactement les profits-pertes, sous prétexte que je néglige le court terme, vous faites là encore fausse route parce que vous ignorez le contexte dans lequel j’ai placé la phrase. Pour être encore plus clair, quand je disais que les économistes s’intéressent essentiellement au long terme, il fallait surtout comprendre qu’ils s’inquiètent des conséquences de long terme. Et peu des conséquences de court terme, car ces dernières ne sont pas un danger en principe. C’est surtout à quoi je faisais allusion en parlant du profit de monopole de court terme. Le boulot de l’économiste étant d’analyser les conséquences à long terme des politiques économiques ou des phénomènes de marché.

    2° Justement, c’est parce que vous n’avez rien réfuté que je répète. Par exemple, vous n’avez toujours pas répondu à ma remarque comme quoi le simple changement des méthodes de production, suite à une hausse du prix des FPs, empêcherait le vendeur de FPs à écouler son stock. Aucune entreprise n’a intérêt à voir son stock s’accumuler, cela peut être le signe que son facteur de production n’est plus demandé, à cause des gains de productivité dans d’autres secteurs ou des machines plus efficientes. Quand bien même il chargerait un prix plus élevé pour ses facteurs, le MN va demander moins de ce type de facteurs. Ce qui lui importe n’est pas son statut de monopole, car vous semblez sous-entendre que la recherche du statut monopoliste est une fin en soi (voir votre message plus haut). Ce qui l’importe, ce sont juste les profits. Or, je dis que son profit serait réduit s’il ne change pas de méthode productif, en privilégiant par exemple une intensité en travail, au détriment des machines (et plus particulièrement, ceux vendus par le MN des FPs). C’est pourquoi, je le répète, vous avez tort de supposer qu’il pourrait “pressuriser” le MN. Il n’a aucun pouvoir sur lui. Même si, dans le pire des cas, il pouvait charger son prix de monopole pour ses FPs, un profit élevé du MN sera très bientôt compensé par l’arrivée de la concurrence, ce qui se traduira par une baisse des prix. Vous n’avez répondu à aucune de mes deux remarques.

    3° Vous éludez pour la 3ème fois ma question. Je la repose. En quoi un raisonnement reposant sur l’ERE peut-il s’appliquer au monde réel si l’ERE est un simple outil mental ? Montrez-moi que le raisonnement de Rothbard à propos de l’imputation des profits de monopole ne s’applique pas à l’ERE. Et cessez d’être de mauvaise foi je vous prie. Quand vous avez un chapitre dont le sujet est le système monétaire, et que le suivant traite du monopole, le fait de ne pas lire (entièrement) le chapitre sur le système monétaire n’a certainement pas beaucoup d’effet sur la compréhension du chapitre dédié au monopole. Les chapitres ne sont pas nécessairement interconnectés.

  27. Raoul says:

    1° « Non, car vous sortez la phrase du contexte. Relisez bien. Quand je parlais des gains de court terme, je faisais allusion aux gains de monopole, ou profit de monopole. »

    Vous essayez de modifier rétroactivement le sens de vos propos en faisant une vague allusion au contexte – coup classique. Vous aviez écrit « Aucun économiste ne raisonne sur le court terme. De la même façon, aucun économiste un tant soit peu sérieux ne définirait un monopole comme une firme dont la puissance sera incessamment contestée. » Les mots « De la même façon » montrent bien que, dans la première phrase, vous vous placiez d’un point de vue général, et que dans la seconde, vous passiez au cas particulier du monopole. Pour une fois, vous aviez été parfaitement clair.

    2° « Sur la question de la restriction comme critère de monopole, vous faites erreur. Et cela, en plus d’ignorer mes précédents commentaires. Une restriction de production n’est pas synonyme de stratégie monopoliste. Alors votre critère ne peut s’appliquer. »

    Comme souvent, vous n’avancez aucun argument, vous vous contentez d’affirmer que votre interlocuteur aurait tort, vous dites plusieurs fois la même chose sous des mots différents (« Sur la question de la restriction comme critère de monopole, vous faites erreur » / « Alors votre critère ne peut s’appliquer. »), comme si c’était un raisonnement construit menant à une conclusion inévitable. Ce n’est pas ce que j’appelle une réfutation.

    3° « Je n’insinue pas que vous aviez jamais dit que les profits de monopole seraient nécessairement de court terme. C’est vous qui insinuez que je l’ai insinué. »

    Et pourtant, si. J’avais écrit que la durée des « prix de monopole » pouvait varier, et que ces derniers pouvaient donc être de court terme – une possibilité parmi d’autres. Vous m’avez répondu que ma définition du « prix de monopole » ne tenait pas parce qu’elle reposait « sur le court terme ». Or, dire « le » court terme, dans ces circonstances, ça a un sens, en français, ça signifie « uniquement sur le court terme ».

    De plus, quand bien même il aurait été vrai que « Aucun économiste ne raisonne sur le court terme. », ma définition n’aurait pu être invalidée que si elle n’incluait que le court terme. Par conséquent, en affirmant que ma définition était fausse, vous impliquiez nécessairement qu’elle excluait le long terme.

    4° « Quoi qu’il en soit, vous dites qu’ils peuvent l’être, mais j’ai expliqué en quoi c’était faux. Vous n’y avez pas répondu, que je sache. »

    Vous n’avez rien expliqué du tout. Vous vous êtes contenté d’asséner péremptoirement « vous faites erreur » et « Alors votre critère ne peut s’appliquer. », sans aucune argumentation. J’avais pourtant décrit en dix lignes une situation contrefactuelle démontrant comment, dans une même situation, des profits « simples » et des « profits de monopole » pouvaient être distingués. Vous n’avez même pas fourni l’ombre d’un argument pour réfuter ma démonstration.

    5° « Je répète qu’un prix de monopole de court terme n’est pas une crainte, donc aucun monopole n’est jamais à craindre. »

    Vous inventez complètement. Vous n’aviez jamais parlé de « crainte » ou de « danger » jusqu’alors. Vous pourriez donc difficilement vous « répéter ». Vous changez complètement de sujet pour essayer de trouver une échappatoire.

    Vous savez très bien que je ne considère pas que les monopoles privés soient à « craindre » – vous savez très bien que je suis pour l’abolition immédiate des lois antitrust. Et pourtant, vous insinuez que je serais de l’avis contraire.

    Du reste, savoir si les monopoles sont à craindre ou non est certainement une question très intéressante, mais cela n’a rien à voir la validité ou la fausseté des concepts économiques. L’économie est une science wertfrei, comme disaient Max Weber et Mises.

    Et cependant – puisque, pour répondre à votre argumentation, je dois emprunter votre vocabulaire – il est serait faux de dire que le « prix de monopole de court terme n’est pas « une crainte ». Ce serait « une crainte » de court terme, mais une crainte tout de même. Si une averse est courte, c’est quand même une averse.

    6° « Aucun économiste à ma connaissance ne considère un monopole comme un statut éphémère. »

    Bien-sûr que si. A commencer par l’école autrichienne, dont vous êtes censés vous revendiquer. Ouvrez par exemple n’importe quel ouvrage de Hayek sur la question et vous verrez que, selon lui, en l’absence de gouvernement, la grande majorité des monopoles sont éphémères. Par conséquent, pour Hayek, monopole = chose éphémère par excellence.

    7° « Autrement dit, l’objection que vous m’aviez initialement adressée se retourne d’elle-même. »

    Hein ? Comment ? Quoi ? Je n’arrive même pas à savoir à quoi cette phrase se rattache. A la phrase d’avant, à la phrase d’après ? Vous balancez ça au milieu d’un gros pavé qui aborde une question, puis passe à une autre, avant de revenir à la première question, et dans ce gros pavé vous insérez des affirmations péremptoires de ce genre…

    8° « Ce n’est pas le ‘monopole’ que les économistes anti-marché cherchent à combattre. Le monopole qu’ils souhaitent combattre est le monopole dont le marché lui-même ne parvient pas à ‘corriger’ via la concurrence. »

    Hélas, si. La politique actuelle des autorités de concurrence est de s’attaquer aux monopoles en tant que tels. Dans la pratique décisionnelle française (en particulier pour ce qui concerne les concentrations), il est extrêmement rare que l’Autorité s’abstienne de sanctionner au motif que le marché parviendrait rapidement à « corriger » le monopole.

    9° « Quant à la citation de Mises, vous vous en servez simplement comme d’un argument d’autorité. C’est du mépris à ce niveau là.»

    Ca, c’est vraiment très fort. Dois-je vous rappeler que, si j’ai cité Mises, c’était en réponse à votre « argument » selon lequel « Aucun économiste ne raisonne sur le court terme. De la même façon, aucun économiste un tant soit peu sérieux ne définirait un monopole comme une firme dont la puissance sera incessamment contestée. » Autrement dit, c’est vous qui avez lancé un argument d’autorité en recourant à l’avis des « économistes un tant soit peu sérieux » comme un argument, et c’est moi que vous accusez.

    10° « Et ceci ne répond pas à ma question : pourquoi devons nous craindre un profit de monopole de court terme ? J’attends toujours une réponse. »

    Encore plus fort que le point précédent ! Vous avez pour la première fois abordé la problématique de la « crainte » dans le commentaire auquel je suis en train de répondre, et, pourtant, dans le même commentaire, vous me dites que vous « attendez toujours une réponse » !!!

    11° Quand vous dites ensuite que ma remarque implique que nous devrions cesser d’analyser toutes sortes de fluctuations, plus exactement les profits-pertes, sous prétexte que je néglige le court terme, vous faites là encore fausse route parce que vous ignorez le contexte dans lequel j’ai placé la phrase. Pour être encore plus [sic] clair, quand je disais que les économistes s’intéressent essentiellement au long terme, il fallait surtout comprendre qu’ils s’inquiètent des conséquences de long terme. Et peu des conséquences de court terme, car ces dernières ne sont pas un danger en principe.

    Je me répète, mais : (i) vous essayez de changer rétroactivement le sens de vos paroles, et (ii) vous mélangez la question de la validité des concepts et celle de l’opportunité de certaines politiques économiques.

  28. Raoul says:

    (Suite)

    12° « Justement, c’est parce que vous n’avez rien réfuté que je répète. Par exemple, vous n’avez toujours pas répondu à ma remarque comme quoi le simple changement des méthodes de production, suite à une hausse du prix des FPs, empêcherait le vendeur de FPs à écouler son stock. Aucune entreprise n’a intérêt à voir son stock s’accumuler, cela peut être le signe que son facteur de production n’est plus demandé, à cause des gains de productivité dans d’autres secteurs ou des machines plus efficientes. »

    Il y a un grain de vérité dans ce que vous dites ici. Je n’ai pas répondu spécifiquement à votre (seconde) remarque sur le non-écoulement des stocks.

    Je vous avais répondu initialement que la question de l’écoulement du stock devrait se poser différemment selon le degré de périssabilité du produit monopolisé. Vous m’aviez répondu (de travers) que votre argument ne reposait pas sur la périssabilité du stock (alors que je vous reprochais justement de ne pas prendre cet élément en compte). Bref.

    Vous avez allégué que le non-écoulement du stock pourrait constituer un « signe » à l’égard des tiers qui jouerait au détriment du monopoliste.

    Notons d’abord que cet argument va à l’encontre de votre autre argument selon lequel les concurrents ou clients ne sont jamais capables d’interpréter correctement le comportement des autres et qu’il est quasi impossible d’accéder aux renseignements qu’une entreprise a intérêt à cacher.

    J’en viens maintenant au « cœur » de l’argument. Certes, l’entassement des stocks peut constituer un signe de ce que l’entreprise connaît des problèmes (même si ça peut tout aussi bien signifier au contraire qu’elle réduit sa production pour obtenir un « profit de monopole » et qu’elle possède les moyens de réagir en cas d’entrée de concurrents – mais passons), ce qui peut entraîner des conséquences néfastes pour l’entreprise.

    Et alors ? Quelle est la conséquence ? En quoi cela répond-il à mon propre argument ? Le problème d’image et d’information qui pourrait théoriquement se poser en cas d’accumulation des stocks constituerait un inconvénient. La dévalorisation du stock (en cas de périssabilité) en constituerait un autre. Eh bien, comme je l’ai déjà écrit plusieurs fois sur ce fil, ces différents coûts possibles doivent être pesés contre le gain envisagé. Rien ne nous dit apriori de quel côté penchera la balance. C’est au monopoliste qu’il appartiendra de faire l’arbitrage nécessaire, et de décider en conséquence, non seulement s’il doit fixer un « prix de monopole » (= s’il doit réduire sa production), mais encore à quel niveau il doit le cas échéant fixer ce « prix de monopole » (= de combien il doit réduire sa production). Tout est une question de marge, de réglage.

    (Alternativement, le monopoliste peut aussi anticiper le « problème » en réduisant dès le départ sa production pour empêcher ses stocks de s’accumuler. De plus, le fait que des concurrents se mettent à « défier » le monopoliste ne nous dit pas s’ils auront la capacité de se mettre à son niveau. Or, c’est cela qui compte.)

    13° « Ce qui lui importe n’est pas son statut de monopole, car vous semblez sous-entendre que la recherche du statut monopoliste est une fin en soi (voir votre message plus haut). Ce qui l’importe, ce sont juste les profits. »

    Là, vraiment, vous exagérez. J’ai cru un moment que c’était de l’humour, mais je me suis résigné à penser que ce n’en était pas. VOUS INVERSEZ TOTALEMENT LA SITUATION. DEPUIS LE DEBUT, J’INSISTE SUR LE FAIT QUE CE QUI INTERESSE LE MONOPOLEUR, CE N’EST PAS LE « PRIX DE MONOPOLE » EN TANT QUE TEL, NI A FORTIORI LE MONOPOLE LUI-MEME (LESQUELS CONSTITUENT TOUT AU PLUS DES MOYENS), MAIS LE SURCROIT DE REVENU QU’IL PEUT EN TIRER !

    Je me cite :

    Il ne faut pas appréhender la situation avec les lunettes des fonctionnaires en charge de l’antitrust. Seuls ces derniers s’occupent des « prix de monopole » en tant que tels ; les opérateurs économiques, eux, ne recherchent que les occasions de profits, quelle que soit leur cause. »

    D’autre part, et surtout, la « réduction de la production » n’est qu’un moyen parmi d’autres d’obtenir un rendement supérieur à la moyenne. Par exemple, il est possible de faire d’importants profits en étant le premier à commercialiser une innovation. Pas besoin de « réduire » la production pour cela. »

    A titre préliminaire, je rappelle que le vendeur des FPs n’est pas intéressé par l’existence de « prix de monopole » en eux-mêmes ; il cherche simplement à déterminer s’il va pouvoir augmenter ses prix. »

    14° « Or, je dis que son profit serait réduit s’il ne change pas de méthode productif, en privilégiant par exemple une intensité en travail, au détriment des machines (et plus particulièrement, ceux vendus par le MN des FPs). C’est pourquoi, je le répète, vous avez tort de supposer qu’il pourrait “pressuriser” le MN. Il n’a aucun pouvoir sur lui. »

    J’ai déjà répondu plusieurs fois à cet argument, mais vous faites semblant de ne pas le savoir. Tout est une question de MARGE : le monopoliste de premier niveau doit fixer son « prix de monopole » de manière que le monopoliste de second niveau continue à récolter un profit plus élevé que ce qu’il pourrait recueillir en se passant des FPs monopolisés. Cela, je l’avais déjà écrit dans celui de mes commentaires auquel vous renvoyez, mais vous faites comme si je n’en avais rien fait.

    15° « Vous éludez pour la 3ème fois ma question. Je la repose. En quoi un raisonnement reposant sur l’ERE peut-il s’appliquer au monde réel si l’ERE est un simple outil mental ? Montrez-moi que le raisonnement de Rothbard à propos de l’imputation des profits de monopole ne s’applique pas à l’ERE. »

    Vous êtes fatigant, j’ai déjà répondu trente-six fois à cet argument. L’ERE est « the ever shifting goal » en direction duquel se dirige constamment le monde réel. Dans le monde réel, chaque source de profit, une fois repérée, est entièrement éliminée (comme dans l’ERE) ; en revanche (à la différence de l’ERE), de nouvelles sources de profits apparaissent continuellement. Il en est de même des profits de monopole. Je l’ai écrit une première fois, je l’ai écrit une deuxième fois, et je l’écris ici pour la dernière fois : Rothbard indique très précisément quand cette imputation doit se réaliser. Elle se réalise quand les facteurs de production sont remplacés. Or, ce remplacement se produit dans le monde réel, et non uniquement dans l’ERE. CQFD.
    (Du reste, quand vous écrivez « Montrez-moi que le raisonnement de Rothbard à propos de l’imputation des profits de monopole ne s’applique pas à l’ERE » », vous démontrez (une fois de plus) que vous ne saisissez rien au problème. IL ne s’agit pas de démontrer que le raisonnement de Rothbard à propos de l’imputation de monopole « ne s’applique pas à l’ERE », mais qu’il ne s’applique pas uniquement à l’ERE.

    16° « Et cessez d’être de mauvaise foi je vous prie. »

    Apprenez donc que, dans une conversation rationnelle et civilisée, on n’accuse pas les gens d’être de « mauvaise foi » (d’autant que vous êtes particulièrement mal placé pour proférer une telle accusation…). Il faut démontrer que les arguments de l’adversaire sont erronés, et non que l’adversaire ne croit pas à la validité de ses propres arguments.

    17° « Quand vous avez un chapitre dont le sujet est le système monétaire, et que le suivant traite du monopole, le fait de ne pas lire (entièrement) le chapitre sur le système monétaire n’a certainement pas beaucoup d’effet sur la compréhension du chapitre dédié au monopole. Les chapitres ne sont pas nécessairement interconnectés.»

    Mises consacre une section entière au « mode d’emploi » des constructions imaginaires et à l’ERE en particulier.

  29. 猛虎 says:

    1° Je dis que vous sortez la phrase du contexte parce que vous ignorez la discussion dont il a été question. J’avais écrit : “Au contraire, cela enlève absolument tout au concept. Parce que le gain de court terme va envoyer un signal à la concurrence”. A votre avis, à quoi se réfère “cela enlève absolument tout au concept” ? Nous parlions du gain de monopole et non du gain tout court. Notamment, il n’est pas utile de rajouter systématiquement “monopole” après “prix” ou “gain”. Cela allonge inutilement les commentaires, alors qu’il est facile de comprendre en se référant simplement au contexte. J’ai aussi été clair sur mon commentaire suivant en déclarant que : “Le boulot de l’économiste étant d’analyser les conséquences à long terme des politiques économiques ou des phénomènes de marché”. Effectivement, je parlais d’un cas général. Venir au cas du monopole n’était qu’une façon d’illustrer comment ils raisonnent en général. Maintenant, si vous estimez mieux savoir que moi ce que je pense, soit.

    2° Comme vous voulez.

    3° Pourquoi je dis que vous me prêtez des mots que je n’ai pas prononcé, c’est parce que je n’ai dit qu’une seule chose : que le “profit de monopole de court terme” n’est pas monopoliste. Dans le cas contraire, il annulerait ce “concept” même. Autrement dit, mon objection reste valide indépendamment du fait que le profit de monopole pouvait aussi être de court terme. Car le court terme est tout à fait opposé à l’idée d’une emprise sur le marché.

    4° Même si vous affirmez le contraire, j’ai déjà expliqué que cette distinction n’avait pas lieu d’être. Un lointain commentaire disait ainsi : “Ça n’aurait aucun sens de parler d’un prix de monopole qui n’est durable qu’à très court terme. Cette idée réfute en elle-même la notion d’un tel prix de monopole”. Un (prix) monopole qui ne réussit pas à se maintenir n’est pas un (prix) monopole vu qu’il ne monopolise absolument rien du tout. Or, il est courant de définir le monopole comme une emprise. Il n’y a aucune emprise dans le “prix de monopole de court terme” qui est par définition éphémère.

    5° Pas expressément non. Mais vous semblez oublier une chose. Mon billet traite des conséquences du monopole naturel et du prix monopoliste. C’est de cela que nous étions censés parler.

    6° C’est parce qu’il considère qu’en situation de marché libre, un vrai monopole “exerçant une emprise” sur le marché ne subsisterait pas à long terme. Notez les guillemets.

    7° Tout simplement au paragraphe auquel il se rattache. A savoir, votre argument comme quoi un prix de monopole pouvait être de court terme.

    8° Je vous explique le raisonnement des économistes, et vous me parlez de la politique actuelle des autorités. Ceci n’a aucun rapport.

    9° Oui, vous aviez pris soin d’accompagner cette citation par une petite pique : “Comme l’écrivait Mises (mais peut-être me direz-vous que ce n’est pas un économiste « sérieux » ?”. Quant à ma phrase, je souhaitais mettre en garde quant à l’usage des notions étranges comme le prix de monopole de court terme qu’aucune personne confirmée dans le métier n’utilise, sans l’insinuation que vous croyez. Mais soit.

    10° Vous oubliez une fois de plus le sujet de mon billet. Qui est de savoir si un monopole peut exercer son emprise sur le marché. Il est donc bien question de crainte. Quand donc vous relevez des objections à ma théorie sur le fait que je suggère que nous n’avons rien à craindre d’un établissement d’un monopole du fait des mécanismes de marché expliqués dans le billet, il est légitime de poser la question lorsque vous déclarez qu’un prix de monopole peut toutefois apparaître.

    11° Si vous pensez mieux savoir que moi ce que je voulais dire, soit. Comme vous voulez.

    12° Quand vous me faites dire que “les concurrents ou clients ne sont jamais capables d’interpréter correctement le comportement des autres”, il serait bon de rappeler ce que j’ai dit précédemment : “S’ils ne peuvent pas définir la nature même des fluctuations des prix, ils n’ont aucun moyen de savoir si cette fluctuation est exogène à la volonté du MN. Il est dès lors impossible d’interprêter le comportement du MN. Alors, me direz-vous, comment se fait-il que les concurrents continuent à défier le monopole ? Justement parce qu’ils n’ont aucune garantie qu’il exerce un réel pouvoir de monopole” et encore ceci “Le MN des FPs ne pourra de toute façon pas interprêter adéquatement la réduction de production. Comme je l’ai dit, ce peut être à cause d’une baisse d’efficience de productivité, pouvant être causée par de multiples raisons”. C’est pourquoi je vous dis de faire attention au contexte. Ce n’est pas tant qu’ils ne peuvent pas interpreter adéquatement le comportement des concurrents en tant que tel, mais parce que les informations dont ils ont besoin, pour ce faire, ne leur donnent pas plus d’indication que cela. Compte tenu des causes multiples de (1) la réduction de production et (2) les fluctuations de prix, les entrepreneurs n’ont pas d’indication claire que (1) équivaut nécessairement à un monopole et (2) équivaut nécessairement à un pouvoir de monopole. Même en combinant (1) et (2), aucune indication claire n’est donnée quant à l’établissement d’un monopole simplement parce que (1) et (2) peuvent être provoqués par des causes externes. C’est pourquoi j’insiste sur : “comment se fait-il que les concurrents continuent à défier le monopole ? Justement parce qu’ils n’ont aucune garantie qu’il exerce un réel pouvoir de monopole”. Soit exactement le genre de situation qui prévaut dans n’importe quel marché concurrentiel.

    Quand vous me dites que “ces différents coûts possibles doivent être pesés contre le gain envisagé”, je rappelle que j’avais répondu initialement que “Si effectivement le capital coûte plus cher, la main d’oeuvre devient relativement moins chère, et sera plus demandée”. Et comme je l’ai également rappelé précédemment, on peut aussi ajouter les autres types de machines non monopolisées par notre MN des FPs qui deviendront plus profitables.

    Puis, quant à dire que “le monopoliste peut aussi anticiper le « problème » en réduisant dès le départ sa production pour empêcher ses stocks de s’accumuler” on se demande bien ce que signifie “dès le départ”. Si c’est avant l’établissement du prix de monopole sur un bien de consommation, cela n’aurait aucun sens. Si c’est après, il faut déjà qu’il réussisse à déterminer si un taux de profit élevé est synonyme de position monopoliste alors même qu’aucun signal évident ne lui est donné. L’exemple le plus évident est la chute d’efficience productive suite à un choc externe. Comme je l’ai déjà dit, vous raisonnez depuis le début comme si les entreprises (monopolistes) considèrent essentiellement les fluctuations de prix et réduction de production comme étant parfaitement sous contrôle des entreprises. Mais c’est une simplification de la réalité.

    Enfin, vous n’avez toujours pas répondu à ceci : “Même si, dans le pire des cas, il pouvait charger son prix de monopole pour ses FPs, un profit élevé du MN sera très bientôt compensé par l’arrivée de la concurrence, ce qui se traduira par une baisse des prix”. J’attends.

    Quand vous dites que “le fait que des concurrents se mettent à « défier » le monopoliste ne nous dit pas s’ils auront la capacité de se mettre à son niveau” on se demande bien comment ils peuvent continuer à défier le monopole s’ils n’ont pas la capacité de se mettre à son niveau. Par ailleurs, c’est plutôt le monopole qui se mettra au niveau de ses nouveaux concurrents pour éviter d’être chassé.

    13° Quand je dis que “vous semblez sous-entendre que la recherche du statut monopoliste est une fin en soi” je faisais référence à votre précédent commentaire que j’ai inséré dans le lien de mon commentaire. Le voici (notez les italliques) : “le monopoliste de second niveau ne pourrait changer de méthode de production sans perdre sa position de monopoliste. J’en déduis que le monopoliste de premier niveau (celui qui produit les FPs) pourra « pressurer » le monopoliste de second niveau tant que les profits de celui-ci resteront au-dessus du taux moyen de rendement dans l’économie”. Aussi, la phrase qui suit montre que vous réduisez simplement les taux de profits au-dessus du niveau concurrentiel au simple monopole naturel, en plus du fait que vous considérez que le MN des FPs interprêtera systématiquement une marge confortable de profit comme étant purement délibéré, ce que je considère comme une simplification extrême de la réalité, car les marges de profits élevés auraient pû être obtenus autrement. Ainsi, une entreprise qui fait entrer sur le marché une innovation récolte des profits bien plus confortables que ses concurrentes, pour un temps limité. Tout comme une réduction de l’efficience de productivité conduirait à des profits plus élevés que ce qui auraient autrement prévalu, à demande inélastique. C’est quelque chose que j’ai déjà dit, semble-t-il. Et si vous objectez que le MN des FPs pourra détecter un monopole via l’intensité de la concurrence, et bien, comme je l’ai dit, la concurrence peut s’exercer indirectement via des produits substituables.

    14° Je le savais déjà. Et j’avais répondu alors qu’en changeant sa méthode de production, il obtiendra une meilleure marge.

    15° Le problème est qu’en écrivant “Du reste, quand vous écrivez « Montrez-moi que le raisonnement de Rothbard à propos de l’imputation des profits de monopole ne s’applique pas à l’ERE » », vous démontrez (une fois de plus) que vous ne saisissez rien au problème.” vous réalisez que vous ne répondez pas à ma question quant à savoir si “oui” ou “non” le problème de Rothbard s’applique à l’ERE, et si tel est le cas, l’ERE est comparable “oui” ou “non” au monde réel. Et ceci “Rothbard indique très précisément quand cette imputation doit se réaliser. Elle se réalise quand les facteurs de production sont remplacés. Or, ce remplacement se produit dans le monde réel, et non uniquement dans l’ERE” ne répond pas à la question. D’ailleurs, tel que vous le présentez, il semble clair que vous insinuez qu’une situation imaginée dans l’ERE peut basculer dans le monde réel si bien qu’il apparaît difficile de faire la distinction entre l’ERE et le réel, ce faisant. Un peu comme lorsque vous écrivez “Dans le monde réel, chaque source de profit, une fois repérée, est entièrement éliminée (comme dans l’ERE) ; en revanche (à la différence de l’ERE), de nouvelles sources de profits apparaissent continuellement” même si c’est évidemment faux. Parce que vous décomposez deux éléments indécomposables. S’il n’y a pas de nouvelles sources de profit, alors il n’y a pas non plus d’élimination de profits dans l’ERE. Pour qu’une élimination soit possible, il faut une apparition. Ou ce serait comme dire que dans l’ERE et le monde réel, il y a des vagues, à la différence que dans le monde réel, les vagues montent, mais pas dans l’ERE où les vagues restent parfaitement “plates”.

  30. Raoul says:

    [1/2]

    1° Cet élément ne prouve strictement rien : initialement, effectivement, vous parliez du cas particulier du « profit de monopole », mais ensuite vous avez changé d’angle de vue pour vous placer à celui de la théorie économique en général (comme le démontre parfaitement, ainsi que je l’ai écrit ci-avant, le fait que vous ayez employé les mots « De la même façon »), après quoi vous êtes revenu au cas particulier du profit de « monopole ».

    2° « Car le court terme est tout à fait opposé à l’idée d’une emprise sur le marché. »

    Ca n’a aucun sens. C’est un peu comme si vous me disiez que « le court terme est tout à fait opposé à l’idée de dictature ». Non, le concept de dictature, comme celui d’ « emprise sur le marché », dépend de la situation à un instant t. Après, la dictature ou l’ « emprise » peut durer plus ou moins longtemps, mais c’est une autre question.

    4° « Un (prix) monopole qui ne réussit pas à se maintenir n’est pas un (prix) monopole vu qu’il ne monopolise absolument rien du tout. Or, il est courant de définir le monopole comme une emprise. »

    Même remarque que ci-dessus. Monopoliser (« du grec monos, seul, et pôlein, vendre »), c’est être le seul à vendre. L’élément temporel n’entre pas dans la définition.

    5° « Pas expressément non. Mais vous semblez oublier une chose. Mon billet traite des conséquences du monopole naturel et du prix monopoliste. C’est de cela que nous étions censés parler. ».

    Oui, bien sûr, il y a un sujet de conversation obligatoire sur votre blogue, et il interdit d’en changer. Si dans votre billet vous parlez des girafes, et que dans un commentaire vous affirmez que les éléphants ont de longs cous, vous serez réputé avoir dit vrai car nous aurions été censés parler de girafes.

    6° « C’est parce qu’il considère qu’en situation de marché libre, un vrai monopole “exerçant une emprise” sur le marché ne subsisterait pas à long terme. Notez les guillemets. »

    Voir ci-dessus.

    7° « Tout simplement au paragraphe auquel il se rattache. A savoir, votre argument comme quoi un prix de monopole pouvait être de court terme. »

    Je me doute bien qu’une phrase se rattache au paragraphe dans lequel elle est insérée. Je vous demandais à quelle « phrase » cette phrase-là devait se rattacher. Parce qu’elle sonne comme un « CQFD » mais qu’elle fait suite, non à un raisonnement, mais à des assertions gratuites et à un argument d’autorité.

    8° « Je vous explique le raisonnement des économistes, et vous me parlez de la politique actuelle des autorités. Ceci n’a aucun rapport. »

    Ne vous faites pas plus obtus que vous ne l’êtes déjà. La politique actuelle des autorités est évidemment soutenue par la majorité des économistes professionnels. Les économistes contemporains qui ne s’opposent qu’aux monopoles permanents sont parmi les moins « anti-marché » qui soient.

    9° « Oui, vous aviez pris soin d’accompagner cette citation par une petite pique : “Comme l’écrivait Mises (mais peut-être me direz-vous que ce n’est pas un économiste « sérieux » ?”. Quant à ma phrase, je souhaitais mettre en garde quant à l’usage des notions étranges comme le prix de monopole de court terme qu’aucune personne confirmée dans le métier n’utilise, sans l’insinuation que vous croyez. Mais soit. »
    Ce que vous appelez une « pique » n’est que ma réponse à votre argument d’autorité.
    Contrairement à ce que vous écrivez ici, je ne me suis jamais référé à la notion de « prix de monopole de court terme ». J’ai abondamment utilisé (quoique entre guillemets) la notion de « prix de monopole », et j’ai dit que le phénomène auquel renvoie cette notion pourrait être de plus ou moins long terme. C’est très différent.
    Du reste, il est parfaitement faux qu’ « qu’aucune personne confirmée dans le métier » ne fasse entrer les monopoles de court terme dans la catégorie des « monopoles ». C’est tout le contraire. Même les économistes Autrichiens qui considèrent que les cartels ou monopoles non protégés par l’Etat sont par nature fragiles et peu durables n’en font pas moins usage de la notion de « cartel » ou de « monopole » pour les désigner.

    10° Voir ci-dessus.

  31. Raoul says:

    [2/2]

    12° Le « contexte » que vous citez comme excuse ne change absolument rien. Vous faites du « deux poids/ deux mesures » pour ce qui regarde la capacité des tiers à interpréter le comportement d’une entreprise. (Du reste, vous semblez le reconnaître à demi-mot : « ce n’est pas tant… ») Mais il ne s’agissait de ma part que d’un argument secondaire visant à mettre en lumière une contradiction de plus dans votre discours. Personnellement, je ne dis pas que les tiers ne pourraient tirer des justes conclusions du l’accumulation des stocks (quoique je doute que ces conclusions puissent souvent avoir un impact significatif).

    « Quand vous me dites que “ces différents coûts possibles doivent être pesés contre le gain envisagé”, je rappelle que j’avais répondu initialement que “Si effectivement le capital coûte plus cher, la main d’oeuvre devient relativement moins chère, et sera plus demandée”. »

    Et, ce faisant, vous montrez que vous ne comprenez pas l’argument. L’élasticité accrue de la demande n’est pas un argument qui pourrait être opposé à l’argument de la « balance ». C’est un des éléments entrant dans cette balance.

    « Et comme je l’ai également rappelé précédemment, on peut aussi ajouter les autres types de machines non monopolisées par notre MN des FPs qui deviendront plus profitables. »

    Vous introduisez l’hypothèse implicite qu’il existe des substituts adaptés pour le FP monopolisé. Cela signifie que les FP ne sont pas vraiment monopolisés. Evidemment, s’il n’y a pas de monopole, il n’y a pas de problème de monopole.

    « Puis, quant à dire que “le monopoliste peut aussi anticiper le « problème » en réduisant dès le départ sa production pour empêcher ses stocks de s’accumuler” on se demande bien ce que signifie “dès le départ”. Si c’est avant l’établissement du monopole d’un bien de consommation, cela n’aurait aucun sens. Si c’est après, il faut déjà qu’il réussisse à déterminer si un taux de profit élevé est synonyme de position monopoliste alors même qu’aucun signal évident ne lui est donné. L’exemple le plus évident est la chute d’efficience productive suite à un choc externe. Comme je l’ai déjà dit, vous raisonnez depuis le début comme si les entreprises (monopolistes) considèrent essentiellement les fluctuations de prix et réduction de production comme étant parfaitement sous contrôle des entreprises. Mais c’est une simplification de la réalité. »

    Le vendeur des FP réduira sa production de FP dès qu’il aura décidé d’en augmenter le prix unitaire. Mais, de toute façon, il s’agit là aussi d’un argument tout à fait secondaire.

    Et cessez donc d’affirmer gratuitement que je raisonnerais comme si tout « était parfaitement sous contrôle des entreprises », ça finit pas être agaçant. Vous ressortez ce strawman tous les deux commentaires, alors que j’ai dû préciser au moins dix fois que l’incertitude n’interdit pas l’action et que, de toute façon, les entreprises seront toujours réduites à faire de simples conjectures.

    De même, au lieu d’écrire systématiquement « j’attends », essayez plutôt de répondre à l’argument que je vous ai déjà donné. Je ne vois pas pourquoi il serait nécessaire que j’écrive à chaque fois trois fois mes arguments avant que vous ne vous décidiez à essayer d’y répondre. Soit le vendeur des MP est propriétaire de facteurs rares, et dans ce cas-là il n’y a pas de concurrence possible. Soit le MP est en situation de monopole car il a réussi à atteindre des coûts plus bas que ceux de la concurrence, et dans ce cas il doit faire preuve de « modération » (ce qui exclut effectivement « un prix (trop) élevé ») dans la fixation du prix de monopole, comme je l’ai déjà écrit trente-six fois.

    « Quand vous dites que “le fait que des concurrents se mettent à « défier » le monopoliste ne nous dit pas s’ils auront la capacité de se mettre à son niveau” on se demande bien comment ils peuvent continuer à défier le monopole s’ils n’ont pas la capacité de se mettre à son niveau. »

    Nouvelle inversion de la causalité. Je vous expliquais que le « signe » résultant du non-écoulement du stock n’aurait pas de conséquence si les concurrents n’ont pas la capacité de « défier » effectivement le monopoliste (ce qui impliquerait, comme conséquence secondaire, que ces concurrents ne puissent continuer longtemps à « défier » le monopoliste). En « réponse », vous postulez que ces concurrents « continuent à défier le monopole », et vous en déduisez qu’ils ont la capacité de se mettre à son niveau.

    13° Comme je l’ai précisé plusieurs fois, le monopole peut être important en tant qu’il constitue un MOYEN d’obtenir des profits plus importants. Dans notre exemple, si le monopoliste de second niveau perd sa situation de monopole, il perd donc le MOYEN de gagner des profits plus importants. Il aurait été A LA RIGUEUR compréhensible que vous me fassiez une telle réponse juste après que j’avais posté ce premier commentaire, mais il était absolument INEXCUSABLE de votre part de me sortir cet « argument » après les mises au point réitérées que j’avais entre-temps effectuées. C’est une manœuvre extrêmement basse.

    14° « Je le savais déjà. Et j’avais répondu alors qu’en changeant sa méthode de production, il obtiendra une meilleure marge. »

    Vous essayez de nouveau d’introduire en contrebande des postulats fantaisistes qui nous font sortir du cadre d’analyse. Si le monopoliste de second niveau peut changer de méthode de production (TOUT en conservant sa situation de monopole et sans perdre de revenus), cela revient à dire qu’il existe des produits parfaitement substituables aux FP « monopolisés », ce qui signifie que le « monopoliste » de premier degré n’est pas monopoliste. Or, comme dit ci-avant, effectivement, s’il n’y a pas de monopoliste, il n’y a pas de problème de monopole.

    15° Décidément, je ne peux rien pour vous. Allez consulter, faites quelque chose, n’importe quoi, mais je ne peux vous aider.

    TOUTEFOIS, il y a de nouveau un (minuscule) grain de raison dans ce que vous dites ici. Non que le monde réel ait vocation à « basculer » dans l’ERE, ou vice versa. Mais, effectivement, une de mes phrases est incohérente. En un sens, c’est pas mal de votre part de vous en être aperçu. EFFECTIVEMENT, les sources de profit ne peuvent être « éliminées » dans l’ERE, puis que, par hypothèse, il n’y a pas de source de profit dans l’ERE. Le problème (irrésoluble) est que, ainsi que Mises le soulignait, les constructions imaginaires sont par nature absurdes (vous l’auriez su si vous aviez pris la peine d’aller lire les quelques pages que Mises consacre à ce sujet), si bien qu’on ne peut les pousser à leurs limites sans contradiction. De sorte, toute « explication » du fonctionnement de l’ERE doit elle-même présenter des éléments contradictoires. Mais, quels que soient les « défauts » de l’ERE, il est indéniable que ce Mises et Rothbard en déduisent par contraste est applicable au monde réel.

  32. 猛虎 says:

    1. “Même les économistes Autrichiens qui considèrent que les cartels ou monopoles non protégés par l’Etat sont par nature fragiles et peu durables n’en font pas moins usage de la notion de « cartel » ou de « monopole » pour les désigner.”

    Dans la mesure où les économistes utilisent cette notion comme phénomène de marché, les autrichiens sont forcément obligés de s’en servir, pour préciser qu’un tel monopole ne sera pas durable sans l’intervention gouvernementale.

    2. “Et, ce faisant, vous montrez que vous ne comprenez pas l’argument. L’élasticité accrue de la demande n’est pas un argument qui pourrait être opposé à l’argument de la « balance ». C’est un des éléments entrant dans cette balance.”

    Comme je l’avais dit, le prix des méthodes productives moins intensives en capital deviennent plus rentables lorsque le prix des biens d’équipements augmente relativement. Encore une fois, dans la mesure où le gain de monopole du MN de biens finaux a été absorbé par le MN des FPs, son statut de monopole ne lui apporte plus aucun avantage par rapport à la situation où la concurrence était intense. Dans la mesure où le MN diminue sa demande en FPs suite à sa victoire dans la ‘guerre des prix’, la hausse du prix des FPs accélérera simplement la chute de la demande en FPs. Mais, comme je l’ai précisé, l’accumulation du stock des biens d’équipement est un réel problème car son propriétaire peut effectivement interprêter cette demande comme une baisse de rentabilité dans la vente de ce facteur, et c’est pourquoi “il doit éviter de voir s’accumuler son stock de FPs, car cela peut être le signal qu’il est actuellement moins demandé … à cause d’une innovation qui rend complètement désuet ce FP”. Vous avez répliqué en invoquant la non-périssabilité du stock alors que j’ai précisé que ma théorie n’en dépendait pas. Parce que si aucune demande n’existe pour ces biens d’équipement, encore fois, le fait demeure que “le doute quant à la viabilité d’une telle stratégie va doucement faire son chemin” à plus forte raison lorsque la machine en question est difficilement reconvertible. Or, ceci est d’autant plus vrai que nous parlons des biens d’équipement. On ne fabrique pas des yaourts avec une forreuse. Comme disaient Mises et Hayek, une brique et un clou à l’état brut peuvent être converties en un nombre incalculable de biens. Mais une brique et un clou qui ont été utilisés pour construire une maison seront difficilement reconvertibles, soit le genre de problème qui se pose lorsque la bulle immobilière éclate. Peu importe la périssabilité du bien. L’accumulation des stocks est un signe que le business n’est plus rentable.

    3. “Vous introduisez l’hypothèse implicite qu’il existe des substituts adaptés pour le FP monopolisé. Cela signifie que les FP ne sont pas vraiment monopolisés. Evidemment, s’il n’y a pas de monopole, il n’y a pas de problème de monopole.”

    Comme je l’avais dit, il existe plusieurs moyens de produire un même bien. Le MN des FPs possède le monopole sur un type de machines/outils. Pas de tous. Rappelons qu’il n’a jamais été précisé dans le débat que le MN des FPs possède des biens d’équipements impossible à substituer par d’autres. Simplement qu’il possède le monopole des facteurs ‘initialement’ demandés par le MN des biens finaux. Même si nous raisonnons dans un tel cadre d’analyse où il n’existe aucun substitut au FP demandé par le MN, ce qui est d’ailleurs un cadre encore plus irréaliste que celui dont nous sommes en train d’analyser, les autres points que j’ai soulevés restent valides.

    4. “alors que j’ai dû préciser au moins dix fois que l’incertitude n’interdit pas l’action”

    Comme je l’avais dit, la possibilité de prendre des initiatives ne signifie absolument rien dans la mesure où (1) aucun signal n’est fourni au MN des FPs quant à l’établissement d’une position monopoliste par l’intermédiaire des taux de profits (2) le MN des FPs n’aura donc aucune tendance à adopter une stratégie monopoliste plus qu’une autre stratégie, du fait de la prééminence de (1). Ainsi (2) n’est valable que si (1) est invalide. Vous n’avez jamais réussi à réfuter (1).

    5. “De même, au lieu d’écrire systématiquement « j’attends », essayez plutôt de répondre à l’argument que je vous ai déjà donné. Je ne vois pas pourquoi il serait nécessaire que j’écrive à chaque fois trois fois mes arguments avant que vous ne vous décidiez à essayer d’y répondre. Soit le vendeur des MP est propriétaire de facteurs rares, et dans ce cas-là il n’y a pas de concurrence possible. Soit le MP est en situation de monopole car il a réussi à atteindre des coûts plus bas que ceux de la concurrence, et dans ce cas il doit faire preuve de « modération » (ce qui exclut effectivement « un prix (trop) élevé ») dans la fixation du prix de monopole, comme je l’ai déjà écrit trente-six fois.”

    Comme je l’avais dit : “Dans la mesure où il gère lui-même un business profitable, il sait que la concurrence va bientôt s’intensifier. Il apparaît alors peu probable qu’il ait l’idée de charger un gain de monopole, aussi faible soit-il, tant qu’il sait que la concurrence persistera”. La phrase est claire. Un gain de monopole, aussi faible soit-il, est toujours un gain au-dessus du taux concurrentiel. Donc, la concurrence subsistera encore. Rappelez vous ce que vous aviez déclaré précédemment : “Dans le monde réel, les sources de profit, une fois repérées, sont complètement éliminées”. Comment sont-ils “éliminées” ? Par la concurrence.

    C’est pourquoi ma déclaration « Même si, dans le pire des cas, il pouvait charger son prix de monopole pour ses FPs, un profit élevé du MN sera très bientôt compensé par l’arrivée de la concurrence, ce qui se traduira par une baisse des prix » reste valide.

    6. Puis, je n’ai pas eu d’échos pour ceci :

    “Compte tenu des causes multiples de (1) la réduction de production et (2) les fluctuations de prix, les entrepreneurs n’ont pas d’indication claire que (1) équivaut nécessairement à un monopole et (2) équivaut nécessairement à un pouvoir de monopole. Même en combinant (1) et (2), aucune indication claire n’est donnée quant à l’établissement d’un monopole simplement parce que (1) et (2) peuvent être provoqués par des causes externes. C’est pourquoi j’insiste sur : « comment se fait-il que les concurrents continuent à défier le monopole ? Justement parce qu’ils n’ont aucune garantie qu’il exerce un réel pouvoir de monopole ». Soit exactement le genre de situation qui prévaut dans n’importe quel marché concurrentiel.”

    7. Et je n’ai pas eu d’échos non plus pour ceci :

    “vous considérez que le MN des FPs interprêtera systématiquement une marge confortable de profit comme étant purement délibéré, ce que je considère comme une simplification extrême de la réalité, car les marges de profits élevés auraient pû être obtenus autrement. Ainsi, une entreprise qui fait entrer sur le marché une innovation récolte des profits bien plus confortables que ses concurrentes, pour un temps limité. Tout comme une réduction de l’efficience de productivité conduirait à des profits plus élevés que ce qui auraient autrement prévalu, à demande inélastique. C’est quelque chose que j’ai déjà dit, semble-t-il. Et si vous objectez que le MN des FPs pourra détecter un monopole via l’intensité de la concurrence, et bien, comme je l’ai dit, la concurrence peut s’exercer indirectement via des produits substituables.”

  33. Raoul says:

    1° «Dans la mesure où les économistes utilisent cette notion comme phénomène de marché, les autrichiens sont forcément obligés de s’en servir, pour préciser qu’un tel monopole ne sera pas durable l’intervention gouvernementale. »

    S’ils disent « un monopole ne durera pas longtemps sans l’aide de l’Etat », cela signifie que, contrairement à ce que vous soutenez, il n’y a pas d’incompatibilité entre « monopole » et « court terme ». Dans le cas contraire, ils écriraient « un tel phénomène n’est pas durable sans l’appui de l’Etat et ne peut donc être qualifié de monopole ». Ca souffre si peu de contestation que je me demande pourquoi je prends la peine de vous répondre.

    2° « Encore une fois, dans la mesure où le gain de monopole du MN de biens finaux a été absorbé par le MN des FPs, son statut de monopole ne lui apporte plus aucun avantage par rapport à la situation où la concurrence était intense. »

    D’une part, quand bien même l’imputation serait complète, il continuerait à gagner l’intérêt sur les sommes investies. Par conséquent, même s’il gagne le « même taux » qu’ailleurs, il ne pourra pas changer de méthode de production sans perdre l’intérêt sur les facteurs de production spécifiques. D’autre part, il appartient au monopoliste de premier niveau de ne pas pressurer excessivement les marges du monopoliste de second niveau, afin de s’assurer la coopération prolongée de ce dernier. Cf. ce que j’écris bien des fois ci-avant.

    « Dans la mesure où le MN diminue sa demande en FPs suite à sa victoire dans la ‘guerre des prix’, la hausse du prix des FPs accélérera simplement la chute de la demande en FPs. »

    Ce n’est pas parce que le monopoliste peut (si la courbe de demande s’y prête) augmenter son revenu en « restreignant » sa production que toute « restriction » accroîtra son revenu. Au bout d’un moment, la courbe de la demande redeviendra élastique. C’est ce que j’avais déjà dit ci-avant en rappelant que, au-dessus du prix de monopole, la demande redevient élastique.

    « Vous avez répliqué en invoquant la non-périssabilité du stock alors que j’ai précisé que ma théorie n’en dépendait pas. ».

    Ce n’est pas vrai. J’ai commencé par rappeler que tel était le premier argument que je vous avais rétorqué, puis j’ai indiqué que vous y aviez (mal) répondu, et ensuite je suis passé à l’examen de l’argument pour lequel vous m’aviez spécialement relancé.

    « Parce que si aucune demande n’existe pour ces biens d’équipement, encore fois, le fait demeure que “le doute quant à la viabilité d’une telle stratégie va doucement faire son chemin” à plus forte raison lorsque la machine en question est difficilement reconvertible. »

    Toujours le même sophisme. Alors que l’hypothèse envisagée est celle d’une restriction de production et d’un (éventuel) ralentissement de l’écoulement des stocks, vous faites comme s’il n’existait plus aucune demande et que les stocks cessaient donc totalement de s’écouler.

    De surcroît, dans l’hypothèse envisagée, le monopoliste de second niveau est le principal voire l’unique utilisateur des FPs. Par conséquent, il n’a pas à s’inquiéter d’un « non-écoulement », dans la mesure où ce non-écoulement résulte de la baisse de sa propre demande.

    « Peu importe la périssabilité du bien »

    Vous ne pouvez pas dire ça. Vous pouvez soutenir que votre propre argument ne repose pas sur l’hypothèse de la périssabilité du bien, mais vous ne pouvez pas affirmer que la périssabilité ne serait pas elle-même un problème.

    3° « Comme je l’avais dit, il existe plusieurs moyens de produire un même bien. Le MN des FPs possède le monopole sur un type de machines/outils. Pas de tous. »

    Pour que le monopoliste de premier niveau soit réellement en situation de monopole par rapport au monopoliste de second niveau, il faut, par hypothèse, qu’il contrôle l’offre de tous les FPs substituables du point de vue du monopoliste de second niveau. En revanche, effectivement, le monopoliste de premier niveau n’a pas besoin de contrôler l’offre des « machines/outils » n’ayant rien à voir avec l’activité du monopoliste de second niveau. Je répète donc : vous essayez d’introduire une condition incompatible avec le cadre d’analyse envisagé.

    4° De nouveau votre nihilisme dogmatique. Je n’ai rien à ajouter par rapport à ce que j’ai dit ci-avant.

    5° « Comme je l’avais dit : “Dans la mesure où il gère lui-même un business profitable, il sait que la concurrence va bientôt s’intensifier. Il apparaît alors peu probable qu’il ait l’idée de charger un gain de monopole, aussi faible soit-il, tant qu’il sait que la concurrence persistera”. La phrase est claire. Un gain de monopole, aussi faible soit-il, est toujours un gain au-dessus du taux concurrentiel. Donc, la concurrence subsistera encore. Rappelez vous ce que vous aviez déclaré précédemment : “Dans le monde réel, les sources de profit, une fois repérées, sont complètement éliminées”. Comment sont-ils “éliminés” ? Par la concurrence. C’est pourquoi ma déclaration « Même si, dans le pire des cas, il pouvait charger son prix de monopole pour ses FPs, un profit élevé du MN sera très bientôt compensé par l’arrivée de la concurrence, ce qui se traduira par une baisse des prix » reste valide. »

    Non. Le « gain concurrentiel » dont il s’agit, c’est le gain que le monopoliste lui-même aurait obtenu s’il n’avait pas « restreint » sa production. (Alternativement, dans le cas d’un cartel, c’est le gain que les membres du cartel auraient obtenu s’ils ne s’étaient pas entendus pour « restreindre » la production.) Ce n’est pas le « rendement moyen » obtenu dans l’économie. Mises précise d’ailleurs, ainsi que je l’ai rappelé plus haut, qu’il peut exister un « prix de monopole » de « mise perdue » qui permettra à un entrepreneur de limiter ses pertes en « réduisant » sa production, ce qui implique que le profit obtenu soit inférieur à celui obtenu dans le reste de l’économie (mais, donc, supérieur à ce que l’entrepreneur aurait obtenu s’il n’avait pas « restreint » sa production.) Par conséquent, ainsi que je l’ai déjà écrit de nombreuses fois, il est concevable de fixer un « prix de monopole » tout en restant en-deçà du prix que les concurrents potentiels pourrait parvenir à fixer. Il suffit, pour obtenir un « prix de monopole », que le prix fixé du fait de la « restriction » de la production soit supérieur à ce que le monopoliste aurait atteint autrement.

    6° et 7° Nihilisme dogmatique. Déjà répondu. Si vous n’êtes pas convaincu par ma réponse ( ?), vous avez le droit de poser la question à d’autres gens, mais je doute que ces autres gens vous répondront d’une manière différente de la mienne.

  34. 猛虎 says:

    1. “S’ils disent « un monopole ne durera pas longtemps sans l’aide de l’Etat », cela signifie que … il n’y a pas d’incompatibilité entre « monopole » et « court terme ».”

    Dans la mesure où les autrichiens considèrent que l’existence d’un monopole est une illusion dans un marché libre alors que les économistes mainstream considèrent qu’il existe bel et bien, les autrichiens se doivent de préciser que s’il existe, il est nécessairement de court terme. Mais s’ils disent cela, c’est sûrement parce que les mainstream ont d’abord considéré qu’un tel monopole était réel. Quoi qu’il en soit, même si les autrichiens considèrent un monopole comme pouvant opérer à court terme, je dis que ceci n’a strictement aucun sens.

    2. “D’une part, quand bien même l’imputation serait complète, il continuerait à gagner l’intérêt sur les sommes investies. Par conséquent, même s’il gagne le « même taux » qu’ailleurs, il ne pourra pas changer de méthode de production sans perdre l’intérêt sur les facteurs de production spécifiques.”

    Comme je l’avais dit “Si effectivement le capital coûte plus cher, la main d’oeuvre devient relativement moins chère, et sera plus demandée”. Cela signifie que (1) le coût des biens d’équipement augmente et (2) le coût de la main d’oeuvre diminue relativement. Du fait de (1) le MN des biens finaux se retrouve avec des profits équivalents à ce qu’il aurait obtenu en situation concurrentielle, mais aussi parce que (2) s’y rajoute, le changement de méthode productive devient plus rentable.

    Et notez ceci. Hayek disait justement que “A fall in real wages will raise the value of the less labour-saving machinery more than that of more labour-saving machinery, and stimulate the production of the former at the expense of the latter” et a même tenu à préciser un peu plus tôt “A much higher rate of profit will now be obtainable on money spent on labour than on money invested in machinery … it will cause a tendency to use more labour with the existing machinery, by working over-time and double shifts, by using outworn and obsolete machinery, etc., etc … in so far as new machinery is being installed, either by way of replacement or in order to increase capacity, this, so long as real wages remain low compared with the marginal productivity of labour, will be of a less expensive, less labour-saving or less durable type”.

    Ici, on peut faire valoir que lorsque la hausse des prix de ces biens finaux augmente au même degré que le prix des FPs, la stabilité des taux de salaires équivaut exactement à une réduction du salaire réel du point de vue du MN des biens finaux, puisque que son coût a diminué relativement au prix du capital. C’est pourquoi le MN va demander davantage de machines économisant moins de main d’oeuvre. Notez aussi ce sur quoi Hayek a insisté : “using outworn and obsolete machinery” et “less expensive”. Il choisit comme je le disais une méthode moins coûteuse en capital.

    Si vous m’objectez qu’il devra acheter plus régulièrement des machines du fait de leur durabilité réduite, la vérité est que le problème est tout à fait ailleurs. Le MN des FPs ne sait pas à l’avance s’il en vendra effectivement sur une base plus régulière. Il sait en revanche qu’il paie moins cher à chaque fois qu’il renouvelle son capital. Ce changement de stratégie, est signe qu’il n’a pas d’emprise sur le MN des biens finaux. Par conséquent, la manoeuvre sera rapidement abandonnée du fait de l’incertitude.

    3. “D’autre part, il appartient au monopoliste de premier niveau de ne pas pressurer excessivement les marges du monopoliste de second niveau, afin de s’assurer la coopération prolongée de ce dernier.”

    Ce qui ne change rien au problème puisque tout profit, aussi faible soit-il, tend à être éliminé, selon vos propres mots, par la concurrence.

    4. “Ce n’est pas parce que le monopoliste peut (si la courbe de demande s’y prête) augmenter son revenu en « restreignant » sa production que toute « restriction » accroîtra son revenu. Au bout d’un moment, la courbe de la demande redeviendra élastique. C’est ce que j’avais déjà dit ci-avant en rappelant que, au-dessus du prix de monopole, la demande redevient élastique.”

    Vous sautez une étape. Car lorsque le MN des FPs augmente son prix, il est en train de découvrir quel est le taux qui maximiserait ses revenues. Il ne va pas faire exploser ses prix d’un seul coup, mais y aller plutôt graduellement. Or, lorsqu’il entamera sa première vague de hausse des prix, la baisse de la demande en FPs lui donne déjà le signal que sa stratégie n’est pas forcément efficace. De fait de cette incertitude, il n’entamera pas une deuxième vague de hausse des prix qui aurait, selon vous, l’effet de rendre la demande de nouveau élastique. Il va au contraire revoir son prix à la baisse.

    5. “Toujours le même sophisme. Alors que l’hypothèse envisagée est celle d’une restriction de production et d’un (éventuel) ralentissement de l’écoulement des stocks, vous faites comme s’il n’existait plus aucune demande et que les stocks cessaient donc totalement de s’écouler.”

    Si je vous disais que je le savais, et que c’est exactement ce que j’ai voulu dire par “aucune demande n’existe pour ces biens d’équipement” en faisant spécialement allusion aux biens d’équipements invendus qui résulteraient d’une baisse de la demande, vous allez encore me dire que je mens – ce pourquoi d’ailleurs je n’ai pas répondu précédemment aux autres remarques. C’est pour cela que je concède le point que vous désirez tant. Vous gagnez, je perds. Comme ça, vous êtes satisfait, et moi aussi.

    6. “De surcroît, dans l’hypothèse envisagée, le monopoliste de second niveau est le principal voire l’unique utilisateur des FPs.”

    Vous l’avez affirmé. Pas moi.

    7. “Par conséquent, il n’a pas à s’inquiéter d’un « non-écoulement », dans la mesure où ce non-écoulement résulte de la baisse de sa propre demande.”

    Pourtant, même dans un cadre aussi exceptionnelle dont j’attends encore une preuve, ma théorie reste valide. Comme je l’avais dit une première fois – “si aucune demande n’existe pour ces biens d’équipement … le fait demeure que « le doute quant à la viabilité d’une telle stratégie va doucement faire son chemin » à plus forte raison lorsque la machine en question est difficilement reconvertible” et une deuxième fois – “l’accumulation du stock des biens d’équipement est un réel problème car son propriétaire peut effectivement interprêter cette demande comme une baisse de rentabilité dans la vente de ce facteur, et c’est pourquoi « il doit éviter de voir s’accumuler son stock de FPs, car cela peut être le signal qu’il est actuellement moins demandé … à cause d’une innovation qui rend complètement désuet ce FP ».”

    La seule condition qui violerait mon hypothèse serait le cas où le MN des FPs n’interprête pas l’accumulation des stocks comme une possible diminution de rentabilité. Le fait que le MN des biens finaux soit le seul acheteur ne changerait rien au problème, puisque l’accumulation du stock peut être le signe qu’une innovation (comme une méthode productive moins coûteuse) fait son entrée sur le marché, et que le monopole actuel des FPs sera bientôt renversé. Ceci est d’autant plus préoccupant que compte tenu du fait que les machines sont très difficilement reconvertibles, pour les raisons déjà évoquées, la marge d’erreur est extrêmement mince. Pour de tels biens non-reconvertibles, la meilleure stratégie consiste à s’assurer l’écoulement du stock, parce qu’il n’est pas certain que la demande reste inflexible. Que se passe-t-il si le public ne désire plus les biens de consommation produits par le MN ? Celui-ci cessera son activité, et toutes les machines “immobilisées” par le MN des FPs vont être vendues au rabais. Comme le rappelait de Soto, les stades éloignés de la consommation sont très dépendantes des stades proches de la consommation. Elles sont potentiellement plus fragiles. C’est pourquoi je dis que la marge d’erreur est mince.

    Rappelons, une nouvelle fois, que compte tenu de la possibilité de diminuer ses coûts de production par l’accroissement de la production et vente des FPs pour bénéficier des économies d’échelle, le choix de faire hausser les prix et laisser s’accumuler le stock (et le doute quant à la viabilité de la manoeuvre) apparaît hautement improbable dans le panel des alternatives possibles.

    8. “Pour que le monopoliste de premier niveau soit réellement en situation de monopole par rapport au monopoliste de second niveau, il faut, par hypothèse, qu’il contrôle l’offre de tous les FPs substituables du point de vue du monopoliste de second niveau.”

    J’avais pourtant édité mon commentaire juste après l’avoir rédigé, pour préciser que “Rappelons qu’il n’a jamais été précisé dans le débat que le MN des FPs possède des biens d’équipements impossible à substituer par d’autres. Simplement qu’il possède le monopole des facteurs ‘initialement’ demandés par le MN des biens finaux. Même si nous raisonnons dans un tel cadre d’analyse où il n’existe aucun substitut au FP demandé par le MN, ce qui est d’ailleurs un cadre encore plus irréaliste que celui dont nous sommes en train d’analyser, les autres points que j’ai soulevés restent valides.” alors que tout le problème reste à prouver qu’un tel cas extrême puisse prévaloir dans la réalité. A vous de jouer.

    9. “De nouveau votre nihilisme dogmatique. Je n’ai rien à ajouter par rapport à ce que j’ai dit ci-avant.”

    Mon commentaire était d’une importance capitale. Toutes vos autres objections dépendent de l’existence d’un signal de monopole. Si un tel signal n’existe pas, votre objection générale s’effondre comme un château de carte. C’est le coeur même de tout le débat.

    10. “Le « gain concurrentiel » dont il s’agit, c’est le gain que le monopoliste lui-même aurait obtenu s’il n’avait pas « restreint » sa production.”

    C’est ce que j’ai dit. Et ceci “Ce n’est pas le « rendement moyen » obtenu dans l’économie” en revanche n’est pas ce que j’ai dit, ni voulu dire. Si là encore vous estimez que je mens. Soit. Je vous accorde le point. Ça m’est égal.

    11. “Mises précise d’ailleurs, ainsi que je l’ai rappelé plus haut, qu’il peut exister un « prix de monopole » de « mise perdue » qui permettra à un entrepreneur de limiter ses pertes en « réduisant » sa production, ce qui implique que le profit obtenu soit inférieur à celui obtenu dans le reste de l’économie (mais, donc, supérieur à ce que l’entrepreneur aurait obtenu s’il n’avait pas « restreint » sa production.)”

    Je connais déjà ça. Mais cela ne sauve pas votre cas pour autant, bien au contraire. Dans ce cas de figure, les concurrents ne se poussent pas, parce que la production du MN conduit à des pertes. Il y a des biens d’équipement inutilisés dans cette branche, mais ce faisant, ils seront utilisés pour d’autres branches. Même si Mises avait précisé que le public préférait que le MN tourne à sa pleine capacité productive, il apparaît clair dans son exemple que ce monopole tient plutôt à satisfaire son public en employant la capacité inutilisée dans une autre branche, et possiblement même pour produire un bien substituable, dans la mesure où le public préférerait que le prix du bien restreint soit produit en plus grande quantité. Dès lors, il est probable que la capacité inutilisée servira à produire un bien substituable. C’est très différent d’une situation où le MN restreint sa production pour affamer le public. Il n’y a aucune menace de monopole, ici.

    Ce cas de figure néanmoins néglige le coeur de tout le débat. Le signal qui indique au MN des FPs ce qui pourrait constituer un monopole. Comme je l’ai expliqué, le taux de profit est clairement insuffisant. L’intensité concurrentielle également.

    12. “Nihilisme dogmatique. Déjà répondu.”

    Indiquez-moi exactement où vous aviez réfuté le fait que “des causes multiples de (1) la réduction de production et (2) les fluctuations de prix … peuvent être provoqués par des causes externes. … Et si vous objectez que le MN des FPs pourra détecter un monopole via l’intensité de la concurrence, et bien, comme je l’ai dit, la concurrence peut s’exercer indirectement via des produits substituables.” empêche précisément tout entrepreneur de définir l’état d’un monopole ? Où est le donc le signal qui leur indiquerait ce qui pourrait être un monopole et ce qui pourrait ne pas l’être ? … à moins peut-être qu’ils n’aient pas besoin de signal pour leur indiquer ce qui peut être ou non un état de monopole ?

  35. 猛虎 says:

    Mais maintenant que j’y pense, une erreur apparaît très clairement dans ma théorie. Elle se situe dans la prémisse. Lorsque je réfléchissais, je repensais toujours à ce que disaient les économistes : “que fait-on si un monopole apparaît sur le marché ?”. En rédigeant ce court billet, j’avais donc raisonné comme suit : “que se passe-t-il si un monopole émerge ? Et bien, le prix des FPs diminue”. C’est cette question, ayant monopolisé mon esprit, qui m’a empêché de développer mon raisonnement en partant du début.

    J’avais simplement brûlé une étape. C’est une bonne chose que je me sois trompé. Loin d’affaiblir ma théorie, l’identification de cette erreur renforce infiniment ma théorie. Obnubilé par la question des économistes, je m’étais posé la question de savoir ce qui se produirait si un monopole émerge, mais je ne m’étais pas posé la question de savoir si oui ou non le monopole peut émerger dans un processus de guerre des prix. J’avais simplement postulé que c’était possible.

    Après une rapide, et pure réflexion, c’est non. Voici pourquoi :

    Lorsque les grandes firmes, ayant des capacités de production plus élevées, ont la capacité de réduire les prix en dessous de ce que pourraient supporter les plus petits concurrents et s’engagent alors dans un processus de guerre des prix, les petites entreprises disparaissent, une à une. Ce processus prend du temps avant d’aboutir au monopole. Dans ce nouveau cadre d’analyse, le monopole naturel n’est pas encore achevé. Ainsi, lorsqu’une entreprise disparaît, il se produit deux choses : (1) les vendeurs de biens d’équipement voient la demande diminuer et baissent leurs prix en conséquence (2) l’entreprise vaincue va lui aussi vendre ses ressources et biens d’équipement. (2) renforce (1). La baisse des prix des facteurs productifs est renforcée.

    Peut-être que les grandes firmes vont-elles se mettre petit à petit à racheter les biens d’équipement en excès, pour en confisquer l’accès aux potentiels concurrents ? Cela apparaît peu probable. Le but ultime de ces grandes firmes est de charger un prix de monopole après être sortis vainqueurs de cette guerre. Il s’agit de restreindre la production. Il serait extrêmement coûteux de racheter tous ces facteurs pour ne pas les utiliser une fois atteint leur statut de monopole, surtout dans la mesure où (1) ils ne sont pas certains de sortir vainqueurs ce cette guerre (2) ils ne sont pour le moment pas encore parvenus au monopole. Mais voici venir le pire : si les grandes firmes se mettent à racheter les installations, les prix de ces facteurs ne vont effectivement pas diminuer. Ils peuvent même monter, si les grandes et petites firmes se concurrençant entre elles enchérissent les prix et mènent une seconde guerre : le rachat de toutes les installations et tous les facteurs productifs en excès. Inutile de dire que le coût d’un tel rachat est particulièrement stratosphérique pour les grandes firmes, d’autant qu’elles ne sont pas censées les rentabiliser lorsqu’elles deviennent des monopoles si leur but ultime est la réduction de la production. Elles désisteront, de sorte que les prix des facteurs et les diverses installations sont autorisés à diminuer.

    Peut-être, direz-vous, que les grandes firmes là encore vont tenter de compenser leurs pertes par des hausses de prix ? Non. Car dans ce processus, les grandes firmes sont censées diminuer les prix au fur et à mesure, pour gagner cette guerre des prix. Racheter (1) toutes les installations et (2) les biens d’équipements vendus par les industries éloignées du stade de consommation est une manoeuvre extrêmement coûteuse. Hausser les prix fera venir encore plus de concurrents, et obligerait les grandes firmes à racheter les installations supplémentaires, encore, et encore. Ça ne peut pas durer. Et à ceci, faut-il rajouter l’incertitude quant à savoir si la guerre des prix peut être gagnée. Et quand.

    Ou peut-être allez vous m’opposer la même objection ? L’existence d’un monopole des FPs ? Sauf que là encore, les industries de ces secteurs éloignées de la consommation sont eux aussi assujetties à la pression de la concurrence. Si la guerre des prix ne peut être gagnée dans les secteurs les plus proches de la consommation, elle sera difficilement gagnée dans les secteurs les plus éloignés de la consommation.

    Donc,
    Je viens d’immuniser ma théorie contre toutes vos attaques.

  36. Raoul says:

    1° La thèse de la vacuité du concept de « prix de monopole » est loin d’être consensuelle chez les Autrichiens modernes. Mais que le concept de monopole lui-même (par opposition à sa réception par les politiques de concurrence) soit indifférent à la question du terme, cela découle du bon sens. Mais je n’y reviens pas.

    2. Mon dieu mon dieu mon dieu. Soit vous n’avez pas la capacité de comprendre le concept de « marge », soit vous avez compris que vous aviez tort et ne voulez pas le reconnaître. Je ne sais quel terme de l’alternative est le bon, mais je n’ai pas besoin de savoir : dans tous les cas, il est tout à fait que inutile que je continue à vous répondre, puisque, de toute évidence, je parle dans le vide. (Accessoirement, ce que vous écrivez n’a absolument aucun rapport avec ceux de mes propos que vous citez.)

    3. “D’autre part, il appartient au monopoliste de premier niveau de ne pas pressurer excessivement les marges du monopoliste de second niveau, afin de s’assurer la coopération prolongée de ce dernier.” Ce qui ne change rien au problème puisque tout profit, aussi faible soit-il, tend à être éliminé, selon vos propres mots, par la concurrence.»

    Je n’ai nullement écrit cela. J’ai écrit que les profits finissent tous par être éliminés. Mais je n’ai pas dit qu’ils seraient tous éliminés par la concurrence. J’aime écrit expressément, il y a plus d’une semaine, que ce n’était pas le cas. Certains profits sont éliminés par la concurrence, horizontalement, d’autres sont absorbés par les fournisseurs, verticalement – c’est l’imputation. Or, cette imputation, dans notre exemple, s’opère précisément au bénéfice du vendeur des FPs.

    4. Vous écrivez : « Or, lorsqu’il entamera sa première vague de hausse des prix, la baisse de la demande en FPs lui donne déjà le signal que sa stratégie n’est pas forcément efficace. » Cette phrase est dépourvue de sens (à cause du « pas forcément »). De surcroît, vous postulez manifestement que la courbe de la demande serait élastique, i.e., que l’augmentation du prix unitaire ne suffirait pas à compenser la chute de la demande. Evidemment, le « prix de monopole » nécessitant que la demande soit inélastique, si on postule que la demande est élastique, il ne peut y avoir de « prix de monopole ». Accessoirement, il n’est pas possible de poser a priori que l’incertitude empêchera de tenter quoi que ce soit.

    5. “ Si je vous disais que je le savais, et que c’est exactement ce que j’ai voulu dire par “aucune demande n’existe pour ces biens d’équipement” en faisant spécialement allusion aux biens d’équipements invendus qui résulteraient d’une baisse de la demande, vous allez encore me dire que je mens – ce pourquoi d’ailleurs je n’ai pas répondu précédemment aux autres remarques. C’est pour cela que je concède le point que vous désirez tant. Vous gagnez, je perds. Comme ça, vous êtes satisfait, et moi aussi. »
    Il n’est pas absolument impossible que vous ayez voulu dire cela. Mais (i) étant donné que votre style de rédaction est extrêmement obscur, vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous si vous estimez n’être pas compris, et (ii) dire qu’il n’y a « aucune demande » pour le stock courant d’une entreprise n’a aucun sens, à moins que ce stock ne fasse l’objet d’aucun écoulement. En effet, à un instant t, par hypothèse, le stock restant n’a pas été demandé/vendu (si on excepte les commandes non encore expédiées). Cela n’aurait pas plus de sens que de dire, en entrant dans une boulangerie, « il n’y a donc aucune demande pour les baguettes qui sont encore sur vos rayons ? ».

    6. « “De surcroît, dans l’hypothèse envisagée, le monopoliste de second niveau est le principal voire l’unique utilisateur des FPs.” Vous l’avez affirmé. Pas moi. »

    Si vous me dites « maintenant on parle de girafes » et que je continue à parler avec vous, je ne pourrai pas vous répondre, si jamais j’affirme que les animaux considérés vivent dans l’eau, « c’est vous qui avez affirmé que ne parlions de girafes, pas moi. ». Or, le « prix de monopole » pratiqué par le monopoliste de second niveau ne pourra permettre au monopoliste de premier niveau d’augmenter son prix que si ce premier est le seul ou le principal acquéreur des FPs. En effet, les autres acquéreurs potentiels, ne chargeant pas eux-mêmes des prix de monopole, pourraient difficilement suivre la hausse du prix des FPs. Par conséquent, s’il y a d’autres acquéreurs, le vendeur des FPs devra, soit les sacrifier (ce qui nécessite qu’ils soient peu nombreux), soit, éventuellement, pratiquer des prix des prix distincts selon les acquéreurs (ce qui est rarement faisable).

    7. « Pourtant, même dans un cadre aussi exceptionnelle dont j’attends encore une preuve…» : ça ne veut rien dire.

    « à cause d’une innovation qui rend complètement désuet ce FP » ». Vous êtes en train de me dire qu’une entreprise pourrait cesser d’utiliser (ou diminuer sa consommation) de FPs, sous prétexte qu’il existerait une possibilité (simplement déduite d’un ralentissement du stock résultant majoritairement d’une baisse de sa propre demande) que les FP utilisés aient été dépassés par une innovation, sans même avoir vérifié si le l’innovation fantasmée existe vraiment. C’est le sommet de l’absurde.

    (Accessoirement, vous ne pouvez pas légitimement déduire une impossibilité d’une possibilité.)

    « La seule condition qui violerait mon hypothèse serait le cas où le MN des FPs n’interprête pas l’accumulation des stocks comme une possible diminution de rentabilité »

    Soit vous avez écrit « MN des FPs » au lieu de « monopoliste de second niveau/acquéreur des Fps », soit ce que vous dites est absurde. En effet, par hypothèse, la baisse de la demande est plus que compensée par la hausse du prix unitaire, ce qui fait que la rentabilité, bien loin de baisser, s’accroît. (Et même si vous n’avez pas fait de lapsus, c’est aussi absurde, mais quand même un peu moins.)

    « Le fait que le MN des biens finaux soit le seul acheteur ne changerait rien au problème, puisque l’accumulation du stock peut être le signe qu’une innovation (comme une méthode productive moins coûteuse) fait son entrée sur le marché, et que le monopole actuel des FPs sera bientôt renversé. »

    Ca aussi, c’est absurde. Par hypothèse, si le monopoliste de second niveau est le seul acheteur, l’accumulation du stock ne peut résulter que de son fait (ou de la décision du monopoliste de premier degré de produire plus…), i.e. de la baisse de sa propre demande. Or, le monopoliste de second niveau sait que la baisse de sa propre demande ne résulte pas de l’apparition d’une innovation pour laquelle il aurait abandonné son ancien fournisseur !

    « Rappelons, une nouvelle fois, que compte tenu de la possibilité de diminuer ses coûts de production par l’accroissement de la production et vente des FPs pour bénéficier des économies d’échelle, le choix de faire hausser les prix et laisser s’accumuler le stock (et le doute quant à la viabilité de la manoeuvre) apparaît hautement improbable dans le panel des alternatives possibles. »

    J’ai déjà écrit DEUX FOIS que j’étais parfaitement d’accord sur ce point. Et pourtant, j’aurai encore à le dire une fois.

    8. Pour répondre, je me sers de la copie de vos commentaires que je reçois par email. Je n’ai donc pas connaissance des modifications qui peuvent leur être apportées ultérieurement. Qu’importe.
    Le fait qu’il n’existe pas de facteurs parfaitement substituable est nécessairement impliqué dans l’hypothèse que le vendeur des FPs exerce un monopole. Un monopole doit en effet s’exercer sur quelque chose, et ce « quelque chose » est une catégorie de biens, et cette catégorie regroupera toutes les choses que l’acquéreur regardera comme identiques. D’où je déduis que, pour que le vendeur soit en monopole, il faut qu’il n’y ait pas de produits parfaitement substituables.
    J’ai mis « parfaitement » en italique. Il est en effet compatible avec notre hypothèse qu’il existe des substituts, du moment que ces subsituts sont moins avantageux que le facteur initial (soit qu’ils coûtent plus cher, soit qu’ils soient de moins bonne qualité.) L’absence de substitut parfait possède donc le même degré de « réalisme » ou d’ « irréalisme » que l’hypothèse d’un monopole des Fps ; ce n’est qu’une reformulation de la même idée. S’il y a des substituts imparfaits (ce qui sera sans doute fréquent), on retombe sur la question du monopole de marge.

    9. Je n’ai pas dit que votre commentaire n’était pas important, j’ai dit que j’y avais déjà répondu plusieurs fois. (Ce qui revient certes à dire que son importance marginale est nulle.)

    10. Je ne sais pas si vous avez pu ou non le dire ailleurs, tout ce que je sais, c’est que la phrase en cause était incompatible avec cette idée.

    (Je m’occuperai des autres numéros un autre jour. J’en ai fait assez pour aujourd’hui.)

  37. 猛虎 says:

    1. Comme vous voulez.

    2. Vous n’avez jamais tenté de démontrer que ce changement de méthode productive diminue ses marges de profit alors que j’ai démontré qu’une hausse relative du coût des FPs conduit à un usage accru de main d’oeuvre avec des machines moins coûteuses, ce qui est un signal que le MN des biens finaux dépense moins par machine, soit une indication claire qu’une autre méthode est moins coûteuse, et donc qu’il existe une “alternative”, et donc, qu’il n’est absolument pas certain que le MN des biens finaux soit captif du MN des FPs. Vous n’avez même pas essayé de vous défendre contre l’argument en question.

    Donc, je gagne par forfait. C’est une victoire décidément très amère.

    3. En ce qui concerne l’imputation, tout dépend de la concurrence dans le secteur. Sauf à considérer que la concurrence ne s’exercerait pas sur le MN des FPs, il n’y a aucune raison de supposer que le profit sera éliminé par une imputation, même dans ce cas de figure.

    4. Le “pas forcément” contredit votre assertion sur le fait qu’il va persévérer dans cette stratégie. L’accroissement de l’incertitude diminue sensiblement la probabilité qu’il augmentera de nouveau les prix. Comme je le disais, il n’a aucune assurance que le MN des biens finaux persévère dans son business. Les machines qu’il possède sont des biens inconvertibles. Il est extrêmement risqué de les accumuler, parce que justement il s’agit de biens d’équipement très spécifique. Nous sommes très loin du cas d’une simple brique pouvant être employée à de multiples usages.

    5. Ne vous excitez pas. J’ai dit que vous avez gagné.

    6. Exactement. Je suis une girafe. Menteuse de surcroît.

    7. “ça ne veut rien dire.”

    Bravo.

    “Vous êtes en train de me dire qu’une entreprise pourrait cesser d’utiliser (ou diminuer sa consommation) de FPs, sous prétexte qu’il existerait une possibilité (simplement déduite d’un ralentissement du stock résultant majoritairement d’une baisse de sa propre demande) que les FP utilisés aient été dépassés par une innovation, sans même avoir vérifié si le l’innovation fantasmée existe vraiment.”

    Ce n’est pas improbable si le MN des biens finaux se décide à acheter des machines à moindre coût, comme expliqué précédemment. Ce peut être le signe que des FPs substituables ont fait leur entrée sur le marché. Le fait d’acheter des machines usées, obsolètes et périssables est une indication que le MN des FPs utilise une méthode qui repose moins sur le capital. Et donc, moins sur les secteurs produisant des capital goods, et donc fatalement, se reposer moins sur le MN des FPs.

    “par hypothèse, la baisse de la demande est plus que compensée par la hausse du prix unitaire, ce qui fait que la rentabilité, bien loin de baisser, s’accroît”

    Vous postulez, et n’expliquez rien. J’attends une démonstration. Aussi, vous faites comme si l’incertitude ne traverse même pas l’esprit de l’entrepreneur. L’incertitude est aussi un coût, à proprement parler (c’est pourquoi j’ai dit que ce n’est pas rentable). L’incertitude est prise en compte pour déterminer les stratégies entrepreneuriales. Je l’avais déjà dit. Il n’est absolument pas certain d’être assuré de vendre tous ces biens d’équipement.

    “si le monopoliste de second niveau est le seul acheteur, l’accumulation du stock ne peut résulter que de son fait (ou de la décision du monopoliste de premier degré de produire plus…), i.e. de la baisse de sa propre demande.”

    Vous n’avez pas compris. Je dis que le changement de méthode productive, passant d’une méthode très capitalistique à une méthode faiblement capitalistique, peut être le signe qu’une méthode innovante est justement responsable de ce changement de stratégie venant du MN des biens finaux. Même si ce n’était pas le cas, c’est toujours le signe que le secteur tend à devenir moins intensive en capital, ce qui représente un énorme danger pour le MN des FPs.

    “J’ai déjà écrit DEUX FOIS que j’étais parfaitement d’accord sur ce point. Et pourtant, j’aurai encore à le dire une fois.”

    Oui, parce que vous considérez qu’il va adopter une stratégie monopoliste alors que l’autre stratégie consistant à accroître sa production est complètement délaissée. Donc même si vous reconnaissez que cette stratégie serait plus rentable, vous ne cessez pas de dire que le MN des FPs va augmenter ses prix pour tirer sur le MN des biens finaux et que ce dernier va également augmenter ses prix pour tenter d’en tirer un surprofit. Si la stratégie était plus rentable, vous n’auriez jamais fait de telles déclarations.

    Tout ce que vous dites depuis le début, c’est que le MN des FPs augmentera ses prix, laissant s’accumuler ses FPs. Cette déclaration est formellement incompatible avec ma déclaration qu’une stratégie d’accroissement de production serait la meilleure option. Une déclaration sur laquelle vous êtes tout à fait d’accord. Relisez vous : “Je pense effectivement que cette stratégie sera (le plus souvent) la plus opportune pour le monopoliste naturel”. Sauf à dire bien sûr qu’il y aurait une exception. Mais vous n’en avez jamais rien dit. S’il n’y a pas d’exception, alors toutes vos autres objections s’évaporent comme de la fumée.

    8. Comme je l’ai dit, il existe plusieurs moyens de produire un bien. Votre hypothèse nécessite donc qu’un monopole en capital productif ait pu émerger suite à une guerre des prix. Et aussi, que lorsque les entreprises de détail changent de stratégie en faveur d’une méthode moins capitalistique, les grandes firmes qui entamaient la guerre des prix n’interprètent pas cette réaction comme une baisse imminente de la rentabilité des secteurs produisant des capital goods. Ceci, est évidemment improbable.

    9. Donc je gagne par forfait. Je n’ai jamais goûté aux victoires amères.

    10. Laissez tomber. J’ai dit que vous avez gagné.

    Toute cette discussion de toute manière n’a aucun sens compte tenu de mon autre commentaire… où j’ai fait valoir qu’un monopole ne pourrait pas surgir durant un processus de guerre des prix.

  38. Raoul says:

    1/2

    Je reprends donc où je m’en étais arrêté (à savoir, le n°11 du commentaire du 3 novembre à 16h58).

    11. Normal que vous le connaissiez puisque j’en avais déjà parlé il y a quelques jours sur ce même fil. Mais entre « connaître » et avoir « intégré » une idée, il y a hélas une marge importante, comme le démontre votre commentaire.

    Du reste, si j’ai cité l’exemple du monopole de mise perdue, c’était dans le but d’illustrer le fait que le « profit de monopole » n’est pas le rendement moyen obtenu dans l’économie et que vous aviez donc tort d’écrire que « Un gain de monopole, aussi faible soit-il, est toujours un gain au-dessus du taux concurrentiel » (J’avais mis cette phrase en gras pour vous aider).

    Or, au lieu d’admettre la fausseté de votre raisonnement, vous faites un long et broussailleux commentaire (qui n’était pas demandé) sur le concept de monopole de mise perdue, et vous évacuez discrètement la question intéressante, en affirmant péremptoirement, comme à votre habitude, que « le taux de profit est clairement insuffisant ». (On notera d’ailleurs qu’une telle affirmation ne pourrait présenter un sens que si un taux profit particulier (3%, 4%…) avait été mentionné, ce qui n’était évidemment pas le cas). Si vous n’avez pas d’autre argument, il serait peut-être sage de clore la conversation.

    12. 1° (Point accessoire) Ainsi que je l’ai déjà écrit de nombreuses fois, le vendeur des FPs n’est pas intéressé par l’existence en tant que telle d’un monopole, mais par toute possibilité d’obtenir un rendement supérieur à celui qui était obtenu jusqu’alors. L’existence d’un monopole n’est digne d’intérêt qu’en tant qu’elle permet d’obtenir ce profit supérieur.

    2° (Point principal) Ainsi que je l’ai déjà écrit de nombreuses fois, les « causes multiples » dont vous parlez affectent tous les phénomènes de la vie économique, et non uniquement le petit vendeur de FPs de notre exemple. Tout agent économique agit dans un environnement marqué par l’incertitude. Mais cela n’empêche pas les entreprises, quand elles ont à déterminer leur politique tarifaire, d’estimer la capacité à payer de leurs clients potentiels et l’utilité que les produits vendus représentent pour ces derniers – que ces clients soient ou non en situation de monopole.

    Si vous voulez plus de renseignements, je vous propose de faire un F3 avec « nihil » dans le présent fil. Si, après ça, vous ne comprenez toujours pas, je ne peux rien pour vous. Je n’ai rien à ajouter.

  39. Raoul says:

    2/2
    1° Il y a une chose que vous semblez ne pas comprendre. Votre « théorie », je ne l’ai pas vraiment attaquée. J’ai seulement envisagé un cas où elle pourrait être mise en défaut. Si vous relisez le début du fil, vous verrez que je n’y étais pas particulièrement hostile, et même plutôt favorable. J’ai même fait part de mes doutes à l’égard de mes propres critiques.

    En revanche, comme, par une susceptibilité tout à fait déplacée, vous avez mal pris que j’ose critiquer un petit peu votre billet, vous vous êtes mis à entasser non-sens sur non-sens (sur l’ERE, sur les monopoles et le court terme, sur la « complexité »…), j’ai dû me résoudre à parler sans langue de bois, et à vous dire que vous écriviez n’importe quoi – mais cela avait cessé d’entretenir un rapport avec votre billet initial.

    Du reste, ce n’est pas tant que votre thèse soit particulièrement « critiquable », c’est avant tout qu’elle…– « enfonce une porte ouverte » serait trop fort –, mais, disons, que le scénario attaqué, celui d’une guerre des prix, était déjà le plus contesté, surtout depuis les travaux de McGee sur Standard Oil.

    Même au sein de l’Ecole de Chicago (qui est pourtant d’un libéralisme très modéré), beaucoup d’économistes sont convaincus que l’hypothèse d’une « atteinte à la concurrence » via une guerre des prix est, sinon impossible, du moins extrêmement improbable. Voyez la citation de Bork que je donne en début de fil.

    J’ai d’ailleurs rappelé à trois reprises (ceci constitue donc la 4ème) que je suis parfaitement d’accord pour dire que la meilleure stratégie pour un « monopole naturel » sera le plus souvent de conserver ses prix bas.

    Cela dit, je suis toujours intéressé par un argument supplémentaire, s’il est sérieux.

    Ce petit préambule terminé, je passe à l’examen de votre commentaire.

    « Lorsque je réfléchissais, je repensais toujours à ce que disaient les économistes : “que fait-on si un monopole apparaît sur le marché ?”. En rédigeant ce court billet, j’avais donc raisonné comme suit : “que se passe-t-il si un monopole émerge ? Et bien, le prix des FPs diminue”. C’est cette question, ayant monopolisé mon esprit, qui m’a empêché de développer mon raisonnement en partant du début. J’avais simplement brûlé une étape. C’est une bonne chose que je me sois trompé. Loin d’affaiblir ma théorie, l’identification de cette erreur renforce infiniment ma théorie. Obnubilé par la question des économistes, je m’étais posé la question de savoir ce qui se produirait si un monopole émerge, mais je ne m’étais pas posé la question de savoir si oui ou non le monopole peut émerger dans un processus de guerre des prix. J’avais simplement postulé que c’était possible. Après une rapide, et pure réflexion, c’est non. »
    Hum hum. En fait, si vous jetez un œil au début de ce fil, vous verrez que j’avais déjà remis les choses dans la bonne perspective, et que, même si ne vous en rendiez pas compte et si ce n’était pas probablement pas très clair dans votre esprit, vous tendiez déjà à montrer qu’un monopole ne pourrait être mis en place au moyen d’une « guerre des prix » (ou, du moins, ne le pourrait que difficilement).

    Je me cite :

    « Je pense que nous utilisons la même méthode, à savoir postuler que l’entreprise réduit sa production (i.e., fixe un prix de monopole), mais seulement pour en déduire les contradictions que cette situation implique. En revanche, nous utilisons cette même technique d’une manière un peu différente.
    Vous, vous dites que la réduction de la production nécessaire pour atteindre le prix de monopole conduirait à une baisse des prix des facteurs et faciliterait ainsi l’entrée des concurrents, ce qui constituerait un obstacle important – quoique indirect – à la réalisation (ou, plus exactement, au maintien) d’un prix de monopole.
    »

    3° « Lorsque les grandes firmes, ayant des capacités de production plus élevées, ont la capacité de réduire les prix en dessous de ce que pourraient supporter les plus petits concurrents et s’engagent alors dans un processus de guerre des prix, les petites entreprises disparaissent, une à une. »

    Vous envisagez une hypothèse particulière, à savoir, celle où la « guerre des prix » serait menée par plusieurs grandes firmes contre plusieurs petites. Ce n’est pas l’hypothèse communément considérée (et ce n’est d’ailleurs pas celle que vous aviez choisie dans votre billet : « a big firm »).

    Bien sûr, procéder ainsi n’est interdit, mais, en principe, quand on envisage une hypothèse particulière, on le signale expressément – comme je l’ai fait moi-même au début du présent fil.

    De surcroît, si l’hypothèse d’une « guerre » menée par plusieurs grandes firmes n’est pas celle qui est généralement examinée, c’est qu’il y a une bonne raison. Il est particulièrement peu vraisemblable que de grandes entreprises prennent le risque de mener deux « guerres » d’affilée. A moins, toutefois, qu’elles aient conclu un accord entre elles concernant la « guerre » (le rachat des installations) et l’« après-guerre » (la fixation du « prix de monopole »), ce qui les dispenserait de se concurrencer pour le rachat des petites firmes en faillite.

    Mais, soit, j’accepte de discuter cette (nouvelle) hypothèse.

    4° « Ce processus prend du temps avant d’aboutir au monopole. Dans ce nouveau cadre d’analyse, le monopole naturel n’est pas encore achevé. Ainsi, lorsqu’une entreprise disparaît, il se produit deux choses : (1) les vendeurs de biens d’équipement voient la demande diminuer et baissent leurs prix en conséquence (2) l’entreprise vaincue va lui aussi vendre ses ressources et biens d’équipement. (2) renforce (1). »

    Concernant le (1), vous omettez un élément : pour pouvoir baisser leurs prix, les grandes entreprises doivent accroître la quantité vendue, ce qui nécessitera plus de facteurs de production.

    De plus, par hypothèse, le nouveau volume commercialisé ne sera pas « optimal » pour elles : si tel n’était pas le cas, elles n’auraient pas attendu la « guerre des prix » pour produire ledit volume. Il y a donc lieu de considérer cette stratégie comme particulièrement coûteuse pour les « grandes firmes ».

    Cela suffit en soi à limiter la vraisemblance d’une « guerre des prix ». J’avais d’ailleurs signalé cet élément dès mon premier commentaire, en citant Robert Bork : « “Losses during a price war will be proportionally higher for the predator because he faces the necessity of expanding his output at ever higher costs».

    Le (2) est vrai mais c’est un argument très commun. Il est d’ailleurs un peu contrebalancé par le phénomène que je viens de rappeler.

    5° « Mais voici venir le pire : si les grandes firmes se mettent à racheter les installations, les prix de ces facteurs ne vont effectivement pas diminuer. Ils peuvent même monter, si les grandes et petites firmes se concurrençant entre elles enchérissent les prix et mènent une seconde guerre : le rachat de toutes les installations et tous les facteurs productifs en excès.»

    Comme précisé ci-avant, cela suppose que les grandes firmes ne se soient pas entendues avant sur la répartition des installations mises en vente. Or, il est particulièrement peu probable que de grandes firmes se lancent dans une « guerre des prix » sans avoir formé d’accord entre elles. Mais soit, envisageons cette hypothèse.

    6° « Inutile de dire que le coût d’un tel rachat est particulièrement stratosphérique pour les grandes firmes, d’autant qu’elles ne sont pas censées les rentabiliser lorsqu’elles deviennent des monopoles si leur but ultime est la réduction de la production. Elles désisteront, de sorte que les prix des facteurs et les diverses installations sont autorisés à diminuer. »

    Votre argument est extrêmement étrange. De l’hypothèse que les prix seraient trop hauts, vous déduisez que personne n’achètera, et donc que les prix chuteront totalement… Vous écrivez « elles désisteront » comme si on était dans une procédure réglementée d’appel d’offre… En réalité, ce « désistement » n’aura rien de définitif et ne sera pas simultané. Si le prix tend à redescendre, elles rentreront sur le marché, etc, etc. En fin de compte, il me paraît impossible de dire a priori si les prix monteront (du fait du nombre accru d’acquéreurs) ou s’ils chuteront (du fait de la mise en vente d’un nombre important d’entreprise en faillite).

    Je répondrai une autre fois à votre commentaire du 4 novembre à 01:16.

  40. 猛虎 says:

    11. Il n’y a pas de lien entre votre réponse et mon commentaire n°11. Il est possible que vous ayez conscience de vous être empêtré dans une espèce de contradiction. L’exemple cité était inapproprié, alors vous faites dériver la conversation. Pour rappel, vous aviez dit : “Mises précise … qu’il peut exister un « prix de monopole » de « mise perdue » qui permettra à un entrepreneur de limiter ses pertes en « réduisant » sa production … Par conséquent … il est concevable de fixer un « prix de monopole » tout en restant en-deçà du prix que les concurrents potentiels pourrait parvenir à fixer”. Ce que vous vouliez dire était pourtant très clair. Votre objection répondait à ce commentaire “Un gain de monopole, aussi faible soit-il, est toujours un gain au-dessus du taux concurrentiel. Donc, la concurrence subsistera encore” en faisant valoir que dans le cas d’un monopole de mise perdue, les concurrents ne viennent pas défier le monopole, malgré l’existence d’un gain de monopole. J’ai répondu alors : “il apparaît clair dans son exemple que ce monopole tient plutôt à satisfaire son public en employant la capacité inutilisée dans une autre branche, et possiblement même pour produire un bien substituable, dans la mesure où le public préférerait que le prix du bien restreint soit produit en plus grande quantité. Dès lors, il est probable que la capacité inutilisée servira à produire un bien substituable”.

    Aussi, quand je disais qu’un gain de monopole est un gain au-dessus du taux concurrentiel, il n’a pas semblé que vous ayez compris que, comme je l’avais déjà dit dans le commentaire auquel vous venez de répondre :

    10. “Le « gain concurrentiel » dont il s’agit, c’est le gain que le monopoliste lui-même aurait obtenu s’il n’avait pas « restreint » sa production.”

    C’est ce que j’ai dit. Et ceci “Ce n’est pas le « rendement moyen » obtenu dans l’économie” en revanche n’est pas ce que j’ai dit, ni voulu dire. Si là encore vous estimez que je mens. Soit. Je vous accorde le point. Ça m’est égal.

    C’est pourquoi ce commentaire … “c’était dans le but d’illustrer le fait que le « profit de monopole » n’est pas le rendement moyen obtenu dans l’économie et que vous aviez donc tort d’écrire” … n’avait pas lieu d’être.

    12. 1° “le vendeur des FPs n’est pas intéressé par l’existence en tant que telle d’un monopole, mais par toute possibilité d’obtenir un rendement supérieur à celui qui était obtenu jusqu’alors”

    Comme je l’ai déjà dit, le rendement supérieur à celui qui était obtenu jusqu’alors n’est pas toujours signe d’un pouvoir monopolistique. Vous disiez vous-même dans un des tous premiers commentaires “que le prix des biens finaux augmente, cela lui donne un indice intéressant, sinon une certitude, de ce qu’un « prix de monopole » est atteint” mais comme je l’ai dit, une hausse des prix peut être le signe que l’efficience productive s’est effondrée, conduisant ainsi à une hausse des prix, à plus forte raison si la demande est inélastique. C’est pourquoi j’ai tellement insisté sur le signal envoyé par les fluctuations de prix et leur interprétation.

    Vous n’avez pas daigné répondre à cette question :

    “Où est le donc le signal qui leur indiquerait ce qui pourrait être un monopole et ce qui pourrait ne pas l’être ?”

    Ni à celle-ci :

    “à moins peut-être qu’ils n’aient pas besoin de signal pour leur indiquer ce qui peut être ou non un état de monopole ?”

    Elles ont été littéralement passées sous silence.

    2° “cela n’empêche pas les entreprises, quand elles ont à déterminer leur politique tarifaire, d’estimer la capacité à payer de leurs clients potentiels et l’utilité que les produits vendus représentent pour ces derniers”

    En gros, vous dites que le MN des FPs va faire exactement ce que le MN des biens finaux est censé faire : estimer la capacité à payer de sa clientèle directe. Donc, le MN des FPs, en plus d’avoir déjà à estimer la capacité à payer du MN des biens finaux, va également estimer la capacité à payer des clients de ce dernier ? Et tout ceci, en plus, alors que l’option d’étendre sa capacité productive et diminuer ses coûts de production par des économies d’échelles, bien que plus rentable, comme vous le reconnaissez, ne traversera même pas l’esprit de l’entrepreneur ?

    Je barre. J’ai dû lire de travers. En fait, je me suis laissé croire tout seul qu’il y avait quelque chose de neuf, d’où mon interprétation hasardeuse. Mais il n’y avait rien de neuf par rapport à ce que j’ai déjà répondu. Profit élevé n’est pas synonyme de pouvoir monopolistique. Un profit élevé est compatible avec une forte concurrence.

    Enfin. Vous n’avez toujours pas répondu à ceci :
    https://analyseeconomique.wordpress.com/2012/10/22/natural-monopoly-and-the-question-of-the-factors-of-production/comment-page-1/#comment-2106

  41. 猛虎 says:

    1 “J’ai d’ailleurs rappelé à trois reprises (ceci constitue donc la 4ème) que je suis parfaitement d’accord pour dire que la meilleure stratégie pour un « monopole naturel » sera le plus souvent de conserver ses prix bas.”

    Ce qui ne vous a pas empêché à chaque commentaire de répéter que le MN des FPs va quand même faire monter ses prix, et pourtant, vous dites que la meilleure stratégie est de “conserver ses prix bas”.

    2 “vous tendiez déjà à montrer qu’un monopole ne pourrait être mis en place au moyen d’une « guerre des prix » …”

    Non.

    3 “celle où la « guerre des prix » serait menée par plusieurs grandes firmes contre plusieurs petites”

    Une ou plusieurs grands firmes. Ce n’est pas un problème. Le point important est qu’il existe au moins une entreprise surplombant les autres.

    4 “Il est particulièrement peu vraisemblable que de grandes entreprises prennent le risque de mener deux « guerres » d’affilée”

    C’est pourquoi je dis qu’elles laisseront les prix baisser. Car cette manoeuvre serait trop coûteuse. Surtout que, contrairement au cas analysé par Rothbard où le monopole tient à conserver son statut monopoliste, le cas analysé présentement est une situation où les grandes firmes ne sont pas encore parvenues à parvenir à ce statut de monopole. D’où le facteur d’incertitude s’y rajoutant, décourageant encore plus une telle manoeuvre.

    5 “Concernant le (1), vous omettez un élément : pour pouvoir baisser leurs prix, les grandes entreprises doivent accroître la quantité vendue, ce qui nécessitera plus de facteurs de production.”

    Non. Vous oubliez que les grandes firmes ont initialement un avantage sur les petites. Leurs économies d’échelle. C’est parce qu’elles peuvent en supporter le coût qu’elles peuvent diminuer les prix en deçà de ce que peuvent se permettre les petites firmes. Le propre de la guerre des prix, c’est la vente à perte. Rothbard le rappelle clairement : “The usual charge is that a “big” firm, for example, deliberately sells below the most profitable price, even to the extent of suf­fering losses … The “stronger” firm, with the capital resources to endure the losses, then drives the “weaker” firm out of business and establishes a monopoly of the field”. Parce que votre objection consistant à dire que “pour pouvoir baisser leurs prix, les grandes entreprises doivent accroître la quantité vendue” signifie qu’elles ne baisseront jamais leurs prix quitte à encourir des pertes. Je dis qu’elles le feront, mais qu’à terme, elles découvriront que cette manoeuvre est peu rentable.

    6 “le nouveau volume commercialisé ne sera pas « optimal » pour elles : si tel n’était pas le cas, elles n’auraient pas attendu la « guerre des prix » pour produire ledit volume”

    Ce n’est pas qu’elles ont attendu la guerre des prix, c’est qu’elles l’ont provoqué. Pour pouvoir charger un prix de monopole une fois le processus terminé.

    7 “cela suppose que les grandes firmes ne se soient pas entendues avant sur la répartition des installations mises en vente”

    J’ai dit que les coûts seraient relativement plus élevés pour les grandes firmes. Qu’elles s’entendent ou non sur les prix, ces derniers ne baisseront pas dans tous les cas, si les grandes firmes se mettent elles aussi à acheter, concurrençant ainsi les nouveaux entrants. Dans le cas où les prix ne baissent pas, il est clair que les entreprises ne trouveraient pas rentable de les acheter puisqu’elles continueront à faire baisser les prix tant que le guerre ne sera pas achevée. Dans le cas où les prix des FPs baissent, il serait plus avantageux pour les petites firmes de les racheter, et moins pour les grandes. Et ceci, pour les raisons évoquées ci-dessus.

    8 “Si le prix tend à redescendre, elles rentreront sur le marché, etc, etc.”

    Je dis que si le prix monte, le coût est plus élevé pour les grandes firmes que les petites dans le cas du rachat. Si les prix baissent, idem. N’oubliez pas que dans cette situation, si les grandes firmes se mettent à acheter, les petites firmes encore dans la course ont moins les capacités à les acheter, vu qu’elles se font déjà étrangler dans la course à la guerre des prix. Si donc les grandes firmes achètent les facteurs, leurs coûts vont augmenter, par rapport aux coûts que supportent les petites firmes. Au final, les petites firmes sortent vainqueurs, et les grandes firmes seront forcées d’abandonner cette stratégie “guerre des prix + rachat”.

  42. Raoul says:

    Chers éventuels lecteurs,
    Il me semble évident que j’ai démontré avec force la véracité de tous les points que j’ai soutenus sur ce film. Il me semble tout aussi clair que les dernières « objections » de mon interlocuteur (de même que nombre de ses commentaires antérieurs, d’ailleurs) sont si dépourvues de pertinence qu’elles ne méritent même pas d’êtres relevées. Néanmoins, s’il vous reste encore des doutes à éclaircir, vous pouvez venir me demander des précisions sur mon blogue. Il vous suffit pour cela de cliquer sur mon pseudo. Je vous invite également à venir me faire part de votre avis concernant la question de l’« imputation » des bénéfices de monopole.
    Dans l’attente de vous rencontrer,
    Raoul

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