Quality of Institutions : Does Intelligence Matter?

Quality of Institutions : Does Intelligence Matter?

Isaac Kalonda-Kanyama, and Oasis Kodila-Tedika (2012).

Kalonda-Kanyama et Kodila-Tedika analysent l’effet du QI moyen sur différentes mesures de la qualité des institutions, en utilisant un échantillon transversal (sur l’année 2006) de 113 pays. Les résultats montrent que le QI moyen affecte positivement toutes les mesures de la qualité institutionnelle considérées dans la présente étude, à savoir, l’efficacité gouvernementale, la qualité réglementaire, la primauté du droit, la stabilité politique et la voix et responsabilité. L’effet positif de l’intelligence est robuste au contrôle des autres déterminants de la qualité institutionnelle.

Specifically, high population IQ improves institutional quality and positively affects economic growth through high-quality government institutions.

Les auteurs soutiennent que la qualité institutionnelle est le canal par lequel l’intelligence affecte la croissance économique. Plus précisément, le QI élevé de la population améliore la qualité des institutions et affecte positivement la croissance économique par le biais des institutions gouvernementales de haute qualité. Pour cela, ils considèrent la relation entre cinq mesures de la qualité institutionnelle et le QI national. Ces mesures sont les suivantes : l’efficience/efficacité gouvernementale, la stabilité politique, la qualité réglementaire, la primauté du droit et la voix et responsabilité. Les auteurs constatent, après contrôle des autres déterminants de la qualité institutionnelle, que le QI national influence positivement chacune des cinq mesures de la qualité institutionnelle.

Quality of Institutions - Does Intelligence Matter - Figure 1

Les figures 1 et 2 décrivent la relation entre chacune des cinq mesures de la qualité institutionnelle (l’axe de y) et le QI (l’axe de x) pour les pays inclus dans l’échantillon. Dans la figure 1, l’efficience/efficacité du gouvernement est tracée contre le QI. Il apparaît clairement de cette figure que les pays ayant un QI plus élevé profitent d’une efficacité gouvernementale supérieure. Ils représentent également la ligne ajustée pour le modèle de régression simple Gei = α + βIQi +ϵi où Ge est l’efficience/efficacité gouvernementale. Le coefficient estimé pour β est positif (+0.060) et fortement significatif (p-value = 0.000), démontrant qu’un QI élevé améliore l’efficacité du gouvernement.

Quality of Institutions - Does Intelligence Matter - Figure 2

La même conclusion est obtenue lorsque l’on analyse la relation entre chacune des quatre mesures restantes de la qualité institutionnelle et le QI. Tous les quatre graphiques de la figure 2 présentent une relation positive entre la mesure pertinente de la qualité institutionnelle et de l’intelligence. Le coefficient estimé de β du modèle de régression linéaire simple est positif et fortement significatif. Dans le panneau (a), β = 0.042 (p-value = 0.000) pour la voix et la responsabilité; dans le panneau (b), β = 0.42 (p-value = 0.000) pour la stabilité politique; dans le panneau (c) β = 0.054 (p-value = 0.000) pour la qualité de la réglementation, et dans le panneau (d) β = 0.055 (p-value = 0.000) pour la primauté du droit.

Dans chacun des modèles de régression simples, le QI explique plus d’un tiers des variations de la variable de la qualité institutionnelle : 51,8% des variations dans l’efficacité du gouvernement, 30,5% des variations de la voix et responsabilité, 30,2% des variations de la stabilité politique; 48,5% des variations de qualité de la réglementation et 44,1% des variations dans la primauté du droit. En outre, les coefficients de corrélation entre le QI et chacune des cinq mesures de qualité institutionnelle sont respectivement de 0.752 (p-value = 0.000) pour l’efficacité du gouvernement, 0.552 (p-value = 0.000) pour la voix et responsabilité, 0.550 (p-value = 0.000) pour la stabilité politique, 0.699 (p-value = 0.000) pour la qualité de la réglementation, et 0.664 (p-value = 0.000) pour la primauté du droit.

Pour ce qui est des variables de contrôle, les chercheurs incluent l’ouverture aux échanges, les exportations de ressources naturelles, le logarithme du PIB par habitant, l’origine juridique et l’emplacement géographique. Suivant la tendance dans la littérature, l’origine juridique est capturée par la distinction entre les héritages juridiques socialistes, anglais, français, allemands, et scandinaves [voir Islam et Montenegro (2002), Potrafke (2012), et Kodila-Tedika (2012)]. Pour les facteurs géographiques, ils utilisent des variables muettes pour l’Asie de l’Est et le Pacifique, l’Amérique latine et les Caraïbes, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, l’Afrique sub-saharienne et l’Asie du Sud. Pour capturer l’effet des ressources naturelles, ils utilisent la part des produits primaires dans les exportations totales de marchandises. Cette variable tient compte de l’effet des possibilités de recherche de rente en raison de la présence de ressources naturelles. Enfin, l’ouverture aux échanges est mesurée par la part du PIB de la valeur des exportations et des importations totales.

Le modèle en équation (1) est estimé au moyen des moindres carrés en deux étapes (2SLS) pour tenir compte de l’endogénéité possible qui résulte de l’inclusion de l’ouverture au commerce. En effet, tandis qu’une plus grande ouverture augmente la demande pour de meilleures institutions, il peut être tout aussi vrai que les pays dotés de meilleures institutions peuvent être plus ouverts (Islam et Montenegro, 2002).

Les résultats de la régression sont présentés dans le tableau 1. Chacune des colonnes (2) – (6) affiche le modèle estimé pour l’une des cinq variables de la qualité institutionnelle. Notre coefficient d’intérêt, β, est positif et significatif au seuil de 1% dans les régressions où la variable dépendante est la primauté du droit, et au seuil de 5% dans les autres régressions. On peut constater que l’effet positif du QI moyen reste significatif après prise en compte des autres déterminants de la qualité institutionnelle. Par conséquent, les pays ayant un QI plus élevé profitent de meilleures institutions gouvernementales.

Passons maintenant à la performance des autres déterminants de la qualité institutionnelle lorsque le QI est pris en compte. Le tableau 1 montre que le PIB par habitant et les ressources naturelles ont l’effet attendu sur la qualité des institutions. Leurs coefficients sont fortement significatifs et ont les signes attendus dans toutes les cinq régressions, ce qui signifie que les pays ayant un PIB élevé par habitant bénéficient de meilleures institutions, alors que la présence de ressources naturelles affecte négativement la qualité des institutions gouvernementales. Ensuite, l’effet de chaque “muette” régionale et origine juridique sur les différentes mesures de la qualité institutionnelle n’est pas la même.

Enfin, l’ouverture au commerce a un signe inattendu dans le tableau 1. En outre, le coefficient de cette variable n’est significative que pour la primauté du droit et pour la voix et la responsabilité. Ce résultat semble étonnant. Cependant Kalonda-Kanyama et Kodila-Tedika (2012) montrent que, lorsque le QI national est pris en compte, la relation entre la qualité institutionnelle et le commerce peut ne pas être linéaire. Par exemple, ils trouvent une relation croissante mais déclinante entre la primauté du droit et le commerce d’une part, et entre la voix et la responsabilité, d’autre part.

Pour tester la robustesse de leurs résultats, les chercheurs exécutent les mêmes régressions dans le tableau 1 avec les données pour 2002. Les résultats sont rapportés dans le tableau 2.

Le coefficient d’intérêt, β est positif et significatif dans toutes les régressions qu’ils rapportent dans le tableau 2. Toutes les variables de contrôle effectuées de la même manière que dans les régressions, dans le tableau 1. Pour les contrôles supplémentaires de robustesse, ils exécutent les régressions du tableau 1 avec différentes variables de contrôle. Ils ont d’abord utilisé l’indice KOF de la mondialisation (Dreher, 2006; Dreher et al., 2008) plutôt que l’ouverture du commerce. Ils utilisent une variable muette pour les pays à revenu élevé, au lieu du PIB par habitant. Ils justifient l’utilisation de cette variable muette par le fait que les citoyens dans les pays à revenu élevé exigerait de meilleures institutions. Enfin, ils utilisent des muettes pour les continents, plutôt que la classification régionale des pays. Le tableau 3 montre que la variable d’intérêt est importante pour toutes les variables de qualité institutionnelle, à l’exception de la voix et la responsabilité.

Au total, le poids de la preuve indique que le QI a un impact significatif sur les cinq mesures de la qualité des institutions gouvernementales.

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