Le mythe de la prospérité des États-Unis au cours de la Seconde Guerre mondiale

Parmi les plus grands mythes qui courent chez les historiens et certains économistes keynésiens est la notion que la prospérité a prévalu durant la Seconde Guerre mondiale, sous prétexte que le chômage avait pratiquement disparu.

En 1940, le taux de chômage se chiffrait à 14,6% de la population active civile avant de tomber à 1,2% en 1944. Mais ce que néglige le courant dominant, c’est que le gouvernement a simplement augmenté le personnel des forces armées au nombre de 11 millions de personnes, soit près de 20% de la population active totale en 1940, en imposant la conscription militaire. En d’autres termes, ils avaient un emploi parce que l’alternative était la prison. Si donc la nation pousse 11 millions de personnes dans le service militaire et réduit, ce faisant, le nombre de chômeurs par 8 millions, ce n’est pourtant pas un signe de prospérité. Et encore moins un signe de bien-être, tout simplement parce que la conscription est l’antithèse du choix : les gens n’ont pas choisi ces emplois. Ils y ont été forcés.

Comme indiqué dans la Table 1, le niveau exceptionnellement élevé de la main d’oeuvre résiduelle durant la Seconde Guerre mondiale indique que 40% de la population active totale n’a pas été utilisé dans la production de biens de consommation.

S’il est vrai que le PIB en prix constant (dollars 1987) a augmenté de 84% entre 1940 et 1944, il faut noter que ce miracle de production se composait presque entièrement de hausses de dépenses publiques. Et ces dépenses consistaient en des dépenses pour le matériel, l’équipement et le personnel militaire.

Comme le montre le graphique ci-dessus, la composante privée du PIB (consommation + investissement) a en réalité diminué après 1941 alors que la guerre perdurait, et la production privée n’a jamais retrouvé son niveau pré-Pearl Harbor. En 1943, le PIB réel privé fut de 14% inférieur à ce qu’il avait été en 1941.

La nation a simplement produit davantage de munitions et d’armes à feu. La consommation privée n’a pas fleuri non plus durant cette période. Le gouvernement a imposé des contrôles de prix complets pendant la guerre et a donc encouragé l’omniprésence du marché noir; les indices de prix officiels ont échoué à enregistrer le vrai montant duquel les prix réels ont augmenté.

L’augmentation réelle (à savoir, corrigée de l’inflation) des dépenses de consommation a été largement surestimée. Mais même en procédant à un ajustement de cette mal-mesure, la conclusion est que “la consommation réelle par habitant a atteint un pic d’avant-guerre en 1941, … a diminué de plus de 6% durant 1941-1943 et a augmenté durant 1943-1945; et encore, même en 1945, elle n’avait pas retrouvé son niveau de 1941.”
Le gouvernement avait imposé des contrôles de prix sur pratiquement tous les biens utilisés dans l’effort de guerre (essence, caoutchouc, nylon, nourriture, etc…). Le contrôle des prix et le rationnement faisaient que ces produits devenaient alors indisponibles.

Même la réaction des marchés financiers est éloquente. Comme on peut le voir, Table 5, l’indice Standard & Poor’s et la valeur de marché des actions ont chuté (par 28% et 62%, respectivement) durant la guerre. La perspective d’une économie en paix a ravivé la confiance des investisseurs et le cours des actions a bondi en 1945 et de nouveau en 1946.

Sources :
The Myth of U.S. Prosperity during World War II (Robert Higgs) [PDF]
War time Prosperity? A Reassessment of the U.S. Economy in the 1940s (Robert Higgs)
The Myth of US Prosperity During World War II (David R. Henderson)
War Is Good for the Economy – Isn’t It? (David R. Henderson)

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