Erectus Walks Amongst Us – Richard D. Fuerle [Section 4]

Disponible en pdf. Lire la Section [1], [2], et [3], avant de lire ce qui suit.

The Out-of-Eurasia Theory

Le seul point sur lequel OoA et OoE se mettent d’accord serait que l’homme aurait évolué à partir d’un ancêtre du singe, que le singe (et son ancêtre) vivait dans un climat tropical et donc que l’homme trouve ses origines dans les climats chauds et que certains de nos ancêtres ont migré vers les climats plus au nord. L’arbre OoA estime que les primates primitifs (ex, Bahinia) ont vécu en Afrique, qu’il y a eu une expansion rapide des erectus hors de l’Afrique, que l’homme a évolué de l’erectus à l’homme moderne exclusivement en Afrique, que les africains (devenus modernes) ont quitté l’Afrique pour remplacer les espèces eurasiennes non modernes. L’arbre OoE estime que les primates primitifs ont vécu en Asie, pas en Afrique, et que les lignées africaines, néandertaliennes, caucasiennes et asiatiques se sont divisées il y a plus de 2 millions d’années.

Pour OoA, les africains ont évolué sans aucun contact et sans aucune aide des hominoïdes eurasiens. Pour OoE, les africains n’ont pratiquement pas évolué, et s’ils l’ont fait, ce fut essentiellement grâce aux multiples perfusions des allèles eurasiens comme étant un résultat du métissage avec les eurasiens qui ont migré de nombreuses fois en Afrique.

Chapitre 23 – The Bipedal Apes

Comment notre ancêtre primate a-t-il évolué en singe bipède ? Avant qu’il y ait eu le moindre singe bipède, les mammifères arboricoles ont été sélectionnés en faveur d’une intelligence accrue en Afrique et en Asie. Il serait alors raisonnable de supposer que les mammifères arboricoles asiatiques seraient au moins aussi compétents que leurs homologues africains, et ces derniers pourraient ne pas avoir quitté l’Afrique pour remplacer les mammifères arboricoles asiatiques. La figure 23-1, ci-contre, montre des musaraignes arboricoles asiatiques. On notera leur posture verticale et leurs jambes musclées par rapport aux bras. L’escalade des arbres signifie que la plupart du poids est concentré sur les jambes, entraînant l’émancipation de l’avant-bras, désormais libre de saisir et de tenir. Les petites griffes ont été sélectionnées parce que les griffes interfèrent moins avec la saisie des objets. Éventuellement, ces griffes sont devenues des ongles chez les primates.

Les premiers vrais primates, Teilhardina, originaires d’Asie il y a 55,5 millions d’années [3], se sont ensuite propagés en Europe et en Amérique du Nord. Le Bahinia, à la base de l’arbre OoE, a vécu il y a 40 millions d’années et se trouve uniquement en Asie. Un autre fossile, un tarsier vieux de 45 millions d’années (similaire aux tarsiers qui vivent encore aujourd’hui à Madagascar) a été découvert en Chine. Certains scientifiques ont proposé une “théorie du tarsier” de la bipédie : les hominoïdes bipèdes ont évolué à partir d’un mammifère du genre Tarsius qui s’accrochait en position verticale sur le tronc des arbres (ex, figure 23-2).

Fossil tarsiers have been found in Asia, Europe, and N. America but “no tarsiiforms have ever been found in Africa.” (Paleos: The Vertebrates).

L’absence de branches horizontales (comme le bambou dans les tropiques d’Asie) aurait favorisé les animaux plus habiles en position verticale. Et lorsque ces animaux se déplacent sur les arbres à branches horizontales pouvant supporter plus de poids, ils deviennent plus lourds et se déplacent en se suspendant aux branches par les bras tout en conservant leur position verticale.
Les yeux du tarsier sont à l’avant de la tête, regardant droit devant, comme les espèces prédatrices, plutôt que sur le côté de la tête, comme les espèces proies (musaraignes). Le tarsier a de grands yeux car il est nocturne et il a un petit nez car il compte davantage sur la vue que sur l’odorat. Les yeux d’un animal qui se trouve habituellement dans une posture verticale sont dirigés vers un angle de 90° par rapport à sa colonne vertébrale, et pas à un angle de 180° comme chez le quadrupède; c’est pourquoi le foramen magnum est déjà dans le centre du crâne et il n’a pas eu à basculer là comme il le ferait chez un quadrupède [6].
Même si aujourd’hui il n’y a pas de grands singes en Europe (les macaques berbères sur Gibraltar sont des singes sans queue), les orangs-outans et les gibbons étant les seuls grands singes en Asie, cependant …

“…chimp-like apes [once lived] in Europe and Asia as well as in Africa; orangs [lived] in China and India…” (Howells, 1959, p. 107).

Le premier grand singe peut avoir évolué en Europe, mais certainement pas en Afrique :

“Found in Germany 20 years ago, this specimen is about 16.5 million years old, some 1.5 million years older than similar species from East Africa. It suggests that the great ape and human lineage first appeared in Eurasia and not Africa.” (Heizmann, 2001).

Entre 20 à 9 millions d’années BP, les Dryopithecus (deux pieds de haut) vivaient en Afrique, en Europe, et en Asie (fig 23-3, ci contre). Ce n’était pas un bipède, mais il était censé être partiellement debout. Contrairement aux chimpanzés et aux gorilles, il n’a pas développé l’anatomie pour la locomotion sur les articulations. Bien que les grandes canines des Dryopithecus sont primitives, ils ont un modèle dentaire « Y-5 », le même que les grands singes et les humains, ainsi que l’émail épais, que les humains et orang-outans possèdent, mais pas les singes africains. D’autres aspects de ses dents sont plus humanoïdes que simiesques, et ses membres ressemblent à ceux des orang-outans.

“The zygomatic possesses [cheek bones] derived characters which reveal that Dryopithecus is related to the Ponginae [Asian apes] and not to the African apes/humans, as recently suggested.” (Sola, 1993).

Le premier singe bipède (au moins, partiellement) mesurait 3′ 7″ de hauteur, un Oreopithecus bambolii (“Oreo”) qui vivait dans les marais, les marges de lacs peu profonds, et les forêts près des ruisseaux et des rivières, entre 11,2 et 3,4 millions d’années BP. Les os de l’Oreo ont été retrouvés sur l’île de la Toscane-Sardaigne en Italie mais aussi en Asie du Sud-Ouest et en Afrique du Nord-Est. L’Oreo (fig 23-6) n’avait pas de menton et d’os du nez externe, il avait de lourdes arcades sourcilières, mais il commençait à ressembler un peu à l’homme. Il avait des traits proches de l’homme : les dents, la mâchoire, crâne, os de la hanche, main.
L’Oreo pourrait avoir été un ancêtre de l’homme, car il a vécu en Asie de l’Ouest (Iran), juste au sud de l’endroit où georgicus a été trouvé, et ce fut là où d’importants progrès ont eu lieu (agriculture, premières civilisations…).

Se nourrir de plantes et d’animaux aquatiques est dangereux si des crocodiles sont présents, et les chimpanzés d’aujourd’hui évitent sagement d’entrer dans l’eau. Si l’Oreo a évolué dans un environnement nordique exempt de crocodiles, alors les fossiles d’Oreo trouvés en Afrique suggèrent que l’Oreo a migré en Afrique (où il n’a pas évolué) depuis le nord. L’Oreo n’avait pas encore acquis tous les caractères et changements anatomiques nécessaires à un bon bipédisme sur la terre ferme, mais avancer dans l’eau sur ses deux pieds a facilité la transition sur la terre ferme puisque l’eau a réduit le poids des jambes, permettant un meilleur équilibre sur ses deux pieds. La bipédie aquatique maintenait la tête hors de l’eau, donnant une meilleure vue de ce qui était sous l’eau, ce qui a permis l’alimentation en eau plus profonde.

Parce que l’australopithèque fut entièrement bipède, mais aussi un genre durable et étendu qui regroupe au moins six espèces (ramidus, afarensis, garhi, africanus, anamensis, et robustus) il est le descendant logique de l’Oreo, il a évolué quand l’Oreo a abandonné l’eau. La figure 23-7 (ci-contre) compare les crânes d’un Oreo (10 mya, à gauche) et d’un australopithecus africanus (3 mya, à droite) et montre à quel point ils sont semblables. Les mâchoires des deux crânes occupent une grande partie du visage mais l’Oreo a de plus grandes canines, et l’australopithèque a plus de prognathisme. L’australopithèque avait des dents plus humanoïdes que le chimpanzé, suggérant que la scission entre Pan (chimpanzé) et Homo (homme) s’est produite avant l’australopithèque.

Comme l’Oreo, l’australopithèque avait des dents fortement émaillées, un trait humain que les singes africains n’avaient pas. Les os des jambes et du bassin ressemblent étroitement à ceux de l’homme moderne, ne laissant aucun doute sur le fait qu’il marchait sur ses deux pieds. Il mesurait entre environ 107 cm (3′ 6″) et 152 cm (5′ 0″) de haut et il avait des os très solides. Les os des doigts et des orteils sont courbés et proportionnellement plus longs que chez les humains, mais les mains sont semblables à celles des humains dans la plupart des autres détails. Les femelles étaient plus petites que les mâles (dimorphisme sexuel). La capacité crânienne de l’australopithèque varie entre 375 à 550 cc. Le nez est plus proéminent, il a moins d’arcades sourcilières, mais (excepté les cheveux) le visage n’est pas très différent de la reconstruction de l’Oreo à la figure 23-6.

On the other hand, robust species tend to be primarily plant eaters (e.g., the gorilla), while gracile species eat more meat. Since man is gracile and eats more meat than other primates, one might suppose that he descended from a gracile Australopithecus, e.g., A. afarensis.

Bien que différentes espèces d’australopithèques ont vécu en Afrique pendant 2,8 millions d’années, les preuves de leur présence en Europe et en Asie sont difficiles à établir. Contrairement aux néandertaliens, ils n’ont pas eu la sage idée d’enterrer les morts pour qu’on puisse retrouver leurs os aujourd’hui. Sans le feu, ils étaient incapables d’évincer les ours (et autres bêtes) des grottes, comme le faisait le néandertal. Leurs os n’ont pas pu être préservés pour que nous les trouvions. Et ils étaient certainement cannibales; les os fracassés de leurs fossiles suggèrent qu’ils mangeaient la moelle des morts. Les plus vieux fossiles d’australopithèques ont été trouvés dans le Nord-Est de l’Afrique, alors ils pourraient provenir du Sud-Ouest de l’Asie. La soudaine apparition des nouvelles espèces d’hominoïdes en Afrique suggère l’idée d’une migration vers l’Afrique, plutôt qu’une genèse.

“[The Australopithecines in Africa] are the only primate family lacking a known, proven ancestor who lived before the Pleistocene.” (Coon, 1962, p. 217).

Les singes africains (chimpanzés et gorilles) marchent sur les pieds et les articulations (knuckle-walking). Les singes asiatiques (ex, l’orang-outan), en revanche, ne marchent pas sur les articulations, mais sur les paumes (palm-walking). Si l’homme a évolué à partir d’un singe eurasien similaire à l’Oreo, qui est vraisemblablement devenu bipède en pataugeant dans les eaux, alors les orang-outans qui aiment l’eau, contrairement aux chimpanzés, sont plus susceptibles d’être sur cette branche (Figure IV-I) que les chimpanzés, qui craignent l’eau.

“…the orang-utan is the only ape with a knee joint similar to that of humans. Orang-utans walk by extending their legs and hips to give a straight posture, whereas chimps waddle on two legs with bent knees and torso bent at the hip.”

Bien que le palm-walking ne nécessite aucun changement anatomique, le knuckle-walking nécessite des changements spécialisés dans les os des doigts, des poignets, et des avant-bras, afin que l’animal puisse verrouiller ses poignets pour supporter le poids du haut du corps. Le graph ci-contre est censé montrer si la structure osseuse du poignet de l’australopithèque est plus proche du singe africain ou de l’orang-outan asiatique. Les deux ellipses du haut portent sur les caractéristiques du poignet pour le gorille et “Pan”, l’ellipse en bas à gauche pour l’orang-outan (Pongo), et l’ellipse en bas à droite pour l’homme (Homo). Les premiers australopithèques (« ER 20419 » et « AL 288-1 ») étaient plus proches des knuckle-walkers que des orang-outans mais les derniers Paranthropus (« SKX 3602 », maintenant considéré comme étant un australopithèque) et les derniers australopithèques étaient à distance égale de Pan et Pongo. L’ellipse Pongo chevauche avec l’ellipse Homo, alors que les ellipses Pan et gorille ne chevauchent même pas avec l’ellipse Homo.

Les auteurs, Richmond et al., 2001 (p. 87), concluent que le prédécesseur de l’homme était un knuckle-walker qui a perdu les adaptations pour le knuckle-walking (une autre possibilité serait que le singe quadrupède africain a croisé avec un singe bipède eurasien qui aurait migré vers l’Afrique), mais concèdent que les adaptations à l’escalade verticale peuvent être “préadaptatives” à la bipédie (p. 81), ce qui, en d’autres termes, signifie que les ancêtres de l’homme pourraient avoir eu une posture verticale dans les arbres, comme le tarsier. Si les humains ont évolué à partir d’un singe africain, ils auraient dû perdre leurs adaptations anatomiques spécialisés. Néanmoins, la Règle 3 (chap. 4) stipule que les animaux évoluent d’une forme généralisée à une forme spécialisée. L’inverse ne se produit pas. Puisque les humains sont les primates les plus généralisés, ils n’ont probablement pas évolué à partir des singes africains, qui sont spécialisés pour le knuckle-walking.

In the jungle, where the African apes live, bipedalism would be less useful than on the open savanna.

La plupart des paléoanthropologues ont conclu que l’homme descendait d’un ancêtre des chimpanzés, plutôt que d’un ancêtre de l’orang-outan, sous prétexte que la distance génétique entre les humains et les chimpanzés est inférieure à la distance génétique entre les humains et les orang-outans. Néanmoins, il est toujours possible que l’homme descende du singe d’Asie. Sur la figure 23-11 (à gauche), l’homme et l’orang-outan ont des lignées complètement différentes. Sur la figure 23-12 (à droite), cependant, il y a une scission (C/H LCA) [33] dans une lignée du chimpanzé (ligne C) et une lignée de l’Homo (ligne H). Les changements génétiques dans la lignée Homo (ligne O-H) qui se sont produits avant O/H LCA se sont retrouvés dans la lignée subséquente de l’Homo (H) et de l’orang-outan (O). Autrement dit, le dernier ancêtre commun (LCA) des humains et des orang-outans est plus récent que le LCA des humains et des chimpanzés.

La raison pour laquelle la distance génétique entre les chimpanzés et les humains (Hss) est inférieure à la distance génétique entre les orang-outans et les humains provient du fait qu’après O/H LCA, une population dans la lignée Homo a migré vers l’Afrique (la ligne I) d’où il en résulte des croisements avec une population dans la lignée du chimpanzé. Des preuves sur les croisements entre le chimpanzé et la lignée Homo ont été trouvées récemment (Patterson, 2006; Arnold, 2006; Hobolth, 2007).

We find a very recent speciation time of human–chimp (4.1 ± 0.4 million years), and fairly large ancestral effective population sizes (65,000 ± 30,000 for the human–chimp ancestor and 45,000 ± 10,000 for the human–chimp–gorilla ancestor). Furthermore, around 50% of the human genome coalesces with chimpanzee after speciation with gorilla. We also consider 250,000 base pairs of X-chromosome alignments and find an effective population size much smaller than 75% of the autosomal effective population sizes. […] The H-C-G speciation time is estimated to have occurred approximately 2 Myr earlier than the H-C speciation time (i.e., 6 Myr ago).
Hobolth et al., 2007.

Comme il a été vu au chapitre 9, l’indice sacral augmente pour faciliter la bipédie. Il est plus élevé chez le orang-outan (87) que chez le chimpanzé (77). En outre, le fémur de l’orang-outan est plus humanoïde que celui du chimpanzé.
La figure 23-14 (ci-contre) montre une femelle bonobo. Son corps semble très humain. Est-il déraisonnable de suggérer qu’après que les ancêtres des bonobos se soient séparés des ancêtres du chimpanzé commun, ils ont croisé avec un singe bipède, peut-être un singe bipède des marais qui avait migré vers l’Afrique ? [41]
Le bonobo est aussi un knuckle-walker, cependant, ses jambes sont plus longues, utilise la marche bipède un quart du temps, et de façon plus aisée et sur de plus longues distances que le chimpanzé. Son dos est aussi plus droit. Les bonobos ont de nombreux traits humanoïdes, comme la néoténie, le visage plat, un grand front, un corps plus étroit, lèvre rosée, cheveux plus longs, des oreilles plus petites. Contrairement aux chimpanzés, les bonobos semblent apprendre l’utilisation symbolique des mots de façon spontanée, sans nécessiter de formation spécifique dans les différents usages auxquels les mots peuvent être soumis.

John R. Grehan (Mona Lisa Smile, 2006) démontre que les humains et les singes africains partagent 8 caractères alors que les humains et les orang-outans partagent 28 caractères (Table 1 et 2). La morphologie unique partagée par les humains et les orang-outans soulève de sérieux doutes sur la croyance quasi-universelle qui veut que les similitudes des séquences d’ADN démontrent nécessairement une relation plus étroite de l’évolution entre les humains et les chimpanzés.
À noter aussi que seuls les humains et les orang-outans (parmi tous les grands singes, y compris le gibbon) ont une épaisse couche d’émail sur les dents [45], comme le Dryopithecus, l’Oreo, et l’Australopithecus. La structure des dents est conservée (elle ne change pas beaucoup à mesure que l’espèce évolue) et sauf s’il y a une raison pour laquelle l’émail épais serait sélectionné chez les humains et les orang-outans mais pas chez les chimpanzés, cela suggère que l’homme est plus proche de l’orang-outan que du chimpanzé.
Les caractères reproductifs ne changent pas facilement non plus. Chez les chimpanzés, les organes génitaux féminins gonflent pendant l’ovulation, signalant aux mâles que la femelle est prête à s’accoupler, ce qui ne se produit pas chez les humains et les orang-outans. Les chimpanzés, bonobos inclus, s’accouplent “front-to-back” en quelques secondes et en public. Les orang-outans s’accouplent “front-to-front” en privé, et calmement, avec beaucoup d’attouchements (doigts, lèvres). Comme les humains, les femelles orang-outans copulent durant la grossesse [49] et à tout moment durant le cycle menstruel. Les chimpanzés femelles copulent uniquement lorsqu’elles sont en chaleur. Les femelles orang-outans jouent un rôle plus important dans le choix de leur partenaire. Les mâles et femelles orang-outans développent des liens de couple, s’accouplent donc avec le même partenaire. Les orang-outans vivent plus longtemps que les autres grands singes : 40-50 ans dans la nature, 50-60 ans en captivité. Et ils ont un lien mère-enfant plus fort.
Les chimpanzés ont des arcades sourcilières, mais les humains et les orang-outans en sont dépourvus. Les mâles humains et les orang-outans de Sumatra ont de la barbe et des moustaches, pas les chimpanzés. Proches de l’homme, les orang-outans possèdent la plus grande asymétrie entre les hémisphères gauche et droite de leur cerveau, qui est reliée à l’acquisition du langage et de la latéralité. Comme l’humain, l’orang-outan est essentiellement droitier, pas le chimpanzé. Seuls les humains et les orang-outans sourient avec la bouche fermée.

Orangutans have culture (van Schaik, 2003), use human tools, copy human behavior, and have a mechanical ability that anticipates humans. They are the Houdinis of the primate world, able to escape cages by tinkering with their locks. [56]

Chapitre 24 – The Origin of the Eurasians

L’Oreo a vécu dans les régions tropicales et subtropicales et il peut ne pas s’être spécialisé pour les deux. Puisque l’australopithèque avait beaucoup d’espèces et était en plus grand nombre, les spécialisations anatomiques pour différents climats ont sans doute commencé avec l’australopithèque, non avec l’Oreo. Compte tenu de la Règle 3, le LCA de toutes les populations humanoïdes ayant jamais vécu, y compris celles qui vivent aujourd’hui, devait être au moins aussi généralisé que n’importe laquelle de ces populations.
Les africains sont spécialisés pour les tropiques. Ils ont non seulement de grandes quantités de mélanine, et aussi des cheveux uniques. Ces deux traits sont localisés en Afrique, dans les îles Andaman, et chez les Négritos à travers l’Asie du Sud-Est. Le fait que les peuples les plus primitifs et très dispersés (ex, Bushmen, Hottentots et habitants des îles Andaman) ont tous ces traits en commun suggère que ces traits sont une très ancienne adaptation pour les tropiques.
Puisque georgicus, qui vivait il y a 1,8 millions d’années beaucoup plus au nord, avait au moins deux spécialisations (incisives en pelle et chignon occipital), les spécialisations pour les tropiques doivent avoir eu lieu avant 1,8 mya car les hominidés vivaient dans les climats chauds avant de vivre dans le nord (où georgicus a vécu).
Cela veut dire : 1) que les spécialisations tropicales des lignées de l’africain et du négrito ont commencé chez l’australopithèque avant 2 mya, 2) et que l’australopithecus généralisé, à partir duquel l’australopithecus (spécialisé) tropical et nordique a évolué, aurait vécu entre les deux, dans les subtropiques.

Donc, avant que l’australopithèque spécialisé pour les tropiques ait évolué, l’australopithèque généralisé (qui a évolué depuis un Oreo généralisé) occupait les régions subtropicales aussi loin au nord que son corps, non-vêtu, mais velu, pourrait supporter, et donc survivre, et s’est très probablement aventuré aussi bien dans les tropiques. Après que l’australopithèque spécialisé pour les tropiques ait évolué, l’australopithèque généralisé, qui était en moins bonne condition physique pour les tropiques, ne vivait qu’au nord des tropiques dans les régions subtropicales de l’Europe et de l’Asie.
Les australopithèques généralisés qui ont vécu à la limite nord de leur zone subtropicale faisaient face à une forte pression de sélection pour les adaptations anatomiques au froid, car les individus qui pouvaient mieux supporter le froid ont eu accès aux territoires et aux sources de nourritures. Les populations des australopithèques nordiques vivant en Europe et en Asie de l’Ouest ont suivi le chemin habituel de l’évolution pour l’adaptation au froid – un corps poilu, plus grand et plus compact, ayant moins de surface par unité de poids. Ils représentent le début de la lignée du néandertal.
Les populations australopithèques vivant en Asie de l’Est, cependant, ont pris un chemin évolutif alternatif pour l’adaptation au froid – elles sont devenues néoténiques. Beaucoup de traits néoténiques (graisse sous-cutanée, épicanthus, tête ronde, jambes courtes) offrent une protection contre le froid. L’absence de poils est aussi néoténique. Les asiatiques ont peu de poils, suggérant qu’ils comptaient moins sur leurs poils et plus sur leur graisse sous-cutanée pour se tenir au chaud. Ces populations australopithèques furent le début de la lignée mongoloïde. Les asiatiques de l’Est ont tellement de spécialisations au froid que ces adaptations sont certainement très anciennes.

Mais l’australopithèque généralisé qui a engendré les deux espèces spécialisées (pour les tropiques et pour le froid) ne s’est pas éteint. Il a cédé aux tropiques ses descendants ‘spécialisés pour les tropiques’ et il a cédé aux régions plus au nord (à l’est comme à l’ouest) ses descendants ‘spécialisés pour le froid’, les néandertaliens et les mongoloïdes, et il a réussi à survivre entre les deux; être généralisé était encore un avantage. Il (et ses descendants généralisés) s’est spécialisé socialement (mais pas anatomiquement) par une meilleure organisation et communication, et technologiquement par de meilleures armes, outils, et vêtements.
Rester plus généralisé signifie qu’il ne pouvait pas rivaliser avec ses descendants spécialisés. Le mieux qu’il pouvait faire était de migrer vers le nord et le sud selon les saisons, et avancer vers le nord à mesure que sa technologie s’améliore. En Eurasie, trois lignées ont progressé depuis le singe jusqu’à l’homme moderne : la lignée du néandertal vers le nord et l’ouest, la lignée mongoloïde vers le nord-est, et la lignée Ouest-asiatique entre les deux. Les Ouest-asiatiques généralisés sont devenus les Cro-Magnons, qui sont ensuite devenus les européens.
Des trois lignées, le néandertal a été le plus isolé puisque sa puissance et sa taille dissuadaient les asiatiques de l’Ouest de s’aventurer sur leur territoire, et s’ils se sont métissés avant 46 000 ans BP, ce fut certainement négligeable. Ces asiatiques ont parfois migré dans l’Est du territoire asiatique, ce qui leur a permis de se métisser avec les asiatiques de l’Est.

Le modèle évolutif de l’australopithèque, Figure 24-1, ci-dessous :

Des trois lignées, l’européen est le plus généralisé des trois grandes races. La lignée européenne doit donc remonter avant que ces spécialisations apparaissent, sous-entendu que les européens sont les descendants des australopithèques généralisés et des peuples les plus anciens. Les mutations s’accumulant au fil du temps, on pourrait objecter que, sous prétexte que les asiatiques ont plus de variations génétiques que les européens, ils sont plus anciens. La vérité, c’est que les européens, déjà en petit nombre, ont été frappés plus sévèrement que les asiatiques par Toba (et les ères glaciaires), et c’est pourquoi ils ont perdu les variations qu’ils avaient accumulées.

Les preuves fossiles soutenant les figures IV-I et 24-1 restent insuffisantes, mais on ne peut pas en conclure que l’homme aurait surgi en Afrique ou en Asie sous prétexte que davantage de fossiles hominoïdes ont été trouvés là-bas. La plupart des paléoanthropologues croient que l’homme est apparu en Afrique, et pas ailleurs. Donc ils cherchent des fossiles en Afrique, et pas ailleurs. Pour finir, il y a plus de financement pour les fouilles en Afrique que les fouilles dans d’autres régions. La Chine possède plus de fossiles erectus, Hs, Hss, et d’artéfacts, que l’Asie de l’Ouest car sa population est plus petite et qu’elle préserve moins bien les ossements (sol acide, abris construits) qu’en Asie de l’Est (grottes).
La plupart des migrations vont d’Ouest vers l’Est, suggérant une origine occidentale de l’homme et une évolution des populations plus avancées à l’Ouest, ce qui est conforme à la Règle 3. Ceci dit, avec l’agriculture (il y a 12 000 ans), les asiatiques de l’Est ont évolué (technologiquement) plus vite que les européens. Les européens ont dépassé l’Asie de l’Est il y a quelques siècles déjà, même si la Chine semble rattraper son retard aujourd’hui.

La plupart de l’évolution précoce des caucasiens est censée avoir eu lieu en Inde, puis en Asie de l’Ouest, et enfin en Europe de l’Est. L’Asie de l’Ouest et la Mésopotamie seraient le type de territoires où la transformation de l’australopithèque généralisé en Homo généralisé pourrait avoir commencé. Il y avait de l’eau fraîche, de la nourriture, et des changements saisonniers. Quand ce territoire est devenu encombré, certains groupes ont été poussés vers l’Est et l’Ouest, et aussi vers le nord (Turquie, Arménie…) puis en Géorgie, là où georgicus a été trouvé.
Les trois lignées devenaient plus intelligentes à mesure qu’elles se déplaçaient vers le nord. Les Ouest-asiatiques généralisés ont dû faire preuve de plus d’innovations technologiques pour survivre au froid, parce qu’il y avait moins de sélection pour l’adaptation anatomique au froid. Ils ne pouvaient pas encore rivaliser avec les populations anatomiquement spécialisées au froid, aussi bien au nord-ouest (néandertaliens) qu’au nord-est (mongoloïdes), sur l’exercice de chasse. Cependant, plutôt que de se concentrer sur les grands mammifères, ils s’appuyaient sur une variété d’aliments, de sorte qu’ils pouvaient sélectionner des sources alternatives de nourriture si le nombre de grands mammifères décline. Comme les circonstances le permettaient, ils se propagèrent vers l’ouest (Europe) et vers l’est (Asie), et aussi vers le sud.

North Central Asia was relatively uninhabited because it was not close to either the Atlantic or Pacific Oceans, making it both cold and dry, a hostile environment for man. (Hoffecker, 2002). It was this separation that kept the Neanderthals from interbreeding with the East Asians and provided the generalized populations in between with a territory to the north where they did not have to compete with either of those two populations.

Georgicus est un bon exemple de ce que les premiers Homo, adaptés au froid, auraient pu ressembler. Georgicus est, à certains égards, très semblable aux premiers types d’Homo (habilis et ergaster, trouvés en Afrique) et aux derniers erectus, à tel point que certains scientifiques classent georgicus comme étant un ergaster, alors que d’autre le placent parmi les erectus. La Géorgie avait un climat alpin dans les montagnes (frontière nord et sud-ouest) et un climat subtropical sur la mer Noire. Alors les premiers hommes (ex, georgicus) pourraient fouiller et chasser dans les montagnes en été, puis se retirer vers les plaines plus chaudes en hiver, pour progressivement évoluer en une population anatomiquement plus adaptée au froid.
Comme d’autres populations qui avançaient vers le nord, la lignée du néandertal (Georgicus, Antecessor, Heidi, et l’homme de Néandertal), est devenue plus grande, plus forte et plus intelligente que leurs voisins du sud, et elle s’est de nouveau étendue vers les climats chauds (Afrique inclue, dans une moindre mesure). Les indigènes des tropiques étaient mieux adaptés aux tropiques que les populations nordiques, qui ont été absorbées et se sont éteintes. Après la révolution culturelle (il y a 50 000 ans), les asiatiques de l’Ouest ont été en mesure de s’étendre, se déplacer vers le nord, et d’évincer les néandertaliens de la Géorgie et de l’Europe orientale.

Sous les tropiques, moins de poils permet au corps d’évacuer plus rapidement la chaleur et de réduire les parasites de la peau externe. Dans un climat froid, un poil épais est avantageux. Cependant, ils abritent des poux, des tiques et des puces qui transportent des maladies mortelles; ex, les poux transportent des bactéries responsables du typhus épidémique, de la fièvre des tranchées, et de la fièvre récurrente. L’absence de poils laisse le corps recevoir plus de lumière, lui permettant de générer plus de vitamine D. Lorsque les premiers hommes ont utilisé les peaux d’animaux comme vêtements, les poils ont été perdus, et ceux qui en avaient le plus étaient plus susceptibles de mourir de maladies.

Les premiers hommes ont probablement perdu la plupart de leurs poils il y a  240 000 ans, quand un changement génétique s’est produit et aurait empêché la croissance des poils du corps : le gène KRT41P (chap 13) a été désactivé il y a 240 000 ans. D’abord, le changement s’est produit chez une seule personne dans un petit groupe, avant de se propager, car c’était signe de bonne santé et que les hommes et les femmes sélectionnent les compagnons qui ont moins de poils.

L’homme primitif a dû migrer vers le sud de l’Himalaya afin d’atteindre l’Inde et l’Asie du Sud-Est, mais les Hs généralisés ont mieux réussi à survivre au froid et pourraient prendre la route la plus difficile à travers les steppes au nord de l’Himalaya, au moins durant les mois les plus chauds, ainsi que la route du sud, s’installant d’abord dans les zones les plus exemptes des erectus et les plus au nord de l’Asie [36]. L’expansion ultérieure des populations plus avancées, les Hss, aurait forcé les Hs généralisés à migrer encore plus au Sud, où certains d’entre eux ont métissé avec les erectus en Nouvelle-Guinée et en Australie.

Les Hs Ouest-asiatiques généralisés n’ont pas l’anatomie adaptée au froid, mais ils maîtrisaient le feu et pouvaient vivre plus au nord que leur prédécesseur, l’erectus. Ils pouvaient migrer vers le nord ou le sud selon les saisons, mais la migration (deux fois par an) signifiait l’abandon de ce qui ne pouvait pas être transporté, et l’abandon du territoire. Les migrations saisonnières pouvaient être évitées par l’acquisition des outils, des armes, et des refuges nécessaires à leur survie en été et en hiver, ou par l’évolution de l’anatomie, ou les deux.

The advantages of avoiding seasonal migrations was one of the payoffs from the final stage of man’s evolution, going from archaic man (Hs) to modern man (Hss). In the more northern regions occupied by archaic man, those who had the intelligence to make it through the winter without seasonally migrating became Hss, modern man. […] In West Asia, modern man was the Cro-Magnons.

Quand arriva la seconde ère glaciaire, au nord de Moscou, l’herbe qui nourrissait les grands herbivores a disparu sous la glace, tandis que les arbrisseaux ont remplacé une grande partie de l’herbe dans les basses latitudes. L’herbe ayant disparu, la plupart des grands herbivores sont morts, ce qui a causé la diminution des Néandertaliens et des Aurignaciens car ils n’étaient pas suffisamment préparés pour le froid.

Entre 30 000 à 35 000 ans BP, le peuple Aurignacien a migré vers l’Europe depuis l’Asie, suivi par les Gravettiens depuis le Moyen-Orient (il y a 25 000 ans), voir Figure 24-6. Rappelons que la seconde période glaciaire est située entre 30 000 à 12 000 ans BP, et elle a culminé entre 21 000 et 18 000 ans BP. Les Aurignaciens se seraient déplacés vers l’Europe à mesure que la glaciation approchait. Les Gravettiens, qui se dirigeaient vers l’Europe lorsque la gravité de la glaciation augmentait, avaient une culture plus avancée et pouvaient mieux survivre dans le froid.
Bien que la lignée du Cro-Magnon s’est séparée de la lignée du Néandertal il y a 2 millions d’années, il y avait encore un peu de métissage, la plupart s’étant produit entre 46 000 et 24 500 ans BP, quand les néandertaliens se sont éteints. Le métissage entre Cro-Magnons et mongoloïdes, bien que par intermittence, s’étendait sur une période plus longue. Le résultat fut que le Cro-Magnon a absorbé le néandertal à l’ouest, et qu’il s’est fait absorbé et évincé par les mongoloïdes à l’est, laissant derrière lui peu de traces de sa présence [40], comme les Jomon au Japon et les Polynésiens. Certains “hybrides mongoloïde-Cro-Magnon” ont migré vers les Amériques, devenant les Nord-Amérindiens. Le métissage entre ces populations fait que la date du LCA européen-néandertal (700 000 ya) et la date du LCA européen-asiatique (46 000 ya) semblent plus récentes que ce qu’elles étaient.

L’arbre dessiné par Cavalli-Sforza ci-dessus montre les distances génétiques. Les longueurs des lignes sont proportionnelles à la distance génétique entre les populations, et puisque ‘f’ est plus long que ‘d’, on peut conclure que les chinois ont évolué plus loin du Hss originel que l’on fait les européens. Les asiatiques de l’Est ont évolué en population spécialisée à partir d’une population généralisée. Si OoA est véridique, le LCA des races devrait être situé près de la jonction des lignes ‘a’, ‘b’ et ‘c’. Si OoE est véridique et que les races sont nées il y a plus de 2 millions d’années à partir d’un australopithèque généralisé, le LCA des races devrait être sur la ligne C, à proximité de sa jonction avec ‘d’ et ‘e’, le plaçant plus près des européens que des chinois.
On constate également sur l’arbre que les asiatiques sont plus éloignés des africains que des européens. Si OoA était correct, et que les africains ont migré en Asie avant d’atterrir en Europe, les chinois devraient être plus proches des africains. OoE apporte la réponse à cette énigme. Les asiatiques sont plus éloignés des africains que ne le sont les européens car les européens sont restés généralisés alors que les africains et les asiatiques se sont spécialisés dans des directions opposées. À noter aussi que les européens hominoïdes ont été plus nombreux (que les asiatiques hominoïdes) à migrer vers l’Afrique pour ensuite se métisser avec les africains hominoïdes. Sans ce métissage, ‘c’ serait plus long.

Les Aïnous sont des indigènes soupçonnés d’être le vestige du métissage entre les coréens et les jomon, un peuple maritime qui s’est répandu autour de la Polynésie. Le Jomon est un vestige des Hs Ouest-asiatiques généralisés qui ont migré vers l’Asie. Les aïnous ont des arcades sourcilières proéminentes, de grandes dents, des traits primitifs Hs, un nez plus large, et un épicanthus, mais leur peau est plus blanche, moins jaunâtre, et certains ont même les yeux bleus.
Les aïnous sont parmi les personnes les plus poilues au monde. Ils ont hérité leur pilosité de leur ancêtre Hs poilu, et ils ont été isolés des asiatiques de l’Est [47]. La langue Aïnou ressemble à la langue Basque (les basques vivent aujourd’hui entre la France et l’Espagne).

Chapitre 25 – The Neanderthals

Entre 350 000 et 24 500 ans BP, l’Europe a été occupée par les néandertaliens, mais il y a 46 000 ans, leur nombre a commencé à diminuer, et les caucasiens sont apparus à leur place. Les néandertaliens fabriquaient des ornements, des outils en os, et même une flûte (âgée de 43 000 à 82 000 ans, Figure 25-1) à partir des os d’un ours des cavernes.
Ils prenaient soin de leurs blessés et furent les premières personnes connues pour avoir enterré les morts, parfois avec des artéfacts et fleurs. La migration du Cro-Magnon en Europe a commencé il y a 46 000 ans, et a continué entre les deux périodes glaciaires, lorsque les forêts ont remplacé l’herbe, décimant les grands herbivores et les néandertaliens qui s’en nourrissaient. Maintenant, la question est de savoir comment les néandertaliens ont pu survivre aux côtés des Cro-Magnons, fraîchement arrivés, pendant si longtemps.
Une explication serait qu’ils n’avaient pas les mêmes stratégies de chasses, et ne chassaient donc pas les mêmes proies en même temps [13]. Les néandertaliens étaient des ‘chasseurs en embuscade’ alors que les Cro-Magnons suivaient les troupeaux, sélectionnant les plus faibles d’entre eux (les jeunes, les vieux, les malades). Les lances des néandertaliens (celles avec de grosses et lourdes pointes) nécessitent du bois lourd et massif, mais les néandertaliens avaient des os solides et un avant-bras très musclé qui leur donnèrent une puissante adhérence.

Une autre suggestion (du Dr. WW Olson) serait que le néandertal pouvait être un chasseur de nuit. Il se nourrissait essentiellement de gros gibiers, des herbivores. Il avait une ouverture nasale importante, car elle lui permet d’inhaler de grandes quantités d’air durant l’effort physique. Ils se déplaçaient furtivement et encerclaient les troupeaux sous couvert de l’obscurité, avant de jeter ou d’enfoncer leurs lances. Bien que leurs os étaient épais et denses, les fractures semblent indiquer que les combats contre les bêtes furent d’une violence considérable.

Il n’a sans doute pas été facile pour les Cro-Magnons (plus graciles) de se déplacer sur le territoire d’un tel adversaire. Ils sont plus petits et faibles, mais ils pouvaient jeter leurs lances (faites de pointes légères) plus loin, et ils n’étaient alors pas obligés d’être aussi proche de leur proie.
Les jambes du néandertal étaient plus courtes et son corps plus lourd; ils utilisent 30% plus d’énergie en marchant que ce que nous utilisons [12]. Ils avaient donc plus de difficulté à suivre les troupeaux migrateurs. Ils avaient un bassin plus large, ce qui ne facilite pas la marche. Les Cro-Magnons auraient pu compter davantage sur la graisse que sur les muscles; la graisse est moins coûteuse à entretenir et ne nécessite pas un apport constant d’énergie.

En plus de leur grande mobilité et de leur technologie supérieure, les Cro-Magnons avait des chiens, pas les néandertaliens; les chiens leur donnèrent un avantage important dans la chasse. La meilleure communication, coopération et réseaux sociaux, résultant en plus d’échanges, donne au Cro-Magnon un accès à l’information et aux matériaux qui n’auraient pas pu être trouvés localement. Chez l’homme de néandertal, le larynx était plus élevé dans la gorge, ce qui aurait limité la complexité des sons qu’il pouvait émettre. Le Cro-Magnon faisait de la peinture sur grotte, fabriquait des bijoux; pas le néandertal.

Finalement, l’homme de néandertal a suivi le chemin habituel de l’extinction; étant spécialisés pour obtenir une source particulière de nourriture (les grands mammifères), ils se sont éteints à mesure que cette nourriture s’amenuisait.

Les Hss et néandertaliens étaient génétiquement assez proches pour que tout croisement puisse conduire à une descendance fertile.

“We suggest that the H2 haplotype [of the MAPT gene] is derived from Homo neanderthalensis and entered H. sapiens populations [i.e., Caucasian only] during the co-existence of these species in Europe from approx. 45000 to 18000 years ago.” (Hardy, 2005).
“It would indicate that archaic populations such as Neanderthals must have made a substantial [5%] contribution to the modern gene pool in Europe.” (Plagnol & Wall, 2006).

Les mâles des populations plus avancées se métissaient avec des femelles de la population moins avancée (et sur le déclin); on pouvait facilement imaginer que les Cro-Magnons mâles offraient la nourriture qu’ils avaient en excès aux femmes néandertaliennes affamées.

“When wolves encounter dogs, they usually eat them. But sometimes they mate with them. When they mate it is almost always the male wolf with the female dog. The reverse is rare – male dogs are almost never able to mate with female wolves.” (Whitney, 1999)

La descendance hybride qui en résulte aurait eu l’ADNmt du néandertal, mais pas l’ADNmt du Hss. Tout naturellement, les hybrides qui avaient la combinaison de traits la plus adaptée à l’environnement européen auraient été sélectionnés pour transmettre leurs allèles à la prochaine génération. Les mâles hybrides qui possédaient les aptitudes cognitives du Hss et la force du néandertal auraient pu avoir un meilleur succès reproductif que les mâles de chacune des populations mères. Le même principe pourrait s’appliquer aux femelles hybrides qui avaient les caractéristiques graciles de la femelle Cro-Magnon et les cheveux blonds ou roux du néandertal.
Après un certain nombre de générations, cette population hybride deviendrait la plus adaptée à l’environnement, dominant les populations du Cro-Magnon et du néandertal qui doivent se contracter à mesure que la population hybride se développe. Les mâles hybrides peuvent maintenant se métisser avec la femme (primitive) de Néandertal ou avec la femme (féminine) de Cro-Magnon. S’ils préfèrent la deuxième, leurs progénitures (les caucasiens) auraient l’ADNmt du Hss mais pas l’ADNmt du néandertal (bien qu’ils possèdent l’ADN nucléaire du néandertal). [26]

Les néandertaliens du nord diffèrent des néandertaliens du sud, tout comme les européens du nord diffèrent des européens du sud (par exemple, 75% des allemands ont les yeux bleus). Cela peut s’expliquer par la sélection des traits dans les climats du nord et du sud; mais aussi par le métissage : les Cro-magnons dans le nord métissés avec les néandertaliens du nord, les Cro-magnons dans le sud métissés avec les néandertaliens du sud.
Une étude de Stefansson et al. (2005) a trouvé une inversion de 900 000 paires de base (la chaîne de l’ADN est à l’envers) dans le chromosome 17, vieille de plus de 3 millions d’années. La mutation est retrouvée chez 20% des caucasoïdes testés; elle est quasiment absente chez les mongoloïdes, et rare chez les négroïdes. Les femmes ayant la mutation ont plus d’enfants.
Comment les caucasiens ont-ils obtenu une mutation aussi vieille ? Selon OoA, c’est parce que les africains ont perdu cette mutation. Mais pourquoi les asiatiques l’ont perdu quand 20% des caucasiens l’ont gardé, compte tenu du fait que ces deux populations ont évolué dans un environnement plus ou moins similaire ? Une meilleure explication, c’est que l’inversion serait survenue avant le LCA des néandertaliens, africains, eurasiens et caucasiens, chez un australopithèque qui appartenait à la même lignée que le néandertal. Ensuite, les Cro-Magnons croisent avec les néandertaliens qui avaient cette mutation, la transmettant à leurs enfants hybrides, les caucasiens. Puis, des caucasiens donnèrent leurs mutations à quelques asiatiques et africains.

Si les caucasiens possèdent des traits (yeux bleus et verts, cheveux blonds et roux) qui n’ont pas été trouvés chez n’importe quelle autre population à partir de laquelle ils auraient pu acquérir ces traits, alors ces traits prennent racine dans la lignée caucasienne, ou ils proviennent des néandertaliens. Ces allèles ne sont pas très anciens chez les caucasiens, comme le confirme Eiberg et al. (2008) [32] :

The mutations responsible for the blue eye color most likely originate from the neareast area or northwest part of the Black Sea region, where the great agriculture migration to the northern part of Europe took place in the Neolithic periods about 6–10,000 years ago (Cavalli-Sforza et al. 1994).

Si ces traits sont anciens chez les caucasiens, ces allèles se seraient propagés en Asie; suffisamment pour que ces allèles (récessifs) puissent être exprimés de temps à autre. D’autre part, les allèles aurait eu plus de 1,8 millions d’années pour apparaître dans la lignée du néandertal (avant georgicus). Puis il y aurait eu 21 500 ans (de 46 000 ya à 24 500 ya – depuis l’apparition du Cro-Magnon en Europe et la disparition du néandertal) pour l’homme de Cro-Magnon d’acquérir les allèles par croisement avec les néandertaliens.

Pour compliquer les choses, certains aborigènes australiens avaient les cheveux blonds (parfois les yeux bleus) et d’autres traits caractéristiques des caucasiens. Certains d’entre eux ont des traits spécifiques aux néandertaliens, comme le chignon occipital ou les sourcils broussailleux, qui remontent à georgicus. Certains aborigènes sont plus généralisés que les néandertaliens ou les caucasiens, ce qui signifie que la lignée du néandertal n’a pas produit la lignée des aborigènes, même si elle pouvait y avoir contribué. Ces deux lignées proviennent d’un australopithèque généralisé; les traits néandertaliens (chignon occipital, sourcils broussailleux…) ont été acquis plus tard par les aborigènes depuis un ancêtre du néandertal, comme georgicus ou Heidi. Les cheveux blonds et les yeux bleus ne sont pas avantageux en Australie, ces traits ont donc été apportés ici par les caucasiens primitifs.

Le métissage Cro-Magnon-Néandertal contribue à certains des traits qui sont communs aux néandertaliens et certains caucasiens. Le chignon occipital est constaté chez les lapons, les finlandais et les personnes dans le sud du Lancashire dans le nord de l’Angleterre (qui avait été envahie par les Vikings), les mêmes personnes qui étaient les plus susceptibles d’avoir les cheveux blonds et les yeux bleus.

Si la théorie du Dr Olson est correcte et que les mâles néandertaliens chassaient le bétail durant la nuit (comportement aventureux et risqué), cela pourrait expliquer pourquoi les caucasiens sont plus aventureux et curieux que les asiatiques, et pourquoi, aussi, les caucasiens ont contribué à plus de découvertes et d’accomplissements que les asiatiques, en dépit du fait que les caucasiens ont un QI plus faible (chap 13, gène DRD4).

An allele, “7R,” on the human dopamine receptor gene DRD4, appeared in Caucasians only 30,000 to 50,000 ya, but is over 300,000 years old, and must have come from “a closely related hominid linkage,” i.e., Neanderthals. (Ding, 2002). Interestingly, this gene is associated with “the personality trait of novelty seeking,” (and attention deficit hyperactivity disorder (ADHD)) which may explain why Caucasians explore and discover more than Asians, and have far more Nobel Prizes (375 to 32). (Kanazawa, 2006). “The 7R allele, for example, has an extremely low incidence in Asian populations yet a high frequency in the Americas.” (Ding, 2002).

Les afrocentristes nient que les asiatiques de l’Ouest (qui sont devenus les caucasiens) ont croisé avec des espèces archaïques. Mais si, selon OoA, les caucasiens ont évolué à partir des asiatiques de l’Est sans avoir croisé avec les néandertaliens, il leur est impossible d’expliquer pourquoi le crâne caucasien est moins néoténique que le crâne asiatique.

Une caractéristique partagée chez certains néandertaliens et certains caucasiens est ce qu’on appelle le prognathisme mi-faciale (figure 25-10, ci-contre). C’est une forme de prognathisme où la mâchoire et (surtout) le nez dépassent le front; elle est trouvée chez de nombreux européens et quelques asiatiques. Elle contraste avec le prognathisme simiesque spécifique aux africains, où la mâchoire passe devant le nez et le front, donnant au visage un aspect incliné vers l’arrière.
Puisque les africains, et la plupart des asiatiques, n’ont pas ce prognathisme mi-faciale, d’où peut-il provenir ? OoA ne peut pas l’expliquer, puisqu’il vient du néandertal dont la taille et la longueur du nez ont augmenté pour réchauffer l’air froid du nord avant d’atteindre les poumons. La proéminence du nez (plutôt que de la mâchoire) suggère l’utilisation d’armes dans les combats (plutôt qu’en mordant avec les dents).

Le métissage peut expliquer comment les caucasiens ont obtenu des traits pourtant pas nécessairement avantageux (couleurs des yeux, des cheveux…). Le phénomène est appelé « balayage sélectif » ou « auto-stop génétique ». Supposons, par exemple, qu’un néandertalien, vivant en Europe, porte en lui un allèle extrêmement avantageux (et des allèles non nécessaires à la survie ou à la reproduction). Le croisement entre Cro-Magnons et néandertaliens permettra de transmettre cet allèle avantageux à la progéniture, mais également les autres allèles (non avantageux) à proximité. Les individus qui héritent de cet allèle avantageux avaient plus de succès reproductif, et cet allèle avantageux finit par se propager à travers toute la population. De cette manière, les allèles non avantageux ont pu se propager.

Une preuve fossile d’un croisement avec les néandertaliens est la présence d’une forme différente d’un trou dans la mâchoire, par lequel passe le nerf mandibulaire, connu comme étant le “foramen mandibulaire”. Ce trou est disponible sous deux formes (ci-contre), “normal”, que la plupart des humains vivants possèdent, et “horizontale-ovale” (HO), qui est presque entièrement limitée aux néandertaliens et aux fossiles des européens. Comme la forme du trou n’a pas d’importance fonctionnelle et que la forme “HO” est peu susceptible d’être apparue indépendamment, par hasard, chez les néandertaliens et les européens, alors les européens doivent l’avoir obtenu grâce à l’homme de Néandertal. Il y a trop de traits et d’allèles non avantageux (et inhabituels) trouvés chez les caucasiens, de sorte qu’ils ne peuvent pas provenir uniquement de mutations.

Chapitre 26 – The Origin of Africans

“Antiquity in the Congo is almost an utter blank, so that we cannot approach the Negro from the past. At the same time we cannot find ancient signs of him anywhere else [5]. We know nothing about the Negroes… .” (Howells, 1948, p. 279, 295, 297)

“In the territory of the Negroes – a major stock of mankind, fully distinguished from Whites or Mongoloids – we find virtually no history at all.” (Howells, 1959, p. 303)

Tous les humains ont évolué loin, très loin de l’ancêtre du singe. Les africains constituent l’exception, car ils sont restés dans le même type d’environnement où l’ancêtre du singe a vécu. Ça veut dire qu’ils étaient proches de l’équilibre (Règle 10). Les traits nouveaux et inhabituels qui surgissaient en Afrique étaient donc susceptibles d’être moins avantageux que les traits qu’ils possédaient déjà, les traits qui remplissaient déjà parfaitement leur rôle depuis des millions d’années. Ainsi, seule une petite portion de l’évolution des africains était due à la sélection des traits codés par des mutations survenues chez les africains; les africains ont surtout reçu des mutations survenues chez les eurasiens lorsque ces derniers ont migré vers l’Afrique et que le métissage s’est produit.

Had no Eurasian hominins ever entered Africa, there would be no members of the Homo genus in Africa today.

Garrigan et al. (2007) ont encore mieux à nous comprendre :

Analyses of sub-Saharan African populations provide little evidence for a history of population bottlenecks and suggest that they began diverging from one another upward of 50 KYA. […] African populations are shown to experience low levels of mitochondrial DNA gene flow, but high levels of Y chromosome gene flow.

Les migrations de primates en provenance de l’Eurasie vers l’Afrique peuvent avoir commencé il y a longtemps avec les prosimiens, suivis par les singes, les singes quadrupèdes, les singes bipèdes, les australopithèques, les erectus, les Hs du nord, et enfin les Hss. Puisque les intervalles entre les migrations en Afrique ne sont pas assez longues pour que les migrants récents et anciens puissent évoluer en différentes espèces, les croisements pouvaient produire des hybrides viables.
Le nombre de migrants plus évolués pénétrant en Afrique à tout moment était largement inférieur au nombre des (premiers) migrants moins évolués avec lesquels ils pouvaient se croiser, alors les migrants ont été absorbés, laissant derrière eux quelques fossiles; les seules preuves de leur présence sont leurs allèles chez leurs progénitures hybrides.
Comme ces hominoïdes plus avancés sont arrivés en Afrique depuis l’Eurasie, ils (et leurs descendants hybrides) ont poussé les hominoïdes moins avancés très loin du point d’entrée, à savoir, le nord-est de l’Afrique. Le premiers (et les plus primitifs) migrants ne se sont pas éteints immédiatement, mais ils se sont retirés dans les territoires moins désirables, devenant de moins en moins nombreux, s’accrochant néanmoins pendant de très nombreuses années avant de s’éteindre.
En eurasie, un processus similaire s’est produit, mais des centaines de milliers d’années plus tôt. Lorsqu’un nouvel allèle plus adaptatif apparaissait en Eurasie, il y avait aussi des croisements entre ceux qui portent des allèles qui offrent une forte intelligence et ceux qui n’ont pas ces allèles; bien entendu, les hybrides les mieux adaptés ont survécu. Mais il a fallu des centaines de milliers d’années, si ce n’est des millions d’années, pour que les nouveaux allèles se propagent jusqu’aux individus qui les portent en Afrique.

Pourquoi ces allèles n’apparaissent pas en Afrique ? Sans doute pour certains allèles spécifiques aux africains, et d’autres peut-être aussi. En fait, lorsque les allèles apparaissent en Afrique, ils surviennent comme allèles uniques, de sorte que l’individu qui les avait doit réussir ou échouer sur la base de ce seul allèle. Lorsque l’allèle a été apporté en Afrique par les migrants eurasiens, il n’est pas apparu comme un allèle unique, un par individu, mais plutôt comme une collection d’allèles compatibles.
Ceux qui avaient cette collection réussissaient ou échouaient sur la base de cette collection, ce qui aurait été plus bénéfique que des allèles uniques. Parallèlement, les effets négatifs de quelques allèles dans le “set” qui étaient inadaptés en Afrique peuvent avoir été compensés par les effets positifs des allèles adaptatifs restants dans le “set”. Progressivement, les allèles inadaptés serait perdus à mesure que les individus qui en étaient dépourvus sont nés.

Les migrants ont apporté avec eux leurs gènes, mais aussi leur culture; leur culture plus avancée leur donnait un avantage considérable. Un allèle plus une culture africaine peut être inconvénient, mais un allèle plus une culture eurasienne serait un avantage. Un allèle pour digérer le lait n’a aucun avantage si les gens ne gardent pas des troupeaux de mammifères herbivores, comme en Afrique, mais c’est un avantage en Eurasie, où les gens gardent des troupeaux.
Bien que les premiers primates venaient des tropiques d’Eurasie, les derniers hominidés venaient des climats du nord et donc n’étaient pas adaptés aux tropiques, ils n’avaient aucune résistance aux maladies tropicales : la plupart n’ont pas survécu longtemps et ont laissé peu de fossiles. Les premiers migrants Homo en Afrique pouvaient être des habilis primitifs qui étaient mieux adaptés pour l’Eurasie que pour l’Afrique, bien qu’ils avaient certains avantages, comme des outils et des armes supérieures.

Les hominidés eurasiens ont croisé avec les indigènes résistants à la maladie avant que les migrants soient morts, et cela a produit des hybrides avec différents mélanges de traits des population mères. Les hybrides qui avaient à la fois la résistance des premiers migrants et quelques uns des traits avancés des hominidés eurasiens ont survécu, permettant aux africains d’évoluer petit à petit, même s’ils ont toujours accusé un retard sur les eurasiens de plusieurs centaines de milliers d’années. Coon (The Origin of Races, 1962) donne une estimation de 200 000 ans, ce qui place directement les africains à la transition entre Hs et Hss. La grande variété d’allèles qu’on retrouve aujourd’hui chez les africains est le vestige, la trace laissée par tous ces migrants depuis plus de 2 millions d’années.
La Figure 26-1 (ci-dessous) montre l’évolution des africains au fur et à mesure qu’ils reçoivent les allèles eurasiens par métissage.

Le désert du Sahara est une barrière infranchissable qui empêchait les mouvements humains vers le nord ou vers le sud, excepté durant les périodes glaciaires, quand il fut un climat tempéré et arrosé. La seule fois où le désert du Sahara était habitable et facile à franchir fut le moment même où les âges glaciaires ont conduit les eurasiens au sud de l’Afrique. L’Afrique du Nord et ce qui est désormais l’Egypte ont été occupées par les blancs, et les migrations hors d’Afrique à travers Gibraltar ont été effectuées par les blancs. Plus on se déplace vers le sud et l’ouest de l’Afrique, plus la “blancheur” des populations décline, ce qui est cohérent avec OoE.

“… in the Upper Paleolithic [40,000 to 10,000 ya] North Africa was racially indistinguishable from Europe, …” (Howells, 1948, p. 272)

La population blanche d’Afrique du Nord le long de la mer Méditerranée (fig. 26-2) aurait pu pénétrer en Afrique depuis Gibraltar ou Suez (Alexandrie). Le mouvement vers le sud n’était possible que lorsque le Sahara n’était pas un désert. Mais en entrant dans la Corne de l’Afrique en Ethiopie, le mouvement vers le sud était possible à tout moment. Une fois en Ethiopie, la côte est de l’Afrique pourrait être poursuivie vers le sud autour du Cap pour regagner de nouveau le nord jusqu’à la côte ouest.

Il existe beaucoup de populations très différentes en Afrique [16]. Puisque les congoids sont les africains les plus simiesques, vivant dans l’une des zones les plus inaccessibles aux migrants eurasiens, ils sont susceptibles de descendre des plus anciens hominoïdes qui ont migré vers l’Afrique. Leurs traits ‘tropicaux’ (peau noire et peu poilue, cheveux courts et crépus) auraient pu provenir des singes bipèdes spécialisés pour les tropiques, probablement une espèce d’Australopithèque. Bien que les Hs et Hss ont migré vers le sud en Asie du Sud-Est et en Afrique, évinçant les hominidés plus primitifs, en Asie du Sud les hominidés primitifs ont été poussés vers les îles et il y avait moins de métissage avec eux. En Afrique, Hs et Hss n’ont pas survécu non plus, ce qui veut dire que moins d’allèles Hs et Hss sont entrés dans le génome africain.
Le Nigeria est sur la côte ouest de l’Afrique, ce qui le rend difficile d’accès depuis le Moyen-Orient, de sorte que les migrants eurasiens devaient soit traverser le centre de l’Afrique, soit longer la côte africaine, autour du Cap, pour rejoindre le nord depuis le long de la côte ouest après avoir passé l’équateur. La zone dans laquelle vivent les nigérians est “la jungle du Congo et de la Côte des Esclaves de l’Afrique de l’Ouest”, la maisons des chimpanzés et des gorilles, suggérant que le croisement entre la lignée Homo et chimpanzé est survenu au Congo dans la lignée ouest-africaine.

“Modern Europeans are apparently more closely related [mtDNA] to South American Indians than are western Africans to southern Africans.” (Haywood, 2000, p. 44)

Pour comprendre l’origine des San et des Hottentots, il est nécessaire d’examiner brièvement les asiatiques. Les hominidés asiatiques augmentent en nombre, puis se répandent vers l’ouest le long du littoral, et enfin en Afrique, comme ceux qui descendaient d’un australopithèque adapté aux tropiques ayant vécu en Inde.
Aujourd’hui, un vestige de ces populations vit encore dans les îles Andaman (fig. 26-4). Il y a 60 000 ans, durant la première ère glaciaire, les îles Andaman étaient accessibles depuis l’Inde continentale, et ces personnes ont probablement vécu en Inde continentale également. Soit leur population s’est élargie, migrant vers l’Afrique, soit ils ont été poussés là-bas par des hominidés nordiques plus évolués qui se sont déplacés au sud pour échapper à l’âge de glace.
La stéatopygie, trait aussi primitif qu’inhabituel, n’est pas sans rappeler les fesses des singes femelles qui deviennent gorgées de sang et rouge vif pour signaler l’ovulation aux mâles. Cela suggère qu’un hominidé stéatopyge, probablement une espèce d’australopithèque adaptée aux tropiques, en Inde, fut un migrant primitif en Afrique. Bien que c’est la graisse qui est stockée, probablement pour survivre pendant les périodes de famine, les fesses élargies apparaissent attrayantes pour les hommes. Les tournures portées par les dames victoriennes dans l’Angleterre des années 1800 eurent un effet similaire sur les hommes.

Les Hottentots (alias “Khoi”) étaient une tribu étroitement liée aux Bushmen. Leur haplogroupe A du chromosome Y est la plus ancienne lignée humaine. Les Hottentots ont vécu en Afrique australe près du cap de Bonne-Espérance. Les hottentots purs n’existent plus, certains mourant de la variole alors que les autres ont métissé avec d’autres africains. Les femmes, comme celles des îles Andaman, sont stéatopyges. Les femmes avaient aussi de grands volets génitaux externes et de larges aréoles avec des mamelons inversés.

Les Bushmen (alias “San”) sont des pygmées (ne pas confondre avec les vrais Pygmées évoluant dans les zones boisées du Congo) d’une tribu de chasseurs-cueilleurs vivant dans le désert du Kalahari en Afrique australe, et constituent l’un des peuples les plus primitifs de la terre (54 de QI). La figure 26-6 nous montre que même les mâles sont stéatopyges. Cette stéatopygie relie ensemble les habitants des îles Andaman, les hottentots, et les bushmen comme étant les descendants d’une seule population. La figure 26-7 est intéressante : cette femme Bushmen a des traits africains (grosses lèvres, nez large, petites oreilles et cheveux crépus) et des traits néoténiques typiquement asiatiques (peau claire et jaunâtre, visage plat, épicanthus).
Ces traits sont des adaptations au froid survenues chez les asiatiques de l’Est quand ils sont devenus néoténiques. Contrairement aux autres africains, les Bushmen sont monogames, un trait typique des climats froids du nord. Les bushmen ont aussi des incisives en pelles et de nombreux bushmen nouveau-nés ont des “taches mongoloïdes” à la base de la colonne vertébrale, les traits asiatiques et l’ADN des Bushmen est 56% Proche-Orient.

The historical evidence is mainly relevant to South Africa where history shows that the Bantu moved into the area, displacing the Khoisans at about the same time as the Europeans came in. Similarity in languages and archaeological evidence traces the earlier stages of the movement. […] Interestingly, the San are closer to Near Eastern populations than the adjacent Bantu populations. (Tracing the Genetic History of Modern Man)

… the possibility that YAP haplotype 3 originated in Asia and migrated to Africa. This hypothesis is supported by the finding of high frequencies of haplotype 3 in some Asian populations (i.e., ~ 50% in Tibet) and by the observation of higher levels of diversity (based on the number and frequency of alleles at the DYS19 microsatellite locus) associated with Asian versus African haplotype 3 chromosomes. Because YAP haplotypes 4 and 5 evolved from haplotype 3 and account for the majority of Y chromosomes in Africa (table 1), this hypothesis implies a substantial Asian contribution to the African paternal gene pool (Hammer et al. 1997). (Altheide & Hammer, 1997)

Phylogeographic analyses suggest that a large component of the present Khoisan gene pool is eastern African in origin and that Asia was the source of a back migration to sub-Saharan Africa […] sub-Saharan Africa is represented by a set of chromosomes that harbors the M207 and M173 mutations […] The last scenario, that of a back migration from Asia to Africa, currently appears to be by far the most plausible. This is because most of the M9 haplotypes (the majority of group VII and VIII lineages, as well as some group IX and X lineages reported by Underhill et al. [2000]) have been observed only in Asia. Moreover, this possibility appears to be further supported by the recent finding of the UTY2+/M173- intermediate haplotype (Karafet et al. 2001) in central and northeastern Asia (the UTY2 marker in the study by Karafet et al. [2001] corresponds to M207 in the present study). […] It is quite reasonable to hypothesize that an ancient Asian gene pool was the source of both the European (haplotype 117b) and Cameroonian (haplotype 117) M173 chromosomes. The fact that haplotype 117 is rare or absent in Asia (P.A.U., unpublished data) or the Middle East (present study), suggests that a large portion of its microsatellite diversity in Cameroon accumulated within the African continent after the proposed back-migration event, probably as a consequence of a population expansion. (Cruciani et al., 2002)

L’évidence montre donc qu’il devait forcément y avoir un certain métissage entre les habitants stéatopyges des îles Andaman et les asiatiques néoténiques de l’Est (les conclusions de Altheide et Hammer, 1997, ne sont néanmoins pas partagées par Cruciani, voir Cruciani 2002: 1210). Le métissage ne s’est probablement pas produit en Afrique du fait que les Bushmen ont d’abord vécu dans le nord de l’Afrique (par où les eurasiens sont entrés en Afrique), avant d’être chassés vers le sud de l’Afrique par les nouveaux migrants [29]. Puisque les Bushmen ont été les moins capables de repousser les autres tribus, ils occupent désormais le territoire le moins désiré, le désert du Kalahari. Le désert leur a toutefois permis d’échapper aux moustiques porteurs de la malaria qui ont décimé les migrants plus avancés.
La petite taille des Bushmen suggère que leurs ancêtres australopithèques adaptés aux tropiques étaient petits [31]. Ou peut-être s’explique-t-elle par la restriction calorique à long terme, une condition qui aurait fait d’un cerveau fortement consommateur d’énergie un handicap. Quand il n’y a pas assez de nourriture, les individus dont les corps exigent moins d’énergie ont une meilleure chance de survie, des cerveaux plus petits nécessitant moins d’énergie [32].

Les somaliens et les éthiopiens de la Corne de l’Afrique sont les moins simiesques des africains parce qu’ils ont reçu plus de métissage, et qui plus est, avec des migrants Hss européens beaucoup plus récents. Les Cro-Magnons, poussés vers le sud par les âges de glace, ont migré vers l’Afrique et métissé avec les autochtones [35]. Comme vu au chapitre 7, les africains de l’Est sont génétiquement plus proches des non-africains que ne le sont les africains de l’Ouest. L’image ci-contre est un somalien qui a immigré en Russie. Il a des traits caucasiens qui sautent aux yeux. Pourtant, le comportement et le QI des africains de l’Est sont typiquement africains, pas caucasiens. À propos justement des éthiopiens, selon Cavalli-Sforza (page 174) :

The history and geography of human genes

In summary, the information available on individual groups in Ethiopia and North Africa is fairly limited but sufficient to show that they are all separate from sub-Saharan Africans and that North Africans and East Africans (Ethiopian and neighbors) are also clearly separate. Estimation of admixture by standard methods (Guglielmino-Matessi et al., in prep.) has given values of about 60% African and 40% Caucasoid, using sub-Saharan Africans as African “parents” and Southwest Asians as Caucasoid parents. Because very similar results are obtained using North Africans as Caucasoid parents, it is difficult to tell whether Southwest Asians or North Africans contributed the Caucasoid genes. Perhaps both did. Using the simple Fst approach discussed in chapter 1 for calculating admixtures, average gene frequencies from Nilotic speakers as prototypes of African ancestors, as well as gene frequencies of North Africans averaged for the five groups of table 3.6.1 as Caucasoid ancestors, one obtains 53% of African (and 47% Caucasoid) contribution for Tigre, 57% for Amhara, 56% for Cushitic.

Ainsi, les africains semblent descendre d’au moins trois espèces d’australopithèque spécialisées aux tropiques : (1) un Australopithèque indien stéatopyge, donnant les Andaman Islanders, (2) un Australopithèque est-asiatique qui était néoténique et avait des spécialisations pour le froid, donnant les négritos des îles du Pacifique, (3) un australopithèque plus généralisé qui n’avait pas les spécialisations (1) et (2), mais était spécialisé pour les tropiques. Ayant vécu sous les tropiques pendant des millions d’années, l’espèce (3) aurait reçu le prognathisme simien de l’ancêtre du singe ainsi que les spécialisations des bipèdes pour les tropiques (glandes sudoripares, peau nue et sombre, cheveux courts, noirs et crépus).

La Figure 26-9 ci-dessous est un arbre dessiné par Cavalli-Sforza.

Les caucasiens sont au centre de l’arbre, ce qui pourrait suggérer que les asiatiques et africains descendent tous deux (ou auraient bénéficié d’un apport génétique) des caucasiens généralisés. Les africains de l’Ouest (Nigérians, Pygmées) sont les plus éloignés des caucasiens, une indication qu’ils seraient les descendants des premiers migrants en Afrique. La petite taille des Pygmées est compatible avec la courte stature de l’australopithèque. Les migrants suivants furent les australopithèques stéatopyges, probablement de l’Orient, qui sont devenus les San (bushmen et hottentots). Et les derniers migrants étaient les modernes caucasiens, venus probablement du Moyen-Orient, qui ont croisé avec les premiers migrants et sont devenus les africains de l’Est.

Le métissage pourrait expliquer l’anomalie des crânes Boskop et Grimaldi.
Boskop (30 000 à 10 000 ans BP), trouvé en Afrique du Sud, a les os du crâne épais et une mâchoire protubérante, comme les africains, mais il a aussi un front haut et une capacité crânienne (1860 cc) largement supérieure à celle des européens. Son indice céphalique (largeur du crâne divisée par la longueur x 100 fois ) est similaire à celui des africains actuels. Étant donné que Boskop a quelques traits typiques des hottentot et bushmen, plus quelques traits caucasiens, une possibilité serait que les Cro-Magnons sont entrés dans la corne de l’Afrique, migrant vers le sud et croisant avec les indigènes. La disparition des grands cerveaux en Afrique implique que l’intelligence optimale y est plus faible. Dans le cas contraire, les grands cerveaux auraient survécu et se seraient propagés, comme en Eurasie. L’excès de tissu cérébral des caucasiens ayant migré en Afrique était un fardeau qui a conduit à leur extinction, tout comme Boskop.
Les deux crânes Grimaldi (30 000 ans BP), trouvés dans la grotte de Grimaldi en Méditerranée, sont soupçonnés d’être des hybrides négroïdes-caucasoïdes, mais néanmoins plus caucasoïdes que Boskop. Détail intéressant, un Cro-Magnon a été enterré au-dessus des crânes et un homme de Néandertal a été enterré en dessous des crânes. Il est probable que les Néandertaliens étaient arrivés là les premiers, suivis par les hybrides Grimaldi, et enfin les Cro-Magnons qui ont pris le territoire. Les périodes glaciaires ont sans doute conduit les Cro-Magnons en Afrique où ils ont croisé avec des africains pour donner naissance aux hybrides Grimaldi. Lorsque la glace a reculé, les hybrides s’avancèrent au nord, autour de la Méditerranée, puis ils ont été remplacés par les Cro-Magnons non hybrides.

Chapitre 27 – The Origin of Asian Aborigines

Les populations (tropicales) aborigènes sont les derniers vestiges des populations erectus adaptées aux tropiques, poussées vers le sud par les populations Hs et Hss plus évoluées du Nord. Elles ont survécu en se réfugiant dans des territoires isolés et moins désirables (îles, montagnes, forêts denses). Comme elles ont fui et ont diminué en nombre, elles ont croisé avec les populations du nord, recevant des traits et allèles des Hs et Hss. Et naquirent les hybrides erectus.
Les aborigènes australiens forment trois populations distinctes : une vivant dans les forêts pluvieuses au nord du Queensland (les pygmées), l’une vivant dans les zones désertiques du Sud (les aborigènes du désert, issus du macrohaplogroupe N), et une autre vivant dans les zones côtières du Nord (les aborigènes côtiers, issus du macrohaplogroupe M).

Répétons que la première glaciation a eu lieu entre 73 000 et 55 000 ans BP et que la deuxième s’est déroulée entre 30 000 et 12 000 ans BP. Et alors d’énormes quantités d’eau de mer ont été emprisonnées dans la glace (l’eau s’évaporait et tombait sous forme de neige, mais sans avoir fondu), ce qui a suffisamment abaissé le niveau de la mer pour permettre la traversée de l’Asie du Sud-Est jusqu’en Australie. Ces aborigènes, pour échapper aux populations avancées qui migraient vers le sud du fait des glaciations, furent contraints de s’exiler encore plus au Sud, surtout depuis que le passage vers l’Australie s’est ouvert.

Toba (73 000 ya) a anéanti une grande portion de la population qui vivait en Asie du Sud-Est, ce qui a facilité le mouvement des nord-asiatiques vers le Sud. Savoir qui est arrivé en Australie le premier dépend de la sévérité des conditions et à quel point les populations asiatiques du Sud-Est étaient avancées à cette époque. La première âge de glace fut moins sévère que la deuxième, de sorte que le niveau de la mer était plus élevé, mais les populations du macrohaplogroupe N, qui venaient de l’Inde et du nord de l’Asie, étaient plus avancées à cette époque que les populations du macrohaplogroupe M, et en utilisant de petits radeaux pour voyager d’île en île, elles sont arrivées en Australie il y a au moins 60 000 ans.

La Figure 20-3 montre à quel point les indiens, les sud-est asiatiques et aborigènes australiens sont proches dans le macrohaplogroupe N. Durant la seconde ère glaciaire, une population “M”, plus primitive mais plus grande, en Nouvelle-Guinée était en mesure de faire la traversée jusqu’en Australie, poussant les premiers arrivés vers le sud de l’Australie et le désert. Il y a sans doute eu des conflits entre les premiers et les derniers migrants. Bien qu’il y avait probablement du métissage entre les aborigènes côtiers et ceux du désert, les aborigènes côtiers actuels sont encore plus primitifs que les aborigènes du désert. La Figure 27-2 ci-contre montre la couleur de peau des aborigènes en Australie et en Nouvelle-Guinée, ce qui coïncide généralement avec les macrohaplogroupes M et N.
L’équateur (la ligne orange) est situé juste au nord de la Nouvelle-Guinée, donc les couleurs de peau sont inversées dans l’hémisphère sud : une peau plus foncée dans le nord, près de l’équateur, et les couleurs de peau plus claires dans le sud (où il y fait plus froid). Etant donné que les aborigènes en Australie et dans les îles du Pacifique Sud ont été isolés, ils n’ont pas reçu beaucoup d’allèles des populations nordiques. Ils figurent logiquement parmi les populations les plus primitives.

… in the 1600s, the Australian aborigines “had no bow and arrow, to say nothing of such arts as pottery or agriculture,” and they cooked by “tossing their meat into the fire.” (Howells, 1948, p. 285). The Australian aborigines were the only people who did not make the connection between having sex and giving birth (Kemp, 2006, p. 332). When Europeans first arrived on Tasmania, 125 miles south of Australia, which was often cool and damp, the natives did not know how to start a fire. (Arsuaga, 2001, p. 270).

Les pygmées australiens ont une petite taille, les cheveux crépus, une néoténie, des particularités dans la dimension des dents et un groupe sanguin, suggérant qu’ils diffèrent des autres aborigènes d’Australie et qu’ils ont un fort courant négrito en eux. Leurs adaptations tropicales et leur petite taille indiquent qu’ils descendent d’un australopithèque asiatique adapté aux tropiques; leur néoténie suggère qu’ils ont métissé avec un australopithèque asiatique néoténique.
La présence des personnes de petite stature en Australie, en Afrique (Bushmen), et en Indonésie (Hobbits), est conforme à la règle de Bergmann. Il n’existe pas de fossiles de ces pygmées, alors les anthropologues supposent qu’ils ne sont pas arrivés en Australie avant 40 000 ans. Cependant, leurs traits australopithecus suggèrent qu’ils étaient en Australie longtemps avant cette date, parce que les australopithèques avaient disparu de l’Asie continentale bien avant cette date. Il y avait plusieurs de périodes glaciaires antérieures pour fournir l’accès jusqu’à l’Australie depuis le continent.

La figure 24-5 montre 2 types d’aborigènes tropicaux : les aborigènes du désert du sud (vivant également sur la côte ouest de l’Australie, et les prairies ouvertes et les parcs au sud et à l’ouest du continent.) qui descendent d’un Hs généralisé, et les aborigènes côtiers qui descendent d’un australopithèque tropical. Les aborigènes du désert ressemblent à des caucasiens primitifs, avec la peau claire et les cheveux ondulés ou raides (parfois blonds). L’indice sacral des aborigènes est similaire à celui des européens. Mais ils ont aussi des traits africains : nez retroussé et large, prognathisme, etc…

Contrairement aux aborigènes du désert, les aborigènes côtiers ont plus de spécialisations anatomiques pour les tropiques. Ils ressemblent à des négroïdes, avec la peau noire et les cheveux noirs et crépus. On peut dire qu’ils ressemblent aux négritos du Pacifique Sud, aux africains, aux habitants des îles Andaman, et aux mélanésiens. Ils sont les descendants des erectus et des australopithèques adaptés aux tropiques, et ont conservé beaucoup de ces traits.
Il y a au moins 2 millions d’années, les erectus vivaient à Java et en Nouvelle-Guinée : certains indigènes australiens (et de Nouvelle-Guinée) ont des traits encore plus ‘erectus’ que les africains. Les deux périodes glaciaires étaient moins sévères en Asie qu’en Europe et les migrations venant du nord étaient donc moins sévères, ce qui a permis aux peuples plus primitifs de survivre dans les îles du Pacifique Sud. Le faible niveau de la mer durant la première ère glaciaire aurait permis aux erectus d’atteindre la Nouvelle-Guinée et d’autres îles, mais pas l’Australie. Mais le niveau des mers, qui fut encore plus bas durant la seconde ère glaciaire, leur permettait de passer de la Nouvelle-Guinée à l’Australie. Ils ont (à leur tour) poussé les aborigènes du désert loin de la côte, dans le désert central, à peu près le même sort qui a frappé les Bushmen en Afrique.

Les aborigènes côtiers ont des caractéristiques erectus évidentes. La figure 27-5 (ci-contre) compare le crâne récent d’un aborigène côtier et le crâne d’un caucasien moderne. Il est difficile de ne pas le classer comme un Homo erectus. La grande distance génétique entre les africains et les négritos suggère que leur LCA était probablement un australopithèque adapté aux tropiques qui a vécu il y a plus de 2 millions d’années et possédait les traits tropicaux communs aux aborigènes et aux africains. [18]