Témoignage sur l’Afrique du Sud post-apartheid

Voici une traduction (partielle) du témoignage de Gedahlia Braun sur son long séjour en Afrique. L’article (en deux parties) a été publié en Juillet-Aout 1998 sur American Renaissance magazine.

South Africa Under Black Rule, Part I[pdf]

L’Afrique du Sud est maintenant gouverné par les noirs; le seul pays prospère sur le continent leur a été remis sur un plateau. Alors que le pays n’a pas encore sombré dans le marécage dans lequel se trouve le reste de l’Afrique, un regard dédramatisé des quatre dernières années ne donne aucun doute sur le fait que le futur de l’Afrique du Sud ne différera pas fondamentalement des autres nations “black-ruled”. Pratiquement tous les traits caractéristiques des ‘black rules’ – malhonnêteté, fourberie, incompétence, corruption, manque de fiabilité et cruelle indifférence à la souffrance humaine – se manifeste quotidiennement.

Lorsque j’ai visité l’Afrique du Sud en 1986, après une décennie en Afrique noire, l’apartheid touchait à sa fin. Le contraste avec le reste de l’Afrique était tout simplement stupéfiant : toutes les commodités que l’on associe avec le monde moderne – du téléphone en passant par l’eau potable puis aux toilettes publiques – étaient abondantes en Afrique du Sud.
La plupart des lois d’apartheid était encore en place, bien que beaucoup devenaient lettre morte. L’objectif avoué de l’apartheid était une Afrique du Sud exclusivement blanche, avec une majorité de noirs vivant dans des tribus « homelands » nominalement indépendantes. Ceux qui vivent dans les townships d’Afrique du Sud proches des blancs étaient “résidents” temporaires et n’étaient donc pas autorisés à posséder leur entreprise propre.

Le contrôle des flux, limitant la migration des noirs dans les zones urbaines – blanches ou noires – avait déjà été mis au rebut. Les “pass laws”, cependant, étaient toujours appliquées. Ces lois, qui étaient probablement la tentative la plus déterminée du contrôle des blancs sur les noirs, obligeaient les noirs à porter sur eux une sorte de passeport intérieur : tout mâle noir se trouvant dans une zone blanche dès la nuit tombée sans l’approbation appropriée dans son ‘book’ pourrait être arrêté et emmené au tribunaux.
Contrairement aux idées reçues, je crois que beaucoup de noirs connaissaient et comprenaient les raisons de ces lois. Alors qu’il ne faisait aucun doute que de nombreux noirs voyaient les pass laws comme onéreux, il n’est pas rare que quelqu’un souffrant d’une loi puisse encore en comprendre les raisons. Si je suis un gros fumeur, je vais souffrir durant un long vol sans cigarette, mais je peux admettre qu’il y ait de bonnes raisons à cette interdiction.
Les noirs, en tant que groupe, posaient problème – ils sont violents et enclin à la criminalité – et les pass laws étaient conçus pour réguler leurs mouvements.
Si aujourd’hui il y avait un moyen de retirer les jeunes hommes des rues de Soweto après l’obscurité, je suis sûr que la grande majorité de ses habitants “peace-loving” approuveraient avec enthousiasme. En effet, l’homme à la tête d’un des plus influents think tanks en Afrique du Sud m’a dit récemment qu’un groupe de ses employés noirs avait affirmé que la seule façon de traiter les problèmes du “nouvel Afrique du Sud” était de “rétablir les pass laws !”.

The major watershed event in recent South African history came in February 1990, when the last white president, FW de Klerk, announced that the black liberation organization, the African National Congress (ANC), was to be unbanned, Nelson Mandela released from prison, and all remaining apartheid legislation abolished. This led to four years of “negotiations” during which the whites could do little but give in to the demands of the ANC. The results were the one-man-one-vote elections of April 1994, in which the ANC won just under two thirds of the vote and a corresponding proportion of the members of Parliament (MPs).

Vraisemblablement, l’effet significatif le plus direct de la domination noire a été l’augmentation spectaculaire de la criminalité, principalement des crimes ‘black-on-white’. Avec l’abolition du Group Areas Act, qui avait assigné des quartiers spécifiques pour certains groupes raciaux, les noirs ont commencé à se déplacer dans les quartiers blancs. Cela s’est fait lentement au début parce que, je suppose, du moins, beaucoup de noirs ne pouvaient pas croire que les blancs le permettraient. Mon quartier près du centre de Johannesburg, qui était encore sensiblement blanc même en 1995, est désormais majoritairement noir.
Quelles en sont les conséquences ? Il y a quelques années, il était difficile de trouver un espace de stationnement sur la rue durant la nuit. Désormais, le vol et le vandalisme sont si graves que vous ne pouvez pas laisser une voiture dehors pendant la nuit. Les ordures sont partout. Peu de gens – blancs ou noirs – se sentent en sécurité après l’obscurité.

Pourquoi n’ai-je pas bougé ? Premièrement, mon revenu est limité et le déplacement est coûteux. Deuxièmement, j’ai vécu à proximité des noirs en Afrique depuis douze ans; en tant qu’individus, je ne les déteste pas. Troisièmement, je n’ai pas d’enfants.

Un autre changement depuis le black rule fut la croissance de l’industrie du taxi noir. En 1986, les transports publics était encore ségrégués, les noirs avaient des bus séparés qui se promenaient entre Johannesburg et les cantons. Quelques fois dans les années 1980 des mini-fourgonnettes ont commencé à apparaître, amenant les noirs partout où ils voulaient aller. Initialement saluée comme précurseur du développement d’entreprises d’envergure noires, l’industrie a rapidement dégénéré en cabales tribales compétitives qui traitaient ses rivaux avec la façon dont ils connaissaient le mieux : en les tuant. La conséquence, toutefois, était que les noirs avaient un accès facile aux zones blanches jusqu’alors hors des limites, ce qui a ouvert la voie à l’invasion qui a finalement eu lieu.

Bien que les médias reconnaissent à contre-coeur que l’Afrique du Sud post-apartheid a vu une énorme éruption de la criminalité, personne ne tente de l’expliquer. Je crois que les raisons sont psychologiques, et sans doute l’impact le plus important de la suppression de l’apartheid fut son effet psychologique sur les noirs.
Pour commencer, il est amplement prouvé que les noirs africains se sentent inférieurs aux blancs. Les raisons ne sont pourtant pas difficiles à comprendre : les noirs en tant que groupe sont généralement moins aptes, moins compétents que les blancs mais pas assez stupides au point de ne pas le reconnaître.
Une déclaration par deux psychiatres américains et militants noirs, William H. Grier et Price M. Cobbs , dans leur livre Black Rage :

“The fact of the matter is that black people are inclined to regard the white man as superior. There are examples without number in the patois and the everyday behavior of millions of blacks which speak for the fact that they do indeed feel that the white man is intrinsically better.” (p. 191.)

Une découverte que j’ai faite en vivant en Afrique noire, c’est que pratiquement tous les noirs non affectés par l’idéologie égalitaire reconnaissent non seulement cette inégalité, mais ne sont pas dérangés le moins du monde par cette idée ! Je dis cela après d’innombrables conversations avec des noirs dans tout le monde indigène noir. Demandez à n’importe quel africain pourquoi les noirs ne peuvent pas, par exemple, faire des avions ou des ordinateurs et il vous regardera comme si vous étiez stupide de le demander, puisque la réponse est évidente : “l’homme blanc a un cerveau et nous n’en avons pas !”

Peut-être est-ce la raison pour laquelle les noirs semblent souvent consommés par un besoin de se sentir supérieur et de parvenir à un “statut”. Du point de vue des noirs, la meilleure façon d’y parvenir est d’intimider l’autre, car s’il se sent inférieur à vous, c’est que vous devez lui être supérieur. Cela contribue à expliquer une grande partie du comportement cynique et souvent brutal des infirmières noires, policiers noirs, enseignants noirs et autres : même quand ils se retrouvent dans une position d’autorité, aussi insignifiante soit-elle, de nombreux noirs tentent de dominer leurs subalternes de la manière la plus extravagante qui soit.

Lorsque les noirs ont vu l’homme blanc démanteler les mécanismes de l’apartheid, exauçant les souhaits des noirs, ils se demandaient : “Why is he doing this ? It’s certainly not because we deserve it.”
La réponse évidente est que l’homme blanc était insensé, faible et effrayé, et cela a entraîné la diminution de la peur, du respect, et même de la crainte vis à vis des blancs qui facilitait jusqu’alors le contrôle des blancs sur les noirs.
Les criminels noirs ont une mentalité de tyran, et s’attaquent naturellement aux plus faibles. La peur chez les autres a le même effet sur eux que le sang sur un requin. Et la peur est précisément ce qu’ils détectent chez les blancs.
Même en dehors des crimes violents, une bonne indication du niveau de l’anarchie ici c’est que l’on va voir plus de gens griller des feux rouges en un jour que ce que l’on est susceptible de voir dans toute une vie en Amérique. En outre, depuis la fin de la domination blanche, la probabilité d’un homme noir d’être arrêté pour des infractions mineures comme le fait d’uriner dans la rue avoisine zéro.
De façon générale, les noirs ont tendance, soit à suivre des règles servilement, ne saisissant pas la possibilité d’exceptions quelque soit les circonstances, soit tout simplement de faire fi de la loi. On pourrait considérer cela comme une manifestation typique de l’absence apparente chez les africains du concept de gradation : quelque chose est soit allumée ou éteinte, tout ou rien; par conséquent, une fois qu’ils commencent à enfreindre les lois, ils ont tendance à briser toutes les lois.

Je crois qu’un changement semblable dans la psychologie noire a eu lieu aux États-Unis. De 1969 à 1973, j’ai vécu dans la Nouvelle Orléans, dans un quartier blanc, même si un demi-pâté de maisons était noir. Je pouvais aller n’importe où, nuit et jour. Par le milieu des années 1980, cependant, les choses avaient radicalement changé : tout le monde avait des histoires à dire sur la criminalité black-on-white, et les zones qui avaient été blanches pendant des années ont dû être abandonnées. Qu’est-ce qui a causé ce revirement ? Au début des années 1980, la Nouvelle-Orléans a obtenu son premier maire noir. Ma conjecture est que l’augmentation de la criminalité a été disproportionnellement black-on-white, et serait corrélée à la diminution de la peur et du respect vis à vis des blancs provoquée par l’accès au pouvoir politique : “Qu’avons-nous à craindre ? Nous sommes aussi bons que l’homme blanc ! Le maire lui-même est noir !”

Dinesh D’Souza fait une remarque de ce genre, dans son ouvrage, The End of Racism :

“These pathologies have existed in the black community since slavery, but they have been restricted and contained both by white-imposed discipline and black-imposed norms enforced by churches and local community institutions. But those institutions have been greatly weakened since the 1960s, and in the new environment of social permissiveness and government subsidy, black pathologies have proliferated.” (p. 37.)

Les propensions criminelles des noirs ont déjà été contenues par l’esclavage, la ségrégation, l’apartheid, et les coutumes tribales. Retirez ces contraintes et les pathologies sont activées.
Un autre facteur contribuant à l’augmentation de la criminalité est la mesure dans laquelle le nouveau service de police sud-africain “africanisé” s’engage dans la criminalité. La police arrête un conducteur noir, innocent de surcroît, pour lui dire que sa voiture est une voiture volée et doit être confisquée sur place. Lorsque le malheureux propriétaire va au poste de police du canton, il découvre que sa voiture a disparu ! Compte tenu du niveau d’incompétence et de corruption de la police, il n’y a aucun recours pratique. À ma connaissance, ce genre de chose se produit presque exclusivement dans les zones noires, sans doute parce que dans les zones blanches il y a encore des policiers blancs dont la présence est suffisante pour les en dissuader.

À l’instar des infirmières noires et enseignants noirs, les policiers noirs sont dans l’ensemble assez inutiles. En général, les africains ne peuvent tout simplement pas gérer un grand établissement et il leur manque la discipline, l’organisation et la coopération nécessaire pour contrôler la criminalité. Même si cela peut sembler dur, je crois qu’il leur manque aussi de la moralité. La police sera évidemment plus efficace si elle est moralement scandalisée par le crime et le ressent comme viscéralement mauvais. Je doute qu’il y ait beaucoup de policiers africains, à tous les niveaux, qui le ressentent de cette façon.

Pour comprendre l’évolution récente de l’Afrique du Sud, il faut réaliser à quel point l’idéologie égalitaire occidentale a pris racine au plus haut niveau de la société. Dans de nombreux cas, je ne pense pas que les dirigeants croient vraiment en ce qu’ils prêchent, mais qu’ils sont tellement sous l’emprise de la rectitude politique occidentale qu’ils bafouent plusieurs de leurs coutumes et traditions les plus profondément ancrées.
Par exemple, l’une des premières choses que la Cour Constitutionnelle a créé fut de déclarer inconstitutionnelle la peine capitale. Nelson Mandela l’a défendu en disant que le gouvernement blanc avait injustement exécuté de nombreux noirs, ce qui implique que, si la peine capitale n’avait pas été abolie, le nouveau gouvernement noir se sentirait obligé de suivre l’exemple blanc ! Les appels persistants à un référendum ont été ignorés.

L’élite noire est radicalement en décalage avec l’homme de rue. Il y a une large approbation des vigiles qui administrent sur-le-champ la peine capitale pour les voleurs attrapés sur les marchés – comme cela se fait au Nigeria ou au Kenya. Personne ne douterait du résultat d’un tel référendum.
En outre, l’Afrique du Sud actuelle est officiellement un paradis pour les homosexuels, mais une chose que j’ai appris en vivant en Afrique noire est que l’homosexualité est une abomination là-bas. Beaucoup de nigérians, par exemple, refusent de croire que ça existe, et quand on leur explique, ils la considèrent avec un dégoût et un mépris non dissimulés. Le président Robert Mugabe du Zimbabwe est du même avis que les africains, considérant que les homosexuels sont méprisables. En dépit de cela, la Constitution sud-africaine passe outre ces considérations pour garantir des “droits” aux homosexuels. Il y a des parades gay, des mariages gay qui seront presque certainement institutionnalisés, et il est en général politiquement inacceptable de dire du mal de l’homosexualité.

Le féminisme est une autre importation étrangère occidentale. L’Afrique est un continent dominé par les hommes. Les femmes sont là pour servir les besoins des hommes, porter et élever des enfants, et prendre soin de la maison. Cette soumission est bien illustrée par le fait que Daniel Arap Moi, président du Kenya des 20 dernières années, n’est jamais apparu en public avec sa femme et personne ne sait rien à son sujet; c’est comme si elle n’existait pas. Rien ne pourrait mieux illustrer la place des femmes en Afrique.
Pourtant, en Afrique du Sud, le refrain constant est que le pays est désormais une “nonracist, nonsexist democracy”. L’ANC insiste pour que le tiers de ses députés soit des femmes ! Un député que je connais me dit que beaucoup de ces femmes sont analphabètes et désespérément ignorantes.
Étant donné que l’élite noire a fait peu de cas de la sensibilité des noirs, on pourrait demander des preuves de la résistance des noirs à ces mouvements. Une telle requête suppose que les africains ont l’habitude de protester contre les choses qu’ils n’aiment pas, et pourtant rien ne pouvait être plus éloigné de la vérité. Les noirs ont une mentalité moutonnière, sont impressionnés par l’autorité, et sont donc faciles à intimider. Peu importe ce qu’ils peuvent bien penser, ils tiennent leurs bouches fermées. Dans tous les cas, les protestations devraient être organisées par les dirigeants noirs. Mais aucun dirigeant noir est susceptible de s’opposer publiquement à la légitimation de l’homosexualité, par exemple.
Bien que les noirs trouvent l’homosexualité révoltant, il faut noter que leurs sentiments ont tendance à être assez superficiels. Cela peut sembler difficile à dire mais les noirs sont, à bien des égards, comme des enfants, et ceci est illustré par la qualité souvent superficielle de leurs émotions. Ils sombrent facilement dans la violence et le chaos, mais comme des caméléons, ils peuvent devenir complètement dociles l’instant d’après.

A recent incident is perhaps revealing. I was driving in heavy traffic, and cut in front of a black taxi. As luck would have it, we met at the light and the driver shook his fist at me, cursing me in anger. I raised my hand, acknowledging fault. Instantly, the anger became a broad (and, I believe, genuine) smile of friendship. This kind of instant transformation is common.

Quand j’étais à Johannesburg, en Janvier 1986, le Johannesburg General Hospital était un service exclusivement destiné aux blancs. “Jo’burg Gen” était très impressionnant. Le personnel infirmier était blanc, tout comme le personnel médical et administratif. Il était propre et bien géré.
Que s’est-il passé sous la “nouvelle dispensation” ? Les conditions se sont considérablement détériorées. Les taux d’infection des patients ont grimpé en flèche et le vol de fournitures est permanent. La discipline parmi les infirmiers quasiment tous noirs et le personnel d’entretien est pratiquement inexistante.

Patients sometimes go without clean sheets.

Un ami rabbin, aumônier à Jo’burg Gen, dit qu’il n’est pas rare aujourd’hui que les patients meurent à cause de l’incompétence et l’indifférence des infirmières. J’ai vu par moi-même que les cafards ont eu droit d’accès sans entrave.
Il y avait récemment un appel du ministre de la santé, une femme noire, pour faire admettre plus de noirs dans les classes d’étudiants en médecine afin de refléter la démographie – 76% d’étudiants noirs indépendamment de leur mérite. Du point de vue des noirs, cela avait clairement un sens. La médecine occidentale est vue par les africains comme une sorcellerie de l’homme blanc et non comme un corps discipliné de connaissances et de pratiques. Les noirs pensent qu’un diplôme en médecine, c’est comme un talisman magique avec lequel ils peuvent guérir les malades, devenir riche et puissant. Puisque ce morceau de papier en lui-même a le pouvoir de guérir, peu importe comment vous l’obtenez; peu importe quelle capacité ou aptitudes vous pouvez avoir ou encore ce que vous avez appris, à supposer que vous ayez appris quelque chose, pour l’obtenir.
Est-ce que le vieux système des hôpitaux ségrégués était moralement justifié ? Inutile de dire que la vaste majorité des américains trouvent l’idée moralement indéfendable, mais après avoir passé douze ans dans les pays noirs, cela m’a frappé comme étant le bon sens même. Compte tenu de la démographie de l’Afrique du Sud – 5 millions de blancs et plus de 30 millions de noirs – était-il possible pour cette minorité de fournir des soins médicaux pour les noirs de qualité équivalente à ce qu’ils fournissent pour eux-mêmes ? Étant donné que toutes les ressources, en dehors du travail manuel, proviennent de cette petite minorité blanche, il semble évident que ce n’était pas le cas.
Par ailleurs, il n’est pas évident que les blancs aient été soumis à quelque contrainte que ce soit de le faire. S’ils avaient d’une façon ou d’une autre empêché les noirs de développer leur propre système de soins de santé, ce serait une autre histoire. Mais il est évident que ce n’était pas le cas, puisque là où les noirs ont toutes les ressources dont ils ont besoin (comme au Nigeria, par exemple), les soins médicaux sont un véritable cauchemar, dans la mesure où les noirs étaient, partout, responsables de les fournir.

On pourrait faire valoir, cependant, que les blancs avaient une obligation de fournir au moins certains soins pour les noirs, peut-être les meilleurs que les blancs pouvaient offrir. Mais c’est essentiellement ce qu’ils ont fait, que ce soit dans les hôpitaux séparés ou dans des sections séparées des hôpitaux blancs. J’ai vu certains d’entre eux, avant 1990, et ils étaient largement supérieurs à tout ce que vous trouveriez dans l’Afrique noire.
De même, si les noirs étaient capables de fournir des soins de santé pour le moins décents, ils l’auraient fait depuis longtemps, à l’instar des indiens installés en Afrique du Sud, et ce, en dépit d’être soumis à des niveaux de discrimination comparables à ceux des noirs. Mais leur échec total d’une telle entreprise, et ce partout dans le monde, suggère qu’ils en sont incapables.
Le même raisonnement s’applique aux bailleurs de fonds occidentaux et les nations mendiantes africaines : l’Occident peut donner par intérêt personnel ou par charité, mais il n’est pas obligé de donner plus que ce que bon lui semble, et toute tentative de l’intimider pour en faire plus – ou même, dans certaines situations vraiment ridicules, comme en essayant de dicter les conditions de l’aide – est seulement une tentative par les dirigeants africains de manipuler la culpabilité (injustifiée) des blancs. Cette époque, on l’espère, touche à sa fin.
Comme un exemple extraordinaire du vestige de cette mentalité, Nelson Mandela a récemment déclaré à des investisseurs internationaux que les pays industrialisés “nous doivent le soutien, non pas par soucis de charité, mais parce que nous en avons le droit. Notre région a été soumise à la forme la plus brutale d’exploitation de l’ère coloniale qui nous a privé de nos ressources”. Même certains noirs avaient eu l’audace de couper le souffle à une telle remarque. L’un d’eux avait ceci à dire dans une lettre à l’éditeur du Johannesburg Star :

“La déclaration du président Mandela que la région sud-africaine a été soumise à “la forme la plus brutale de l’exploitation” par les pays industrialisés ne doit pas rester sans réponse.

“Chaque morceau de technologie qui existe ici a été apporté par les pays développés …

“Les occidentaux ont établi et développé des infrastructures, des industries et contrôles administratifs, lesquels sont, finalement, pour le bénéfice du peuple africain …

“Les nations industrialisées ne nous doivent rien du tout. Dire qu’ils sont moralement obligés d’investir dans notre région fragile est absurde. Sans eux, les ressources de l’Afrique australe n’auraient jamais été découvertes, et n’auraient jamais pu être transformées en richesse.”

Les écoles ségréguées avaient les mêmes justifications que les hôpitaux ségrégués. Si les noirs étaient capables d’établir un système éducatif ils l’auraient fait – comme les indiens. La plupart des noirs sont capables d’apprendre, et certains autant que les blancs, et la tâche de les éduquer a été entreprise par le gouvernement afrikaner et des missionnaires. Combien de noirs ont reçu une telle éducation de base, je ne sais pas, mais je sais que les écoles noires sous l’apartheid étaient infiniment meilleures que le chaos et le désordre général de “l’éducation noire” d’aujourd’hui.
Néanmoins, le croque-mitaine officiel a longtemps été la “ségrégation”. Personne ne semble avoir jamais souligné que “l’intégration” était démographiquement vouée à l’échec, car il n’y a pas assez de blancs pour tout le monde. L’hypothèse sous-jacente est que les blancs seraient tellement supérieurs qu’une poignée d’entre eux dans chaque classe va transformer cette parodie qu’est l’éducation noire ! (les américains repensaient à quelque chose de plus ou moins similaire dans les années 1950) Beaucoup de noirs pensent que la raison pour laquelle les blancs sont éduqués, et eux non, c’est que les blancs ont une formule secrète qu’ils utilisent pour s’éduquer, et qu’ils refusent égoïstement de divulguer aux noirs !
J’ai récemment demandé à un jeune adolescent blanc du Cape Town combien de noirs il y avait dans son école. Environ 40%. Alors, comment est-elle ? Pas si mal, dit-il. Mais il s’est avéré qu’il a juste essayé d’être “poli”. Ses parents étaient à la recherche d’une autre école. Pourquoi, ai-je demandé, puisque son école était correcte. “Elle ne l’est pas” disait-il. “C’est le chaos”. Le vol et la violence étaient la norme.
Il est souvent affirmé ici que les noirs réussissent moins bien, car l’éducation noire n’est pas suffisamment financée. Les données recueillies aux États-Unis ont constamment démontré que ce n’est pas le cas. Injecter plus d’argent n’a eu que très peu d’effet sur la performance des étudiants noirs à Washington, DC, à Kansas City, et n’importe quelle autre ville. L’hypothèse des afrikaners (y compris celle de l’architecte de l’apartheid, Hendrik Verwoerd) que l’argent consacré à l’éducation doit correspondre à la capacité de ses bénéficiaires à l’absorber peut avoir été substantiellement correcte.

Dans quelques années la plupart des écoles publiques seront majoritairement noires, reproduisant les conditions des townships. Comme aux États-Unis, les blancs fortunés iront dans les écoles privées et seuls les plus pauvres fréquenteront les écoles publiques. L’Afrique du Sud est donc en train de devenir un lieu peu attrayant pour les blancs de la classe moyenne et pauvre, ceux-là mêmes qui n’ont pratiquement aucune chance de partir.
Les universités font face à des problèmes similaires. La Witswatersrand University (“Wits”), à Johannesburg, a été traditionnellement la première université en Afrique du Sud, à juste titre. Mais l’initiative, au moins depuis les dix dernières années, a été de la transformer en université africaine, c’est-à-dire, un ‘sans normes’, avec très peu d’enseignement, aucune recherche significative, et qui délivre des diplômes sans valeur. Le paradoxe est frappant. Les noirs vont à Wits parce qu’elle est blanche. Pourtant, ces mêmes élèves et le gouvernement noir font de leur mieux pour transformer les universités blanches en universités noires, et ils ne peuvent pas ignorer que cela signifierait leur propre ruine. En effet, on soupçonne que c’est le contraste entre le succès des blancs et l’échec des noirs qu’ils souhaitent effacer.

South Africa Under Black Rule, Part II – [pdf]

La presse blanche a conservé la plupart de l’indépendance et la liberté dont elle a profité sous l’apartheid. Quand je suis arrivé ici, j’ai été surpris de voir la presse exprimer son indignation contre le gouvernement blanc. “C’est ça l’oppression ?” me suis-je dit. Le critique le plus éminent de l’ancien régime était probablement The Weekly Mail. La gauche est très idéologique, elle n’a laissé aucune pierre non retournée en attaquant l’apartheid ainsi que la domination blanche. Maintenant qu’il a atteint son but, il n’a pourtant pas aimé ce qu’il a obtenu, mais à son crédit, il avait découvert que la corruption s’étendait à une échelle stupéfiante. Il est intéressant de noter que les journalistes noirs qui rapportent cette corruption sont sévèrement réprimandés par les autorités, qui les accusent d’être des “whites’ lackeys” etc.
Un autre vestige de l’ancien régime est le pouvoir judiciaire encore essentiellement blanc, qui conserve une indépendance qui est pratiquement inconnue en Afrique noire. Mais le remplacement progressif par des juges noirs plus dociles – qui ne comprennent pas que le tribunal peut aller à l’encontre du gouvernement – à terme, mettra fin au contrôle sur le pouvoir du gouvernement.

Peut-être que la pression la plus importante exercée sur le gouvernement de l’ANC a été jusqu’alors l’influence des sociétés internationales. Nelson Mandela a dit, en termes non équivoques, que s’il souhaite des investissements étrangers, il vaut mieux oublier les nationalisations, maintenir des dépenses publiques faibles, contrôler les revendications des syndicats, etc, et tout ceci est contraire aux tendances naturelles de l’ANC, qui voit le gouvernement comme une cuvette infinie à partir de laquelle ils peuvent tous se nourrir. Le gouvernement est l’allié naturel et idéologique de la Confederation of South African Trade Unions (COSATU), évidemment socialo-communiste. La Cosatu a déjà fait accepter un projet de loi sur le marché du travail très favorable aux employés et défavorable aux employeurs, ainsi que des lois de discrimination positive obligeant pratiquement les entreprises à accroître l’emploi des noirs à tous les niveaux.

Il y a incontestablement un grande malaise chez les blancs. Ils sont déjà nombreux à partir et bien plus encore envisagent également de partir. Le black rule combiné à une discrimination positive draconienne fait que de nombreux blancs estiment qu’il n’y a pas d’avenir pour eux ici. Dans le même temps, il ne fait aucun doute que les blancs vont continuer à dominer l’économie dans un avenir prévisible. Le cas du Zimbabwe est instructif : en dépit d’une population blanche encore plus petite et d’un gouvernement noir menaçant constamment les intérêts des blancs, il y a comme un refrain incessant de plaintes disant à faire quelque chose contre “le contrôle des blancs” sur l’économie, 18 ans après l’indépendance !

On entend aussi parler de plus en plus de la désaffection des noirs. Je connais une jeune femme noire très débrouillarde qui semble toujours connaître les “ragots des cantons”. À l’époque des élections de 1994, elle poussait la rhétorique habituelle : les blancs avaient volé leur pays et maintenant ils vont le récupérer. Quatre ans après, et comme aucune de ces promesses grandioses n’a été respectée, son air a changé : “Oh, ce sont ces étrangers qui sont à l’origine de tous les problèmes !” Qui sont ces étrangers ? Les immigrants noirs des pays voisins. Ils sont la cause de tous les crimes, ils volent les emplois des sud-africains noirs. Et ainsi de suite. La solution ? “Lorsque le National Party (blanc) reviendra au pouvoir, ils jetteront tous ces étrangers dehors !”

Mon opinion personnelle est que l’Afrique du Sud va progressivement sombrer pour rejoindre le niveau du reste du continent, mais elle ne tombera sans doute pas dans la même profondeur, puisqu’il y persiste une présence blanche continue.
L’Afrique du Sud, en raison de l’influence idéologique des “liberals”, est un peu comme l’Amérique, où les noirs votent systématiquement pour des noirs, peu importe la raison. L’Afrique du Sud est fixée à ce moule depuis qu’elle a élu un gouvernement ANC en 1994 avec une majorité de près de deux tiers. Une fois, j’ai pensé que la déception du black rule pourrait conduire à un “retour de bâton” pour les élections nationales de 1999, mais j’ai été largement désabusé de cette idée. Si les noirs avaient le sentiment de voter contre le gouvernement actuel, ils ne l’auraient pas élu en premier lieu.
Néanmoins, comme je le dis, j’entends des histoires répétées et répétées sur le fait que les noirs se lamentent de la situation présente. Une femme roumaine qui supervise 60 travailleurs noirs dit que tout ce qu’elle entend c’est une discussion de savoir à quel point le gouvernement est mauvais, à quel point le gouvernement blanc avait été mieux, etc. Donc, on ne peut pas complètement exclure qu’un nombre croissant de noirs puisse voter pour les blancs, en dépit des nombreux facteurs militant contre cela. Après tout, la majorité colored (métis) au Western Cape Province a élu deux fois un gouvernement provincial blanc, ce qui est un exemple de votes non-blancs pour les blancs.
Une autre argument contre cet exercice de bon sens est la superstition des noirs – ils croient aisément que les autres peuvent “voir” qui ils vont voter à l’intérieur de l’isoloir – ce qui les rend faciles à intimider. Mon informateur en “ragots” a récemment confirmé, spontanément et avec le témoignage de témoins oculaires, ce que j’avais entendu durant les élections de 1994 : que les noirs étaient constamment effrayés à l’idée que s’ils ne votent pas ANC, leurs maisons seraient brûlées, etc, ce qui implique que “quelqu’un” savait – par magie – comment ils votent. Ajoutez à cela la crainte typique des noirs vis à vis de l’autorité et vous obtenez la manipulabilité.

La crédulité presque illimitée des noirs signifie que beaucoup seront dupés en croyant qu’un gouvernement noir les rendra riches – qu’ils seront propriétaires des maisons, des usines et des fermes de leurs employeurs. Ceci est associé à l’échec commun des noirs à comprendre la nature de la création de richesse : pour eux, elle est juste assise là, attendant d’être prise, et certainement pas quelque chose qui exige des sacrifices, du travail acharné, de la discipline et de la prévoyance. Tout cela explique pourquoi les noirs votent pour les noirs.
Pourtant, durant les quatre dernières années, ils ont réalisé que leurs rêves de richesses n’étaient que des chimères. Plus important encore, la grande majorité ne comprend pas comment fonctionne une élection. Il ne serait donc pas surprenant si, en ayant conscience que les miracles ne se sont pas produits la dernière fois, les noirs perdront tout intérêt dans le processus électoral pour ne plus voter du tout, ce qui augmenterait donc proportionnellement l’électorat blanc.

Les partis politiques blancs ne peuvent pas faire campagne dans les townships. Jusqu’ici, toutes les tentatives pour organiser des rassemblements publics ont été perturbées. Je soupçonne que la raison serait que l’élite de l’ANC, à certains égards, partage mon point de vue que si les sud-africains noirs étaient laissés à eux-mêmes – et dans la mesure où ils sont libres de toute influence idéologique de l’Occident – un grand nombre voterait effectivement pour les blancs.

L’Afrique du Sud dispose de techniques sophistiquées de sondages d’opinion. Si l’ANC venait à perdre une élection, il serait connu à l’avance. Comment réagirait un gouvernement noir ? Pas une seule personne que j’ai questionné, qu’il soit noir ou blanc, n’a jamais différé dans sa réponse : l’ANC allait tout simplement annuler l’élection et déclarer une sorte de parti unique. Alors le déclin de l’Afrique du Sud pourrait être brutal, plutôt que progressif.
J’ai une confirmation indépendante de mon point de vue que lorsque les noirs ne sont pas encombrés par le dogme égalitaire occidental, ils sont heureux de voter pour les blancs. La communauté noire représente une large majorité de l’état brésilien de Bahia, mais ils votent systématiquement pour des gouvernements blancs. On ne peut donc pas totalement exclure l’idée que les noirs feraient la même chose ici s’ils en avaient l’opportunité. Que le lavage de cerveau idéologique – pas aussi répandu en Afrique du Sud qu’aux États-Unis – peut être surmonté est une question ouverte, mais il me semble que la “loyauté” sur laquelle la législation de l’ANC est basée est un château de cartes. Vu le tempérament extrêmement volatile et instable de l’Afrique, les possibles résultats ne sont pas aussi prévisibles que beaucoup seraient susceptibles de croire.

L’Afrique du Sud devrait, bien sûr, être une leçon pour l’Amérique. Les deux pays font la même erreur, qui est de supposer qu’il n’existe aucune chose comme les différences raciales. C’est cette hypothèse erronée qui empêche la reconnaissance du paradoxe fondamental des relations entre noirs et blancs. Les noirs veulent vivre dans les quartiers blancs, vont dans des écoles blanches et les hôpitaux blancs précisément parce qu’ils sont blancs. Pourtant, l’objet de leur désir restera souhaitable aussi longtemps qu’il reste blanc. Quelques noirs peuvent vivre dans un quartier blanc ou aller dans une école noire sans sérieusement l’affecter, mais dès qu’il y a une arrivée massive, ce qui motivait les noirs de fréquenter ces lieux cesse d’exister et les noirs se retrouvent dans la même situation que celle qu’ils cherchaient précisément à fuir : les bidonvilles noirs, les écoles noires délabrées, l’enfer des hôpitaux noirs, etc.

Les noirs peuvent entrer dans ces structures blanches à la condition que leur nombre soit contrôlé, ce qui est impossible tant que tout le monde suppose que l’idée fondamentale même des différences raciales est en quelque sorte honteuse et moralement odieuse.

One comment on “Témoignage sur l’Afrique du Sud post-apartheid

  1. Du racisme à l’envers ?

    Whites believe they are victims of racism more often than blacks

    MEDFORD/SOMERVILLE, Mass. — Whites believe that they are replacing blacks as the primary victims of racial discrimination in contemporary America, according to a new study from researchers at Tufts University’s School of Arts and Sciences and Harvard Business School.

    Both whites and blacks agree that anti-black racism has decreased over the last 60 years, according to the study. However, whites believe that anti-white racism has increased and is now a bigger problem than anti-black racism.

    Selon l’étude, blancs et noirs seraient chacun d’accord pour reconnaître que le racisme anti-noir a diminué au cours des 60 dernières années, bien que les blancs croient que le racisme anti-noir a plus diminué que ce que les noirs en pensent. Toutefois, les blancs pensent que le racisme anti-blanc a augmenté et serait devenu maintenant un problème plus grave que le racisme anti-noir. Les blancs voient l’égalité raciale comme un jeu à somme nulle, où les uns perdent ce que les autres gagnent.

    Il est intéressant de constater que cette perception partagée sur le recul du racisme anti-noir ne s’est pas accompagnée d’une baisse de l’écart de QI black-white (Gottfredson, page 313), comme ce à quoi on aurait dû s’attendre si l’hypothèse qui veut que le racisme anti-noir fait chuter le QI des noirs était authentique.

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