Le mythe du salaire d’efficience

Selon une approche keynésienne, il existe un chômage involontaire dont l’explication est apportée par la théorie du salaire d’efficience.

D’après Shapiro et Stiglitz, l’origine du problème réside dans l’asymétrie d’information. L’employeur ne pouvant pas connaître parfaitement l’effort fourni par chacun de ses salariés, il se décide à augmenter leur salaire pour les motiver, mais surtout, à éviter qu’ils n’aillent voir ailleurs; le salaire d’efficience fidélise le salarié. Le problème devient apparent lorsque chaque employeur se met à augmenter ses propres salaires. Puisque chaque employeur ne pourra pas récupérer les salariés de ses concurrents, les salariés sont surpayés. Et parce qu’ils sont surpayés, la demande de travail diminue, ce qui augmente le chômage. Un cas typique de dilemme du prisonnier.

La théorie suppose, en toute logique, que les salariés vont mettre plus d’entrain au travail, ce qui permettrait en somme de réduire les phénomènes de sélection adverse, en gardant les meilleurs éléments car les salariés seront moins incités à quitter leur travail actuel. Il s’avère que si le chômage augmente de cette façon, les salariés montrent davantage d’ardeur dans le travail, ne serait-ce que par peur du chômage. Autrement dit, le coût de la rotation (turnover cost) diminue.

Deux questions méritent d’être posée. Existe-t-il un salaire d’efficience ? La théorie du salaire d’efficience est-elle exacte ? Les réponses sont “oui” et “non” respectivement.

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