George A. Selgin, The Theory of Free Banking: Money Supply under Competitive Note Issue [1988] (5/11)

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5: Changes In the Demand For Inside Money

Increased Money Demand

Supposons qu’il existe une croissance de la demande globale de monnaie interne. Dans une économie où le free banking est parvenu à maturité, toute monnaie externe (ex, l’or) a déjà été déposé. Alors, toute monnaie fraîche fait son apparition sous forme de prêt. Généralement, ces passifs nouvellement créés ne parviennent pas en première main à ceux qui souhaitent détenir des avoirs, ce qui est logique puisqu’on emprunte généralement pour financer ses dépenses personnelles.
Il existe une exception à cette règle. Il s’agit des soldes compensateurs, qui consistent à exiger de l’emprunteur la détention d’une somme déterminée au préalable sur un compte bancaire (souvent un compte courant) comme condition d’octroi de prêt. En pratique, on vous prête 1000 dollars, et on vous demande d’immobiliser 100 dollars en dépôt. Cette somme peut être retirée par la banque en cas d’échéance impayée. L’avantage pour l’emprunteur est de pouvoir bénéficier d’un taux d’intérêt moindre, sachant que ce détenteur de solde tirera avantage de la détention tant que ses encaisses empruntées n’excèdent pas sa demande habituelle d’encaisses monétaires. Mais quel avantage en retirerait la banque prêteuse ? Puisque ces fonds immobilisés ne participent pas au mouvement des compensations, ils peuvent être prêtés à une tierce personne, ce qui est logique puisque la tenue d’un tel compte génère une demande de monnaie.

The benefit is due to the fact that loan rates are generally lower for loans involving compensating balance agreements, which reflects the banker’s preference for having his liabilities outstanding in a form not likely to contribute to unanticipated clearing losses.

When a bank borrower explicitly agrees to keep a compensating balance, the banker knows in advance that the balance will be held rather than spent and that it will therefore not become a source of adverse clearings like other loan-created deposits.

Puisque nous avons vu précédemment que le prêteur ultime n’est autre que le détenteur de dépôts, la banque jouant son rôle d’intermédiateur, le fait d’immobiliser une fraction du montant du prêt permet au client d’être à la fois emprunteur (pour l’obtention d’un octroi de crédit) et créancier (pour l’obtention d’un dépôt).
L’intérêt de ce type de prêt serait de rendre le crédit accessible aux petites entreprises qui ont plus de difficulté à se financer (voir mon billet sur le rationnement du crédit). Les engagements à solde compensateur sont l’une des sources de crédit les plus fiables pour la banque.

Dans tous les cas, si la demande de monnaie augmente, il y a moins de “circulation”, et donc moins de mouvements de compensation. Une baisse des mouvements de compensation implique nécessairement une baisse de la demande de réserves, ce qui accroit la disponibilité des réserves. Cette réduction du flux de passif bancaire dans le système de compensation est semblable à une réduction qui se serait produite si les emprunteurs décidaient d’accroître la portion de leurs emprunts placés en soldes compensateurs. C’est ce que Selgin appelle “reserve multiplier”. Ainsi, tant que les banques auront des réserves excédentaires, elles peuvent étendre le volume de prêt.
Il y a quand même une limite : si la banque étend son volume de prêt au-delà de la demande de dépôt, elle perdra ses réserves au profit des concurrentes.

Une question mérite toutefois d’être posée. Bien que les emprunteurs peuvent également devenir détenteurs de dépôt via les soldes compensateurs, est-il possible d’accroître la demande de monnaie des détenteurs potentiels, autres que les clients emprunteurs ? C’est possible. Il suffit que les détenteurs de dépôt d’une banque B écrivent moins de chèques, préférant “tenir” un dépôt plutôt que de le “dépenser”. Cette réduction de flux des échanges, et donc du passif, implique une réduction du volume de compensation de la banque B.
Admettons cette fois que l’ensemble des banques doit faire face à une hausse globale de la demande de monnaie interne. Il est évident que chaque banque ne connaîtra pas une amélioration de son marché par rapport aux autres. Néanmoins, chaque banque constatera une diminution de ses besoins de réserves. Chaque banque pourra étendre son volume de prêt du niveau de leurs excédents de réserves.

Comment expliquer ceci ?
En vérité, une hausse de la demande de monnaie interne implique une réduction de la vitesse de circulation de cette monnaie. Elle change moins fréquemment de main, ou les détenteurs de dépôts signent moins de chèques. Finalement, la monnaie interne tend à s’accumuler. Mais lorsque cela se produit, les banques découvrent qu’elles disposent d’un excédent de réserves par rapport au niveau des passifs créés. Elles sont alors en mesure d’accroître leurs actifs en augmentant leur volume de prêt, relativement à la demande de monnaie. On dit que les banques enregistrent une augmentation du multiplicateur de réserves. En revanche, tout accroissement de crédit au-delà de la demande de monnaie se terminera par une fuite de réserves de la banque expansionniste.

Bank notes change hands less frequently, and holders of demand deposits write fewer (or perhaps smaller) checks. As a result, bank liabilities pass less frequently into the hands of persons or rival issuers who return them to their points of origin for redemption. The reduction in turnover of liabilities leads directly to a fall in the volume of bank clearings. When this happens banks find they have excess reserves relative to the existing level of their liabilities, and so they are able to increase their holdings of interest-earning assets, which they do by expanding the supply of inside money in a manner that accommodates the growth in demand for it.

Decreased Money Demand

Lorsqu’une banque enregistre une chute de demande de son passif, elle ne subit pas forcément une fuite de ses réserves vers les concurrentes.
Si elle enregistre une fuite de ses dépôts dont la somme totale est reversée à un emprunteur qui lui doit de l’argent, la banque ne perd aucune réserve, bien que ses dettes ont diminué de volume. Pour y voir clair, prenons un exemple.
Supposons que Y soit redevable à la banque B. X éponge les dettes qu’il doit à Y. Pour se faire, X a dû retirer ses avoirs déposés dans la banque A. Résultat des courses : A contracte son passif, B enregistre une entrée de réserves, X diminue ses avoirs, et Y augmente ses avoirs. Puisque Y augmente ses avoirs au détriment de X, il n’y a pas d’augmentation nette dans l’offre de monnaie interne.
Ensuite, supposons que Y retire son dépôt pour rembourser son prêt. Que passe-t-il ? Si la fuite des dépôts de la banque A (par X) sert à rembourser un prêt (de Y) à la banque B, on constate une extinction du passif de A sans augmentation du passif de B.

Thus when unwanted liabilities from Bank A are used to repay loans from Bank B, the overall result is an extinction of Bank A’s liabilities to the extent of the fall in demand with no offsetting increase (of any significant duration) in the supply of liabilities from Bank B or from any other bank.

Ce processus s’applique également pour le cas d’une chute de la demande de monnaie interne. On dit qu’il y a augmentation de la vélocité des mouvements de passifs, soit une rotation plus rapide des mouvements de compensation.
Une baisse de la demande de monnaie implique une réduction du “multiplicateur de réserves” : les actifs et les passifs doivent subir une contraction, parce que les besoins de liquidité augmentent.

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