Austrian Business Cycle Theory, par Jesús Huerta de Soto

La théorie autrichienne des cycles économiques (ABCT) est l’analyse, par l’école autrichienne, des cycles économiques , à savoir des phases d’expansion suivies des phases de récession. Peut-être que l’oeuvre décrivant le mieux les effets de la surexpansion monétaire est l’ouvrage phare de Jesús Huerta de Soto :
Money, Bank Credit, and Economic Cycles.
Au vu de la répétition des erreurs du passé et des remèdes inadéquats, il est important de bien comprendre pourquoi les théories environnantes sont inexactes et non conformes  à l’évidence empirique. Tout le contraire de l’ABCT.

Chapter 5 : Bank Credit Expansion and Its Effects on the Economic System

Le terme de “biens économiques de premier ordre” fait traditionnellement référence aux biens de consommation qui, dans un contexte spécifique et subjectif de chaque action, constituent le but poursuivi par l’acteur économique dans l’exercice de l’action.

Ces biens économiques de premier ordre sont nécessairement précédés d’une série d’étapes intermédiaires représentées par les “biens d’ordre supérieur” (deuxième, troisième, quatrième…). Plus l’ordre est élevé, plus le bien est éloigné du bien de consommation final.

Cette image pourrait mieux aider à comprendre. À gauche, nous avons les premiers stades de production, soit les stades éloignés de la consommation, qui représentent les biens d’ordre supérieur. À droite, nous avons les derniers stades de production, soit les stades proches de la consommation, qui représentent les biens d’ordre inférieur (ou de premier ordre).

Capital and Capital Goods

Nous utiliserons le terme “biens d’équipement” pour désigner les étapes intermédiaires du processus de production. Ces biens d’équipement proviennent de l’union de ces trois éléments :  les ressources naturelles, le travail et le temps. La condition sine qua non pour produire les biens d’équipement est l’épargne (consommation différée).

Pour illustrer ce concept important, nous allons utiliser l’exemple donné par Böhm-Bawerk pour expliquer le processus d’épargne et d’investissement en biens d’équipement effectué par un acteur individuel dans une situation isolée, comme Robinson Crusoé sur son île.

Supposons que Crusoé vient d’arriver sur son île et passe son temps à cueillir des baies à la main (son seul moyen de subsistance). Chaque jour, il consacre tous ses efforts à la collecte de baies, et il en cueille assez pour survivre et peut même manger des unités supplémentaires quotidiennement. Après plusieurs semaines de ce régime, Crusoé fait la découverte entrepreneuriale qu’avec un bâton en bois long de plusieurs mètres, il pouvait atteindre une plus grande hauteur et une plus longue distance, frapper les buissons avec force et de recueillir les fruits nécessaires beaucoup plus vite.

Le seul problème, c’est qu’il estime que cela pourrait lui prendre cinq jours entiers pour trouver un arbre convenable à partir duquel tirer son bâton, et de le préparer en enlevant ses branches, feuilles, et imperfections. Pendant ce temps, il sera contraint d’interrompre sa cueillette de baies.
S’il veut produire le bâton, il devra réduire sa consommation de baies pendant un certain temps et stocker le reste dans un panier jusqu’à ce qu’il ait assez pour survivre pendant cinq jours, la durée prévue du processus de production du bâton en bois.
Après avoir planifié son action, Crusoé décide de l’entreprendre, alors il doit d’abord épargner (càd, économiser) une partie des baies qu’il cueille chaque jour à la main, en réduisant sa consommation par ce montant. Cela signifie clairement qu’il doit entreprendre un sacrifice inévitable, dont il juge valoir la peine par rapport à l’objectif qu’il désire atteindre.

Alors, il décide de réduire sa consommation pendant plusieurs semaines tout en stockant ses baies restes dans un panier jusqu’à ce qu’il ait accumulé un montant qu’il estimera suffisant pour le sustenter pendant qu’il confectionne son bâton. Une fois que Robinson Crusoé a économisé assez de baies, il passe cinq jours à chercher une branche à partir de laquelle il fabriquera son bâton en bois. Son épargne lui permet donc d’investir dans les facteurs de production (fabrication du bâton).

Au bout de cinq jours, il obtient son bâton (bien d’équipement), qui représente une étape intermédiaire éloignée dans le temps (par cinq jours d’épargne) depuis les processus immédiats de production de baies (à la main) qui l’occupait jusque là. Avec son bâton achevé, Crusoé peut atteindre des endroits inaccessibles à la main et frapper les buissons avec force, multipliant sa production de baies par dix.

Le processus de production de baies à l’aide du bâton est plus long en termes de temps (il contient plus de stades) que le processus de production de cueillette des baies à la main; on parle alors d’un allongement de la structure de production. Les processus de production ont tendance à augmenter en longueur et en durée (ie, deviennent plus complexes et contiennent plus de stades) comme résultat de l’épargne et de l’activité entrepreneuriale, et plus ces processus sont longs et exigeant en termes de temps, plus ils tendent à être productifs.

Dans une économie moderne, les processus de production sont évidemment plus complexes, et intègrent une multitude d’étapes qui sont toutes interdépendantes et se divisent en de nombreux processus secondaires que les humains emploient dans les innombrables projets d’action dont ils se lancent constamment.

Par exemple, le processus de production d’une voiture se compose de centaines, voire de milliers de stades de production nécessitant une très longue période de temps (plusieurs années) à partir du moment où le constructeur automobile commence à concevoir le véhicule (le stade le plus éloigné de la consommation finale), et commande les matériaux correspondants auprès de ses fournisseurs, fait passer ces matériaux à travers les lignes d’assemblage différentes, et commande des différentes parties du moteur et tous les accessoires, etc, jusqu’à ce qu’il arrive aux stades les plus proches de la consommation, comme le transport et la distribution aux revendeurs, le développement des campagnes de publicité et la présentation et vente de la voiture au public.

À tout moment, chacun des stades coexiste avec les autres, et c’est pourquoi certaines personnes passent leur temps à concevoir des véhicules (les voitures qui seront à la disposition du public dans dix ans), alors que d’autres commandent simultanément les matériaux auprès des fournisseurs, et que d’autres travaillent sur les lignes d’assemblage, et que d’autres consacrent leurs efforts dans le domaine commercial (très proche de la consommation finale), promouvant la vente de véhicules déjà produits.

Les industries en biens d’équipement sont considérées comme appartenant aux stades les plus éloignés de la consommation. Ces industries englobent : les logiciels et matériel informatique, les appareils de communication de haute technologie, les hauts-fourneaux, les chantiers navals, la construction, etc…

S’il existe une usure des biens d’équipement, elle n’est pas seulement physique, mais aussi technique et économique (obsolescence). Ainsi, les biens d’équipement doivent être préservés et entretenus (dans le cas de Crusoé, il doit prendre soin de son bâton et le protéger de l’usure).
Cela signifie que les entrepreneurs doivent réparer les biens d’équipement existants et, plus important encore, ils doivent constamment produire des biens d’équipement neufs pour remplacer les anciens qu’ils sont en train de consommer. D’où la nécessité de l’épargne :

A certain minimum level of saving is essential in order to compensate for depreciation by producing the capital goods necessary to replace ones that have worn out or depreciated.

En règle générale, les biens d’équipement sont difficiles à convertir, et plus ils sont proches de la phase finale de la consommation, et plus leur convertibilité est difficile.

Tandis que les biens d’équipement sont difficiles à convertir, les investisseurs parviennent à leur fournir une mobilité considérable à travers les institutions juridiques de droit de propriété et de contrat, qui régissent les différentes formes de transfert de ces biens. Ainsi, la structure productive (très longue et complexe) permet la mobilité constante des investisseurs, à travers l’échange et la vente de biens d’équipement sur le marché.

The Interest Rate

Le taux d’intérêt est déterminé comme étant le prix du marché des biens présents en termes de biens futurs.

Le marché des biens présents et futurs, par lequel le taux d’intérêt est déterminé, se compose de la structure entière d’étapes de production de la société, dans laquelle les épargnants ou les capitalistes renoncent à la consommation immédiate et offrent des biens présents aux propriétaires des facteurs de production primaires ou originels (les travailleurs et les propriétaires de ressources naturelles) et aux propriétaires de biens d’équipement, en échange de la pleine propriété des biens de consommation (et d’équipement) d’une valeur supposée supérieure une fois que la production de ces biens a été achevée dans le future. Si nous éliminons l’effet positif (ou négatif) des bénéfices (ou pertes) entrepreneuriaux purs, cette différence de valeur tend à coïncider avec le taux d’intérêt.

Ici, les propriétaires des moyens originaux de production (main-d’œuvre et ressources naturelles) et des biens d’équipement agissent en tant que demandeurs de biens présents, et les épargnants agissent comme fournisseurs de ces biens.

En fait, il est tout à fait possible de concevoir une société dans laquelle aucun marché de prêt n’existe, et tous les agents économiques investissent leurs économies dans la production de façon directe (via le financement interne et des bénéfices non répartis à travers des partenariats, sociétés et coopératives). Même si, dans ce cas, aucun taux d’intérêt ne serait établi dans un marché du crédit (inexistant), un taux d’intérêt serait encore déterminé par le rapport (ou ratio) auquel les biens présents sont échangés contre les biens futurs dans les différentes étapes intermédiaires des processus de production. En fait, la même règle s’applique toujours : lorsque l’épargne augmente, le taux d’intérêt diminue.

Thus the more plentiful the savings, i.e., the greater the quantity of present goods sold or offered for sale, other things being equal, the lower their price in terms of future goods; and consequently, the lower the market rate of interest.
This indicates to entrepreneurs that more present goods are available, which enables them to increase the length and complexity of the stages in their production processes, making these stages more productive.

En bref, le taux d’intérêt indique aux entrepreneurs quels nouveaux stades de production ou quels projets d’investissement ils peuvent et doivent entreprendre et quels sont ceux qu’ils ne doivent pas entreprendre, afin de maintenir la coordination, autant qu’il est humainement possible, dans le comportement des épargnants, des consommateurs, et des investisseurs, et pour éviter que les différentes étapes de production ne restent inutilement trop courtes ou deviennent trop longues.

Si le taux d’intérêt que l’on peut obtenir en faisant progresser les biens présents dans certaines étapes (ex, les plus proches de la consommation) est supérieur à celui que l’on peut obtenir dans d’autres étapes (ex, les plus éloignées de la consommation), alors la vigueur entrepreneuriale elle-même, entraînée par un désir de profit, conduira les gens à désinvestir dans les stades pour lesquels le taux d’intérêt (ou “taux de profit”) est plus faible, relativement parlant, et à investir dans les stades pour lesquels le taux d’intérêt attendu (ou “taux de profit”) est plus élevé.

Le “minarchiste” explique avec des schémas (tirés des travaux de Roger Garrison) la distorsion, par la surexpansion de crédit, de la structure de production :
La théorie économique Autrichienne expliquée en schémas”.

The Structure of Production

Si nous commençons au premier stade, de la Chart V-1, les consommateurs dépensent 100 m.u. (monetary units) sur les biens de consommation, et cet argent devient la propriété des capitalistes qui possèdent les industries de biens de consommation. Un an plus tôt, ces capitalistes avaient avancé 80 m.u. de leurs économies correspondant aux services de biens d’équipement fixe et aux biens d’équipement circulant produits par d’autres capitalistes dans le deuxième stade du processus de production.
Les premiers capitalistes payent également 10 m.u. aux propriétaires des moyens originaux de production (main-d’œuvre et ressources naturelles) qu’ils embauchent directement dans le dernier stade, correspondant à la production de biens de consommation (ce paiement aux propriétaires des moyens originaux de la production est représenté sur le diagramme V-1 par la flèche verticale qui commence à la droite de la dernière étape [100 m.u.] et s’étend jusqu’à la la boîte supérieure droite contenant 10 m.u.).

Puisque les capitalistes du stade des biens de consommation ont avancé 80 mu aux propriétaires des biens d’équipement du deuxième stade, et 10 mu pour les travailleurs et les propriétaires des ressources naturelles (un total de 90 mu), à la fin d’une année lorsque ces capitalistes vendent les biens de consommation pour 100 unités, ils obtiennent un bénéfice comptable (ou intérêts tirés) pour avoir avancé 90 mu provenant de l’épargne un an plus tôt.
Cette différence entre le montant total qu’ils ont avancé, 90 mu (dont ils pourraient avoir consommé, bien qu’ils l’ont épargné et investi), et le montant qu’ils reçoivent à la fin d’une année, 100 mu, est égale à un taux d’intérêt d’environ 11% par an (10:90 = 0,11).

Nous pouvons poursuivre le même raisonnement en ce qui concerne les autres stades. Ainsi donc, les capitalistes qui possèdent les biens intermédiaires du troisième stade ont avancé au début de la période 40 mu en paiement pour les biens d’équipement produits dans le quatrième stade, ainsi que 14 mu aux propriétaires des moyens originaux de production (main-d’œuvre et ressources naturelles).
En échange, donc, des 54 mu (40 + 14) qu’ils ont avancé, les capitalistes deviennent propriétaires du produit auquel, une fois achevé, ils vendent aux capitalistes du deuxième stade pour 60 mu, gagnant un différentiel de 6 mu, ce qui constitue leur bénéfice comptable, ou intérêt, qui est également proche de 11%.

Some Additional Considerations

Il a été considéré depuis longtemps par les économistes autrichiens que la période moyenne de production était un concept vide de sens. Les “Charts” présentés dans le présent article raisonnent en périodes simplement comme une illustration.

The length of time expended in the past for the production of capital goods available today does not count at all. These capital goods are valued only with regard to their usefulness for future satisfaction. The “average period of production” is an empty concept. (Mises, Human Action, p. 489)

À mesure que l’économie évolue et prospère, les stocks de biens intermédiaires deviennent plus importants parce qu’ils permettent aux différentes entreprises de minimiser le risque toujours latent de pénuries imprévues ou de goulots d’étranglement qui prolongent les délais de livraison.
Ainsi une manifestation de l’allongement des processus de production consiste en une augmentation continue des stocks de biens intermédiaires.

Les biens de consommation durables satisfont les besoins humains au cours d’une période très prolongée de temps. Par conséquent, ils constituent en même temps une partie de plusieurs stades à la fois : le dernier stade de la consommation et divers stades précédents, en fonction de leur durée. Les années où le propriétaire dépense pour entretenir son bien de consommation durable, de sorte qu’il continuera à fournir des services à la consommation pour lui dans le futur, correspondent à des stades qui apparaissent au-dessus et sont de plus en plus éloignés de la consommation: stade deux, trois , quatre, etc.
Ainsi, l’une des manifestations de l’allongement des processus de production et de l’augmentation de leur nombre de stade consiste à la production d’un plus grand nombre de biens de consommation durables de qualité et durabilité croissantes.

Sur le marché, il existe une tendance (entraînée par la force de l’esprit d’entreprise) vers l’égalisation du “taux de profit” dans toutes les activités économiques. Cela se produit non seulement horizontalement, au sein de chaque stade de production, mais aussi verticalement, entre les stades. Les disparités de profits poussent effectivement les hommes d’affaires à rediriger les ressources productives vers les activités qui rapportent le plus.

Indeed when there are disparities in profits, businessmen will devote their effort, creative capacity and investment to those activities which generate relatively higher profits, and they will stop devoting these things to activities which yield lower profits.

Un point important à comprendre, c’est que les biens d’équipement s’écoulent vers le bas, c’est-à-dire, des stades les plus éloignés de la consommation aux stades les plus proches, alors que la monnaie s’écoule dans le sens opposé. En d’autres termes, les unités monétaires sont d’abord utilisées pour payer des biens de consommation finaux, et à partir de ce point ils gravissent progressivement l’échelle des stades de production jusqu’à ce qu’ils atteignent les stades les plus éloignés de la consommation.

Criticism of the Measures used in National Income Accounting

La définition traditionnelle du “produit national brut” (GNP) contient le mot “brut”, mais ne reflète en rien le vrai revenu brut consacré au cours de l’année sur toute la structure productive.

For instance as Ramón Tamames indicates, the gross national product at market prices …

“can be defined as the sum of the value of all the final goods and services produced in a nation in one year. I speak of final goods and services because intermediate ones are excluded to avoid the double computation of any value.”

En fait, le GNP intègre la valeur des ventes de biens d’équipement fixes ou durables, comme l’immobilier, les véhicules industriels, machines, outils, ordinateurs, etc, qui sont achevés et vendus à leurs utilisateurs finaux au cours de l’année, et sont donc considérés comme des biens finaux.
Toutefois, il ne comprend en aucune manière la valeur des biens d’équipement circulant, produits intermédiaires non durables, ni des biens d’équipement qui ne sont pas encore achevés ou si c’est le cas, passer d’un stade à un autre au cours du processus de production.
Ces biens intermédiaires sont évidemment différents des biens similaires inclus dans les biens finaux (par exemple, le carburateur réalisé comme un produit intermédiaire n’est pas le même carburateur inclus dans la voiture vendue comme un produit final.)
En revanche, les chiffres de la production brute tirés du tableau V-2 intègre la production brute de tous les biens d’équipement, qu’ils soient achevés ou non, fixes, durables ou circulant, ainsi que tous les biens de consommation et services produits durant l’année financière.

Pour avoir une idée des montants impliqués, il suffit de considérer que la production brute (calculée selon notre critère) d’un pays avancé comme les Etats-Unis est équivalente à plus du double du GNP officiel du pays.

Skousen, in his book, The Structure of Production, pp. 191–92, proposes the introduction of “gross national output,” a new measure in national income accounting. With respect to the possible gross national output of the United States, Skousen concludes the following:

First, Gross National Output (GNO) was nearly double [Gross National Product] (GNP), thus indicating the degree to which GNP underestimates total spending in the economy.
Second, consumption represents only 34 percent of total national output, far less than what GNP figures suggest (66 percent). Third, business outlays, including intermediate inputs and gross private investment, is the largest sector of the economy, 56 percent larger than the consumer-goods industry. GNP figures suggest that the capital-goods industry represents a minuscule 14 percent of the economy.

L’utilisation du GNP dans la comptabilité du revenu national implique presque inévitablement que la production est instantanée et ne nécessite aucun laps de temps, et donc qu’il n’y a pas d’étapes intermédiaires dans le processus de production et que la préférence temporelle n’est pas importante en ce qui concerne la détermination du taux d’intérêt. C’est clairement une hérésie.

2) The Effect on the Productive Structure of an Increase in Credit Financed Under a Prior Increase in Voluntary Saving

The Issue of Consumer Loans

On pourrait faire valoir que, parfois, les prêts ne sont pas accordés aux entrepreneurs des étapes de production, afin de leur permettre d’allonger leurs procédés de production à travers des investissements, mais sont plutôt accordés à des consommateurs qui achètent des biens finaux.
En fait, dans la plupart des cas, les prêts à la consommation sont accordés pour financer l’achat de biens de consommation durables qui sont en définitive comparables aux biens d’équipement maintenus pendant un certain nombre de stades de production consécutifs, tandis que la capacité du bien de consommation durable à fournir des services à son propriétaire dure, persiste.

The Effects of Voluntary Saving on the Productive Structure

First: The Effect Produced by the New Disparity in Profits Between the Different Productive Stages

Le graphique V-2 montre qu’avant la hausse de l’épargne, 100 mu du revenu net ont été dépensés sur les biens de consommation finaux produits par des sociétés qui ont d’abord engagé des dépenses totalisant 90 mu. De ce montant, 80 mu correspondait à l’achat de biens d’équipement aux stades qui précèdent immédiatement, et 10 mu ont été payés pour les moyens originaux de production embauchés ou achetés dans le dernier stade (travail et ressources naturelles).
Juste après la hausse de l’épargne, nous voyons que la demande monétaire de biens de consommation finaux diminue de 100 à 75 mu à chaque période de temps.

Au contraire, dans leur livre de comptes, ces entreprises enregistrent des dépenses inchangées de 90 mu. Tout comme dans le cas précédent, 80 mu de ce montant est dépensé pour des biens d’équipement provenant du stade précédent (machines, fournisseurs, produits intermédiaires, etc) et 10 mu sont versés aux propriétaires des moyens originaux de production (les travailleurs et les propriétaires de ressources naturelles).

En conséquence de cette augmentation de l’épargne, les sociétés consacrées au stade final (la consommation) souffrent d’une perte comptable de 15 mu.

Therefore we could conclude that all increases in saving cause considerable relative losses to [...] the companies which operate closest to final consumption.

Les pertes comptables se produisant au stade final n’affectent pas immédiatement les stades antérieurs à la consommation.
Au contraire, les pertes comptables prennent effet après une longue de période de temps, et diminuent (puis s’annulent) à mesure que l’on remonte vers les stades de production plus éloignés de la consommation. En conséquence de quoi, les entrepreneurs désinvestissent dans les stades de production proche de la consommation (moins rentables) au profit des stades éloignés de la consommation (plus rentables).

In the consumer goods sector an accounting loss follows from the upsurge in saving, while the industries of the fifth stage, which are further from consumption [...] continue to enjoy profits roughly equal to 11 percent of the capital invested [...]

Indeed entrepreneurs from the fifth stage increase their investment in original factors and productive resources from 18 m.u. to 31.71 m.u., a figure nearly double their initial outlay.

Bien que le rétrécissement des stades de production proches de la consommation est suivi d’une réduction de l’approvisionnement des biens de consommation, les prix ne montent pas, précisément grâce à la baisse de la demande de biens de consommation, conséquence de la hausse de l’épargne. Aussi, les facteurs de production (main d’oeuvre, y compris) sont “libérés” pour être redirigés vers les stades éloignés de la consommation, devenus plus rentables.

Moreover the increase one might expect to observe in the prices of the factors of production (capital goods, labor and natural resources) as a result of the greater demand for them in the fifth stage does not necessarily occur (with the possible exception of very specific means of production).
In fact each increase in the demand for productive resources in the stages furthest from consumption is mostly or even completely neutralized or offset by a parallel increase in the supply of these inputs which takes place as they are gradually freed from the stages closest to consumption, where entrepreneurs are incurring considerable accounting losses and are consequently obliged to restrict their investment expenditure on these factors.

Second: The Effect of the Decrease in the Interest Rate on the Market Price of Capital Goods

Les biens d’équipement déjà en cours d’utilisation feront l’objet d’une hausse significative des prix comme une conséquence de la baisse du taux d’intérêt et seront produits en plus grande quantité, ce qui provoque un élargissement horizontal de la structure des biens d’équipement (càd, une hausse de la production des biens d’équipement pré-existants).

Le deuxième effet d’une diminution du taux d’intérêt provoquée par une augmentation de l’épargne volontaire est l’approfondissement de la structure des biens d’investissement, sous la forme d’un allongement vertical impliquant de nouveaux stades de biens d’équipement de plus en plus éloignés de la consommation.

Fluctuations in the value of capital goods, which arise from variations in saving and the interest rate, also tend to spread to the securities which represent these goods, and thus to the stock markets where they are traded.

En d’autres termes, une hausse de l’épargne, en faisant baisser les taux d’intérêts, va booster le prix des actions parmi les sociétés opérant dans les stades produisant des biens d’équipement, et de façon générale, le prix de tous les titres financiers représentant ces biens d’équipement. Plus ces biens sont éloignés de la consommation finale, plus le prix de marché des titres financiers correspondant va augmenter. C’est pourquoi, aussi, le prix relatif des actions des sociétés opérant dans les stades proches de la consommation va décliner, temporairement.

Only securities which represent the property of the companies closest to consumption will undergo a temporary, relative decline in price, as a result of the immediate, negative impact of the decrease in the demand for consumer goods that is generated by the upsurge in saving.

Therefore it is clear that, contrary to popular opinion [...] the stock market does not necessarily reflect mainly companies’ profits. In fact, in relative terms with the capital invested, the accounting profits earned by the companies of the different stages tend to match the interest rate.
Thus an environment of high saving and low relative profits (i.e., with a low interest rate) constitutes the setting for the greatest growth in the market value of securities representing capital goods.

Third: The Ricardo Effect

If, as generally occurs, the wages or rents of the original factor labor are initially held constant in nominal terms, a decline in the prices of final consumer goods will be followed by a rise in the real wages of workers employed in all stages of the productive structure. With the same money income in nominal terms, workers will be able to acquire a greater quantity and quality of final consumer goods and services at consumer goods’ new, more reduced prices.

This increase in real wages, which arises from the growth in voluntary saving, means that, relatively speaking, it is in the interest of entrepreneurs of all stages in the production process to replace labor with capital goods. [...] This constitutes a third powerful, additional effect tending toward the lengthening of the stages in the productive structure.

Donc, par l’intermédiaire d’une hausse des salaires réels, la hausse de l’épargne volontaire établit une tendance à travers tout le système économique vers des stades de production plus longs et plus intensifs en capital, favorisant l’allongement de la structure de production.

À ce titre, David Ricardo explique que …

every rise of wages, therefore, or, which is the same thing, every fall of profits, would lower the relative value of those commodities which were produced with a capital of a durable nature, and would proportionally elevate those which were produced with capital more perishable. A fall of wages would have precisely the contrary effect.

Plus tard, Hayek propose une explication très concise de l’effet Ricardo :

with high real wages and a low rate of profit investment will take highly capitalistic forms: entrepreneurs will try to meet the high costs of labour by introducing very labour-saving machinery — the kind of machinery which it will be profitable to use only at a very low rate of profit and interest.

Détail intéressant, les biens de consommation et services invendus en raison de l’augmentation de l’épargne volontaire jouent un rôle remarquablement similaire à celui des baies accumulées dans l’illustration de Crusoé en remplissant la fonction importante de rendre possible pour les différents agents économiques (les travailleurs, les propriétaires de ressources naturelles et les capitalistes) de se sustenter durant les périodes qui suivent, car les prix de ces biens invendus vont alors baisser pour accompagner la baisse relative de demande pour les biens de consommation.

Conclusion: The Emergence of a New, More Capital-Intensive Productive Structure

La Chart V-3 montre que la consommation finale a baissé jusqu’à 75 mu. Cette réduction a également affecté la valeur du produit du deuxième stade (le précédent stade le plus proche de la consommation), qui a chuté de 80 mu (Chart V-1) à 64,25 mu (Chart V-3). Une baisse similaire se produit dans le troisième stade (de 60 mu à 53,5 mu), bien que cette fois la réduction est proportionnellement plus petite. Cependant, à partir du quatrième stade, la demande en termes monétaires augmente.
L’augmentation est progressive dans un premier temps. Dans la cinquième étape, où la valeur du produit augmente de 20 mu à 32,25 mu, comme nous l’avons vu dans la Chart V-2. Par ailleurs, deux nouveaux stades, les stades 6 et 7, apparaissent dans la zone la plus éloignée de la consommation.

Le revenu net reçu par les propriétaires des moyens originaux de la production et par les capitalistes de chaque stade, selon le taux d’intérêt net ou différentiel, s’élève à 75 mu, ce qui coïncide avec le revenu monétaire (ie, nominal) dépensé sur les services et biens de consommation.

Tableau V-3, nous voyons que l’offre et la demande de biens présents demeure à 295 mu, soit 25 mu de plus que dans le tableau V-1. C’est parce que l’épargne brute et l’investissement ont augmenté de 25 mu de l’épargne nette supplémentaire volontairement réalisée.

Comme le tableau V-4 nous le montre, même si la Gross National Output (GNO) est identique en termes monétaires à sa valeur dans le dernier exemple, elle est maintenant distribuée d’une manière radicalement différente : sur une structure productive plus étroite et plus allongée (càd, une structure productive plus intensive en capital avec plus de stades).

Comme on peut le voir sur le graphique V-4, la partie ombragée ne remplit pas tout à fait la barre dans les 3 premiers stades de production. Or, dans les stades 4 et 5 de la production, la partie ombragée dépasse la barre. C’est l’élargissement de la structure de production, appelé aussi “allongement horizontal de la structure de production”.
Les stades 6 et 7 de la production n’existaient pas auparavant; ils ont été ajoutés, conséquence de la hausse des investissements dans les stades plus éloignés de la consommation. C’est l’approfondissement de la structure de production, appelé aussi “allongement vertical de la structure de production”.

Hence we see that the voluntary increase in saving provokes the following effects:

First: a deepening of the capital goods structure. This outcome manifests itself as a vertical “lengthening” of the productive structure via the addition of new stages.

Second: a widening of the capital goods structure, embodied in a broadening of the existing stages (as in stages four and five).

Third: a relative narrowing of the capital goods stages closest to consumption.

Fourth: Given that the monetary demand for [consumer] goods is invariably reduced, and given that these two effects (the drop in consumption and the upsurge in the production of consumer goods) exert similar influences, the increase in production gives rise to a sharp drop in the market prices of consumer goods. Ultimately this drop in prices makes it possible for a significant real rise in wages to occur …

Moreover the consumer price index falls, since it merely reflects the effect the reduced monetary demand has on consumer goods stages, yet no index adequately records the growth in prices in the stages furthest from consumption.

[...] it is perfectly feasible for an entrepreneur of consumer goods to earn money even when his sales do not increase and even decrease, if the entrepreneur reduces his costs by substituting capital equipment for labor.

The Case of an Economy in Regression

Si la société dans son ensemble se décide à épargner moins, les industries des stades les plus proches de la consommation auront tendance à croître de façon spectaculaire, ce qui fera monter leurs bénéfices comptables. Ces événements provoquent un “aplatissement” de la structure de production, puisque les ressources productives seront retirées depuis les stades les plus éloignés de la consommation et transférées vers les plus proches. L’augmentation du taux d’intérêt qui s’ensuit provoquera une inversion de l’effet Ricardo.

Moreover the drop in saving will push up the market rate of interest and diminish the corresponding present value of durable capital goods, deterring investment in them.
Finally a reverse “Ricardo Effect” will exert its influence: growth in the prices of consumer goods and services will be accompanied by an immediate decline in real wages and in the rents of the other original factors, which will encourage capitalists to replace capital equipment with labor, now relatively cheaper.

The Effects of Credit Expansion on the Productive Structure

La génération de prêts ex nihilo augmente l’offre de crédit de l’économie. Cette baisse du taux d’intérêt dans le marché du crédit ne se manifeste pas nécessairement elle-même par une diminution en termes absolus. La réduction est même compatible avec une augmentation du taux d’intérêt en termes nominaux, si le taux grimpe moins que ce qu’il en aurait été dans un environnement sans expansion de crédit (ex, si l’expansion de crédit coïncide avec une baisse généralisée du pouvoir d’achat de la monnaie, autrement dit, l’inflation).

L’abaissement du taux d’intérêt par la création excessive de monnaie donne l’apparence de la rentabilité des projets d’investissement (en “capital goods”) qui, jusqu’à ce moment-là, n’étaient pas rentables, ce qui allonge la structure de production, produisant exactement le même effet qu’une hausse de l’épargne.

[...] the lowering of the interest rate gives the appearance of profitability to investment projects which until that point were not profitable, giving rise to new stages further from consumption.

In either case, the additional plants require the investment of additional factors of production. But the amount of capital goods available for investment has not increased.

L’épargne est une consommation différée, dans le sens où elle finance la consommation future. À l’inverse, le prêt finance la consommation immédiate dans le sens où il implique le sacrifice de la consommation future lors du remboursement du prêt. Si le montant des prêts dépasse le montant de l’épargne, nous avons un déficit dans le financement de la consommation future, alors même que les entrepreneurs investissent toujours davantage dans les facteurs de production. Il n’est pas difficile de deviner pourquoi un tel allongement de la structure de production, basé sur ce modèle, est intenable.

Lionel Robbins, in his book, The Great Depression (New York: Macmillan, 1934), lists the following ten characteristics typical of any boom: first, the interest rate falls in relative terms; second, short-term interest rates begin to decline; third, long-term interest rates also drop; fourth, the current market value of bonds rises; fifth, the velocity of the circulation of money increases; sixth, stock prices climb; seventh, real estate prices begin to soar; eighth, an industrial boom takes place and a large number of securities are issued in the primary market; ninth, the price of natural resources and intermediate goods rises; and last, tenth, the stock exchange undergoes explosive growth based on the expectation of an uninterrupted increase in entrepreneurial profits (pp. 39–42).

Il faut considérer que l’adoption d’un modèle de production (plus ou moins intensif en capital) nécessite toujours une contrepartie, comme toutes les situations de la vie exigent. L’allongement de la structure de production nécessite un sacrifice de la prospérité présente (à court terme) au profit d’une prospérité future (à long terme). Tout ne peut pas augmenter en même temps.
En revanche, un allongement de la structure de production sans épargne préalable produit un boom où, présentement, tout semble augmenter en même temps (consommation, investissement, profit, etc) pour générer un excès d’optimisme, la fameuse “éxubérance irrationnelle”. Et à partir de ce moment là, seulement, les marchés financiers commencent à s’emballer, et des bulles gonflent, jusqu’à explosion. Rien à voir avec la théorie boîteuse des “esprits animaux” si chère à Keynes, où l’excès d’optimisme émerge “out of thin air” comme par magie…

Our intention is to warn readers of the error which threatens anyone who might attempt to make a strictly theoretical interpretation of the charts we present. Nicholas Kaldor committed such an error in his critical analysis of Hayek’s theory, as was recently revealed by Laurence S. Moss and Karen I. Vaughn, for whom :

“the problem is not to learn about adjustments by comparing states of equilibrium but rather to ask if the conditions remaining at T1 make the transition to T2 at all possible. Kaldor’s approach indeed assumed away the very problem that Hayek’s theory was designed to analyze, the problem of the transition an economy undergoes in moving from one coordinated capital structure to another.”

Comparons le graphique V-5 avec le graphique V-1. Le 1er stade montre que la consommation finale est restée stable (100 m.u.) alors même que tous les autres stades sont en expansion, conséquence de la surexpansion de crédit.

Therefore the rate of profit … now drops from the 11 percent shown in Chart V-1 to slightly over 4 percent yearly.

Tableau V-5, nous voyons que l’offre de biens présents augmente de 270 mu (revoir le tableau V-1) jusqu’à 383 mu, qui sont à leur tour composées de 270 mu (m.u. provenant de véritables ressources épargnées), plus 113 mu que les banques ont créé grâce à l’expansion de crédit sans le soutien de l’épargne.

Il est intéressant, d’ailleurs, de comparer le graphique V-6 à V-4. Une nette différence se dégage : aucune contraction de la demande nominale dans les stades les plus proches de la consommation ne se produit. Toutes les zones ombragées, du stade n°2 au stade n°7 totalisent exactement 113,75 mu, soit la somme du crédit additionnel accordée par les banques.

Mises, in “The Theory of Money and Credit”, write :

“The increased productive activity that sets in when the banks start the policy of granting loans at less than the natural rate of interest at first causes the prices of production goods to rise while the prices of consumption goods, although they rise also, do so only in a moderate degree, namely, only insofar as they are raised by the rise in wages.
Thus the tendency toward a fall in the rate of interest on loans that originates in the policy of the banks is at first strengthened. But soon a countermovement sets in: the prices of consumption goods rise, those of production goods fall. That is, the rate of interest on loans rises again, it again approaches the natural rate.”

Pour les sraffaïens et keynésiens qui aiment à penser le contraire, en vérité le fait qu’il pourrait exister une multiplicité de taux d’intérêts ne modifie en rien la prémisse. Rappelons que le taux d’intérêt n’est juste que le prix à payer pour l’épargne intermédiée. Car le fait demeure que lorsque l’épargne privée augmente, les banques peuvent accroître leur offre de crédit, et la structure de production peut s’allonger. Voir mon article sur le débat Sraffa-Hayek.

The Market’s Spontaneous Reaction to Credit Expansion

1. The rise in the price of the original means of production.

Le premier effet temporaire de l’expansion du crédit est une augmentation du prix relatif des moyens originaux de production (main-d’œuvre et ressources naturelles). Les capitalistes des différentes étapes du processus de production affichent une plus grande demande monétaire pour les ressources originelles, et cette croissance de la demande est rendue possible par les crédits additionnels du système bancaire. C’est la raison pour laquelle ces moyens originaux de production n’ont pas été “libérés” des stades les plus proches de la consommation pour servir les stades les plus éloignés, ce qui aurait permis de réfréner la hausse des prix des facteurs de production.

… when credit expansion takes place without the backing of a prior increase in saving, no original means of production are freed from the stages closest to consumption [...] Therefore the rise in the demand for original means of production in the stages furthest from consumption and the absence of an accompanying boost in supply inevitably result in a gradual increase in the market price of the factors of production. Ultimately this increase tends to accelerate due to competition among the entrepreneurs of the different stages in the production process.

2. The subsequent rise in the price of consumer goods.

Tôt ou tard, le prix des biens de consommation commence à augmenter progressivement, alors que le prix des services offerts par les facteurs originels de production commence à grimper à un rythme plus lent (autrement dit, il commence à baisser en termes relatifs). Trois facteurs expliquent ce phénomène :

(a) La croissance du revenu monétaire des propriétaires des facteurs originaux de production. En effet, si les agents économiques continuent à épargner la même proportion de leur revenu, la demande monétaire de biens de consommation augmente en raison de l’augmentation du revenu monétaire reçu par les propriétaires des facteurs originaux de production. Cet effet expliquerait seulement une hausse similaire dans le prix des biens de consommation, si ce n’était pas pour le fait qu’il se combine avec les effets (b) et (c).

(b) Un ralentissement dans la production de nouveaux biens de consommation et services dans le court et moyen terme, conséquence de l’allongement des processus de production. Ceci provient du fait que les facteurs originaux de production sont retirés, libérés des stades les plus proches de la consommation.

L’allongement généralisé des processus de production et l’incorporation en eux d’un plus grand nombre de stades éloignés de la consommation conduit invariablement à une diminution à court terme de la vitesse à laquelle les nouveaux biens de consommation sont produits. Ce ralentissement durera jusqu’à ce que les processus d’investissement nouvellement initiés s’achèvent.

(c) Les entrepreneurs ont tendance à calculer leurs coûts en termes de coût historique et pouvoir d’achat des unités monétaires avant le processus inflationniste. Ils calculent cependant leurs revenus en fonction du revenu composé des unités monétaires avec moins de pouvoir d’achat. Tout cela conduit à des profits considérables et purement fictifs, créant une illusion de prospérité entrepreneuriale. C’est pourquoi ils sont prêts à consommer plus, en dépensant les bénéfices qu’ils n’ont jamais produits, ce qui contribue à faire monter les prix des biens de consommation.

When there is no prior growth in saving, and therefore consumer goods and services are not freed to support society during the lengthening of the productive stages and the transfer of original factors from the stages closest to consumption to those furthest from it, the relative price of consumer goods inevitably tends to rise.

3. The substantial relative increase in the accounting profits of the companies from the stages closest to final consumption.

Le prix des biens de consommation augmente plus vite que le prix des facteurs originaux de production, et il en résulte une croissance relative dans les bénéfices comptables des entreprises des stades les plus proches de la consommation.
Dans les stades les plus éloignés de la consommation, le prix des biens intermédiaires produits à chaque stade ne montre pas de changement majeur, alors que le coût des facteurs originaux de production employés à chaque stade grimpe en permanence, en raison d’une plus grande demande monétaire pour ces facteurs.
C’est pourquoi les entreprises opérant dans les stades les plus éloignés de la consommation tendent à devenir moins lucratives, une comptabilité résultant d’une hausse des coûts plus rapide que l’augmentation correspondante des revenus.

Hayek, dans The Pure Theory of Capital, écrivait :

Sooner or later, then, the increase in the demand for consumers’ goods will lead to an increase of their prices and of the profits made on the production of consumers’ goods. [...] The prices of consumers’ goods would always keep a step ahead of the prices of factors. That is, so long as any part of the additional income thus created is spent on consumers’ goods (i.e., unless all of it is saved), the prices of consumers’ goods must rise permanently in relation to those of the various kinds of input.

4. The “Ricardo Effect.”

[...] the more-than-proportional growth in the price of consumer goods with respect to the rise in factor income drives this income, particularly wages, down in real terms, providing entrepreneurs with a powerful financial incentive to substitute labor for machinery or capital equipment, in keeping with the “Ricardo Effect.”

Autrement dit, l’inversion de l’effet Ricardo, suite à une baisse des salaires réels due à une hausse du prix des biens de consommation, conduit à un aplatissement de la structure de production; les entrepreneurs utilisent plus de main d’oeuvres, avec les machines existantes, usées et obsolètes, moins coûteuses et moins durables.

Il en résulte une baisse relative de la demande pour les biens d’équipement et produits intermédiaires des stades les plus éloignés de la consommation, ce qui va encore aggraver le problème sous-jacent de la baisse des bénéfices comptables (voire des pertes) qui commence à être perçue dans les stades les plus éloignés de la consommation.

5. The increase in the loan rate of interest. Rates even exceed pre-credit-expansion levels.

Quand le rythme de l’expansion de crédit non adossée à une épargne réelle arrête d’accélérer, les taux d’intérêts grimperont jusqu’à leur niveau précédent. Les taux dépasseront même le niveau précédant l’expansion de crédit, suite à l’effet combiné des deux phénomènes suivants :

(a) L’expansion du crédit aura tendance à faire grimper le prix des biens de consommation, et donc de réduire le pouvoir d’achat de l’unité monétaire. Par conséquent, si les prêteurs veulent charger les mêmes taux d’intérêt en termes réels, ils devront ajouter (au taux d’intérêt qui prévalait avant le début du processus d’expansion de crédit) une prime pour l’inflation.

(b) Les entrepreneurs qui se sont engagés dans l’allongement des processus de production malgré la hausse des taux d’intérêt, dans la mesure où ils ont déjà engagé des ressources substantielles à des projets d’investissement nouveaux, seront disposés à payer des taux d’intérêt très élevés. Ce phénomène durera aussi longtemps que la croyance que les processus de production peuvent être complétés persiste.

6. The appearance of accounting losses in companies operating in the stages relatively more distant from consumption: the inevitable advent of the crisis.

Il est devenu évident que certains projets d’investissement ne sont plus rentables. Les entrepreneurs doivent les liquider et effectuer un transfert massif des ressources productives correspondantes, en particulier la main d’oeuvre, vers les stades les plus proches de la consommation. De nombreux projets d’investissement lancés dans l’erreur sont paralysés , et de nombreux travailleurs sont mis à pied.

Cette période de vaches maigres ressemblerait à la situation dans laquelle se retrouverait Crusoé si, après un mauvais calcul, son panier de baies s’épuise au bout de 5 jours alors même que la confection de son baton n’est pas encore achevée. Crusoé doit alors suspendre la confection du bien d’équipement, et consacrer ses forces à cueillir des baies. Selon Mark Skousen, la déflation des prix est plus forte à mesure que l’on remonte les stades de production.

Mark Skousen indicates that in the recession phase the price of goods from the different stages undergoes the following changes: first, the most serious decreases in price and employment normally affect the companies operating furthest from consumption; second, the prices of products from the intermediate stages fall as well, though not as dramatically; third, wholesale prices drop, yet less sharply in comparison; and fourth and last, the prices of consumer goods also tend to decline, though much less noticeably than the rest of the above goods. Moreover if stagflation occurs the price of consumer goods may even rise instead of declining. See Skousen, The Structure of Production, p. 304.

Comme le graphique montre clairement, la nouvelle structure productive est plus plate et ne contient que cinq stades, car les deux stades les plus éloignés de la consommation ont disparu.

Le tableau V-6 montre que le revenu brut pour l’année est identique à celui figurant dans le tableau V-5 (483,7 mu), mais la distribution de la part allouée à la demande directe de biens de consommation et services finaux et à la demande de biens intermédiaires a changé en faveur du premier.

La structure productive qui demeure à la suite du réajustement nécessaire ne peut pas continuer à correspondre à la structure qui existait avant l’expansion du crédit. De lourdes pertes inévitables en biens d’équipement spécifiques ont été engagées dans la mesure où les ressources limitées de la société ont été dirigées vers des investissements qui ne peuvent être restructurés et sont donc dépourvus de valeur économique. Cela donne lieu à une réduction des biens d’équipement par habitant, ce qui entraîne une diminution de la productivité du travail et par conséquent une réduction supplémentaire des salaires réels.

Une des nombreuses raisons qui milite en défaveur d’une intervention gouvernementale comme solution à la crise, et en faveur d’une amélioration de la flexibilité du marché du travail et de la mobilité des ressources productives, est le fait que la structure productive est qualitativement très différente et quantitativement plus plate après l’éclatement de la bulle économique que ce qu’elle était avant l’expansion de crédit. Les facteurs explicatifs, selon Fritz Machlup, sont :

(1) Many capital goods are specific, i.e., not capable of being used for other purposes than those they were originally planned for …
(2) Capital values in general — i.e., anticipated values of the future income — are reduced by higher rates of capitalization; the owners of capital goods and property rights experience, therefore, serious losses.
(3) The specific capital goods serviceable as “complementary” equipment for those lines of production which would correspond to the consumers’ demand are probably not ready; employment in these lines is, therefore, smaller than it could be otherwise.
(4) Marginal-value productivity of labour in shortened investment periods is lower, wage rates are, therefore, depressed.
(5) Under inflexible wage rates unemployment ensues from the decreased demand prices for labour.

Chapter 6 : Additional Considerations on the Theory of the Business Cycle

1) Why No Crisis Erupts When New Investment is Financed by Real Saving (and Not by Credit Expansion)

Si une hausse soutenue de l’épargne volontaire déclenche le processus d’allongement de la structure de production, il n’y aura pas d’augmentation dans le prix des moyens originaux de production (main-d’œuvre et ressources naturelles) car ils ont été “libérés” des stades proches de la consommation, suite à une réduction de la demande en biens de consommation subséquente à toute hausse d’épargne.

[...] if the loans originate from an upsurge in real saving, the relative decrease in immediate consumption … frees a large volume of productive resources in the market of original means of production. These resources become available for use in the stages furthest from consumption and there is no need to pay higher prices for them.

En revanche, dans le cas d’une surexpansion de crédit, les ressources productives originelles n’ont pas été libérées des stades proches de la consommation. La seule façon pour les entrepreneurs d’obtenir ces ressources est de payer des prix plus élevés.

Un allongement de la structure de production amorcé par une épargne réelle n’entrainera aucune augmentation relative des bénéfices comptables dans les industries les plus proches de la consommation, ni une diminution des profits, ou même une perte comptable, dans les stades les plus éloignés de la consommation.

2) The Possibility of Postponing the Eruption of the Crisis: The Theoretical Explanation of the Process of Stagflation

L’arrivée de la récession économique peut être reportée si les prêts supplémentaires non adossés à une épargne réelle sont accordés à une vitesse sans cesse croissante.

Dans tous les cas, l’expansion du crédit doit accélérer à une vitesse qui ne permet pas aux agents économiques de le prédire de manière adéquate, car si ces agents commencent à anticiper correctement la hausse du rythme d’expansion, les 6 phénomènes (voir chap. 5) qui nous sont familiers seront déclenchés.
En effet, si les anticipations d’inflation se propagent, les prix des biens de consommation vont bientôt commencer à augmenter encore plus vite que les prix des facteurs de production. En outre les taux d’intérêt du marché vont monter en flèche, alors même que l’expansion du crédit continue de s’intensifier (étant donné que les anticipations d’inflation et de croissance du taux d’intérêt seront immédiatement reflétées dans sa valeur de marché).
Conséquemment, la stratégie d’augmentation de l’expansion du crédit pour reporter la crise ne peut pas être poursuivie indéfiniment, et tôt ou tard la crise sera provoquée par l’un des trois facteurs suivants, qui donneront également lieu à la récession:

(a) La vitesse à laquelle l’expansion du crédit accélère, ralentit ou s’arrête, à cause de la peur, vécue par les banquiers et les autorités économiques, que la crise va éclater et que la dépression subséquente peut être encore plus aiguë si l’inflation continue à monter.

(b) L’expansion du crédit est maintenue à un taux de croissance qui pourtant n’accélérera pas assez rapidement pour empêcher les effets de réversion dans chaque période de temps.

(c) Le système bancaire procède à l’inverse : il accélère le rythme d’expansion. Lorsque les agents économiques réaliseront que le taux d’inflation poursuivra sa croissance, ils fuiront massivement vers les valeurs réelles, avec un bond astronomique dans les prix des services et biens de consommation. L’hyperinflation et l’effondrement du système monétaire.

Mark Skousen correctly indicates that, in relative terms, stagflation is a universal phenomenon, considering that in all recessions the price of consumer goods climbs more (or falls less) in relative terms than the price of the factors of production.

Une croissance généralisée dans les prix nominaux des biens de consommation au cours d’une phase de récession a d’abord eu lieu dans la dépression des années 1970, et plus tard dans la récession des années 1990.
Elle est issue du fait que l’expansion du crédit qui a alimenté les deux processus fut assez grande dans les différents stades du cycle pour créer et maintenir les anticipations d’inflation sur le marché des services et biens de consommation, même pendant les plus profonds stades de la dépression.

Hayek a révélé que l’augmentation de la rapidité à laquelle la hausse du revenu monétaire des facteurs de production fait monter la demande pour les biens et services de consommation limite finalement les chances que l’éruption inévitable de la crise peut être reportée par le biais de l’accélération subséquente de l’expansion du crédit. En effet, tôt ou tard, un point sera atteint où la croissance des prix des biens de consommation commencera réellement à dépasser l’augmentation du revenu monétaire des facteurs originaux.

3) Consumer Credit and the Theory of the Cycle

It is first necessary to point out that most consumer credit is extended by banks to households for the purchase of durable consumer goods. We have already established that durable consumer goods are actually true capital goods which permit the rendering of direct consumer services over a very prolonged period of time.

Si donc le bien de consommation durable rend un service à la consommation, alors d’un point de vue économique, l’octroi de prêts pour financer des biens de consommation durables est indiscernable de l’octroi direct de prêts aux stades (en forte intensité de capital) les plus éloignés de la consommation.

Si la totalité des nouveaux crédits est consacrée non pas au financement de biens de consommation durable, mais plutôt la consommation courante, ce qui est erroné en pratique, alors une tendance à l’aplatissement de la structure de production est établie sans même avoir eu un boom expansionniste préalable dans les stades les plus éloignés de la consommation.

[...] if consumption is directly encouraged through credit expansion, the existing productive structure furthest from consumption clearly ceases to be profitable in relative terms, creating a trend toward the liquidation of these stages and the general flattening of the productive structure.

Plus exactement, si les nouveaux crédits financent exclusivement la consommation directe (et non la consommation de biens durables) alors au lieu d’ajouter de nouveaux stades de production, comme les stades n°6 et n°7, l’expansion de crédit détruira des stades pré-existants, comme les stades n°4 et n°5.

4) The Self-Destructive Nature of the Artificial Booms Caused by Credit Expansion: The Theory of “Forced Saving”

La nouvelle monnaie issue des crédits supplémentaires n’est pas uniformément répartie parmi les individus. Les personnes les plus proches de la source de crédit (ex, emprunteurs) jouissent temporairement d’un pouvoir d’achat plus élevé, car ils obtiennent la nouvelle monnaie alors même que les prix des biens et services n’ont pas encore augmenté. Quand ils dépensent cette nouvelle monnaie, les prix commencent à augmenter, mais pas de manière homogène. Ils augmentent d’abord et essentiellement là où la nouvelle monnaie est dépensée. Ceux qui sont éloignés de la source de crédit voient les prix augmenter avant de recevoir cette nouvelle monnaie sous forme de salaire; leur pouvoir d’achat a simplement diminué. Ce phénomène est appelé “Effet Cantillon”.

L’épargne forcée affecte le groupe d’agents économiques dont le revenu monétaire croît à un rythme plus lent que les prix, à savoir la grande majorité. Ils sont donc obligés de réduire leur consommation, toutes choses égales.

À mesure que les taux d’intérêt diminuent, la propension des individus à épargner se retrouve réduite. Le faible taux d’intérêt incite les gens à consommer plus, à emprunter davantage. Pour empêcher le processus de malinvestment de se déclencher via un allongement insoutenable de la structure de production, une augmentation de l’épargne volontaire, au moins égale à la quantité des crédits nouveaux, doit immédiatement avoir lieu, ce qui est concrètement impossible, puisque ça signifierait que les individus épargneraient 100% de leurs revenus supplémentaires.

5) The Squandering of Capital, Idle Capacity, and Malinvestment of Productive Resources

De nombreux biens d’équipement perdront la totalité de leur valeur une fois qu’il est devenu clair qu’il n’y a pas de demande : ils ont été fabriqués par erreur et ils n’auraient jamais dû être produits. Il sera possible de continuer à en utiliser d’autres, mais seulement après avoir dépensé une grande quantité d’argent pour les reconcevoir. La production d’autres encore peut atteindre l’achèvement, mais étant donné que la structure des biens d’équipement exige que les marchandises soient complémentaires, ils ne peuvent jamais être exploités si les ressources complémentaires nécessaires ne sont pas produites.

As a general rule, the closer a capital good is to the final consumer good, the more difficult it will be to convert.

Ainsi, une maison construite dans l’erreur est une perte quasi irréversible, mais il est relativement facile de modifier l’usage des briques s’il devient évident au cours de la construction que de les utiliser pour construire une maison spécifique est une erreur.

Hayek explique parfaitement le problème des ressources inutilisées (“idles”) en période de récession. Ce n’est pas qu’il existe à la base un excès de ressources, de capacités productives, mais plutôt que ces ressources manquent de complémentarité et sont inadaptées à la structure productive qui s’est aplati sous l’effet de la récession.

These engineers and also those economists who believe that we have more capital than we need, are deceived by the fact that many of the existing plant and machinery are adapted to a much greater output than is actually produced.
What they overlook is that durable means of production do not represent all the capital that is needed for an increase of output and that in order that the existing durable plants could be used to their full capacity it would be necessary to invest a great amount of other means of production in lengthy processes which would bear fruit only in a comparatively distant future.
The existence of unused capacity is, therefore, by no means a proof that there exists an excess of capital and that consumption is insufficient: on the contrary, it is a symptom that we are unable to use the fixed plant to the full extent because the current demand for consumers’ goods is too urgent to permit us to invest current productive services in the long processes for which (in consequence of “misdirections of capital”) the necessary durable equipment is available.
(Hayek, Prices and Production, pp. 95–96)

On peut ajouter que des biens d’équipements spécifiques ne pourront pas être utilisés sur le court terme parce que la demande exerce désormais une pression sur les biens de consommation immédiats. Or, si des biens d’équipements sont dits “spécifiques”, c’est tout simplement parce qu’ils ne peuvent pas être utilisés à d’autres fins que celle pour laquelle ils étaient intialement destinés, à savoir, les stades de production éloignés de la consommation, qui désormais doivent se contracter en raison d’une demande immédiate urgente pour les biens de consommation. Autres considérations sur les ressources inutilisées, jetez un oeil ici.
Et sinon, qu’arrivera-t-il à tous ces malinvestissements ? Certains devront être abandonnés, car les revenus provenant de la demande des consommateurs est si faible qu’ils ne permettent même pas de couvrir les frais de leur fonctionnement. D’autres pourraient produire un certain bénéfice par rapport aux coûts actuels, mais ils ne seront pas remplacés une fois usagés.

7) National Income Accounting is Inadequate to Reflect the Different Stages in the Business Cycle

As Mark Skousen has pointed out :

Gross Domestic Product systematically underestimates the expansionary phase as well as the contraction phase of the business cycle. For example, in the most recent recession, real GDP declined 1–2 percent in the United States, even though the recession was quite severe according to other measures (earnings, industrial production, employment). . . . A better indicator of total economic activity is Gross Domestic Output (GDO), a statistic I have developed to measure spending in all stages of production, including intermediate stages. According to my estimates, GDO declined at least 10–15 percent during most of the 1990–92 recession.

Comme nous l’avons vu précédemment, le GNP exclut de ses chiffres tous les biens d’équipement intermédiaires, qui, à la fin de la période de mesure, deviennent disponibles comme intrants pour la prochaine année financière.

Dans les économies modernes, le secteur des biens de consommation comptabilise habituellement pour 60% à 70% de la totalité du revenu national, alors qu’elle n’atteint même pas un tiers du Gross National Output, si elle est calculée par rapport au total dépensé dans tous les stades de la structure de production. D’après Mark Skousen, les prix des biens deviennent de plus en plus volatiles à mesure que l’on remonte les stades de production :

Mark Skousen, in his (already cited) article presented before the general meeting of the Mont Pèlerin Society of September 25–30, 1994 in Cannes, showed that in the United States over the preceding fifteen years the price of the goods furthest from consumption had oscillated between a +30 percent increase and a –10 percent decrease, depending on the year and the stage of the cycle; while the price of products from the intermediate stages had fluctuated between +14 percent and –1 percent, depending on the particular stage in the cycle, and the price of consumer goods vacillated between +10 percent and –2 percent, depending on the particular stage.

8 ) Entrepreneurship and the Theory of the Cycle

However, entrepreneurs cannot refrain from participating in the widespread process of discoordination bank credit expansion sets in motion, even if they have a perfect theoretical understanding of how the cycle will develop. This is due to the fact that individual entrepreneurs do not know whether or not a loan offered them originates from growth in society’s voluntary saving.

Pour les besoins du raisonnement, on pourrait quand même suggérer l’idée (pratiquement impossible) que les entrepreneurs savent à l’avance que le prêt est créé ex nihilo. Là encore, ils auront toujours une incitation à se lancer dans des projets d’investissement coûteux, ambitieux, à trop grande échelle, s’ils estiment qu’ils peuvent “se retirer” juste à temps, avant que la bulle n’éclate.

9) The Policy of General-Price-Level Stabilization and its Destabilizing Effects on the Economy

If the banking system brings about credit expansion unbacked by real saving … but just enough to maintain the purchasing power of money (or the “general price level”), then does the recession we are analyzing in this chapter follow ?

Ceci est tout à fait concevable si les nouvelles technologies et innovations entrepreneuriales produisent des gains de productivité permettant de stabiliser le niveau général des prix, et donc, de cacher la distorsion de la structure de production. Les économistes autrichiens appellent “inflation relative” l’inflation qui, au lieu d’augmenter les prix, stabilise les prix qui, en temps normal, auraient diminué.

The American economy faced such a situation throughout the 1920s, when dramatic growth in productivity was nevertheless not accompanied by the natural decline in the prices of consumer goods and services.

Dans les années 20, le niveau général des prix aux USA était très stable : l’indice est passé de 93,4 (100 pour l’année de base, 1926) en Juin 1921, à 104,5 en Novembre 1925, et est retombé à 95,2 en Juin 1929. Mais au cours de cette période de sept ans, la masse monétaire a augmenté, passant de 45,3 à 73,2 milliards de dollars, soit une hausse de 61%.

In fact in the 1929 crisis, the relative prices of consumer goods (which in nominal terms did not rise and even fell slightly) escalated in comparison with the prices of capital goods (which plummeted in nominal terms). [...] the factors which typically trigger the recession (relative growth in profits in consumption and a mounting interest rate), including the “Ricardo Effect,” are equally present in an environment of rising productivity, insofar as increased profits and sales in the consumer sector … reveal the decline in the relative cost of labor in that sector.

En conséquence d’une hausse de productivité, les prix relatifs des biens de consommation doivent diminuer afin de conserver une structure de production durable. Autrement, les producteurs enregistreront des revenus nominaux dépassant leurs dépenses nominales :

“the entrepreneurs would be led on by the double inducement of (1) reduced costs [without reduced revenues] and (2) interest rates falsified by the increase in the volume of money to undertake capital improvements on too large a scale” (Haberler, cited by Selgin, 1988, chapter 7).

10) How to Avoid Business Cycles: Prevention of and Recovery From the Economic Crisis

Le boom et le début du réajustement structurel (durant la récession) sont naturellement suivis d’une baisse du taux d’intérêt. Cette baisse résulte de la réduction et même de la disparition de la prime basée sur les anticipations d’une baisse du pouvoir d’achat de la monnaie, et aussi de la hausse d’épargne provoquée par la récession.
Le ralentissement du rythme effréné auquel les biens et services du stade final sont consommés, ainsi que la hausse de l’épargne et la réorganisation de la structure productive à tous les niveaux, favorise la récupération.
Ses effets apparaissent d’abord sur les marchés boursiers, qui sont généralement les premiers à subir une certaine amélioration. En outre, la croissance réelle des salaires qui a lieu pendant la phase de récupération active l’effet Ricardo, ce qui relance l’investissement dans les stades les plus éloignés de la consommation, où la main-d’œuvre et les ressources productives sont à nouveau utilisées.

La solution à la crise est la nécessité de réajuster la structure productive, en permettant la liquidation des mauvais investiments et le transfert des facteurs de production vers les stades proches de la consommation, où les consommateurs demandent à être employés.

Rothbard also provides us with a list of typical government measures which are highly counterproductive and which, in any case, tend to prolong the depression and make it more painful. The list is as follows:

(1) Prevent or delay liquidation. Lend money to shaky businesses, call on banks to lend further, etc.
(2) Inflate further. Further inflation blocks the necessary fall in prices, thus delaying adjustment and prolonging depression. Further credit expansion creates more malinvestments, which, in their turn, will have to be liquidated in some later depression. A government “easy-money” policy prevents the market’s return to the necessary higher interest rates.
(3) Keep wage rates up. Artificial maintenance of wage rates in a depression insures permanent mass unemployment. . . .
(4) Keep prices up. Keeping prices above the free-market levels will create unsalable surpluses, and prevent a return to prosperity.
(5) Stimulate consumption and discourage saving. . . . More saving and less consumption would speed recovery; more consumption and less saving aggravate the shortage of saved capital even further. . . .
(6) Subsidize unemployment. Any subsidization of unemployment . . . will prolong unemployment indefinitely, and delay the shift of workers to the fields where jobs are available. (America’s Great Depression, p. 19)

Thus it is impossible for a government policy of spending and credit expansion to successfully protect all current jobs if workers spend their income, originating from credit expansion and artificial demand from the public sector, in a way that requires a different productive structure, i.e., one incapable of keeping them in their current jobs. [...] Hence the only labor policy possible is to facilitate the dismissal and rehiring of workers by making labor markets highly flexible.

Toute politique visant à rétablir le statu quo par rapport à des agrégats macro-économiques doit également être évitée. Les crises et les récessions sont par nature microéconomiques, non macroéconomiques, c’est pourquoi une telle politique est vouée à l’échec, dans la mesure où elle rend difficile, voire impossible pour les entrepreneurs de revoir et corriger leurs plans, regrouper leurs biens d’équipement, liquider leurs projets d’investissement et réhabiliter leurs sociétés.

En somme, dans une récession, le “fiscal stimulus” tend à déformer les prix relatifs, entraînant alors une modification dans la demande privée qui va déformer une structure de production déjà obsolète. Si le “fiscal stimulus” accentue la demande des biens de consommations finaux, la hausse de leurs prix relatifs va détériorer encore davantage les stades de production éloignés de la consommation. Il ne s’agit pas d’un problème de demande globale, mais d’une discoordination entre la préférence temporelle actuelle et la structure de production laissée après la fin du boom.

Furthermore there is no guarantee that by the time governments diagnose the situation and decide to take the supposedly remedial measures, they will not err with respect to the timing or sequence of the different phenomena and tend with their measures to worsen rather than solve the maladjustments.

11) The Theory of the Cycle and Idle Resources: Their Role in the Initial Stages of the Boom

In fact Mises demonstrated from the beginning that the unemployment of resources was not only compatible with the theory he had developed, but was actually one of its essential elements. In market processes in which entrepreneurs undertake plans that involve the production of heterogeneous and complementary capital goods, errors are continually committed and due to “bottlenecks,” not all productive factors and resources are fully employed. Thus the necessity of a flexible market conducive to the exercise of entrepreneurship, which tends to reveal existing maladjustments and restore coordination in a never-ending process. Indeed the theory explains how bank credit expansion interrupts and complicates the coordinating process by which existing maladjustments are remedied.

Contrairement à ce que prétendent de nombreux économistes, le “plein emploi” n’est pas une condition préalable de la distorsion microéconomique de l’expansion du crédit. Lorsque l’expansion se produit, les projets économiques qui n’étaient pas réellement rentables le deviennent, indépendamment du fait qu’ils sont effectués avec les ressources qui étaient au préalable inemployées avant leur commencement. Le seul effet est que le prix nominal des moyens originaux de production n’augmenterait peut-être pas autant qu’il en aurait été si le plein emploi existait auparavant.

Un autre effet possible de l’utilisation des ressources précédemment inactives serait qu’en dehors du fait que leurs prix n’augmenteraient pas aussi rapidement en termes absolus, le ralentissement à court terme dans la production de biens de consommation et de services n’est plus nécessaire. Néanmoins, une mauvaise allocation des ressources est toujours d’actualité, puisque les ressources sont investies dans des projets non rentables, et les effets du cycle apparaissent lorsque le revenu monétaire des moyens originaux de production (précédemment inemployés) commence à être dépensé sur les services et biens de consommation.

12) The Necessary Tightening of Credit in the Recession Stage: Criticism of the Theory of “Secondary Depression”

La réduction forcée de la quantité de monnaie provoque d’abord d’un déclin dans l’offre de prêts et une augmentation artificielle du taux d’intérêt du marché, qui conduit ensuite à un aplatissement de la structure productive, càd, une modification forcée par des facteurs strictement monétaires (et non par les vrais désirs des consommateurs).

En raison du processus de rétrécissement de la structure de production, les secteurs les plus intensifs en capital enregistrent de grandes pertes. Dans tous les secteurs, la baisse des coûts (revenus des propriétaires des moyens originaux de production) est plus lente que la baisse des prix.

La hausse de la demande de monnaie tend à faire monter le pouvoir d’achat de l’unité monétaire (et donc à faire baisser le “niveau général des prix”). Toutefois, ce type de déflation diffère radicalement du premier, dans le sens où elle apporte une contribution, car elle provient d’une augmentation de l’épargne des agents économiques, qui libère ainsi des ressources sous la forme d’une réduction du prix des biens de consommation.

Le remboursement massif des prêts et la perte de valeur de l’actif du bilan des banques, tous deux provoqués par la crise, déclenchent un processus cumulatif, inévitable, de resserrement du crédit qui réduit la quantité de monnaie en circulation. Ce genre de déflation facilite et accélère la liquidation des projets d’investissement lancés par erreur au cours de la phase d’expansion.

Mais le plus intéressant est l’effet du resserrement de crédit sur les revenus relatifs : il se produit une inversion de l’effet Cantillon. Ceux qui étaient pénalisés par l’effet Cantillon durant le boom sont désormais bénéficiaires de la déflation. Ceux qui bénéficiaient précédemment de l’effet Cantillon (les emprunteurs) subissent désormais un revers.

Now, in the stage of credit tightening, this forced redistribution of income reverses in favor of those who in the expansionary stage were the first harmed, and thus people on a fixed income (savers, widows, orphans, and pensioners) will gain an advantage over those who most exploited the situation in the earlier stage.

Le resserrement du crédit tend à diminuer les bénéfices des entreprises, les incitant à épargner davantage et à moins distribuer sous forme de dividendes (exactement le contraire de ce qu’elles font pendant la phase d’expansion).

“contraction produces neither malinvestment nor overconsumption. The temporary restriction in business activities that it engenders may by and large be offset by the drop in consumption on the part of the discharged wage earners and the owners of the material factors of production the sales of which drop. No protracted scars are left. When the contraction comes to an end, the process of readjustment does not need to make good for losses caused by capital consumption.” (Mises, Human Action, p. 567)

Le déclin de la quantité de monnaie en circulation tend à faire monter le pouvoir d’achat de l’unité monétaire. S’ensuit alors une chute inévitable des salaires et revenus des moyens originaux de production, même si au début cette baisse sera plus rapide que la réduction du prix des biens de consommation et des services, si une telle réduction a lieu.
Par conséquent, en termes relatifs, les salaires et revenus des moyens originaux de production vont diminuer, conduisant à une embauche accrue des travailleurs au détriment des machines mais aussi à un transfert massif de travailleurs vers les stades les plus proches de la consommation.

It is essential that labor markets be flexible in every aspect, in order to facilitate the massive transfers of productive resources and labor.

En revanche, la rigidité des salaires (ex, salaire minimum) prolongerait la récession. Une politique de relance par le biais d’une expansion peut, à court terme, diminuer le chômage, mais une nouvelle déformation de la structure productive perpétrera de nouveau les fluctuations.

The recovery will be characterized by a restoration of the relative price of the original means of production, i.e., by a decrease in the price of consumer goods and services. This reduction in the price of consumer goods and services will be greater, in relative terms, than the drop in wages, due to an increase in society’s general saving, which will again stimulate growth in the capital goods stages.

14) The Influence Exerted on the Stock Market by Economic Fluctuations

In an economy which shows healthy, sustained growth, voluntary savings flow into the productive structure by two routes: either through the self-financing of companies, or through the stock market. Nevertheless the arrival of savings via the stock market is slow and gradual and does not involve stock market booms or euphoria. … this [monetary] inflow … is rapidly absorbed by the new securities issued by companies with an aim to finance their new investment projects.

Mais grâce à l’expansion du crédit, la disponibilité illimitée des fonds permet des achats toujours croissants de titres financiers. Sans expansion de crédit, ces fonds s’épuiseraient rapidement, se réflétant alors par une hausse des taux d’intérêts. Comme l’explique Fritz Machlup…

If it were not for the elasticity of bank credit, which has often been regarded as such a good thing, the boom in security values could not last for any length of time. In the absence of inflationary credit the funds available for lending to the public for security purchases would soon be exhausted.

Les plus-values significatives acquises sur le marché boursier au cours de la phase d’expansion, dans la mesure où les agents économiques les considèrent comme un surplus de richesse et les dépensent par l’achat de biens de consommation et de services, impliquent une substantielle consommation de capital, appauvrissant la société. La crise boursière fait suite au ralentissement de l’expansion de crédit, lorsque les attentes des entrepreneurs sont prises à revers.

“The most probable result in this case is a quick recession of security prices. For higher stock prices will invite a new supply of securities, and the corporations, which want to take advantage of the higher prices in order to draw funds from the stock exchange and use them for real investment, will find that there are no additional funds to be had.” (Machlup, The Stock Market, Credit and Capital Formation, p. 90)

Les indices correspondant à des titres de sociétés qui opèrent dans les stades les plus éloignés de la consommation reflètent une chute plus spectaculaire des prix de marché que ceux représentant les entreprises qui produisent des services et biens de consommation : une indication claire que les erreurs entrepreneuriales les plus graves ont été commises dans les stades éloignés de la consommation.

Other things being equal, indexes corresponding to the securities of companies that operate in the stages furthest from consumption reflect a more dramatic fall in market prices than those which represent companies that produce consumer goods and services.

The Roaring Twenties and the Great Depression of 1929

Murray N. Rothbard calculates that the money supply in the United States grew from $37 billion in 1921 to over $55 billion in January 1929. These figures closely approximate the estimates of Milton Friedman and Anna J. Schwartz, according to whom the money supply increased from over $39 billion in January 1921 to $57 billion in October 1929. (see Robert Murphy)

Thus the price of securities increased four-fold in the stock market, and while the production of goods for current consumption grew by 60 percent throughout the period, the production of durable consumer goods, iron, steel, and other fixed capital goods increased by 160 percent. Another fact which illustrates the Austrian theory of the cycle is the following: during the 1920s wages rose mainly in the capital goods industries.
Over an eight-year period they increased in this sector by around 12 percent, in real terms, while they showed an average of 5 percent real growth in the consumer goods industries. In certain capital goods industries wages rose even more. For instance, they increased by 22 percent in the chemical industry and by 25 percent in the iron and steel industry.

The Economic Recessions of the Late 1970s and Early 1990s

Grim reality sank in with the arrival of severe recession in the 1970s, when stagflation undermined and discredited Keynesian assumptions. Moreover the 1970s and the emergence of stagflation actually marked the rebirth of interest in Austrian economics, and Hayek received the 1974 Nobel Prize in Economics precisely for his studies on the theory of the business cycle.

Particularly in the four-year period between 1987 and 1991, the Japanese economy underwent enormous monetary and credit expansion which, as theory suggests, affected mainly the industries furthest from consumption. In fact although the prices of consumer goods rose only by around 0 to 3 percent each year during this period, the price of fixed assets, especially land, real estate, stocks, works of art and jewelry, escalated dramatically. Their value increased to many times its original amount and the respective markets entered a speculative boom.

Some Empirical Testing of the Austrian Theory of the Business Cycle

Wainhouse first empirically tests the proposition that changes in the supply of voluntary savings are independent of changes in bank credit. He uses statistical series which date from January 1959 to June 1981 and finds that in all cases but one the empirical evidence confirms this first proposition.

Wainhouse’s second proposition is that modifications in the supply of credit give rise to changes in the interest rate, and that the two are inversely related. Abundant empirical evidence also exists to support this second proposition.
Wainhouse’s third proposition states that changes in the rate at which loans are granted cause an increase in the output of intermediate goods, an idea he believes is also corroborated by the evidence he analyzes.
The last three propositions Wainhouse empirically tests are these: that the ratio of the price of intermediate goods to the price of consumer goods rises following the beginning of credit expansion; that in the expansion process the price of the goods closest to final consumption tends to decrease in relation to the price of intermediate goods; and lastly, that in the final stage of expansion the price of consumer goods increases more rapidly than that of intermediate goods, thus reversing the initial trend.
Wainhouse also believes that in general these last three propositions agree with the empirical data, and he therefore concludes that the data supports the theoretical propositions of the Austrian School of economics.

Ramey has developed an intertemporal model which breaks down into different stages the inventories which correspond to: consumer goods, wholesale goods, manufactured equipment goods, and intermediate manufactured products. Ramey draws the conclusion that the price of inventories oscillates more the further they are from the final stage of consumption. The inventories closest to consumption are the most stable and vary the least throughout the cycle.

Chapter 7 : A Critique of Monetarist and Keynesian Theories

A Brief Note on the Theory of Rational Expectations

In fact even if they understand the dangers of lengthening the productive structure without the backing of real savings, they can easily derive large profits by accepting the newly-created loans and investing the funds in new projects, provided they are capable of withdrawing from the process in time and of selling the new capital goods at high prices before their market value drops, an event which heralds the arrival of the crisis.

Keynes’s Three Arguments on Credit Expansion

Selon les keynésiens, la préférence (excessive) pour la liquidité conduirait à un chômage permanent. C’est oublier que dans une économie où la monnaie repose sur des métaux précieux (or, argent, bronze, platine etc…) ou tout autre produit non-métallique (brique de thé, ou autres) susceptible d’être communément accepté comme moyen de paiement, la hausse de la demande de monnaie dirigera simplement les facteurs de production en faveur de la production d’unités monétaires.

Jacques Rueff has pointed out that in an economy on a pure gold standard [or any “metallic standard”], an increase in the demand for money (or “hoarding”) does not push up unemployment at all. In fact, in accordance with the price system, it channels a greater proportion of society’s productive resources (labor, capital equipment, and original means of production) into the mining, production, and distribution of more monetary units.

The So-Called Marginal Efficiency of Capital

Hayek a démontré de façon concluante que toute la doctrine keynésienne de l’efficacité marginale du capital en tant que facteur déterminant de l’investissement n’est acceptable que si l’on suppose qu’il n’y a absolument pas de pénurie en biens d’équipement, et donc que toute quantité peut être acquise à prix constant, fixe.

Dans la vraie vie, au moins une partie des biens complémentaires nécessaires pour produire un bien d’équipement deviendra toujours relativement rare à un moment donné; et les entrepreneurs, en fonction de leurs anticipations de profits, vont augmenter le montant qu’ils sont prêts à payer pour le bien en question jusqu’à ce que l’efficacité marginale du capital ou la productivité du capital devienne égale au taux d’intérêt.

En d’autres termes, comme Hayek l’a indiqué, la concurrence entre entrepreneurs les amenera finalement à faire monter le coût ou prix d’offre pour les biens d’équipement à l’endroit exact où il coïncide avec la valeur actuelle (la valeur actualisée au taux d’intérêt) de la productivité marginale de l’équipement en question. C’est pourquoi l’efficacité marginale du capital aura toujours tendance à coïncider avec le taux d’intérêt.

Criticism of the Keynesian Multiplier

Keynes affirme que le taux d’intérêt est déterminé par la demande de monnaie, ou préférence pour la liquidité, et il affirme ensuite que ce dernier dépend à son tour du premier.
Une autre lacune importante de la doctrine keynésienne est l’hypothèse que les agents économiques décident d’abord combien ils veulent consommer et, ensuite, à partir du montant qu’ils ont décidé d’épargner, ils déterminent quelle portion ils utiliseront pour augmenter leurs soldes de trésorerie et quelle portion ils investiront.
Néanmoins, les agents économiques décident simultanément combien ils attribueront pour toutes les trois possibilités : la consommation, l’investissement et l’augmentation des soldes de trésorerie.
S’il y a une augmentation dans le montant de monnaie thésaurisé par chaque agent économique, le montant supplémentaire pourrait provenir de l’une des situations suivantes: (a) les fonds précédemment attribués à la consommation; (b) les fonds précédemment alloués à l’investissement, ou (c) toute combinaison de ce qui précède. Il est évident que dans le cas (a) le taux d’intérêt va chuter; dans le cas (b) le taux va monter; et dans le cas (c), il peut rester constant.
En conclusion, il n’existe aucune relation directe entre préférence pour la liquidité ou la demande de monnaie et le taux d’intérêt.

Voir aussi :
The Fatal Flaw of the Keynesian Multiplier Theory
Debunking the Keynesian Accelerator Theory

Maintenant, en défense de l’ABCT …

Une contestation, faite par plusieurs économistes déjà, serait que l’augmentation de la demande pour les facteurs de production, en faisant monter leur prix, provoque une hausse des coûts de production dans les stades éloignés de la consommation. Cet effet serait alors susceptible d’annuler le phénomène de boom en train de se développer. Mais comme le rappelle parfaitement Rothbard, America’s Great Depression, p. 12-13, les déferlements successifs de crédits ex nihilo font gonfler les revenus avant chaque hausse des coûts, ce qui revient finalement à retarder incessamment l’impact de la hausse des coûts. Ce “lag” ne disparaîtra que lorsque l’afflux de crédit cessera. Hayek, dans Money and Capital : A Reply, écrivait :

Every individual entrepreneur can increase his real capital only by spending more on capital goods and less on labour used in current production (or, what amounts to the same thing, more on labour which is invested for a relatively long period). He can, however, spend more on capital goods than on wages only so long as wages have not risen in proportion to the additional money which has become available for investment. Ultimately, incomes must rise in that proportion, since even the money used for the purchase of new capital goods must ultimately be paid out to the factors which make these new capital goods. But they will rise to the full extent only when all the new money has passed backwards through the successive stages of production until it is finally paid out to the factors. There will, therefore, always be a considerable ‘lag’ between the increase in the money used for productive purposes and the corresponding increase in the incomes of the factors – and consequent increase in the demand for consumers’ goods. And, so long as money keeps on increasing [...] the demand for producers’ goods will be increased relative to the demand for consumers’ goods.

Kel Kelly (What Drives Profits?) fait la même remarque en termes plus simples :

But money and credit do in fact have a tremendous affect on nominal profits: as the money supply is increased, profits increase because revenues rise faster than costs. [...] the monetary value of revenues is usually greater than the monetary value of corresponding costs, since most costs were incurred when there was less money existing [...] Thus, credit expansion increases the spread between revenues and costs, thereby increasing profit margins.

Comme ce qui a déjà été dit, les anticipations “irrationnelles” dans le contexte des marchés financiers ne se manifestent pas sans expansion de crédit. Kel Kelly peut rajouter ceci :
How the Stock Market and Economy Really Work

The same concept would apply to the stock market: if there were a constant amount of money in the economy, the sum total of all shares of all stocks taken together (or a stock index) could not increase. Plus, if company profits, in the aggregate, were not increasing, there would be no aggregate increase in earnings per share to be imputed into stock prices. [...] By contrast, in our world today, most stocks — good and bad ones — rise during inflationary bull markets and decline during bear markets. The good companies simply rise faster than the bad.

Nous avons déjà abordé la théorie douteuse des anticipations rationnelles, mais Brian J. Stanley fait des commentaires tout aussi pertinents :
Why Don’t Entrepreneurs Outsmart the Business Cycle?

The entrepreneur, then, pursuant to the argument under consideration here, must not only sweep away the fog of years of past interventions, he must also predict what the Fed will do in the future and when it will do it — all while the Fed tries to anticipate what the entrepreneurs will do.
It seems that any entrepreneur who attempts to undertake such investigations would have little time for things such as serving his customers, improving his product and responding to his customers’ preferences.
[...] there would be those who would knowingly borrow at the below-market rates and take the risks associated with the loans. These companies would be those that were undercapitalized, perhaps startups or companies in trouble. In short, they would be the companies that had nothing to lose.

La meilleure explication à la baisse généralisée de la demande suite à l’éclatement de la bulle (rappelons que les baisses de prix et de demande sont plus vigoureuses à mesure que l’on remonte les stades – confirmant l’ABCT) est le resserrement de crédit. La demande des biens diminue partout, parce que beaucoup de gens ont été incités à contracter un crédit bon marché, et qu’ils sont désormais endettés jusqu’au cou. Une autre explication provient d’un commentaire très pertinent du “minarchiste” :

Pourquoi est-ce que le taux de chômage a augmenté dans toutes les industries (sauf au sein du gouvernement) et non seulement dans la construction malgré le fait que la bulle spéculative de 2006 a sévi dans l’immobilier ? Il ne faut pas oublier qu’une portion significative de l’industrie manufacturière américaine est directement reliée à la construction. Par exemple, si vous fabriquez des pentures de portes d’armoires de cuisine, des aspirateurs centraux, des stores verticaux, des vis à gypse, des moulures en mdf, des robinets, etc, la prospérité de l’entreprise qui vous emploi sera fort influencée par l’industrie de la construction résidentielle. Il y a aussi eu beaucoup d’emplois affectés dans les services: tels que les agents immobiliers, les notaires, les décorateurs, les paysagistes, les arpenteurs, les architectes, les préposés aux prêts hypothécaires dans les banques, etc. Et que dire de l’industrie du bois d’oeuvre et autres matériaux de construction, qui ont connu tout un choc suite à l’implosion de la bulle. Ensuite, il faut considérer l’industrie du commerce de détail et les manufacturiers des produits que ceux-ci vendent, parce que beaucoup d’américains ont profité de la bulle pour réhypothéquer leur maison à une valeur plus élevée, ce qui leur a permis de hausser leur consommation à court terme, par exemple pour s’acheter de nouveaux meubles, des cinéma-maisons, des bateaux, etc. Après le passage de cette manne, le retour à un niveau de consommation non-dopé par l’endettement a été brutal pour ces industries. Ainsi, l’implosion de la bulle immobilière n’a pas seulement affecté les emplois directs dans la construction, mais presque tous les emplois.

Sraffa argues that there may be “at any one moment as many “natural” rates of interest as there are commodities”. The existence of multiple interest rates is irrelevant for the very fundamentals of the ABCT. The interest rate is “just” a price for present goods (savings). If the “different” prices of present goods tend to fall, this is only due to a lower time preference. Saying that the existence of multiplicity of interest rates disproves the ABCT is like saying that the amount of savings can’t determine the amount of money the bank could loan. Whether there is one or several interest rates, it remains that the less people consume and the more people save, the more banks loan money, and the more the production structure lengthens. So the very fundamentals of the ABCT are valid.

Money and Capital : Sraffa versus Hayek

“The case would, however, be different if the actual supply of wheat were not changed, but if, under the mistaken impression that the supply of wheat would greatly increase, wheat dealers sold short greater quantities of future wheat than they will actually be able to supply. This is the only case I can think of where, in a barter economy, anything corresponding to the deviation of the money rate from the equilibrium rate could possibly occur.”
(Money and Capital: A Reply – by Hayek)

The Cambridge Capital Controversy (CCC) is sometimes cited as one of the strongest refutation of the Austrian Business Cycle Theory. Actually, Zonghie Han and Bertram Schefold show that the “reswitching controversy” does not hold in reality.

An empirical investigation of paradoxes: reswitching and reverse capital deepening in capital theory

This paper examines the empirical relevance of the capital controversy. The price model of Sraffa and the dual models of the price and quantity systems of von Neumann become the basis of the investigation. In the course of the controversy, it proved easy to construct theoretical examples which contradicted the fundamental neoclassical hypothesis of an inverse capital demand function. This paper presents empirical examples for the first time. Thiry-two input-output tables from the OECD database serve as data. As a result, one envelope is found which involves reswitching. Reverse substitution of labour or reverse capital deepening are observed in about 3.65% of tested cases: they involve at least two switchpoints.

Theoretically, Guido Hülsmann, in “The structure of production reconsidered”, had investigated the issue. He explains that the interest rate and the production structure are not necessarily negatively related (i.e., a lower interest rate is related to a lenghtening of the structure of production) even though the interest rate still affects relative spending, as theorized by austrians. He proposes to develop and enrich the theory of the structure of production. He lists 8 possible scenarios, each of them having different implications; interestingly, the scenarios implying a drop of the PRI also involve higher relative spending toward the upstream stages. He finally investigates the implication of the consumer credit and the variation of monetary conditions. The former simultaneously thins and lengthens the structure of production. The latter has no systematic impact on the structure of production.

Lecture complémentaire :
Austrian Business Cycle Theory : The Empirical Evidence

About these ads

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s