Comme expliqué précédemment, monopole naturel – histoire, l’accroissement de la production s’accompagnant d’une baisse du coût unitaire, une firme expansionniste supporte plus facilement les baisses de prix que les petites entreprises, finalement acculées à la faillite. Dans ces conditions, il est peu probable que plusieurs firmes puissent coexister. Il suffit que l’une d’elles (souvent la première sur le marché) accroit sa production pour faire baisser ses coûts unitaires. L’entreprise qui relève ce challenge ne survivra pas à cette guerre des prix et se retirera vite du marché. Il est même hautement probable que les potentiels entrants, comprenant qu’il est impossible de rivaliser avec une firme dont les prix unitaires peuvent être désormais abaissés à des niveaux qui leur seraient insoutenables, décident de laisser cette entreprise faire son business. C’est là que la théorie des marchés contestables de Baumol s’effondre.
À cela, les défenseurs du marché répondent que les substituts sont possibles, qu’il n’existe pas qu’un seul moyen de produire de l’eau, de l’électricité, ou que sais-je encore. Puisque le monopole fait augmenter les prix, les autres alternatives (modes de production et de distribution) seront financièrement stimulées. Comme le rappelle DiLorenzo, la concurrence est un processus permanent de recherche et de découverte. S’il est vrai que la faille de cette théorie tient du fait que l’on ignore combien de temps cela va prendre avant que ces alternatives n’émergent, dans le cas unique où elles n’ont pas encore émergées, l’histoire ne semble pas témoigner de l’émergence d’un tel monopole naturel : The Myth of Natural Monopoly.